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Pour rappel ces tests s’adressent uniquement à des patients ayant des pathologies respiratoires et non à des sportifs.
Test en hypoxie « avion » destiné aux patient atteints de maladies respiratoires chroniques.
Dr B.WUYAM
Dr DOUTRELEAU Stéphane
Unité Sports et pathologies
Hôpital Sud (CHU de Grenoble)
Avenue de Kimberley
38130 ECHIROLLES
Tel 04 76 76 54 94
Fax 04 76 76 89 21
Courriel
Dr GERMAIN
EFR Groupement hospitalier nord Hôpital de la croix rousse
103 Grande rue de la croix rousse
69317 Lyon Cedex 04
Tel : 0472071861
PR RICHALET
Service d’exploration fonctionnelles
Hopital d’Avicenne APHP
Bobigny
Tel : 0148955832
Courriel
Uniquement pour les patients insuffisants respiratoires
Service des EFR (Pr Straus)
GH Pitié Salpêtrière- APHP
75651 Paris Cedex 13
Tél. : 01 42 17 85 74
Stephanie Guillot et Vincent Daniel
Hopital Pontchaillou
2 rue Henri
Le Guilloux 35033 Rennes Cedex 9
Centre Cardio Pulmonaire Exploration fonctionnelle respiratoire
Service d’Exploration Fonctionnelles Respiratoires
Dr Romain Barthes – CHU de Toulouse
Hôpital Larrey 24 chemin de Pouvourville
31400 Toulouse
Tel : 05 67 77 16 96
Fax : 06 67 77 14 91
© SPLF – 09 Juin 2020-maj septembre 2024


L’étude XALOC est une étude prospective observationnelle internationale (Allemagne, Belgique, Canada). Elle a analysé les données de 535 patients dont les caractéristiques cliniques et démographiques sont proches de la cohorte française (RAMSES), à l’exception notable d’une proportion plus importante de patients sous corticoïdes oraux au long cours (58,9%). Les exacerbations à l’instauration du traitement étaient fréquentes (médiane à 2,0/an [1,0-4,0]) avec 90,5% des patients présentant une asthme non contrôlé évalué par le score ACQ (≥1,5).
Une amélioration significative du contrôle de l’asthme (score ACQ) a été constatée après 56 semaines de traitement. En effet, 78,6% des patients ont présenté une amélioration cliniquement significative(≥ -0,5 points d’ACQ) avec 33,2% des patients ayant un asthme bien contrôlé (≤0,75) et 23,2% un asthme partiellement contrôlé (ACQ 0,75-1,5).
Cette amélioration était observée quel que soit le nombre d’exacerbations annuel à l’instauration, l’élévation de la FENO ou l’utilisation antérieure d’une biothérapie. En revanche, seuls les patients présentant une éosinophilie sanguine au moins supérieure ou égale à 300/mm3 ont obtenu une amélioration cliniquement significative de l’ACQ (moyenne et intervalle de confiance inclus). Enfin, la cinétique du score ACQ sous traitement montre que l’amélioration est significative (statistiquement et cliniquement) dès la 4ème semaine de traitement.
Dorian Hassoun, service des explorations fonctionnelles, CHU de Nantes
D’après le poster PA5358 “Early and continued asthma control improvement in patients with severe eosinophilic asthma (SEA) over 1 year post benralizumab initiation: real-world XALOC-2 programme” présenté par Lieven Dupont (Louvain, Belgique). Session de posters 489 « Unravelling the potential of interleukin-5 pathways in asthma » du mardi 10 septembre 2024.
Données internationales de l’utilisation du benralizumab en pratique courante Lire la suite »


RAMSES (NCT04077528) est une étude observationnelle multicentrique d’évaluation enpratique clinique courante de l’utilisation des biothérapies dans l’asthme sévère. Plus de 2 000 patients asthmatiques sévères ont été inclus dans l’étude, nous donnant une opportunité unique d’amélioration de nos connaissances sur les biothérapies en condition de vie réelle.
Ce mardi 10 septembre, nous ont été présentées les données portant sur un total de 212 patients chez lesquels le benralizumab avait été initié et pour lesquels on disposait de 12 mois de recul.
Des patients asthmatiques sévères de type T2
Les patients inclus dans l’étude avaient un profil démographique et clinique classique pour des asthmes sévères T2 : patients âgés d’une cinquantaine d’année (53,5+/-14,3 ans), majoritairement féminin (58,5%), avec une éosinophilie sanguine moyenne de 550,1/mm3. La rhinosinusite chronique était particulièrement fréquente (71,2%) et pour la majorité compliquée d’une polypose nasosinusienne (73,5%). La cohorte incluait d’anciens fumeurs (39,1%), mais aussi des fumeurs actifs (6,3%). Enfin, 25,5% des patients était sous corticoïdes oraux au long cours (au moins 6 mois sur un an), avec une posologie moyenne de 18,5 +/- 13,8 mg/jour.
