Symptômes : quelles interventions non médicamenteuses pour soulager ?

Fatigue et dyspnée

La fatigue est un symptôme multidimensionnel. Au-delà de la fatigue physique, la fatigue émotionnelle correspond à un état persistant, décrit notamment en post-Covid, associant troubles cognitifs, émoussement affectif et irritabilité. Chez les patients atteints de BPCO, elle peut altérer l’engagement dans les programmes de réadaptation respiratoire. Elle s’inscrit dans un contexte de dyspnée chronique, souvent associée à une forte charge émotionnelle (peur, anxiété, culpabilité, sentiment d’injustice), pouvant aller jusqu’au traumatisme psychologique.

La dyspnée peut être améliorée par l’activité physique, mais l’anxiété liée à l’effort constitue un frein majeur. Cette dyspnée comporte des dimensions sensorielles et affectives, justifiant des approches non pharmacologiques ciblées. L’équipe de la clinique du souffle de Lodève a ainsi évalué l’apport de l’hypnose, visant à agir sur les composantes sensorielles, affectives et traumatiques de la dyspnée, tout en favorisant l’autonomie et les comportements de santé.

Il s’agissait d’une étude randomisée monocentrique comparant une réadaptation respiratoire multidisciplinaire seule à une réadaptation associée à cinq séances d’hypnose et d’apprentissage de l’autohypnose (n=106). La dyspnée diminuait à 3 mois dans les deux groupes, avec une ré-ascension à 6 mois, plus modérée dans le groupe hypnose. Un meilleur maintien de l’activité physique était également observé à 3 mois dans ce groupe. Bien que négative, l’étude suggère un intérêt potentiel de l’hypnose en réadaptation respiratoire, à confirmer par des études multicentriques.

Chron Respir Dis. 2024 Jan-Dec:21:14799731241255135. doi: 10.1177/14799731241255135.Relevance of multidimensional dyspnea assessment in the context of pulmonary rehabilitation Virginie Molinier, Espérance Moine, Pauline Caille, Nathalie Fernandes, François Alexandre, Nelly Heraud

Anxiété pendant la fibroscopie bronchique et de réalité virtuelle

La fibroscopie bronchique vigile peut être mal vécue, générant anxiété, inconfort et douleurs. L’équipe de soins intensifs de pneumologie de l’hôpital européen Georges-Pompidou a évalué l’intérêt de la réalité virtuelle (RV), déjà associée à une réduction de la douleur et de l’anxiété dans d’autres contextes de soins invasifs.

Cette étude randomisée comparait une fibroscopie bronchique standard à une fibroscopie associée à l’utilisation d’un casque de RV, appliqué après l’anesthésie locale. Le dispositif proposait plusieurs environnements immersifs, choisis par le patient, avec une induction hypnotique rapide et un port maintenu pendant toute la procédure.

Au total, 120 patients ont été inclus dans 4 centres sur 23 mois. Les résultats, dont l’objectif principal était la réduction de l’anxiété maximale autoévaluée, sont attendus en 2026. Cette approche non médicamenteuse, simple à déployer et ne nécessitant pas de formation spécifique, pourrait ouvrir des perspectives pour d’autres gestes invasifs en pneumologie.

NCT05973201 Evaluation of Virtual Reality to Reduce Anxiety, Pain and Duration of Non-emergency Vigile Bronchial Fibroscopy (AVATAR)

Effets indésirables des inhibiteurs du check point : comment en parler ?

Les inhibiteurs de checkpoint immunitaire (ICI), bien que dépourvus des toxicités classiques de la chimiothérapie, exposent à des effets indésirables auto-immuns parfois sévères. Les équipes du Centre de cancérologie de l’Ouest et de l’Institut Curie ont évalué l’impact d’un programme d’éducation thérapeutique du patient (ETP) sur la survenue de toxicités de grade ≥3, ainsi que sur la qualité de vie.

Cette étude randomisée comparait une prise en charge avec ETP à une prise en charge standard (répartition 2:1). Le programme, standardisé à l’aide de la mallette éducative REPERE, comportait 2 à 5 séances selon les centres. Au total, 412 patients ont été inclus dans 14 centres sur 2,5 ans.

L’incidence des toxicités était similaire dans les deux groupes (537 toxicités rapportées, dont 62 de grade ≥3). L’étude est donc négative sur son critère principal. Néanmoins, à 12 mois, les patients ayant bénéficié de l’ETP rapportaient une meilleure qualité de vie, une amélioration des dimensions fonctionnelles et moins de fatigue, sans différence sur l’anxiété et la dépression. Les patients exprimaient également une meilleure compréhension des effets indésirables, y compris retardés. Certains résultats complémentaires sont encore attendus.

NCT03948724 Impact of Therapeutic Patient Education on the Toxicity of Immune Checkpoint Inhibitors in Oncology


D’après la session : A13 ; Symptômes respiratoires : les mots des maux du quotidien

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