asthme

Crise d’asthme : quand Twitter escompte prédire l’affluence aux urgences

Il avait été démontré en 2013 que les analyses des données de messagerie internet usant de mots clés relatifs aux symptômes, diagnostic et traitement de la grippe étaient capables de prédire des épidémies de grippe via Google Flu Trends Web Services. La nouvelle fit grand bruit et sa crédibilité lui valut les honneurs d’être signalée par la revue Nature.1 Dans le même esprit, des chercheurs (Sudha Ram, et al.) de l’université de l’Arizona ont mis au point un modèle destiné à prédire l’afflux aux urgences des patients en crise d’asthme.2 La matière première de leur modèle est faite de tweets comprenant des données personnelles de santé (mots clés tels que « inhaler », « wheezing » ou « asthma ») postés par les utilisateurs eux-mêmes (asthma related tweets) combinés à des données de dossiers médicaux et des analyses de l’air par capteurs placés autour d’un hôpital de la ville de Dallas. L’ensemble de ces données a été traité durant 3 mois par un algorithme afin de constituer un système de prédiction dévolu à prédire la fréquentation des urgences pour crise d’asthme. Les chercheurs affirment être parvenus à une performance de prédiction fiable à 75 % — rappelons que 50 % est la prédiction d’une pièce de monnaie jetée en l’air — pour indiquer si le
taux de fréquentation des urgences sera « bas, normal ou élevé » un jour donné. Ils ambitionnent d’appliquer leur système à une meilleure gestion des urgences par les hôpitaux et planchent désormais sur un modèle plus robuste implémenté sur une plus longue période et étendu à quelque 75 hôpitaux autour de Dallas. L’épidémiologie et la gestion hospitalière de papa vont-elles en prendre un coup ? L’avenir nous le dira, mais il est fort plausible que la santé publique peut nourrir des espoirs de fortes évolutions grâce au big data. C’est en tout cas le sens de cette recherche soutenue par le NIH (National Institute of Health) et qui est en cours de publication dans le Journal of Biomedical and Health 3

Article paru dans la revue de la SPLF  Info Respiration du mois d’Août septembre 2015

Crise d’asthme : quand Twitter escompte prédire l’affluence aux urgences Lire la suite »

Numéro 128 – Août-septembre 2015

[themify_icon icon=”fa-lock” link=”https://splf.fr/documents/info-respiration/acces-abonnes/” style=”large” icon_color=”#088A85″ ] Accès abonnés

ÉDITORIAL
Santé connectée : tout nouveau tout beau ? Nicolas Postel-Vinay

SANTÉ PUBLIQUE
Déclaration obligatoire des mésothéliomes : en 2014, le nombre de nouveaux cas devrait être un peu plus élevé que celui des deux premières années, Céline Gallot, Nathalie Bonnet, Laurence Chérié-Challine
Lutte contre le tabagisme : la loi va imposer les paquets neutres pour mai 2016

NTIC
Améliorer l’observance dans l’asthme : vers une réponse technologique ? — Crise d’asthme : quand Twitter escompte prédire l’affluence aux urgences, Nicolas Postel-Vinay

ENTRETIEN
Un vélo dans la tête, quand sport de haut niveau se conjugue avec BPCO,
Bernard Wuyam

SUR LE VIF
Janus et la qualité du tabac, Imothep

VIGILANCE
Interférons : la survenue d’hypertension artérielle pulmonaire désormais signalée dans les RCP – Umeclidinium : la FDA approuve un nouvel anticholinergique dans la BPCO – Respreeza®, inhibiteur de l’alpha1 protéinase humaine – Contre-indication de la ventilation auto-asservie en cas d’insuffisance cardiaque : le groupe Sommeil de la SPLF et la SFRMS mènent l’enquête, IR, Camille Taillé

CULTURE
Le poumon de Marthe ou le jardin secret de Bonnard, Jean-Pierre Orlando

HISTOIRE
Diagnostic des apnées du sommeil : il y a cinquante ans les précurseurs français avaient déjà « tout décrit », Francis Martin

