Le 2 janvier 2025, une immense bâche publicitaire recouvrait l’église en travaux Notre Dame de Lorette dans le 9e arrondissement de Paris. Inscrit en lettres capitales : « Une France sans tabac, ça vous intéresse ? Nous aussi. » Et en plus petit avec un QR code « Et si on se parlait des alternatives ? »
Le 15 février 2025, tous les coordinateurs de centres de compétence et de référence de l’hypertension pulmonaire français recevaient une invitation à participer à une étude de phase 2A testant une molécule innovante dans l’hypertension artérielle pulmonaire.
Le point commun entre ces deux épisodes, d’apparence anodine ? L’industrie du tabac. La bâche publicitaire était financée par le géant du tabac British American Tobacco (BAT) qui affichait fièrement son logo en bas de l’affiche géante, restée en place 15 jours avant que la mairie de Paris ne la fasse retirer. Et les alternatives en question étaient en réalité les nouveaux produits du tabac commercialisés par ces mêmes industries. Quant à l’étude clinique, elle était promue par une filiale de la Japan Tobacco Company. Les réseaux français et européen de l’hypertension pulmonaire ont immédiatement réagi en informant tous leurs membres de ne pas participer à cette étude.
Ces deux faits récents illustrent le dynamisme actuel de l’industrie du tabac, qui déploie un lobby encore plus décomplexé depuis quelques années. Info Respiration était présent à la journée de table ronde Marketing et Lobbying du tabac : Comment lutter ?* , organisée en février à l’École des hautes études en santé publique (EHESP) à Aubervilliers. Le Pr Karine Gallopel-Morvan, professeure des universités en Marketing social à l’EHESP nous explique dans ce numéro l’ingéniosité marketing sans limites de l’industrie du tabac, notamment grâce à l’appui des nouvelles technologies et des influenceurs sur les réseaux sociaux. Avec toujours un objectif : normaliser les produits du tabac.
La SPLF s’engage fermement contre le lobby et les stratégies d’influence de cette industrie. A ce titre, et comme l’ATS et l’ERS l’ont déjà fait, la SPLF ajoute désormais à sa demande d’adhésion ou de réadhésion, une déclaration attestant de l’absence de tout lien avec l’industrie du tabac. Restons sur nos gardes et oeuvrons à dénormaliser les produits du tabac !
Université de Montpellier – UFR de médecine, Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier, Unité INSERM U 1194
Le cancer pulmonaire à petites cellules (CPPC) est un tel défi scientifique qu’il est qualifié de « cancer récalcitrant ». L’introduction depuis 2018 de l’immunothérapie dans l’arsenal thérapeutique est la dernière avancée. Sa principale application est l’immunochimiothérapie en première ligne, laquelle est désormais le traitement standard des formes étendues du CPPC. Dans le court espace de cette mise au point, nous proposons l’analyse critique de l’extension de l’indication de l’immunothérapie aux CPPC de stade limité en consolidation de la réponse tumorale après chimioradiothérapie concomitante (CRTc, en anglais chemoradiotherapy ou cCRT). L’autre défi majeur est celui du traitement de la récidive pour laquelle la dernière molécule spécifiquement approuvée est le topotécan délivré aux patients pour lesquels la réintroduction de la chimiothérapie de première ligne n’est pas indiquée. De nombreuses pistes sont explorées, et l’une d’entre elles est une candidate sérieuse.
Immunothérapie de consolidation en fin de CRTc concomitante des CPPC de stade limité
Une première étude académique de phase II* a inclus les patients atteints de CPPC de stade limité qui n’avaient pas progressé après la fin de la CRTc; elle avait pour critère de jugement principal la survie sans progression et comparait la simple observation (groupe contrôle) à l’association ipilimumab/nivolumab 1 L’étude est négative, car la survie sans progression était identique dans les deux groupes. Aucun sous-groupe clinique ne se dégageait comme potentiellement bénéficiaire de la double immunothérapie de consolidation. Une analyse post-hoc n’a pas permis d’identifier de profil tumoral de répondeur (charge mutationnelle tumorale et immunophénotype compris) (en soumission). De facto, il est difficile d’obtenir des échantillons tumoraux fiables. Cependant, l’exploration de plus de 7 000 protéines sériques a permis d’identifier cinq protéotypes avec trois groupes distincts : patients avec bénéfice clinique, patients sans bénéfice clinique et patients avec hyperprogression. Ces protéotypes étaient indépendants des paramètres cliniques et leur origine tumorale était certaine comme le démontraient leurs cartographies sur les données de séquençage ARN de cellule unique [article en préparation].
