
À l’heure où le dérèglement climatique est désormais bien installé, le temps est venu de mettre l’accent sur la prévention secondaire.
C’est sous le soleil – temporairement – radieux de Lille que s’est ouverte, vendredi 30 janvier, la première journée du 30ᵉ Congrès de Pneumologie de Langue Française (CPLF). Après une matinée consacrée aux cours de perfectionnement, la conférence inaugurale, interrogeant l’impact du dérèglement climatique sur la santé, a donné le ton. Si la prise en compte de ce bouleversement environnemental s’imposera, de gré ou de force, à mesure que les ressources mondiales en combustibles fossiles s’épuisent, chaque acteur de la santé respiratoire est d’ores et déjà invité à questionner ses pratiques : leur impact environnemental, mais aussi le rôle d’influenceur qu’il exerce auprès des patients et de la société.
À l’heure où le dérèglement climatique est désormais bien installé, le temps est venu de mettre l’accent sur la prévention secondaire. A ce titre, l’implémentation du dépistage du cancer du poumon apparaît comme un investissement majeur, exigeant un engagement constant de la communauté pneumo-radiologique. C’est précisément l’ambition du programme pilote IMPULSION, appelé à structurer et sécuriser le déploiement du dépistage en France.
Les Drs Pierre BOMBARON et Jacques LE TREUT ont animé un atelier de grande qualité dédié au dépistage du cancer du poumon par scanner thoracique à faible dose, en faisant une promotion convaincante du programme national IMPULSION. Celui-ci sera initialement déployé dans cinq régions pilotes avant une généralisation progressive à l’ensemble du territoire.
La population cible est clairement définie avec les principales caractéristiques suivantes : sujets fumeurs actifs ou sevrés, âgés de 50 à 74 ans, avec un tabagisme ≥ 20 paquets-années, un performance status (PS) de 0–1, absence de dyspnée mMRC4, absence de symptôme évocateur de cancer pulmonaire. Un point central du programme réside dans l’intégration systématique d’une prise en charge tabacologique dès l’inclusion, rappelant que le dépistage ne saurait être dissocié d’une stratégie globale de réduction du risque.
L’évaluation du risque de cancer du poumon repose sur une analyse rigoureuse des lésions nodulaires solides ou semi-solides détectées au scanner basse dose: taille, volume, morphologie, mais également dynamique évolutive, conformément aux recommandations de l’European Society of Thoracic Imaging (ESTI). Au-delà des nodules, le dépistage se veut multiparamétrique, intégrant des informations à forte valeur ajoutée clinique telles que la présence de calcifications coronariennes, d’un emphysème ou encore de signes d’ostéoporose, renforçant ainsi la dimension préventive globale de l’examen.
Avec le programme IMPULSION, le dépistage du cancer du poumon entre dans une nouvelle ère en France : structurée, multidisciplinaire et résolument tournée vers la prévention globale. Au-delà de la détection précoce des cancers, il s’agit d’un véritable changement de paradigme, plaçant le pneumologue et le radiologue au cœur d’une démarche proactive, intégrant sevrage tabagique, évaluation cardiovasculaire et santé osseuse. Une French Touch ambitieuse, qui pourrait bien donner l’impulsion décisive pour réduire durablement la mortalité du cancer le plus meurtrier en France et dans le monde
Benoit Roche , Unité d’Oncologie Thoracique, CHU Montpellier
D’après la présentation de la Session AT01 : le dépistage du cancer du poumon – 30/01/26