LU POUR VOUS
Asthme et plongée sous-marine : les risques sont multiples, mais nombre d’asthmatiques ne rencontrent aucun problème, Alexis Ferré
Tests in vitro de dépistage de l’infection tuberculeuse latente par détection d’interféron gamma : la HAS donne un avis favorable – Amiante et ses effets sanitaires : l’affaire n’est pas encore « résolue » !, IR

ENCADRÉS
Le congrès du sommeil à Nantes les 19-20-21 novembre 2015
Les petites annonces

COMMUNIQUÉS DE PRESSE
• Allergies respiratoires de l’enfant et sport : enquête de la Fondation Stallergènes • Spiolto® Respimat® et BPCO : premiers feux verts réglementaires en Europe • Arrêter de fumer avec appli TIS

Numéro 128 – Août-septembre 2015 Lire la suite »

3èmes Journées d’échanges sur l’asthme sévère 9-10 avril à Toulouse

[themify_box style=”download orange rounded” ]Téléchargez le programme[/themify_box]

[themify_box style=”download grey rounded” ]Téléchargez le courrier d’invitation[/themify_box]

arencontre-asthme

 

Paris le 8 novembre 2014

Cher ami, cher collègue,

Cette année, les Journées d’Echanges sur l’Asthme Sévère organisées par le groupe Asthme et Allergie (G2A) de la SPLF, auront lieu les 9 et 10 avril 2015 à Toulouse.

Comme chaque année, nous souhaitons réunir des jeunes pneumologues de toute la France, internes, assistants ou CCA, accompagnés d’un senior, intéressés par l’asthme sévère. Notre objectif est de sensibiliser à cette thématique pour pouvoir faciliter ensuite la création d’un réseau de médecins intéressés par ce sujet. Le programme prévoit une demi-journée de mise au point sur les avancées récentes dans le domaine de l’asthme sévère et sur les relations entre asthme sévère et pathologies ORL ainsi qu’une journée de sessions interactives de présentation-discussion de dossiers cliniques par les binômes. Trois thématiques sont développées lors des sessions de cas cliniques : allergie et asthme sévère, dilatation des bronches et asthme sévères et enfin une session de discussion des cas qui posent problème ou l’évolution des cas présentés l’année dernière. Ces discussions avaient été très riches l’an dernier.

Merci de répondre par le présent mail à Camille Taillé ou à Gilles Garcia si vous êtes intéressés et de nous donner avant le 1er février 2015 le nom des personnes souhaitant participer, un résumé et le thème choisi du cas clinique. Les équipes dont le cas aura été sélectionné par le conseil scientifique seront informées par mail.

Les diapositives des cas cliniques/discussion devront être envoyées avant le 31 Mars 2015 sous forme d’un diaporama de 15 minutes.

Si cette invitation peut intéresser d’autres médecins de centres avec lesquels vous collaborez sur l’asthme, n’hésitez pas à leur transmettre cette invitation. Le G2A a obtenu le soutien du laboratoire Novartis qui se chargera d’organiser la manifestation et les déplacements. En espérant votre participation les 9 et 10 avril prochains.

Très cordialement,

Camille Taillé, Gilles Garcia, Arnaud Bourdin, pour le Comité Scientifique.

3èmes Journées d’échanges sur l’asthme sévère 9-10 avril à Toulouse Lire la suite »

L’asthme persistant sévère peut-il être durablement contrôlé ?

ers2013

Il n’a pas été démontré qu’un contrôle durable de l’asthme persistant sévère est possible en suivant les recommandations actuelles, incluant des interventions non médicamenteuses. Les auteurs ont tenté d’apporter une réponse à cette question en utilisant un score composite de contrôle de l’asthme.

Soixante-deux patients ont été enrôlés dans une étude prospective. Apres une période de run-in d’un an permettant de confirmer le diagnostic d’asthme persistant sévère, la prise en charge en a été optimisée durant la deuxième année au travers de 6 visites intégrant une approche multidisciplinaire, associant EFR, calcul du score de contrôle de l’asthme ACQ, entretien psychologique, éducation thérapeutique personnalisée par une infirmière formée ; kinésithérapie, aide sociale, consultation auprès d’une diététicienne et aide au sevrage tabagique pour les quelques fumeurs inclus ont été proposés aux patients. Chacun d’entre eux a été suivi par le même investigateur, il a été prêté attention à la prise en charge des comorbidités, et les traitements ont été adaptés en fonction des recommandations de la GINA.

