Info Respiration

Les cours du GOLF 2025 : focus sur le rendez vous annuel de l’oncologie thoracique

Anne-Claire Toffart1, Michaël Duruisseaux2 d’après une interview réalisée par Caroline Guignot

  1. CHU Grenoble, Grenoble.
  2. Hôpital Pradel, Institut de Cancérologie des Hospices Civils de Lyon, Lyon

Le couple mutation du gène de l’Epidermal Growth Factor (EGFR) et inhibiteur « spécifique » de
la tyrosine kinase de l’EGFR (ITK-EGFR) a eu 20 ans en 2024. Quelles leçons avons-nous appris de
ce développement thérapeutique dans les adénocarcinomes (ADC) métastatiques mutés EGFR ?

 Comme chaque année, les cours du GOLF proposent une vision globale des standards et de l’actualité scientifique en oncopneumologie, abordant tous les aspects du diagnostic au traitement – chirurgie, radiothérapie, traitement systémique. Voilà près d’un an et demi que nous avons commencé à organiser l’événement avec le Pr Sébastien Couraud (Lyon) et la Dr Aurélie Swalduz (Lyon) au sein du Conseil d’organisation, et en lien avec le Conseil scientifique de l’évènement. Les cours du GOLF se distinguent par leur format standardisé, qui répond aux exigences du Développement Professionnel Continu (DPC). Contrairement à d’autres congrès, la marge de manoeuvre pour la sélection des thématiques est limitée. Mais les Conférences Prestige qui ponctuent l’évènement nous permettent d’aborder des thématiques innovantes et transversales. Par ailleurs, nous avons eu à coeur de favoriser la parité parmi les intervenants et modérateurs, et de mettre en avant les associations de patients.

Conférences Prestige : mettre l’oncologie thoracique en perspective
Les conférences Prestige permettent de mettre en perspective les actualités scientifiques évoquées au cours des sessions du GOLF. Il s’agit d’apporter des éléments transverses ou pratico-pratiques, complémentaires des connaissances. Cette année, nous avons voulu retenir trois thématiques importantes : la première concerne le microbiote avec la conférence « Les secrets intestinaux de la thérapie du cancer bronchique », animée par le Dr Lisa Derosa. Elle explorera l’interaction complexe entre le système immunitaire et les cellules tumorales, de la carcinogenèse à la métastase, et comment le microbiote influence l’immunothérapie.

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Innovations médicales et société en interaction

Vincent Fallet1,

  1. Service de Pneumologie et Oncologie thoracique – Hôpital Tenon AP HP Sorbonne Université – Paris

L’oncologie thoracique connaît depuis quelques années une véritable révolution, tant sur le plan thérapeutique que dans l’approche globale du patient. Le développement des thérapies ciblées – dont nous célébrons cette année les 20 ans des premiers inhibiteurs de l’EGFR – a profondément transformé la prise en soin des cancers bronchiques non à petites cellules (cf. numéro de juin 2025). L’immunothérapie, désormais incontournable à tous les stades de la maladie, poursuit son essor, notamment dans les stratégies périopératoires.
Ces avancées marquent une nouvelle ère de santé publique, portée par une intensification de la lutte antitabac et, en 2025, par le lancement du dépistage organisé du cancer du poumon à l’échelle nationale via le programme IMPULSION.
À Lyon, les cours du GOLF s’inscrivent pleinement dans une dynamique d’actualisation des connaissances et de décloisonnement des pratiques. Vous découvrirez dans ce numéro l’interview des Prs Michaël Duruisseaux et Anne-Claire Toffart, membres du conseil d’organisation.
Nous vous proposons également un tour d’horizon des temps forts de deux congrès majeurs de l’année – l’ELCC à Paris et l’ASCO à Chicago – avec les données les plus marquantes qui redessinent les standards de prise en charge.
Nous avons aussi souhaité donner la parole aux associations de patients, dont l’engagement a profondément contribué à faire évoluer le paysage de l’oncologie thoracique. Partenaires désormais incontournables du soin, elles soutiennent les malades, sensibilisent le grand public, coconstruisent des outils pédagogiques, participent aux réflexions sur l’accès à l’innovation et organisent des colloques scientifiques. La parole des patients, relayée ici par deux figures engagées – M. El Gaddari (ALK+ROS1 France) et Mme Guéroult-Accolas (Patients en réseau) – nous rappelle que l’humain ne peut être dissocié de l’innovation.
Mieux informer, mieux accompagner, mieux représenter : les associations enrichissent les parcours de soins en leur donnant davantage d’humanité. Elles contribuent à faire émerger une médecine plus efficace, plus accessible, plus engagée.
Bonne lecture.