Forte réduction des exacerbations et meilleur contrôle de la maladie sous benralizumab
Après 12 mois, 77% des patients étaient toujours sous benralizumab et obtenait une réduction moyenne de 80% des exacerbations annuelles, 72,8% des patients n’ayant pas présenté d’exacerbation en un an sous traitement (vs 27,9% avant l’instauration du traitement). Le contrôle de la maladie était significativement amélioré avec 56,7% des patients présentant un score ACT ≥ 20 à 12 mois contre 13,8% à l’instauration. Enfin, concernant la corticothérapie orale, elle était diminuée en moyenne de 51,6% (+/- 50%).
Près de la moitié des patients améliorent leur fonction respiratoire
Sur le plan fonctionnel respiratoire, une proportion importante de patients a amélioré son VEMS d’au moins 10% (44,9%), voire même d’au moins 20% (24,5%).
Concernant l’impact sur la rhinosinusite chronique, une amélioration cliniquement significative (diminution du SNOT-22 d’au moins 9 points) a été constatée chez 56,7% des patients.
Le traitement est bien toléré dans la grande majorité des cas
La majorité des arrêts a été décidée du fait d’une efficacité jugée insuffisante (84%). Aucun effet secondaire non décrit pour le benralizumab n’a été observé durant le suivi.
En conclusion
Les données françaises issues de la cohorte RAMSES concernant l’utilisation du benralizumab sont cohérentes avec les données internationales présentées durant le congrès .
Merci aux patients et aux investigateurs engagés dans la recherche clinique française de nous fournir des connaissances au plus près de nos pratiques. Et bien sûr, merci par avance à celles et ceux, parmi nos lecteurs peut-être, qui participeront à cette entreprise collective !
Dorian Hassoun, service des explorations fonctionnelles, CHU de Nantes
D’après le poster PA3934 « Real-life effectiveness of benralizumab in severe asthma: 12-month data from the RAMSES cohort in France » présenté par Camille Taillé et coll. Session de poster 387 “Biological treatments for asthma: novel real-world and clinical studies” du mardi 10 septembre 2024.


Cette étude s’est intéressée à l’association entre l’adhérence à la pression positive continue (PPC) et l’évolution de la charge des médicaments antihypertenseurs (MAH) chez les patients hypertendus souffrant de syndrome d’apnées hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS). L’objectif principal était d’évaluer si une bonne adhérence à la PPC (définie comme une utilisation ≥ 4 heures par nuit) était liée à une réduction de la consommation de MAH après un an de traitement. Les données ont été tirées de la cohorte sommeil IRSR des Pays de la Loire qui a bénéficié d’un appariement probabiliste avec les données du système national des données de santé (SNDS).
Absence d’association significative entre adhérence à la PPC et réduction du nombre de médicaments antihypertenseurs
L’analyse a porté sur 2 205 patients atteints de SAHOS, dont 68 % étaient des hommes, avec une médiane d’âge de 61 ans et un indice de masse corporelle (IMC) moyen de 32,4 kg/m². À l’inclusion, les patients étaient traités avec un à trois MAH. Après un an de suivi, 78,1 % des patients étaient adhérents à la PPC, avec une utilisation médiane de 6,52 heures par nuit, tandis que 21,9 % étaient non-adhérents (utilisation de 2,58 heures ou arrêt de la PPC).
Les résultats montrent une légère diminution du nombre moyen de MAH dans les deux groupes. La variation moyenne était de -0,02 pour les patients adhérents et de -0,04 pour les non-adhérents. Bien que 11,1 % des patients adhérents aient vu leur nombre de médicaments diminuer, contre 13,5 % chez les non-adhérents, ces différences n’étaient pas statistiquement significatives (p=0,68). De plus, une augmentation du nombre de médicaments a été observée chez 10,5 % des adhérents et 12,1 % des non-adhérents.
En conclusion
Cette étude n’a pas trouvé d’association significative entre l’adhérence à la PPC et la réduction du nombre de classes de médicaments antihypertenseurs après un an de traitement. Ces résultats suggèrent que, dans la pratique clinique réelle, la PPC n’a pas d’impact significatif sur la gestion médicamenteuse de l’hypertension chez les patients SAHOS. Des analyses supplémentaires sont nécessaires pour explorer les éventuels sous-groupes de patients qui pourraient bénéficier d’avantage du traitement par PPC.