Un score composite de contrôle intégrant le score ACQ, le VEMS et le nombre d’exacerbations a été établi à chaque visite afin de déterminer contrôle optimal et acceptable.

Un contrôle optimal a été obtenu à un an chez 9 des 62 patients, un contrôle acceptable chez 8 autres, représentant au total 28 % des patients inclus. Le nombre d’exacerbations annuelles a été de moins d’une dans le groupe des patients contrôlés contre 3 dans celui des non-contrôlés (p<0,001). La variabilité du VEMS à un an était de 11,0 +/- 3,8 % dans le groupe des patients contrôlés contre 21,9 +/- 9,5 % dans celui des non-contrôlés (p<0,0001) La qualité de vie à l’inclusion mesurée par l’AQLQ était le meilleur facteur prédictif d’une impossibilité à maintenir le contrôle de l’asthme au long cours (p = 0,019). Le score ACQ à chaque visite était le meilleur facteur prédictif de la survenue d’exacerbations ultérieures.

L’inclusion dans un essai clinique intégrant une prise en charge pluri-disciplinaire renforcée permet de diminuer le nombre d’exacerbations, mais le maintien d’un contrôle durable de la maladie chez des patients atteints d’asthme persistant sévère reste une gageure.

[hr]

Jean-Pierre L’HUILLIER, 94210 La Varenne Saint-Hilaire
Liens d’intérêts en rapport avec la brève : Aucun

[hr]

Présentation : A. Bourdin et al. Is sustained control of severe asthma possible ? A composite score to assess 1-year of asthma control (session 394, P4126)

<<< Retour au sommaire

[hr]

© iSPLF septembre 2013 – En direct de l’ERS 2013

L’asthme persistant sévère peut-il être durablement contrôlé ? Lire la suite »

De l’air…chaud

ers2013

La thermoplastie bronchique est un traitement interventionnel endoscopique alternatif de l’asthme ayant pour cible le muscle lisse bronchique. Il s’agit d’introduire dans les voies aériennes un cathéter « brûlant » ce muscle lors de 3 procédures successives, afin de diminuer l’hyperréactivité bronchique.

L’étude randomisée contrôlée AIR2, incluant 190 patients, a montré une amélioration de la qualité de vie à 12 mois chez des patients atteints d’un asthme classé comme sévère et une diminution des exacerbations sévères. L’auteur a brièvement rapporté lors de cette session les résultats d’une étude sous presse, concernant le suivi à 5 ans des patients de l’étude AIR 2. Quatre-vingt cinq pour cent des patients ont été réévalués. On ne note pas de modification du VEMS pré et post bronchodilatation. Les tomodensitométries thoraciques ne sont pas modifiées. Aucune dilatation des bronches n’a été détectée. L’amélioration de la qualité de vie est conservée, la diminution du nombre d’exacerbations sévères et du recours à la consultation d’urgence aussi. L’auteur conclut à la durabilité des effets de la thermoplastie et à sa bonne tolérance.

 

[hr]

Thierry Saelens, service de pneumologie, centre hospitalier d’Arras
Liens d’intérêts en rapport avec la brève : Aucun

[hr]

Présentation : P. Shah Bronchoscopy and obstructive lung diseases (Session 195,1757)

<<< Retour au sommaire

[hr]

© iSPLF septembre 2013 – En direct de l’ERS 2013

De l’air…chaud Lire la suite »

De l’air…chaud

ers2013

La thermoplastie bronchique est un traitement interventionnel endoscopique alternatif de l’asthme ayant pour cible le muscle lisse bronchique. Il s’agit d’introduire dans les voies aériennes un cathéter « brûlant » ce muscle lors de 3 procédures successives, afin de diminuer l’hyperréactivité bronchique.