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Info -Respiration Numéro 187-juin 2025

Jacques Cadranel Lire plus

Laure-Emmanuelle Zaragosi d’après une interview réalisée par Agnès Lara Lire plus


Léo Grassion

François Bughin

Jean-Paul Vasseur

Thomas Réginault

Joëlle Texereau

Éditorial
Halte aux inhalateurs avec gaz propulseur ?! Oui mais…
Étienne-Marie Jutant Lire plus

Congrès
ATS 2025 : entre découvertes scientifiques et résilience conjoncturelle aux États désunis d’Amérique 
Anh Tuan DINH-XUAN et les membres de la mission ATS 2025 Lire plus

Recherche
Trajectoires des maladies atopiques de l’enfant : de la marche atopique au concept de multimorbidité atopique
 Amina Lasmi, Flore Amat Lire plus

Pratique Infirmière
L’ETP en sortie d’hospitalisation – Un enjeu clé pour la prise en charge des maladies chroniques : focus sur l’asthme pédiatrique 
Virginie Sagorin, Virginie Serabian Lire plus
Mucoviscidose : l’Infirmière en Pratique Avancée, pilier du parcours de soins à l’ère des modulateurs de CFTR 
 Nadège Goriot Raynaud, Laurent Mely Lire plus

Lu pour Vous
La pollution est-elle (aussi) un problème pour les patients transplantés pulmonaires ?
Jonathan Messika Lire plus

Culture
Les paysages normands de David Hockney
 Jean-Pierre Orlando Lire plus

Vie de la Société
Pourquoi un « avis d’experts » sur la Réadaptation Respiratoire en France en 2025 ? 
J.-M. Grosbois, S. Gephine, O. Le Rouzic, F. Caron, A. Lino, A. Martin, H. Ouksel, J. Pernot, G. Prieur, S. Stelianides, E. Villiot Danger, F. Costes. Groupe Alvéole : groupe expert de la Société de Pneumologie de Langue Française (SPLF) pour l’exercice et la réadaptation Lire plus

In Memoriam. Hommage au Docteur Jean-Michel Chavaillon (1948-2025) 
Francis Martin, pour le Conseil d’administration du Collège de Pneumologues des Hôpitaux Généraux Lire plus
In Memoriam. Hommage au Professeur Vincent Ninane (1956-2025)
Marie Bruyneel Lire plus

Communiqués de presse

Extension d’indication européenne et française pour le comprimé ITULAZAX® chez les enfants et adolescents (5-17 ans) : une nouvelle option thérapeutique pour la prise en charge de la rhinite allergique aux pollens de bouleau et homologues en pédiatrie
Les résultats de l’étude de phase 3 ZENITH ont été présentés dans le cadre d’une présentation orale “late breaking” lors du congrès annuel de l’American College of 
Cardiology (ACC.25) et ont été publiés simultanément dans le New England Journal of Medicine (NEJM)

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16e Journées Francophones Alvéole Quoi de neuf en Réadaptation Respiratoire

Caroline Theillier1, Lucien Juret2, Manon Robic3

1.Interne, service de pneumologie et immunoallergologie, CHU de Lille, Lille
2.Interne, service de pneumologie et oncologie thoracique, CHU de Clermont-Ferrand, Clermont-Ferrand
3.Interne, service de pneumologie et oncologie thoracique, CHU de Clermont-Ferrand, Clermont-Ferrand


Les 16e Journées Francophones Alvéole se sont tenues à Nantes les 19 et 20 mars 2026. Elles ont
été l’occasion de présentations scientifiques et d’échanges entre professionnels médicaux, paramédicaux, enseignants en activités physiques adaptées, impliqués dans la réadaptation respiratoire (RR). Le groupe de travail Alvéole espère que cette synthèse permettra aux pneumologues intéressés par la RR d’avoir un éclairage particulier sur certains sujets insuffisamment abordés, et de disposer de mises au point utiles pour la pratique.