Trzepizur, département de Pneumologie et de Médecine du Sommeil, CHU d’Angers MITOVASC UMR Inserm 1083 / UMR CNRS 6015, Université d’Angers
D’après le poster OA5439 “Association of positive airway pressure adherence with the burden of antihypertensive medications in hypertensive patients with sleep apnoea: data from the IRSR Pays de la Loire Sleep Cohort” présenté par Dany Jaffuel (Montpellier, France). Session de présentation orale 502 “Emerging insights in prognostic aspects and positive airway pressure treatment for obstructive sleep apnoea” du mardi 10 septembre 2024.


La réponse cardiaque spécifique à l’apnée du sommeil (ΔHR) a été proposée comme biomarqueur pour évaluer le risque cardiovasculaire (CV) et prédire les bénéfices de la pression positive continue (PPC) chez les patients souffrant d’apnée obstructive du sommeil (SAHOS). Cependant, l’analyse manuelle des événements respiratoires, préalable à la mesure de ΔHR, limite son accessibilité. Cette étude vise à évaluer une méthode automatisée basée sur la réponse de la fréquence cardiaque aux désaturations en oxygène, appelée ΔHRoxi, pour stratifier les risques CV chez les patients SAHOS.
Mesure de la variation de fréquence cardiaque aux apnées du sommeil avec analyse manuelle des événements respiratoires versus automatisée
L’étude a utilisé des données provenant de la cohorte IRSR de sommeil des Pays de la Loire (IRSR) (5002 patients) et de la cohorte HypnoLaus (1307 patients). L’objectif principal était d’analyser les événements cardiovasculaires majeurs (MACE), comprenant la mortalité, les AVC et les maladies cardiaques. Les réponses ΔHR et ΔHRoxi ont été mesurées et classées en trois catégories : faible, intermédiaire et élevée. Les modèles de régression de Cox ont été utilisés pour évaluer l’association entre ΔHRoxi et MACE.
Un risque de MACE accru en cas de ΔHRoxi et de ΔHR plus élevés
Les résultats ont montré que 768 patients dans la cohorte IRSR et 87 dans la cohorte HypnoLaus ont présenté des MACE au cours d’un suivi médian de 8,0 et 7,5 ans respectivement. Les modèles de Cox multivariés ont révélé que les sujets ayant un ΔHRoxi élevé (par rapport à la catégorie intermédiaire) présentaient un risque accru de MACE dans la cohorte IRSR (risque relatif [RR] : 1,42 ; IC95% [1,19-1,71]) et dans HypnoLaus (RR : 1,75 [1,05-2,90]). Des résultats similaires ont été observés pour un ΔHR élevé.
Parmi les 2 718 patients de la cohorte IRSR traités par PPC, l’association entre l’adhérence à la PPC (utilisation ≥ 4h/nuit) et la survenue de MACE était modifiée par les valeurs de ΔHR et ΔHRoxi au départ (p pour interaction < 0,05). Cela suggère que ces réponses cardiaques pourraient aider à identifier les patients les plus à risque et à prédire les bénéfices CV du traitement par PPC.
En conclusion
ΔHRoxi, mesurée automatiquement via l’oxymétrie de pouls, pourrait constituer un biomarqueur fiable et facile à utiliser pour stratifier les risques cardiovasculaires chez les patients SAHOS et prédire les bénéfices de la PPC.
Wojciech Trzepizur, département de Pneumologie et de Médecine du Sommeil, CHU d’Angers MITOVASC UMR Inserm 1083 / UMR CNRS 6015, Université d’Angers
D’après le poster “Sleep apnea–specific pulse-rate response, cardiovascular risk and response to positive airway pressure” présenté par Margaux Blanchard (Sainte-Gemmes-sur-Loire, France) et coll. Session de presentations orales 502 “Emerging insights in prognostic aspects and positive airway pressure treatment for obstructive sleep apnoea” du mardi 10 septembre 2024.


Lorsqu’elles ont été éditées en 2012, les normes du réseau de recherche clinique de la Global Lung function Initiative (GLI) pour la spirométrie ont amorcé une modification des pratiques d’exploration fonctionnelle respiratoire. En effet, un même jeu d’équations pouvait être utilisé de la petite enfance au troisième âge, et la stratégie d’interprétation reposait en priorité sur l’analyse du z-score (la déviation par rapport à la valeur moyenne théorique) plutôt que sur des pourcentages. Ces normes GLI-12 proposaient également des équations différentes (race-specific) selon l’origine ethnique des sujets, ou tout du moins selon certaines origines ethniques pour lesquelles le nombre de données collectées était suffisant 1. Ces nouvelles normes avaient été accueillies favorablement par la communauté pneumologique, car elles semblaient permettre de décrire de manière plus exacte la fonction pulmonaire de différentes populations.
