Amlitelimab dans l’asthme modéré à sévère

Praveen Akuthota (Etats-Unis) a rapporté les résultats d’un essai controlé randomisé étudiant dans l’asthme l’amlitelimab, un anticorps monoclonal humain se liant à l’OX40L et agissant sur l’équilibre entre les lymphocytes T pro inflammatoires et régulateurs.

L’amlitelimab est un anticorps monoclonal humain se liant à l’OX40L des cellules présentatrices d’antigène empêchant ainsi leur interaction avec OX40 (co stimulation) situé sur les lymphocytes T activés, sans pour autant avoir un effet déplétif. Son rôle serait de rétablir l’équilibre entre les lymphocytes T pro inflammatoires et régulateurs.

Design de l’étude

Praveen Akuthota (Etats-Unis) a rapporté les résultats d’un essai contrôlé randomisé incluant 437 patients atteints d’asthme modéré à sévère présentant au moins une exacerbation sévère l’année passée et un volume expiré maximal en 1 seconde (VEMS) pré bronchodilatateur entre 40 et 80%. Les patients étaient stratifiés sur l’éosinophilie, avec un seuil de 300 cellules/µL et randomisés en 4 groupes : amlitelimab 62,5mg, 125mg, 250mg vs placebo toutes les 4 semaines pendant 6 mois puis toutes les 12 semaines jusqu’à la semaine 60. Le critère de jugement principal était le taux annuel d’exacerbation sévère à la semaine 48 et les critères de jugement secondaire incluaient le changement du VEMS et le contrôle de l’asthme selon le questionnaire ACQ-5.

Une étude positive sur le critère de jugement principal

A l’inclusion, les patients avaient en moyenne 52 ans, un VEMS pré bronchodilatateur de 60%, une éosinophilie sanguine de 220 cellules/µL (280cellules/µL dans le groupe 125mg), une fraction exhalée du NO de 25ppb et présentaient 2 exacerbations par an.

Concernant le critère de jugement principal, l’amlitelimab à la posologie de 125mg permettait une réduction significative du taux d’exacerbation sévère à 48 semaines de 47,8% (0,31 versus 0,60, p=0,01). Concernant les critères de jugement secondaire, une amélioration significative du VEMS était retrouvé à la posologie de 125mg (0,19 vs 0,09, p=0,02) et 250mg (0,18 vs 0,09, p=0,05) et était maintenu jusqu’à la semaine 60. De même, il existait une amélioration significative du score ACQ-5 (-1,25 vs -0,83 p=0,002) à la posologie de 250mg et cet effet était maintenu jusqu’à la semaine 60.

Ensuite, les auteurs se sont intéressés au sous-groupe de patients présentant un profil inflammatoire mixte défini par une éosinophilie supérieure à 300 cellules/µL et des polynucléaires neutrophiles supérieurs à 4000 cellules/µL. Parmi les 68 patients, l’amlitelimab permettait une réduction significative des exacerbations et une amélioration du score ACQ-5 à la posologie de 125 et de 250mg. Une amélioration significative du VEMS était retrouvée à la posologie de 125mg.

Le traitement était bien toléré et les effets secondaires fréquemment rapportés incluaient une infection COVID 19, bronchite sinusite et des céphalées mais n’étaient pas significativement différent entre le groupe placebo et traitement.

Marina Gueçamburuservice des Maladies Respiratoires et des épreuves fonctionnelles respiratoires CHU Bordeaux


D’après Late Breaking Abstract – Amlitelimab phase 2 clinical trial results in patients with moderate-to-severe asthma, Praveen Akuthota (Etats-Unis)

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