Expérimentations innovantes en réadaptation respiratoires : les articles 51

Orateurs : C. Lambert, D. Bajon et Y. Darolles,
N. Heraud, J.-M. Grosbois

Une table ronde animée la présidente de la SPLF, Pr Claire Andréjak, et en présence des 3 porteurs de projets d’expérimentations en santé de l’Article 51, et de la rapporteur générale des articles 51, Dr Lambert, a permis de faire le point sur les avancées et la généralisation de ces projets Article 51 dans le champ de la réadaptation respiratoire. Dans le but d’améliorer l’accès à la RR, trois expérimentations Articles 51 ont récemment été menées. L’expérimentation Occitan’air, qui propose des programmes de RR coordonnés à domicile, avec une phase initiale de 3 mois en présentiel et un suivi de 9 mois en distanciel. L’expérimentation Inspiraction, qui offre un accompagnement personnalisé selon trois modalités : hospitalisation complète, hôpital de jour ou télé-réadaptation, avec un suivi à distance sur 18 mois. Enfin, l’expérimentation RR-Télédom, qui teste un modèle hybride combinant séances à domicile et télé-réadaptation, avec un suivi à long terme à 6 mois et à 12 mois, pour des patients BPCO hospitalisés pour exacerbation. Ces projets ont pour but de diversifier les modalités de prise en soin, d’améliorer l’accessibilité à la RR et d’assurer un suivi durable des patients. Ces expérimentations mettent l’accent sur la nécessité d’individualiser les parcours de soins et pour les professionnels, de s’adapter aux besoins évolutifs des patients. Les résultats montrent une bonne faisabilité des dispositifs, une augmentation de l’accès aux programmes, une satisfaction des patients (amélioration des PROMS et des PREMS) et des professionnels, ainsi qu’une diminution du coût total des soins après intervention (données RRTélédom : 23 023 € vs 8 620 €), et des économies supérieures à celles des patients témoins SMR (données RRTélédom : 14 402 € vs 1 834 €, p = 0,002). D’autres points ressortent de ces expérimentations : l’importance de la coordination entre les différents acteurs de la prise en soin, de la formation au numérique des patients et des soignants, et enfin de la sensibilisation des médecins prescripteurs aux différentes modalités de RR possibles. En conclusion, Cécile Lambert a fait une annonce majeure indiquant que la RR à domicile allait s’inscrire dans un parcours coordonné renforcé (PCR) d’ici l’été 2026. Ainsi, tous les acteurs de la RR auraient la possibilité de s’emparer de ce nouveau dispositif, financé d’ici 2027.

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La prise en charge du tabagisme : un enjeu systémique ? Le modèle des Lieux de santé sans tabac

Nathalie Lajzerowicz 1, Alice Deschenau 2, Karine Gallopel-Morvan 3

1.Médecin addictologue, Hôpital Suburbain du Bouscat, Université de Bordeaux, administratrice de la Société francophone
de tabacologie
2.Psychiatre, Cheffe de service, CH Paul Guiraud, Villejuif, présidente de la Société francophone de tabacologie
3.École des Hautes Études en Santé Publique (EHESP), RSMS INSERM U1309 et ARENES (UMR CNRS 6051), Rennes


Le tabagisme est encore trop souvent perçu en santé comme un facteur de risque modifiable et non comme un trouble chronique nécessitant un accompagnement soutenu. Et quand elle est prise en considération, la prise en charge de la personne fumeuse est davantage envisagée comme relevant d’un soin individuel plutôt que d’une approche collective systémique. Pourtant, les arguments pour
changer de paradigme existent, et des solutions aussi : la généralisation des Lieux de santé sans tabac est, à ce titre, pertinente.

Si on ajoute aux dépenses de santé liées au tabac, le coût social associé à la perte de qualité de vie et aux décès prématurés, le coût total du tabagisme est estimé en 2019 à 156 Mds€ [1], supérieur à celui de l’alcool et des drogues illicites (tableau 1).
Ces chiffres exorbitants se situent bien au-delà des gains rapportés à l’État par les taxes – 13 Mds€ – même si ceux-ci sont accrus par le non-versement de près de 3 Mds€ de retraites économisées par la mort précoce d’un consommateur régulier sur deux.
En 2023, on estime que plus de 68 000 vies ont été perdues à cause du tabac [2].

