
Les recommandations du Syndrome d’apnées Hypopnées obstructives du Sommeil (SAHOS) en cours de rédaction cherchent à mieux définir les éléments clefs du diagnostic du SAHOS allant de la classification des symptômes à l’évaluation de la sévérité en passant par la stratégie diagnostique et les examens complémentaires à réaliser
Les symptômes
Les symptômes du SAHOS sont souvent non spécifiques et subjectifs, avec une présentation clinique hétérogène entre les patients. L’objectif sera donc de classifier ces symptômes selon leur lien de causalité avec le SAHOS pour guider le diagnostic :
- Catégorie 1 : les indices d’obstruction des voies aériennes supérieures qui reflètent directement le collapsus des voies aériennes. On y retrouve les ronflements sévères/quotidiens (fréquents mais peu spécifiques, plus spécifiques chez la femme), les apnées constatées par l’entourage et les suffocations nocturnes.
- Catégorie 2 : les indices d’altération du sommeil secondaires aux événements respiratoires. Ils comprennent le sommeil non réparateur, la somnolence diurne excessive (symptôme clé, avec évaluation de son retentissement sur la vie quotidienne et les risques d’accidents), et l’insomnie (peut être primaire ou comorbide au SAHOS : “insomnie et apnée du sommeil ou COMISA”).
- Catégorie 3 : les indices mixtes, en lien avec l’obstruction et l’altération du sommeil. Cette catégorie comprend les céphalées matinales (bilatérales, survenant dans les 4 premières heures après le réveil, spontanément résolutives), la nycturie et les sueurs nocturnes (dégradent la qualité du sommeil).
- Catégorie 4 : les indices indirects : Lien de causalité discuté (trop fréquents en population générale ou études contradictoires). Exemples : fatigue, altération de l’humeur, troubles cognitifs, baisse de la libido.
- Ces symptômes doivent être évalués en fonction de leur retentissement global (familial, social, professionnel). Il est nécessaire de rechercher d’autres causes expliquant mieux la symptomatologie.
Les examens diagnostiques et la stratégie
Il n’y a eu aucune nouveauté ces dernières années concernant les examens à réaliser et leur conditions. On retrouve donc les mêmes éléments que ceux des recommandations de 2010.
La polygraphie ventilatoire (PV) est recommandée en première intention pour son moindre coût, son accessibilité sur tout le territoire et sa rentabilité dans la majorité des cas. La polysomnographie (PSG) sera envisagée en première intention si une autre pathologie du sommeil est suspectée ou chez les sujets jeunes non obèses présentant plus d’hypopnées éveillantes non désaturantes (risque de non-conclusion par polygraphie). En cas de discordance électro clinique lors d’une PV, on complétera systématique par une polysomnographie (PSG). En cas de discordance avec la PSG, il pourra être discuter de la réitérer.
Évaluation de la sévérité
L’index d’apnées hypopnées (IAH) est un biomarqueur insuffisant. L’évaluation de la sévérité doit se faire sur l’impact symptomatique (détresse ou handicap cliniquement significatif) et le risque pour la santé (présence de comorbidités).
L’objectif de ces recommandations est de guider la pratique clinique vers une prise en charge individualisée, axée sur l’impact symptomatique et les risques pour la santé du patient, plutôt que sur des marqueurs biologiques isolés comme l’IAH.
Vanessa Bironneau, service de pneumologie, CHU de Poitiers, INSERM CIC 1402, IS-ALIVE Research Group, S
Université de Poitiers
D’après la communication « diagnostic » présentée par Cécile L’HEVEDER (Brest), session RD03 – Recommandation 2. Syndrome d’apnées hypopnées obstructives du sommeil, épisode 1 : définition, diagnostic et dépistage



