Pneumologie

La réhabilitation respiratoire. Pour les asthmatiques aussi !


Trois communications ont été consacrées à l’inflammation Une méta-analyse récente 1 reprenant les données de 543 adultes asthmatiques inclus dans 11 essais randomisés contrôlés suggère que la réhabilitation respiratoire pourrait améliorer le contrôle de l’asthme et la fonction respiratoire, sans qu’un impact significatif sur l’inflammation des voies aériennes n’ait été documenté par la fraction expirée en monoxyde d’azote (FeNO) ou encore le nombre de polynucléaires éosinophiles (PNE) dans les expectorations. Les mêmes auteurs ont présenté ce matin les résultats préliminaires d’un nouvel essai randomisé contrôlé.

Les 150 patients inclus sont des adultes asthmatiques, sédentaires et bénéficiant d’une corticothérapie inhalée à une dose quotidienne à 400 µg ou plus d’équivalent budésonide. A l’inclusion, le contrôle de l’asthme est hétérogène avec un score ACQ-5 compris entre 1 et 2,5. Cent deux malades sont randomisés dans le groupe interventionnel et bénéficient pendant six mois d’un réentrainement à l’exercice, selon les modalités classiques (exercice aérobie, à haute intensité, 3 séances par semaine). Aucune éducation thérapeutique ou stratégie de maintenance n’interviennent dans le protocole. Ils sont comparés aux 48 patients du groupe contrôle. A chaque visite (à 2, 4, 6, 9 et 12 mois), la dose de corticoïdes inhalés est réévaluée selon un protocole précis. Si le score ACQ-5 est ≤ à 1, la dose est diminuée. Si le score ACQ-5 est ≥ à 1,5, la dose est augmentée. Si le score ACQ-5 est compris entre 1 et 1,5, la dose est conservée.

L’adhésion au protocole est excellente : seuls 3 patients du groupe interventionnel ont interrompu le réentraînement, 14 patients du groupe interventionnel et 7 du groupe contrôle ont été perdus de vue. Tandis que la dose de corticoïdes est globalement stable au cours de l’année dans le groupe contrôle, elle est significativement diminuée dans le groupe interventionnel, de 234 [-391 ; -77] µg à six mois (p=0,004). L’effet persiste dans le temps, avec une diminution de 314 [-477 ; -151] µg à douze mois (p=0,0002). La réduction de dose est plus fréquente selon l’observance aux séances de réentraînement (71,4% des patients avec une adhérence très élevée aux séances de réentraînement, 50,0% des patients avec une adhérence faible soit moins de 2 séances par semaine en moyenne contre 48,8% des patients contrôle, p=0,09). Le nombre d’exacerbations d’asthme (0,1 exacerbation / patient / an dans le groupe interventionnel contre 0,32 dans le groupe contrôle) ou de pneumonie (0,16 pneumonie / patient /an contre 0,20, respectivement) n’est pas différent. Dans cette étude, à nouveau, l’exercice ne semble pas agir en modulant l’inflammation des voies aériennes. Les données recueillies concernant la FeNO ou les PNE dans les expectorations induites ne sont pas concluantes.  

Le réentraînement à l’effort permet une réduction durable de 24% de la corticothérapie inhalée sans nuire au contrôle de l’asthme.

La réhabilitation respiratoire figure officiellement dans les dernières recommandations GINA. Elle y occupe une ligne sur les quelques 200 pages, au même titre que les autres stratégies non médicamenteuses susceptibles d’améliorer le contrôle de l’asthme. Nul doute que sa place est destinée à s’étendre. Avant une généralisation de la prescription de la réhabilitation respiratoire chez les patients asthmatiques, de nombreuses questions restent à résoudre. Comment adapter le programme aux patients asthmatiques ? Quel profil de patient asthmatique en bénéficierait ? Et surtout, depuis la pandémie COVID, comment augmenter les capacités des programmes de réhabilitation pour que l’ensemble des patients éligibles puissent y accéder ?

