Astegolimab dans la BPCO : résultats de l’essai de phase IIb ALIENTO

Les résultats de l’essai de phase IIb ALIENTO dans la BPCO, étudiant l’astegolimab, une biothérapie ciblant les alarmines, ont été présentés par Neil Greening (Royaume-Uni)

A l’ère de la médecin personnalisée, il existe un réel essor des biothérapies dans la BPCO. Différentes voies de l’inflammation peuvent être ciblées dont celles des alarmines. Ces dernières, incluant l’interleukine (IL)-33 et la Thymic Stromal Lymphopoietin (TSLP), sont sécrétées par l’épithélium respiratoire en réponse à une agression et peuvent activer la voie de l’inflammation de type 1 et de type 2. L’astegolimab, un anti ST2, cible le récepteur à l’IL33. Les résultats de l’essai de phase IIb ALIENTO ont été présentée par Neil Greening (Royaume-Uni)

Design de l’étude

Il s’agit d’un essai contrôlé randomisé incluant 1301 adultes atteints de BPCO âgés de 40 à 90ans, tabagiques actifs ou sevrés à plus de 10 paquets-années, ayant un volume expiré maximal en 1 seconde (VEMS) compris entre 20 et 80%, une dyspnée ≥ 2 selon l’échelle modifiée du Medical Research Council (mMRC) et présentant des exacerbations fréquentes (au moins 2 exacerbations modérées ou sévères sur 12 mois). Il n’y avait aucun critère basé sur l’éosinophilie. Les participants étaient randomisés en 3 groupes : astegolimab 476mg sous cutané toutes les 2 semaines ou toutes les 4 semaines versus placebo. A l’inclusion, 79% des patients avaient une triple thérapie inhalée, 50% des patients avaient des éosinophiles inférieurs à 150 cellules/µL, 38% entre 150 et 300 cellules/µL, 52,7% avaient une bronchite chronique et 35% étaient fumeurs actifs.

Un résultat positif sur le critère de jugement principal

L’essai retrouvait un résultat positif sur le critère de jugement principal avec réduction significative du taux d’exacerbations modérées à sévères estimé à 15% dans le groupe astegolimab administré toutes les 2 semaines, versus placebo (p=0,049). Ce résultat n’était pas significatif dans le groupe avec une administration toutes les 4 semaines. Le bénéfice était d’autant plus marqué dans les sous-groupes de patients ayant des exacerbations fréquentes ou ayant nécessité une hospitalisation. Il n’existait pas de différence significative selon le sous-groupe d’éosinophilie (<150, > 150, < 300 ou > 300cellules/µL). Concernant les critères de jugement secondaires, il n’existait pas de différence significative sur la qualité de vie mesurée par le score de St Georges, les symptômes selon le score E-RS et la fonction respiratoire. Les effets secondaires étaient similaires dans les deux groupes.

Ainsi, les résultats d’ALIENTO concordent avec ceux d’ARNASA, bien que cette dernière n’ait pas mis en évidence de résultat statistiquement significatif. Les biothérapies ciblant les alarmines pourraient avoir une place dans la prise en charge des patients atteints de BPCO, mais il reste à préciser les caractéristiques des patients susceptibles d’en bénéficier ainsi que le schéma optimal d’administration

Marina Gueçamburuservice des Maladies Respiratoires et des épreuves fonctionnelles respiratoires CHU Bordeaux


D’après Late Breaking Abstract – Randomised, placebo-controlled trial of astegolimab for COPD with frequent exacerbations: ALIENTO, Neil Greening (Leicester, United Kingdom)

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