Inspirez, expirez : ouvrir les bronches pour diminuer le volume pulmonaire dans la BPCO !

L’emphysème dans la BPCO est notamment responsable d’une hyperinflation par compression des espaces pulmonaires fonctionnels résiduels, aboutissant à une dyspnée et une altération de la qualité de vie du patient. Plusieurs techniques de réduction de volume pulmonaire ont été développées (chirurgicale, endoscopique par valves ou coils endobronchiques) avec une bonne efficacité clinique et fonctionnelle mais chez des patients très sélectionnés et non dépourvus de risques (pneumothorax…). Une nouvelle technique de réduction de volume a ainsi été proposée.

Les études prospectives multicentriques internationales BREATHE-1 en Australie et BREATHE-2 en Europe ont donc visé à évaluer des dispositifs intrabronchiques auto-expansibles. Ces dispositifs en nitinol en forme de ressort étaient déployés par voie endoscopique entre le tissu pulmonaire distal et la bronche la plus proximale dans 1 à 3 territoires les plus emphysémateux. Le but est de diminuer l’hyperinflation en empêchant le collapsus bronchique à l’expiration et en permettant à l’air trappé d’être expiré. Ces études cherchaient à évaluer, chez des patients avec un emphysème homogène ou hétérogène, la faisabilité, la sécurité et l’efficacité de ce dispositif. Le critère principal de jugement était la survenue d’un effet indésirable sévère en rapport avec le dispositif ou la procédure à 6 mois. Les critères secondaires étaient la faisabilité et les résultats fonctionnels, cliniques et scanographiques à 3 et 6 mois.

Les critères d’inclusion étaient un VEMS entre 15 et 50%, une hyperinflation diagnostiquée par un rapport Volume Résiduel (VR) / Capacité Pulmonaire Totale (CPT) ≥ 55% et un VR ≥ 180%, une dyspnée ≥ 2 sur l’échelle mMRC, la présence d’une destruction emphysémateuse de plus de 35% d’au moins un lobe et un sevrage tabagique efficace depuis 2 mois. Les patients avec ≥ 2 exacerbations dans l’année précédente ou une DLCO ≤ 20% étaient exclus. Soixante patients ont été inclus, principalement des femmes (55%) âgées en médiane de 66 ans, avec un VEMS initial médian de 700mL soit 26% de la théorique et un VR médian à 255%. Quatre-vingt-dix-huit procédures ont été réalisées, permettant le déploiement efficace de 328 dispositifs (92,4% de succès) dans différents lobes pulmonaires, essentiellement dans les lobes supérieurs (droit 32,6%, gauche 31,1%). Treize événements indésirables sévères ont été rapportés (21%), principalement des pneumonies (10%) et exacerbations de BPCO (5%) ; aucun pneumothorax n’a été observé. Chez près de 65% des patients, étaient significativement obtenues une diminution du VR ≥ 860mL à 3 mois et ≥ 750mL à 6 mois (p < 0,0001), une augmentation du VEMS (+ 100mL), une amélioration du test de marche (+25m) et des questionnaires de qualité de vie et de dyspnée (- 24 points sur le questionnaire de St Georges, – 1 point sur l’échelle mMRC). Enfin, la réévaluation scanographique à 6 mois retrouvait une réouverture de la majorité des voies aériennes évaluable comparativement au scanner précédant l’intervention.

Ces deux études sont innovantes de par le mécanisme d’action particulier des dispositifs auto-expansibles utilisés et par la possibilité d’une sélection plus large des patients BPCO (plus sévères, emphysème homogène ou hétérogène) par rapport aux techniques précédentes, avec une sécurité et une faisabilité acceptables. Une étude interventionnelle comparative devrait débuter courant 2025.

D’après la communication de Slebos DJ., et al. First in human, multicenter experience with airway scaffolds for emphysema-related hyperinflation. Am J Respir Crit Care Med 2025;211:A3113 (session B14).

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