Des conséquences sanitaires très larges

Au-delà des risques cardiovasculaires, bronchopulmonaires et des cancers (poumon et vessie, mais aussi sein, colon, prostate, pancréas, mélanome…)
attribués depuis longtemps au tabac, on reconnaît désormais l’impact indiscutable du tabagisme sur le diabète, les pathologies de la grossesse, les lésions ostéoarticulaires, les maladies auto-immunes, les infections chroniques… [3,4] non prises en compte dans les évaluations épidémiologiques précédentes. Les pathologies mentales, et notamment l’anxiodépression, sont également nettement associées au tabagisme actif [5]. On connaît également sa responsabilité dans les rechutes vers d’autres addictions, notamment celle à l’alcool [6,7].

La consommation de tabac a, de plus, un impact fortement délétère sur la prise en charge de nombreuses maladies, soit parce qu’elle en constitue le principal facteur de risque (HTA résistante, diabète résistant, maladies auto-immunes résistantes, dépression résistante…), soit parce que la fumée du tabac réduit l’effet des traitements par interactions médicamenteuses [8] : psychotropes, anti-hypertenseurs, anticoagulants, antibiotiques, chimiothérapies, insuline, immunosuppresseurs…

Ainsi, c’est toute l’activité quotidienne des médecins généralistes qui est très fortement accrue par le tabagisme de leurs patients, tout comme l’activité déjà surchargée des spécialités cliniques (chirurgiens, cardiologues, pneumologues, oncologues…), et des spécialités d’explorations (anatomopathologie, imagerie…) : ce sont aussi les séjours hospitaliers qui sont impactés par le tabagisme des patients pris en charge avec des hospitalisations prolongées, des rechutes et ré hospitalisations, des échecs thérapeutiques, et des complications post-opératoires nécessitant des reprises chirurgicales [9].

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Inhalateurs de salbutamol. Un danger prégnant de doses fantômes

Rola Abou Taam

Pneumopédiatre. Hôpital Necker-Enfants Malades, AP-HP, coordonnatrice du groupe de travail Éducation thérapeutique dans
l’asthme de l’enfant de la Société pédiatrique de pneumologie et d’allergologie (SP2A), Paris


L’utilisation d’inhalateurs de salbutamol dépourvus de compteur de doses intégré exposent les patients à un risque de morbidité grave et de mortalité par asthme. En effet, chaque flacon contient 20 à 30 doses vides qui constituent autant de situations à risque de crises pouvant s’aggraver. La SP2A a sonné l’alerte en mars dernier : elle demande à l’ANSM de rendre obligatoire le compteur de doses après des laboratoires.

Les inhalateurs de salbutamol sous forme pressurisée (pMDI) commercialisés en France, Ventoline® 100 μg/dose (GlaxoSmithKline) et ses génériques ne sont pas équipés d’un compteur de doses intégré, à la différence de leurs homologues américains et australiens. Cela concerne aussi les aérosols auto-déclenchés de salbutamol. Le groupe de travail Éducation thérapeutique dans l’asthme de l’enfant de la SP2A a interpelé l’ANSM en mars dernier pour lui signaler un signal de sécurité sanitaire d’une gravité insuffisamment prise en compte par le cadre réglementaire national actuel.
Ce signal est né de plusieurs cas de patients venant en consultation pour asthme et dont le salbutamol spray était vide alors que les patients le pensaient plein : la vérification par une pesée systématique des sprays de salbutamol, a permis de mettre en évidence cette problématique qui concerne un médicament de l’urgence médicale dont le défaut de sécurité peut avoir des implications graves pour les patients et le système de soins, au vu du nombre colossal de patients qui vont aux urgences pour absence d’efficacité de leur plan d’action dont le salbutamol est la base. Des témoignages de parents confirment à l’interrogatoire ciblé, qu’à posteriori leur flacon de salbutamol était probablement vide au moment des crises nécessitant un passage aux urgences.

Aussi, la SP2A demande à l’ANSM de rendre l’exigence d’un compteur de doses obligatoire.

Le phénomène des doses fantômes : un risque documenté et reconnu

Un inhalateur pressurisé (pMDI) continue de délivrer du gaz propulseur au-delà du seuil de ses 200 doses nominales, sans principe actif en quantité thérapeutique. Ces doses fantômes — bouffées en apparence fonctionnelles mais dépourvues de salbutamol efficace — constituent un risque direct et documenté pour tout patient en situation d’exacerbation aiguë.

