
L’ensifentrine est un inhibiteur sélectif de la phosphodiestérase (PDE) 3 et 4, présentant des propriétés bronchodilatatrices, anti inflammatoires et favorisant la clairance mucociliaire. Les essais cliniques de phase III ENHANCE 1 et 2 1 ont montré une amélioration du volume expiratoire maximal en une seconde (VEMS), des symptômes respiratoires et de la qualité de vie chez 1549 patients atteints de BPCO, âgés de 40 à 80 ans. Ces patients avaient un tabagisme ≥ 10 paquets-années, un VEMS post bronchodilatateur compris entre 30 et 70% de la théorique et une dyspnée mMRC ≥ 2. Ils pouvaient être traités par un beta-2-mimétique ou un antimuscarinique de longue durée d’action, seul ou en association à des corticoïdes inhalés. Toutefois, la place de l’ensifentrine dans l’arsenal thérapeutique de la BPCO reste à définir.
Deux analyses post hoc, présentées à l’ATS, ont évalué l’efficacité de l’ensifentrine en monothérapie chez 591 patients naïfs de traitement inhalé dans les essais ENHANCE (391 dans le groupe ensifentrine et 222 dans le groupe placebo). L’ensifentrine inhalée était administrée à la posologie de 3 mg, deux fois par jour, pendant 24 semaines. Les deux groupes étaient comparables : l’âge moyen était de 64,5 ans (ensifentrine) vs 63,3 ans (placebo), la majorité des patients était des hommes (53 % vs 51 %), environ 40 % avaient une BPCO sévère (VEMS entre 30 et 50 %), le VEMS moyen était de 52,5 % vs 51,4 %, et 14 % vs 17 % avaient présenté au moins une exacerbation dans les 15 mois précédents.
Dans la première analyse, un gain moyen de 93mL du VEMS à 12 semaines était observé dans le groupe ensifentrine (AUC du VEMS 0-12h). Le gain de VEMS au pic était de 141mL à 6 semaines, 154mL à 12 semaines et 142mL à 24 semaines. Une tendance à la réduction du risque d’exacerbation modérée à sévère a été retrouvée, bien que non statistiquement significative (ratio 0,60, intervalle de confiance à 95% (IC95%) 0,35 – 1,02), p=0,058). En revanche, le délai avant la première exacerbation était significativement allongé (p=0,039).
Dans la seconde analyse, le score Transition Dyspnea Index était significativement amélioré aux semaines 6, 12 et 24 (p<0,05), atteignant à chaque fois le seuil de significativité clinique. Des résultats similaires étaient observés pour le score de symptôme E-RS. Concernant la qualité de vie, une amélioration significative et cliniquement pertinente du questionnaire de Saint Georges (SGRQ) était notée aux semaines 6 et 12 dans le groupe ensifentrine, mais cette différence n’était plus significative à 24 semaines.
Enfin, les patients traités par ensifentrine ont significativement réduit leur recours aux traitements inhalés de secours, et ce à tous les temps d’évaluation (p<0,05).
En conclusion, bien que des études plus robustes soient nécessaires pour confirmer ces résultats, l’ensifentrine pourrait représenter une option de première ligne chez les patients atteints de BPCO modérée à sévère et symptomatiques.
Marina Gueçamburu, Service des Maladies Respiratoires et des épreuves fonctionnelles respiratoires CHU Bordeaux, 33604, Pessac
D’après :
Le poster de Biney I.N. et al. Ensifentrine monotherapy improved lung function and reduced exacerbation rate and risk in symptomatic patients with moderate-to-severe COPD. Am J Respir Crit Care Med 2025;211:A4025 (session B52).
Le poster de Drummond M.B et al. Ensifentrine monotherapy reduced dyspnea and improved quality of life in patients with symptomatic, moderate-to-severe COPD. Am J Respir Crit Care Med 2025;211:A4035 (session B52).
- Anzueto A, Barjaktarevic IZ, Siler TM, Rheault T, Bengtsson T, Rickard K, et al. Ensifentrine, a Novel Phosphodiesterase 3 and 4 Inhibitor for the Treatment of Chronic Obstructive Pulmonary Disease: Randomized, Double-Blind, Placebo-controlled, Multicenter Phase III Trials (the ENHANCE Trials). Am J Respir Crit Care Med. 15 août 2023;208(4):406‑16. ↩



