Chaleur ciblée, dégâts limités : les nodules périphériques n’aiment pas les micro-ondes !

La prise en charge des nodules périphériques au cours du cancer broncho-pulmonaire repose sur deux stratégies principales : la chirurgie lorsqu’elle est possible ou la radiothérapie ; deux procédures non dénuées de risque. La bronchoscopie a une utilisation largement démocratisée pour le diagnostic des cancers broncho-pulmonaires, y compris pour les nodules périphériques, et, couplée aux micro-ondes, pourrait même en devenir un acteur thérapeutique.

L’équipe de Raymond C et al. rapporteune étude de phase I ayant inclus 8 patients avec un diagnostic prouvé de cancer broncho-pulmonaire non à petites cellules sous la forme d’un nodule de maximum 3 cm, ne présentant pas de contre-indication fonctionnelle à une prise en charge chirurgicale et naïfs de traitement. Le nodule devait être situé à au moins 1 cm des structures du médiastin et à 0,5 cm de la plèvre. Ces patients bénéficiaient successivement d’un traitement par micro-ondes, d’une imagerie de contrôle puis d’une une exérèse chirurgicale.  Vingt patients étaient attendus sur une période de 2 ans.

Le critère de jugement principal était l’évaluation de la sécurité et de la faisabilité de la procédure. Le critère de jugement secondaire étaient les modifications histologiques et radiographiques au décours de la procédure.

Parmi les 8 patients, 1 a été exclu puisqu’il présentait une localisation secondaire ganglionnaire prouvée lors du staging par EBUS. L’âge moyen était de 71 ans (69-79 ans) et 5 de ces patients étaient des femmes. La taille moyenne du nodule était de 23 mm (10-25 mm) et la distance moyenne à la plèvre était de 8,5 mm (6-14 mm).

Les 7 patients finalement traités par micro-ondes ont été opérés comme prévu avec une résection complète (5 lobectomies et 2 wedge résections) et confirmation histologique du caractère néoplasique. Un seul de ces patients n’avait aucun résidu tumoral viable. Pour les autres patients, il était estimé entre 10 à 20%.

Concernant les effets secondaires de la procédure, un seul patient a présenté un pneumothorax. En particulier, il n’y avait pas d’évènement hémorragique (hémoptysie ou saignement) rapporté.

En conclusion, l’utilisation de la bronchoscopie couplée à des micro-ondes semble donc être une procédure sécure pour la prise en charge des nodules périphériques, qui demande toutefois à être optimisée.

D’après la communication de Parrish C. et al : Bronchoscopic microwave ablation of peripheral lung cancer: initial experience of a treat and resect study, Am J Respir Crit Care Med 2025;211:A5020 (session B100).

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