Et vos patients ? Prennent-ils leur biothérapie ?

L’asthme fait partie des pathologies chroniques dont l’observance thérapeutique est parmi les plus faibles. Les biothérapies indiquées dans l’asthme sévère apparaissent a priori moins exposées à cette problématique que les traitements inhalés du fait de leur fréquence et de leur voie d’administration. Qu’en est-il en pratique ?

Une analyse rétrospective présentée par Justin Kwiatek (GSK Collegeville, États Unis) incluant les données de plus de 16 000 patients adolescents et adultes issus de la plateforme américaine Komodo, a retenu notre attention. Les patients étaient âgés de 12 ans ou plus et avaient initié une biothérapie entre le 1er janvier 2016 et le 30 juin 2024 parmi le dupilumab (4 996 patients), l’omalizumab (3 731 patients), le benralizumab (3 586 patients), le mepolizumab (3 489 patients), le tezepelumab (434 patients) et le reslizumab (anti-IL5 non commercialisé en France ; 100 patients).

La consommation de biothérapie était estimée sur la base des données de dispensation pharmaceutique et d’administration, lorsqu’elles étaient disponibles. Les patients ont ainsi été catégorisés en 4 groupes :

  • 63 % des patients étaient « persistants » : 1 injection non réalisée maximum et plus de 50% de réapprovisionnement à la pharmacie. Au sein de ce groupe, le pourcentage moyen de jours couverts par le traitement sur la période était de 90%. La « persistance » était de 72,2% pour le benralizumab, 69% pour le reslizumab, 68% pour le mepolizumab, 57,2% pour le dupilumab, 56,1% pour l’omalizumab et 54,8% pour le tezepelumab.
  • 12 % étaient « partiellement non persistants » : au moins 2 injections consécutives non réalisées ou ≤ 50% de réapprovisionnement à la pharmacie, correspondant à 69% de jours couverts par le traitement.
  • 3 % étaient « non persistants » : au moins 2 injections consécutives non réalisées et ≤ 50% ou moins de réapprovisionnement à la pharmacie soit 36% de jours couverts par le traitement. 
  • 22% étaient considérés comme ayant arrêté le traitement avec au moins 3 injections consécutives non réalisées. Au sein de ce dernier groupe, le pourcentage moyen de jours couverts par le traitement était de 35%. Les pourcentages d’arrêt du traitement étaient respectivement de 13,9%, 18%, 20,2%, 23,3%, 29,6% et 33,2%. Les raisons associées à ces arrêts de traitement n’étaient pas disponibles.

Le taux d’exacerbation était significativement accru chez les patients qui n’étaient pas persistants (groupes 2, 3 et 4) par rapport au groupe 1, indépendamment des caractéristiques de la population à l’initiation (type de couverture médicale, âge, genre, taux annuel d’exacerbations notamment) (Rate ratio 1,18 ; intervalle de confiance à 95% : 1,12–1,24). Il n’était néanmoins pas possible de savoir si ces exacerbations étaient la cause ou la conséquence de la moindre persistance.

A l’heure où nous fixons des objectifs de rémission de l’asthme sous traitement par biothérapie, cette étude rappelle l’importance de questionner l’observance avant de conclure à un échec thérapeutique en cas de persistance des exacerbations.

D’après Kwiatek J et al. Real-world persistence to biologic therapies and its impact on outcomes in patients with Asthma. Am J Respir Crit Care Med 2025;211:A7147.

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