
La source des infections à mycobactéries non tuberculeuses est environnemental : terre, poussière mais surtout eau. Ainsi, on s’expose en prenant sa douche par exemple via un bon aérosol de mycobactérie. Ces données sont connues, et se pose toujours la question de l’intérêt de proposer des mesures pour limiter l’exposition. Le NIH a conduit une étude prospective pour évaluer l’intérêt de telles mesures.
Compte tenu du risque de récurrence des infections à mycobactéries non tuberculeuses (MNT), le facteur favorisant (dilatations des bronches, BPCO, immunosuppresseurs) restant présent, El Husseini et al ont proposé à des patients ayant fait une infection à MNT un programme de formation pour limiter leur exposition. Soixante-deux patients (89% de femmes) ont été inclus. Le BMI moyen était à 22 kg/m². Les patients étaient plutôt symptomatiques compte tenu de leur terrain (62,5% de toux et 35,7% d’expectorations). Ils étaient suivis pendant 3 ans après la formation, avec un questionnaire tous les 6 mois portant sur leurs habitudes de vie et leurs symptômes. Une récurrence de l’infection à MNT a été recherchée de manière systématique à 1 et 3 ans (examen d’expectorations). Parmi ces 62 patients, 17% avaient présenté à 3 ans une nouvelle infection à MNT et 28.8% avaient aggravé leurs symptômes.
Parmi les mesures de prévention proposées, 21% des patients avaient mis en place un filtre sur la douche (1% de filtre à baseline), 16% changeaient systématiquement leur pommeau de douche tous les 6 mois, 63% bénéficiaient d’une kinésithérapie active (contre 38% à baseline) et 27% avaient mis en place un filtre au robinet de la cuisine. Parmi les facteurs associés à une limitation du risque de récurrence des mycobactéries étaient retrouvés le remplacement de pommeau de douche avec un odds ration à 0,88 [0,79 – 0,97] et la mise en place d’un filtre au niveau du robinet de la cuisine avec un odds ration à 0,88 [0,81 – 0,97].
Finalement, des mesures simples semblent permettre de limiter le risque de récurrence des infections à MNT. D’autres études seraient intéressantes à mener au sein d’une population plus large incluant nos patients à risque. En attendant, ces petites mesures devraient être proposées à tous nos patients porteurs de bronchectasies.
Claire Andréjak, Service de Pneumologie et Unité de Soins Continus Cardio Thoracique Vasculaire et Respiratoire, Centre Hospitalier Universitaire Amiens-Picardie, 80054 Amiens
D’après El Husseini Z et al. Structured Patient Education to Reduce Environmental Risks forNontuberculous Mycobacterium (NTM) Pulmonary Infections: A FiveYear Prospective Study. Am J Respir Crit Care Med 2025;211:A7279 (Session C107)