L’autre étude plus récente nommée « ADRIATIC » incluait une population de patients similaire, i.e. CPPC limités après CRTc 2 Les patients étaient tirés au sort entre un groupe placebo et un groupe immunothérapie (durvalumab mensuel pour une durée de deux ans en l’absence de progression ou de toxicité limitante). À la différence de l’étude plus ancienne, cette étude du durvalumab en consolidation n’a pas directement contrôlé les critères de qualité du bilan préthérapeutique, de la procédure de CRTc et du bilan d’évaluation post-traitement. Le groupe des patients recevant le durvalumab a bénéficié d’une survie globale plus longue que ceux du groupe placebo (médianes respectives de 56 mois contre 34 mois, HR = 0,73). En France, la Haute Autorité de Santé a délivré une autorisation d’accès précoce dans cette indication.
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Séminaire d’Approfondissement et de Perfectionnement en Pneumologie (SAPP) 2025 En conséquence, ce séminaire a eu lieu les 21-22 mars 2025 à la Maison de la Pneumologie à Paris.
Les vidéos du séminaire sont disponibles ci-dessous
Le GETIF est heureux de partager les 3 premières publications liées au registre EpiGETIF et à l’activité de bronchoscopie rigide thérapeutique en oncologie.
La seconde, menée par le Dr Clément Daigmorte, s’est intéressée spécifiquement à la population des patients traités pour une obstruction maligne proximale liée à l’évolution métastatique d’un cancer solide extra-thoracique: https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/resp.14723
Enfin, dans un troisième travail mené par le Dr Pascalin Roy, nous avons évalué les résultats à court et long terme de la bronchoscopie rigide thérapeutique pour la prise en charge d’obstructions malignes responsables de détresse respiratoire aiguë: https://www.atsjournals.org/doi/10.1513/AnnalsATS.202311-943RL
Un immense merci aux praticiens des 35 centres participant à EpiGETIF pour leurs efforts !
Le GELF vient de mettre en place une base de données aussi exhaustive et exigeante que possible pour recueillir sur un plan national nos actes de pneumologie interventionnelle. Cette base, nommée EpiGELF va recueillir dans un premier temps les gestes de bronchoscopie rigide dans le cancer puis d’autres thématiques viendront comme les valves dans l’emphysème, les cryobiopsies et ensuite l’exploration échographique médiastinale, pleurale ou pulmonaire.
LE MOT DU PRÉSIDENT
“ Il s’agit d’un enjeu important pour notre spécialité, afin de défendre notre expertise vis à vis de nos institutions et nos tutelles mais aussi face à d’autres spécialités chirurgicales ou médicales. EPIGELF fête ses 4 mois d’existence, et déjà plus de 250 patients ont été inclus. C’est un formidable succès qu’il conviendra d’entretenir au fil des mois. Mille patients en un an est à notre portée !
Amicalement, Pr Jean Michel Vergnon.”
EpiGELF
C’EST DÉJÀ …
LE MOT DU COORDINATEUR
“ EpiGELF représente en effet une véritable machine à produire une science « vraie vie », qui nous sera très probablement enviée. Mais afin de répondre aux objectifs et aux ambitions que nous nous étions fixés, EpiGELF se devra d’être valide et utilisable. La qualité et l’exhaustivité en seront donc des clés. Et afin de parvenir cela, nous pratiquerons des audits réguliers. Mais la motivation de porter haut et fort notre spécialisation restera un atout majeur, tant EpiGELF est aussi, depuis ses débuts, un formidable outil fédérateur.
Très chaleureusement et amicalement, Julien LEGODEC ”.
NOMBRE DE PATIENTS INCLUS PAR MOIS
Le groupe d’endoscopie de langue française (GELF) a été fondé en 2001. Il fédère les pneumologues francophones impliqués dans l’endoscopie thoracique, bronchique ou pleurale et prêts à s’investir pour partager leurs expériences, pour faire progresser les connaissances théoriques et les pratiques. Depuis 18 ans maintenant, cette bande d’amis passionnés a conduit de nombreuses recherches cliniques, réalisé de multiples publications scientifiques, écrit les bonnes pratiques de l’endoscopie et animé des congrès partout dans le monde. Merci à tous ceux qui se sont impliqués et qui ont construit ce groupe GELF tel qu’il est aujourd’hui.
Dix huit ans, c’est l’âge de la majorité, le bon moment aussi pour faire mieux. Beaucoup de choses ont changé en 18 ans. L’endoscopie respiratoire est maintenant l’image forte de la pneumologie interventionnelle, technique, connectée, en progrès permanents. Elle explore le poumon, du médiastin à la plèvre et investit de nombreux domaines : la cancérologie avec des prélèvements de plus en plus complexes, la BPCO avec les traitements de l’emphysème, l’asthme avec la thermoplastie, les greffes pulmonaires avec la réparation des anastomoses défaillantes ou les fibroses avec les cryobiopsies. Et demain?
Mais en 18 ans, les exigences ont aussi progressé : Plus de règles et de contrôles. Plus de demande d’efficience, d’évaluation des risques ou de contrôle des coûts.
Jusqu’à présent, toutes nos expériences restaient dans chaque centre et aucune donnée globale n’était disponible. Comment alors défendre notre spécialité, sa vitalité, ces actions, sa réalité médico-économique sans ces données chiffrées. Comment répondre à nos tutelles sur la morbi/mortalité de nos interventions ? Comment qualifier l’expertise de nos membres ? On ne peut même pas aujourd’hui donner une évaluation approximative du nombre de bronchoscopies souples pratiquées en France chaque année !