Les limites des normes race-specific GLI-12
Toutefois, outre le manque de données chez certaines populations, d’autres limites ont été soulevées par l’utilisation de ces normes race-specific. Premièrement, de nombreux sujets ont des origines ethniques et géographiques variées. Par ailleurs, les différences observées pour les volumes pulmonaires et les débits des voies aériennes dans différentes populations ne sont qu’assez minoritairement liées au capital génétique des sujets, alors qu’au contraire beaucoup de facteurs environnementaux sont capitaux, comme l’ont démontré les études sur les trajectoires de la fonction respiratoire : prématurité, pollution atmosphérique ou exposition à d’autres aérocontaminants (y compris in utero), asthme dans l’enfance, infections respiratoires, faible statut socio-économique… Ainsi, il a été craint que l’utilisation des équations race-specific GLI-12 cultive l’idée que les variations de la fonction entre populations étaient un invariant, et puissent en quelque sorte freiner la prise en comptes des facteurs modifiables par les pneumologues et favoriser la reproduction d’inégalités sociales.
Développement des normes race neutral ou GLI-global utilisable chez tous les patients
Une nouvelle approche a donc été développée. La réanalyse des données fonctionnelles collectées par la GLI et par la National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES) a permis de proposer en 2023 un jeu d’équations unique utilisable chez tous les patients (équations race-neutral ou GLI-global) 2. Le choix entre les normes GLI-12 ou GLI-global impacte principalement les sujets d’origine afro-caribéenne. En effet, parmi ceux dont la capacité vitale et le VEMS étaient rendus dans les limites de la normale avec le jeu de normes « afro-américain » de GLI-12, l’utilisation des normes GLI-global race-neutral peut aboutir à reclasser un grand nombre de ces sujets (dont la spirométrie était considérée comme normale) comme ayant une CV et/ou un VEMS anormalement diminué(s). Chez ceux et celles ayant une maladie respiratoire chronique, l’utilisation des normes GLI-12 pourrait sous-estimer la sévérité de l’atteinte fonctionnelle et retarder des ajustements thérapeutiques ou le recours à la transplantation pulmonaire 3. D’une manière générale, l’utilisation des normes GLI-global semble mieux corrélée à la survie 4. Cependant, dans une moindre mesure, l’effet inverse pourrait être observé dans d’autres populations (CV et/ou VEMS initialement abaissés et reclassés comme dans les limites de la normale). Par ailleurs, cela ne concerne que la spirométrie, car les normes pour les volumes statiques et pour la diffusion proviennent très majoritairement de sujets d’ascendance européenne.
Quelques messages-clés pour conclure
Il n’est pas possible d’intégrer la totalité des facteurs influençant la fonction respiratoire et sa trajectoire dans des jeux de valeurs théoriques, et aucune équation ne peut parfaitement décrire les variables fonctionnelles attendues dans une population. De plus, les explorations fonctionnelles respiratoires prises isolément ne sont pas un outil de diagnostic ou de décision thérapeutique. Si l’utilisation des équations GLI-global race-neutral semble prometteuse eu égard aux études publiées, à l’échelle de l’individu, le pneumologue pourraêtre amené à comparer les résultats de différents jeux de normes pour retenir celui qui semble le mieux adapté au patient qui lui fait face. Surtout, ces résultats devront être intégrés avec les symptômes, les autres explorations, une meilleure prise en compte des facteurs environnementaux influençant la trajectoire fonctionnelle (notamment dans l’enfance), et l’évolution de ces données lors des consultations ultérieures.
Thomas Gille, AP-HP,service Physiologie et Explorations Fonctionnelles, Hôpitaux Universitaires de Paris Seine-St-Denis, Sites AvicenneBobigny et Jean Verdier (Bondy), Université Sorbonne Paris Nord, Inserm U1272 “Hypoxie et Poumon”, UFR SMBH Léonard de Vinci, Bobigny.
D’après la communication « Race-specific versus race-neutral spirometry equations » de Anh Tuan Dinh-Xuan (Paris, France). Session 278 « Experts interview: Race-specific versus race-neutral spirometry equations » du lundi 9 septembre 2024.