L’étude randomisée contrôlée AIR2, incluant 190 patients, a montré une amélioration de la qualité de vie à 12 mois chez des patients atteints d’un asthme classé comme sévère et une diminution des exacerbations sévères. L’auteur a brièvement rapporté lors de cette session les résultats d’une étude sous presse, concernant le suivi à 5 ans des patients de l’étude AIR 2. Quatre-vingt cinq pour cent des patients ont été réévalués. On ne note pas de modification du VEMS pré et post bronchodilatation. Les tomodensitométries thoraciques ne sont pas modifiées. Aucune dilatation des bronches n’a été détectée. L’amélioration de la qualité de vie est conservée, la diminution du nombre d’exacerbations sévères et du recours à la consultation d’urgence aussi. L’auteur conclut à la durabilité des effets de la thermoplastie et à sa bonne tolérance.

 

[hr]

Thierry Saelens, service de pneumologie, centre hospitalier d’Arras
Liens d’intérêts en rapport avec la brève : Aucun

[hr]

Présentation : P. Shah Bronchoscopy and obstructive lung diseases (Session 195,1757)

<<< Retour au sommaire

[hr]

© iSPLF septembre 2013 – En direct de l’ERS 2013

De l’air…chaud Lire la suite »

Documentation d’une nouvelle étiologie d’asthme allergique professionnel, un exemple didactique

ers2013

L’asthme professionnel est largement sous-diagnostiqué. Dans ce contexte, en décrire de façon pertinente une nouvelle étiologie par sensibilisation, ce qu’ont élégamment réussi les auteurs, demande une grande rigueur.

Un patient de 54 ans, non fumeur, n’ayant pas d’antécédent d’asthme, mais atteint d’une rhinite aux pollens de graminées, aux parfums et aux fluides de coupe, se plaignait depuis 2 ans de rhinite et de symptômes évocateurs d’asthme, plus marqués la nuit et les jours de travail, s’améliorant les jours de congés. Il exerçait une activité professionnelle d’opérateur sur machine usinant des pièces d’automobiles, et nécessitant l’utilisation d’un fluide de coupe. L’examen clinique objectivait l’absence de râle bronchopulmonaire. Sur le plan biologique, hyperéosinophilie à 750 élément/mm3, assez importante élévation du taux sérique des Ig E totales à 2048 kUI/l. L’analyse de la courbe de débits expiratoires de pointe au moyen d’un programme informatique expert objectivait une chute de ces débits les jours d’activité professionnelle. Plusieurs tests de provocation bronchique spécifique vis-à-vis de composants du fluide de coupe se sont révélés négatifs. Le test de provocation à la 4,4-méthylène-bismorpholine, biocide contenu dans le fluide de coupe, a entraîné l’apparition immédiate d’une rhinite, ainsi qu’une chute significative retardée du VEMS, et une importante augmentation de l’hyperréactivité bronchique non spécifique à la méthacholine 24 heures après le test de provocation spécifique. Les tests cutanés étaient positifs pour les pollens de graminées, les squames de chien, Cladosporium, mais aussi pour la 4,4-méthylène-bismorpholine. La démarche diagnostique remarquable suivie par les auteurs illustre différentes étapes que peut avoir à parcourir le pneumologue devant une suspicion d’asthme professionnel : recherche d’un rythme professionnel, d’un agent responsable, d’une hyperréactivité bronchique non spécifique, suivi dans certains cas de la recherche d’une hyperréactivité bronchique spécifique par réalisation de tests de provocation bronchique et mesure itératives des débits expiratoires, éventuellement recherche d’une sensibilisation en cas de suspicion de mécanisme allergique.