La solution : nous venons de la mettre en place : c’est EPIGELF
Cette base de données est inspirée de celle mise en place par nos collègues chirurgiens thoraciques EPITHOR et qui a montré toute sa force pour défendre leur spécialité et constituer un formidable outil pour la recherche et l’enseignement. Notre base sera toute aussi rigoureuse, officielle, contrôlée et respectueuse des libertés. La CNIL y veille.
Pour le groupe GELF et la pneumologie, le défi est de taille. Pour le relever, il faudra l’implication de tous et un recueil le plus exhaustif possible des données de chaque geste. D’abord par les membres du GELF puis par « contamination positive » de tous les pneumologues qui font des gestes endoscopiques.
Nous connaissons notre enthousiasme mais aussi nos faiblesses.
Nous débutons donc par une situation simple : le recueil des gestes de bronchoscopie rigide en cancérologie. Nous pourrons ainsi faire nos preuves. Il y a peu de centres et ils sont motivés. Mais ensuite viendra d’autres registres : les cryobiopsies, les valves et l’échoendoscopie…
Faire perdurer, alimenter ou exploiter cette base de données exige un investissement permanent à la fois humain mais aussi financier.
Merci au Dr Julien Legodec, cheville ouvrière de ce projet mais aussi à tout le bureau du GELF pour son implication. Merci à la SPLF pour son soutien institutionnel.
Un très grand merci à la société Novatech, sponsor de la première heure de ce projet pour son aide financière sans laquelle ce projet n’aurait pu voir le jour.
D’autres sociétés et laboratoires vont sans doute nous rejoindre pour consolider l’aventure.
EPIGELF est en marche et le GELF après 18 ans d’expériences atteint sa maturité au service de la pneumologie Francophone.
C’est encore la période des vœux. Alors je souhaite à EPIGELF une vie longue, passionnante et fructueuse.
Un poste de Praticien Hospitalier Contractuel est disponible à partir de mai 2024 dans le service de Pneumologie B et Transplantation pulmonaire du CHU Bichat. Le poste est disponible pour 6 mois, en remplacement d’un congé maternité.
Le service est orienté vers la prise en charge de patients transplantés pulmonaires, avec 3 grandes thématiques :
Evaluation pré-transplantation (BPCO, PID de causes diverses, bronchiolite des maladies de système, emphysème déficitaire …)
Suivi post-transplantation pulmonaire (post opératoire immédiat ou prise en charge d’un événement intercurrent),
Pneumologie générale, avec une forte orientation infectieuse respiratoire, une expertise de la prise en charge des infections fongiques ou à mycobactéries ; et une compétence dans la prise en charge de l’emphysème sévère (réduction de volume, déficit en alpha1-antitrypsine)
Le candidat aura au cours de l’année : Soit la responsabilité d’une aile d’hospitalisation, l’encadrement d’un interne, en binôme avec un des PH du service. Soit un rôle dans le fonctionnement de l’hôpital de jour, en binôme avec un des PH du service. Ce poste s’intègre dans une équipe qui sera composée de 1 PUPH, 5 PH, 2 PH mi-temps, 3 CCA, 4 internes dont un DFMS.
A noter qu’il n’est pas nécessaire d’être passé par un service de transplantation pulmonaire au préalable, les PH et PU-PH sont très présents et toujours disponibles pour répondre aux questions concernant les spécificités des greffés. L’activité est riche et variée : visite et CV en salle, consultation (pneumo générale +/- pré-greffe), avis dans les autres services, fibroscopies, staff pneumo médico-radio-chirurgical et staff greffe avec réanimateurs et chirurgiens, participation à la liste d’astreinte d’appel de greffe (évaluation des greffons pulmonaires), HDJ greffe. Il est également possible de participer facilement aux RCP nationales où le service est représenté (Transplantation pulmonaire, Déficit en alpha-1-antitrypsine, ABPA, Aspergillose chronique, Mycobactéries non tuberculeuse, Fibroses d’origine génétique). L’interaction avec les autres services de Pneumologie de Bichat (Pneumologie A, Maladies rares, Pr Crestani, Oncologie thoracique, Pr Zalcman et le SSR respiratoire, Dr Hajouji), le service de Radiologie et le service de Chirurgie thoracique est très enrichissante, avec entre autre un staff hebdomadaire commun.
Le profil attendu serait soit un interne (thésé) en fin de cursus en attente d’un poste en novembre 2024 soit un médecin en fin de clinicat ou d’assistanat qui souhaiterait compléter sa formation.
Séminaire d’Approfondissement et de Perfectionnement en Pneumologie (SAPP) 2024 En conséquence, ce séminaire a eu lieu les 22-23 mars 2024 à la Maison de la Pneumologie à Paris.
Les vidéos du séminaire sont disponibles ci-dessous