Pneumopathies immuno-médiées ou post-radiques : le LBA peut-il aider à faire la différence?

Vincent Fallet, service de Pneumologie, hôpital Tenon, Paris

Les pneumopathies liées aux inhibiteurs de checkpoint et les pneumopathies post-radiothérapie présentent de nombreuses similitudes cliniques et radiologiques, rendant le diagnostic différentiel difficile. Une étude allemande a évalué l’intérêt du lavage broncho-alvéolaire pour les distinguer.

Avec la généralisation de l’immunothérapie adjuvante après radio-chimiothérapie dans les cancers pulmonaires localement avancés, la survenue de pneumopathies est une complication régulièrement rencontrée. Dans ce contexte, distinguer une toxicité immuno-induite (ICI-P) d’une pneumopathie post-radique (RP) est enjeu diagnostic majeur. C’est à cette question qu’a tenté de répondre une équipe allemande, en comparant les profils d’immunophénotypage du lavage broncho-alvéolaire dans les deux situations.

Dans cette analyse rétrospective, 55 patients ayant eu un LBA pour suspicion de ICI-P, tout cancer confondu ont été screenés (2022-2024). Parmi eux, 24 cas ont eu de diagnostic retenu de ICI-P. Un groupe contrôle était constitué de 11 cas de RP extraits d’archives (2010-2022).   

 Les immunothérapies étaient des anticorps anti-PD-1, anti-PD-L1, anti-CTLA-4, seuls ou en association.

Les résultats montrent :

  • une lymphocytose alvéolaire comparable entre les 2 groupes (49% vs 48%)
  • un rapport CD4/CD8 significativement plus bas dans les ICI-P (0,7 vs 2,8; p=0,037) ;
  • une expression de CD25 plus élevée dans les ICI-P (15,5% vs 2,5%; p<0,001).

L’immunophénotypage met ainsi en évidence une activation lymphocytaire spécifique des ICI-P, différente du profil observé dans les pneumopathies post radiques.


L’étude reste limitée par le faible effectif (24 et 11 patients), son caractère rétrospectif et l’hétérogénéité des traitements. Le recueil des données est incomplet (statut tabagique avec nombreuses données manquantes, ethnie non rapportée, co-médication non rapportée).

Le LBA reste indispensable dans le diagnostic des ICI-P et RP notamment pour éliminer des diagnostics différentiels infectieux. Il pourrait aussi être un outil d’aide au diagnostic différentiel entre pneumopathies immuno-induites et pneumopathies post radiques. À l’avenir, l’intégration de biomarqueurs issus du LBA (CD4/CD8, CD25) à des approches plus innovantes (transcriptomique et radiomique) pourrait affiner la prise en soin de ces complications.


D’après la communication D. Duesterhoeft – Comparison of BALF cellular pattern in immune checkpoint inhibitor-related pneumonitis versus radiation induced-pneumonitis (RP) – session Poster Precision medicine in lung cancer, novel therapies and toxicity management ERS 2025

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