IDEAL : trouver un autre moyen de faire du « dépistage »

Le dépistage du cancer du poumon est devenu, ces dernières années, un enjeu de santé publique majeur qui vise à détecter au plus tôt des nodules potentiellement malins en réalisant un scanner thoracique dédié dans une population cible dont le principal facteur de risque est le tabagisme. Cependant il n’est pas rare d’identifier un nodule pulmonaire, même lorsqu’un scanner est réalisé dans une autre indication. IDEAL pour « Improving Detection of Early Lung Cancer in a Diverse population » est une étude canadienne qui s’est intéressé à la détection et la prise en charge de ces incidentalomes.

Le premier objectif de l’étude IDEAL était d’identifier ces incidentalomes (IPN) et d’évaluer la prise en charge de ces IPN. Cette étude avait d’autres objectifs, notamment de comparaison de plusieurs stratégies de prise en charge (Fleschner Society ou PanCan utilisé au Canada ou LungRADS).  Les données sur ces objectifs secondaires ne sont pas disponibles. A noter que les données présentées correspondent à un plus grand nombre de patients que les données de l’abstract soumis.

Dans le design de cette étude, les auteurs partaient de plus de 71000 scanners (dont 37% de scanners cardiaques), et sélectionnaient ceux avec un nodule pulmonaire d’au moins 6 mm et réalisés chez des patients ayant entre 50-80 ans. Au total, ce sont 233 patients qui ont été inclus dans cette analyse, essentiellement d’origine caucasienne, avec un âge médian de 67 ans et un sex ratio environ égal à 1. Cependant, environ 60% d’entre eux étaient non-fumeurs et ne correspondaient donc pas à la population cible du dépistage du cancer du poumon.

Il s’agissait dans 77% des cas de nodules solides, dans 22% des cas de nodules en verre dépoli et dans 5% des cas de nodules mixtes.

La prise en charge proposée variait selon les recommandations choisies, avec notamment plus de scanners à 6-12 mois lorsqu’étaient suivies les recommandations LungRADS et une prise en charge plus précoce selon Fleischner ou PanCan. Malheureusement, les résultats définitifs de comparaison de ces 3 stratégies ne sont pas encore disponibles.

L’incidence finale de cancer pulmonaire mis en évidence parmi ces incidentalomes était de 4.3% dont 87,5% à un stade précoce. En comparaison, ce taux apparaît nettement supérieur à celui des cancers mis en évidence dans le programme local de dépistage (« British Columbia ») qui évaluait cette incidence à 1.6%.

Cette étude souligne l’importance de prendre en compte les données des scanners réalisés en routine quelle que soit l’indication, permettant un « dépistage » dans une population pas forcément considérée à risque selon les recommandations de dépistage actuelles. Les auteurs suggèrent que les outils d’intelligence artificielle pourraient être utiles dans ce contexte.

D’après Brown M. et al, Establishing Lung Cancer Risk and Optimizing Incidental Pulmonary Nodule Management. Am J Respir Crit Care Med 2025;211:A5014 (Session B100)

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