Marjolaine Georges, Service de Pneumologie et Soins Intensifs Respiratoires, CHU Dijon Bourgogne, 14 rue Paul Gaffarel, 21079 Dijon, France


D’après la session A16. Pulmonary rehabilitation: transforming our practice in 2022, A Pitzner-Fabricius

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L’asthme sévère au-delà de l’inflammation T2


Trois communications ont été consacrées à l’inflammation des asthmes sévères non T2 chez l’homme, celle qui pose le plus de problèmes.

Premièrement, M Caniolo démontre par cytométrie de masse des LBA que chez les patients de la cohorte américaine SARP, 2 groupes peuvent être individualisés parmi les corticorésistants : le 1er est T2 avec présence d’ILC2 et d’IL4, mais le second est caractérisé par la présence de cellules T cytotoxiques produisant de l’IFN-gamma soit une inflammation T1.

Deuxièmement, toujours dans la cohorte SARP, M Gautier suggère que ces cellules T1 sont liées à l’activation de deux récepteurs de chimiokines, CXCR3 et CCR5. En effet l’expression dans les LBA de ces deux récepteurs est corrélée à celle de l’IFN-gamma. Dans un modèle murin, l’absence de ces molécules n’empêche pas l’inflammation T1, mais le blocage par un antagoniste de CCR5, le maraviroc, inhibe l’hypersensibilité des voies aériennes.

Troisièmement, dans l’asthme de l’obèse, NC Lugogo montre que plusieurs mécanismes inflammatoires sont associés : diminution de l’adipokine, augmentation des ILC2 dans les bronches, et nette augmentation de l’IL6 dans le plasma.

Ainsi, l’inflammation de l’asthme sévère non T2 résulte de mécanismes multiples souvent associés dont la mise en évidence permet d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques possibles : Lymphocytes T1, CCR5, adipokine, IL6.

Antoine Magnan, Université de Versailles Saint-Quentin, Paris-Saclay, Hôpital Foch, 40 rue Worth, 92151 Suresnes


D’après la session A89 Asthma beyond T2 inflammation: additional and alternative pathways for severe asthma

High-Dimensional Immune Phenotyping in Severe Asthma, Matthew Camiolo, MD, PhD. University of Pittsburgh School of Medicine, Pittsburgh, PA
Obesity and Asthma, Njira Lucia. Lugogo, MD. University of Michigan, Ann Arbor, MI
CXCR3 and CCR5 as Mediators of T1 High Severe Asthma, Marc Gauthier, MD. University of Pittsburgh School of Medicine, Pittsburgh, PA

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La valve endobronchique, une révolution dans la prise en charge de l’emphysème sévère 

 D’après le communiqué de presse de PulmonX, janvier 2023

 La valve endobronchique, une révolution dans la prise en charge de l’emphysème sévère 

Deux ans après l’obtention du remboursement, 30 services hospitaliers implantent la valve Zephyr© en France, qui doit maintenant être mieux connue des praticiens. Troisième cause de mortalité dans le monde, la BPCO (Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive) est la première cause d’insuffisance respiratoire chronique grave en France avec environ 3 millions de malades. Sa forme la plus grave est l’emphysème sévère, caractérisé par une insuffisance respiratoire extrêmement invalidante. Sans traitement, les patients ayant une BPCO sévère encourent un risque de 30 à 50 % de mortalité entre 3 et 5 ans.

La valve endobronchique Zephyr, seul traitement approuvé et remboursé en France pour traiter l’emphysème sévère

 Fruit d’une innovation technologique et médicale scientifiquement validée, avec plus de 100 articles scientifiques publiés, la valve Zephyr réduit le volume pulmonaire en étant introduite dans les bronches. Accessible depuis mai 2020 en soins courants et remboursée à 100 % par l’Assurance-maladie depuis deux ans sur décision de la Haute Autorité de Santé, cette valve endobronchique est à ce jour la seule solution thérapeutique mini-invasive et réversible en cas de nécessité, reconnue face à l’emphysème.

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