 

[hr]

Jean-Pierre L’HUILLIER, 94210 La Varenne Saint-Hilaire
Liens d’intérêts en rapport avec la brève : Aucun

[hr]

Présentation : Walters G. et al. Occupational asthma from sensitization to 4,4-methlyene-bismorpholine biocide in unused metalworking fluid (session 97, P994)

<<< Retour au sommaire

[hr]

© iSPLF septembre 2013 – En direct de l’ERS 2013

Documentation d’une nouvelle étiologie d’asthme allergique professionnel, un exemple didactique Lire la suite »

Asthme et obésité : une histoire d’hormones…

L’obésité est connue comme étant un facteur de risque de développement et de sévérité de la maladie asthmatique depuis plusieurs années. Cette association semble particulièrement vraie chez la femme en période d’activité génitale. Le rôle des hormones sexuelles est donc fortement suspecté sans qu’il n’ait été prouvé jusqu’à présent.

Scott et coll. a rapporté un travail portant sur 130 asthmatiques stables : 32 femmes âgées de 18 à 45 ans, 49 femmes de plus de 50 ans et 49 hommes classés dans chaque groupe en obèses et non obèses.

Le mécanisme semble être une inflammation à neutrop hile dans le groupe des femmes obèses d’autant plus importante que l’IMC augmente et en relation avec le taux d’œstradiol circulant.

L’hypothèse des auteurs est que dans cette population, les œstrogènes favorisent une obésité de type gynoïde, avec des adipocytes plutôt sous-cutanés, favorisant la sécrétion de leptine. La leptine via la voie du TNFα entraînerait un afflux de neutrophiles et donc un asthme à neutrophiles, alors que les adipocytes viscéraux présents dans l’obésité androïde favorisent le développement de diabète et maladies cardiovasculaires via d’autres mécanismes inflammatoires.

[hr]

Sandrine Pontier-Marchandise, d’après la communication de H.A. Scott et al. Am J Respir Crit Care Med 187 ; 2013. [Publication page : A3785] Female reproductive stage drives the association between obesity and neutrophilic airway inflammation in adults with asthma. Session C15 : « Diet, obesity and respiratory disease : from basic mechanisms to populations. »

 

[hr]

[themify_button style=”blue  rounded” color=”#0080FF” link=”https://splf.fr/les-points-forts/en-direct-de-lats-2013/” text=”#1B0A2A” ]Retour au sommaire[/themify_button]

© iSPLF – Mission ATS – MAI 2013

Asthme et obésité : une histoire d’hormones… Lire la suite »

Relations nez/bronches dans l’asthme : STAN, un essai clinique qui dérange !

L’existence de liens entre rhinite et asthme est bien connue et repose sur de nombreux arguments épidémiologiques, cliniques et physiopathologiques. L’existence d’une atteinte chronique des voies aériennes supérieures fait classiquement partie des facteurs de risque d’asthme mal contrôlé. En conséquence, il est de pratique courante de proposer aux patients asthmatiques de traiter leur nez pour améliorer leur asthme. Cette attitude thérapeutique, communément admise, repose davantage sur des hypothèses physiopathologiques et sur quelques études épidémiologiques transversales rapportant un moindre accès aux soins des patients asthmatiques recevant un traitement de leur atteinte nasale que sur des essais thérapeutiques prospectif à long terme. Dans ce domaine la communication dimanche 19 mai au congrès de l’ATS des résultats de l’étude STAN (Asthma and nasal steroids) a jeté un sacré pavé dans la mare des « United Airways » supporters. Cet essai clinique académique (donc non financé par l’industrie pharmaceutique) a sélectionné 388 asthmatiques non contrôlés (enfants de plus de 6 ans et adultes). Le non-contrôle de l’asthme était établi par un score < 19 au test ACT ou à sa variante cACT (childhood ACT) chez l’enfant. Tous ces patients avaient une symptomatologie rhino-sinusienne confirmée par un questionnaire spécifique. Ils ont été randomisés en deux groupes, l’un recevant un placebo, l’autre une corticothérapie endonasale (mométasone 50 microg/j dans chaque narine chez l’enfant et 100 microg/j dans chaque narine chez l’adulte) pendant six mois. L’objectif principal était l’évolution du contrôle de l’asthme. Celui-ci s’est amélioré modestement au cours de l’étude dans les deux groupes sans différence significative entre le bras traité et le bras placebo. De façon non surprenante, la symptomatologie nasale et la qualité de vie spécifique liée à l’atteinte nasale se sont améliorées de façon significative dans le sous-groupe des adultes traités par corticothérapie endo-nasale mais cet effet n’était pas observé chez l’enfant. Dans le sous-groupe des enfants un effet significatif (mais tout juste, p = 0,049) a été noté sur l’amélioration du VEMS dans le groupe traité par rapport au groupe sous placebo. Toutes les autres analyses concernant les évènements liés à l’asthme ou l’évolution de la fonction ventilatoire n’ont pas mis en évidence de différence entre les deux groupes au terme des six mois.