Ce que reconnaît la notice officielle de la Ventoline®

La notice officielle de la Ventoline® (Base de Données Publique des Médicaments, ANSM) [1] indique explicitement : « L’inhalateur n’est pas muni d’un compteur de doses. Vous ne pouvez donc pas savoir combien de doses restent disponibles dans l’inhalateur. Aussi, il est recommandé de garder un 2e inhalateur de Ventoline® 100 microgrammes/dose, suspension pour inhalation en flacon pressurisé non entamé à disposition pour prendre le relais en cas de survenue imprévisible d’une crise d’asthme, ou d’une gêne respiratoire alors que votre premier inhalateur serait vide. »
Après 200 bouffées, l’inhalateur peut continuer à pulvériser le gaz, mais sans la bonne dose de salbutamol. Le Résumé des caractéristiques du produit (RCP, Vidal) [2] précise en outre : « L’inhalateur contient suffisamment de salbutamol pour seulement 200 doses (bouffées). Après 200 doses (bouffées), l’inhalateur peut continuer à pulvériser, mais sans la dose prévue de salbutamol. Des méthodes telles que secouer, peser ou immerger les inhalateurs ne sont pas précises pour déterminer si un inhalateur ne contient pas la dose prévue de salbutamol et elles ne sont pas recommandées. Des cas d’exacerbations d’asthme sévère ont été rapportés. Il peut être envisagé de tenir un registre du nombre de doses (bouffées) administrées au patient. Il est recommandé d’avoir un inhalateur de secours à disposition. Si le patient utilise plusieurs inhalateurs, il est recommandé de tenir un registre séparé pour chaque inhalateur. »

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Une luminothérapie en plein essor en oncologie

Antoine Lemaire

Médecin de la douleur, chef du pôle cancérologie et spécialités médicales de l’hôpital de Valenciennes
d’après une interview réalisée par Agnès Lara


Après avoir été longtemps décriée, cette technique de traitement basée sur l’application d’une lumière LED dans le rouge ou l’infrarouge, s’est particulièrement développée en oncologie.
Elle y trace aujourd’hui ses lettres de noblesse. Pionnier du déploiement de la technique en France, le Dr Antoine Lemaire nous présente les espoirs qu’elle suscite, mais aussi ses limites.

Pouvez-vous nous rappeler ce qu’est la photobiomodulation (PBM) et sur quels principes elle repose ?

La PBM est une méthode de traitement non invasive, indolore et sans effets indésirables, qui repose sur la lumière. Le principe est ancien puisque de la lumière bleue était déjà utilisée dès les années 1950 pour soigner l’ictère des nouveau-nés. Depuis, les équipements se sont affinés : laser de faible intensité d’abord (Low Level Light Therapy, 1967), puis diode électroluminescente (Light-Emitting Diode ou LED). La médecine aérospatiale a également contribué à la connaissance et au développement de la PBM, en particulier avec les LEDs. Puis, peu à peu, la technique a été évaluée dans le cadre d’essais cliniques et les protocoles se sont standardisés, jusqu’à obtenir un niveau de preuve élevé dans les mucites. Aujourd’hui, la PBM utilise le plus souvent des longueurs d’onde dans la lumière visible rouge et proche infrarouge, non ionisante. La longueur d’onde est choisie en fonction de la profondeur de tissu que l’on veut traiter.

Quel est son mécanisme d’action ?

Le mode d’action multimodale de la PBM est aujourd’hui bien décrit dans la littérature et a fait taire les détracteurs de la première heure [1]. Au niveau cellulaire, l’absorption des photons active la chaîne respiratoire mitochondriale en agissant sur l’une de ses enzymes, la cytochrome C oxydase. Le processus est athermique, mais il déclenche une cascade d’activation de plusieurs voies de signalisation intracellulaires et l’expression de différents gènes. Il en découle une augmentation de la production d’adénosine triphosphate (ATP) et donc d’énergie métabolique. La production de monoxyde d’azote (NO) est augmentée, ce qui induit une vasodilatation et une augmentation de l’oxygénation des tissus. Une modulation des médiateurs de l’inflammation ou de la neuro-
inflammation (cytokines, facteurs de croissance…) est observée, la prolifération et la migration des cellules sont également favorisées, ce qui explique l’intérêt de cette technique dans la réparation et la régénération tissulaire. Par ailleurs, la PBM agit aussi sur des canaux ioniques impliqués dans la douleur (Transient Receptor Potential Vanilloid ou TRPV).

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