
La maladie chronique du greffon contre l’hôte (cGVHD) est une complication post allogreffe de cellules souches hématopoïétiques (ACSH) atteignant plus fréquemment la peau et le tube digestif. Le syndrome de bronchiolite oblitérante (BOS) est la seule entité nosologique pulmonaire reconnue par le NIH comme étant de la cGVHD avec une morbi-mortalité majeure. Le traitement de la cGVHD en général et de la BOS en particulier est une problématique non encore résolue…
Nous rapportons les résultats d’une étude de phase 1b/2a 1 évaluant le rovadicitinib (TQ05105), nouvel inhibiteur oral double ciblant les Janus kinases 1/2 et les protéines kinases 1/2 associées à Rho (ROCK-1/2), destiné à traiter les composantes inflammatoires et fibrosantes de la cGVHD. Il s’agit ici d’une étude multicentrique, ouverte, ayant recruté des patients atteints de cGVHD modérée ou sévère, réfractaire aux glucocorticoïdes ou corticodépendante, afin d’évaluer la sécurité et l’efficacité du rovadicitinib. Les critères principaux comprenaient la sécurité et l’évaluation de la dose. La meilleure réponse globale constituait le critère d’évaluation secondaire. Au total, 44 patients ont été randomisés. Le rovadicitinib a été bien toléré, sans différence de toxicité pour les 2 doses évaluées et aucun événement indésirable n’a entraîné d’arrêt du traitement. L’effet indésirable le plus fréquent était hématologique avec une anémie dans 38,6 %. Le taux de réponse globale (partielle et complète) tous organes confondus était de 86,4 %, sans différence entre les deux groupes de dosage. Les atteintes digestives basses (90%), hépatiques (100%) et dans une moindre mesure cutanées (65%) ont le plus bénéficié de cette molécule.
Concernant le poumon, 26 patients randomisés avaient une BOS évaluée sur le NIH lung symptom score (les résultats d’EFR à l’inclusion n’étaient pas précisés). Aucun patient ne semble avoir été inclus spécifiquement pour la BOS, qui était associée à une autre atteinte d’organe justifiant l’inclusion. Les résultats sont beaucoup moins enthousiasmants avec un taux de réponse partielle à 23,1% (aucune réponse complète) évaluée sur une amélioration du lung symptom score du consensus NIH de 2014. Sur le plan fonctionnel, les auteurs rapportent que pour les 6 patients considérés en réponse partielle était retrouvée une amélioration médiane du VEMS de 12,2 %.
Parmi les stratégies immunosuppressives, comme le belumosudil ou l’axatilimab, le rovadicitinib ne semble pas apporter d’effets bénéfiques majeurs pour le traitement de la BOS post ACSH d’après les données de cette étude de phase 1/2. La phase 3 devrait permettre d’avoir une idée plus précise de l’intérêt ou non du rovadicitinib dans le traitement de la BOS post ACSH. A suivre donc…
Frédéric Rivière, service de Pneumologie, oncologie thoracique et soins intensifs respiratoires, CHU Caen-Normandie, avenue Côte de Nacre, 14000 Caen
D’après la communication orale de Davies S. BOS post HCST. Session D6 (Meet the BOS: phenotypes and pathways in bronchiolitis obliterans syndrome).
- Zhao Y et al. Blood 2025. 145(24). ↩