Au total cet essai prospectif bien mené montre que prescrire une corticothérapie endonasale à un asthmatique non contrôlé porteur d’une atteinte rhinosinusienne symptomatique améliore son nez mais pas le contrôle de son asthme.

 

 

[hr]

Alain Didier, d’après la communication de L.B. Gerald (Tucson) et A.E. Dixon (Burlington), ATS 2013, session L2 « Asthma and nasal steroïds ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[hr]

[themify_button style=”blue  rounded” color=”#0080FF” link=”https://splf.fr/les-points-forts/en-direct-de-lats-2013/” text=”#1B0A2A” ]Retour au sommaire[/themify_button]

© iSPLF – Mission ATS – MAI 2013

Relations nez/bronches dans l’asthme : STAN, un essai clinique qui dérange ! Lire la suite »

Du soja pour l’asthme incontrôlé

Des données épidémiologiques et cliniques démontrent qu’un régime riche en isoflavones et notamment en génistéine est associé à une meilleure fonction pulmonaire et un meilleur contrôle de l’asthme. Les isoflavones sont retrouvés abondamment dans le soja et connues principalement pour leurs effets pro-œstrogéniques. Elles ont également des propriétés anti-inflammatoires (inhibition de la lipo-oxygénase, de la voie des leucotriènes) in vitro et in vivo, qui en font un candidat intéressant pour un nouveau traitement de l’asthme, peu onéreux et bien toléré. L’American Lung Association a donc lancé une large étude multicentrique, en double aveugle, randomisée, testant l’intérêt du soja (NovaSoy® 100 mg/j) contre placebo.

Cette étude a concerné quelque 386 patients adultes ayant un asthme non contrôlé (ACT moyen à 17) sous un traitement ne comprenant que des stéroïdes inhalés ou du montelukast, avec un VEMS > 50 %. Il s’agissait d’une population plutôt jeune (âge moyen 38 ans), majoritairement féminine, qui avait reçu dans la moitié des cas des stéroïdes oraux au cours de l’année précédente et dont 77 % des patients étaient allés aux urgences au moins une fois. Aucun patient n’avait de carence d’apport à l’inclusion et aucun n’a modifié son régime pendant l’étude. La dose choisie avait déjà montré une efficacité sur le contrôle de l’asthme dans une étude préliminaire. Le VEMS était le critère principal d’évaluation après 24 semaines de traitement : il n’était pas différent dans les deux groupes. L’ACT augmentait de 2 points chez tous les patients. Le nombre d’épisodes de perte de contrôle était similaire dans les deux groupes. Il n’y avait pas non plus de modifications significatives des critères biologiques (IL-6, CRP, éosinophilie sanguine, NO exhalé), quel que soit le traitement reçu. Le traitement a été bien toléré, notamment sur le plan gynécologique. La négativité de cette étude souligne qu’il existe souvent un large fossé entre les résultats des études transversales ou des études in vitro et ceux des interventions nutritionnelles dans l’asthme.

 

 

[hr]

Camille Taillé, d’après la communication orale de C. Bime (Baltimore) et L.J. Smith (Chicago) « Soy isoflavones in asthma (SOYA) ». Session L2.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[hr]

[themify_button style=”blue  rounded” color=”#0080FF” link=”https://splf.fr/les-points-forts/en-direct-de-lats-2013/” text=”#1B0A2A” ]Retour au sommaire[/themify_button]

© iSPLF – Mission ATS – MAI 2013

Du soja pour l’asthme incontrôlé Lire la suite »

Retour en haut
SPLF-APPLI

GRATUIT
VOIR