


Marianne Riou, service de Pneumologie, hôpitaux universitaires de Strasbourg
Les résultats de l’étude de phase 3 HYPERION ont été présentés mardi matin lors d’une session « Clinical trials : ALERT 3 » et rendus public dans la foulée sur le site du NEJM.
Il s’agit de la 3ème étude de phase 3 montrant un bénéfice du Sotatercept dans l’HTAP, après les études STELLAR et ZENITH, cette fois-ci chez des patients incidents, avec diagnostic de l’HTAP depuis moins d’un an, en classe fonctionnelle NYHA II-III et avec un score de risque REVEAL Lite 2 ≥ 6 ou un score de risque COMPERA 2.0 ≥ 2 (risque au moins intermédiaire faible). Les patients ont été randomisés en 2 bras : sotatercept (0,3 mg/kg puis 0,7 mg/kg SC toutes les 3 semaines) versus placebo, en complément du traitement habituel de l’HTAP (bi- ou trithérapie spécifique, stable depuis au moins 90 jours avant l’inclusion).
Le critère d’évaluation principal était un critère composite d’aggravation clinique incluant les décès toutes causes confondues, les hospitalisations ≥ 24 heures pour aggravation de l’HTAP, la nécessité d’une septostomie atriale ou d’une transplantation pulmonaire, ou la détérioration du test de marche de 6 minutes associée à une aggravation de la dyspnée et/ou à des symptômes ou signes d’insuffisance cardiaque droite et/ou la nécessité d’ajouter un traitement de l’HTAP. Compte tenu des résultats positifs de l’étude ZENITH et de l’ensemble des données disponibles concernant le sotatercept, il a été décidé par le comité directeur et le sponsor d’arrêter l’étude HYPERION plus précocement que prévu.
Au total, 320 patients ont été inclus (160 dans chaque bras), majoritairement des femmes (70 à 75%) avec HTAP idiopathique (54 à 64%) mais aussi avec HTAP associée à une connectivite (24 à 36%). Les patients étaient plus âgés que dans les autres études précédemment publiées (âge moyen 55-57 ans) et présentaient, pour la majorité, au moins une comorbidité (dans environ 65 à 70% des cas) dont 41 à 45% d’hypertension artérielle, 30 à 32% d’obésité et 21 à 23% de diabète. 72% des patients étaient traités par bithérapie spécifique de l’HTAP et 64% étaient à risque intermédiaire faible à l’inclusion.
Le critère de jugement principal est revenu positif, avec une diminution de 76% du risque d’aggravation clinique dans le bras Sotatercept (HR 0,24, p<0,0001) avec un effet observé dès la 3ème injection. Le bénéfice était retrouvé quel que soit le type d’HTAP ou le niveau de risque initial, y compris intermédiaire faible.
Concernant les critères de jugement secondaires, seuls les deux premiers sont revenus positifs à savoir : 1/ un critère composite incluant une amélioration du test de marche de 6 minutes d’au moins 30 mètres, une diminution du NT-proBNP d’au moins 30% ou < 300 pg/ml et un passage en classe fonctionnelle NYHA I ou II et 2/ une diminution du score REVEAL lite 2 ≤ 5.
La tolérance du Sotatercept était conforme aux études précédentes, avec en premier lieu des événements hémorragiques (41%), pour la majorité non sévères.
Ainsi, ces données soutiennent la possibilité d’un recours plus précoce au Sotatercept dans l’algorithme de prise en charge de l’HTAP y compris chez des patients moins sévères à risque intermédiaire faible.
D’après la session ID 436 ; Présentation ID5340 : Vallerie McLaughin, CT Abstract – Efficacy and safety of sotatercept in patients with newly diagnosed pulmonary arterial hypertension at intermediate-to-high risk of mortality: Results from Phase 3 HYPERION study Article disponible : https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2508170?query=featured_home



