

Existe-t-il un lien entre sarcoïdose et survenue de cancers ? Deux études rétrospectives de régions différentes présentées en session poster semblent mettre en évidence ce fait.
Étude des différences de caractéristiques cliniques et thérapeutiques entre les patients ayant une sarcoïdose simple et ceux ayant une sarcoïdose associée à une néoplasie.
Il s’agissait d’une étude rétrospective monocentrique avec inclusion de patients ayant reçu un diagnostic de sarcoïdose entre 01/2016 et 10/2024 dans le centre de Padova en Italie, divisé en 2 groupes : atteints de cancers ou non.
Un total de 210 patients ont été inclus : 36 patients (17,14%) étaient atteints de cancers et 5 avaient 2 cancers (avant et après inclusion), soit 41 cas d’occurrences de cancers chez des patients atteints de sarcoïdose.
On observait une forte prévalence de mélanomes (8 cas) et d’hémopathies malignes (8 cas). Les patients qui avaient un antécédent de néoplasie développaient une sarcoïdose plus tardive (54 versus 49 ans), mais nécessitaient également de traitements plus légers (moins de symptômes au diagnostic et moins de nécessité de seconde ligne de traitement) pour la contrôler.
Cette étude mettait en évidence un lien entre sarcoïdose et cancer, mais également des différences entre les patients ayant un diagnostic de néoplasie associée à une sarcoïdose et ceux développant une sarcoïdose isolée.
Étude rétrospective d’après les registres de santé suédois
Cette étude sur la cohorte nationale suédoise incluait des patients qui avaient au moins 2 visites comptabilisées en lien avec le diagnostic de sarcoïdose entre 2003 et 2023. Cette population était appariée en 10 pour 1 avec des sujets de la population générale sur l’âge, le sexe, l’année et la région de résidence. La notion de néoplasie était colligée d’après le Registre des Cancers et le Registre National Suédois (mais les patients avec histoire de cancer pré-existant à l’inclusion étaient exclus).
Le suivi était assuré à partir du deuxième contact médical dans le contexte de sarcoïdose, jusqu’au diagnostic d’un cancer ou jusqu’à la date de clôture de l’étude au 31 Décembre 2024.
11438 patients atteints de sarcoïdose et 131 780 patients témoins ont été inclus. Il existait un HR pour l’apparition des néoplasies de 1.31 (avec un intervalle de confiance compris entre 1.25-1.37), d’autant plus important :
- proche du diagnostic de sarcoïdose (notamment dans la première année après le diagnostic de sarcoïdose)
- pour les hémopathies malignes (HR 2.27) versus les tumeurs solides (HR 1.13), et plus particulièrement les lymphomes de Hodgkin et non Hodgkiniens ainsi que les tumeurs thyroïdiennes.
En revanche l’ HR était similaire entre les patients qu’ils soient traités ou non pour une sarcoïdose.
Cette étude mettait en évidence un risque accru de 30% de néoplasies chez les sujets atteints de sarcoïdose par rapport à la population générale.
L’aspect intéressant de ces deux études, malgré des lieux géographiques différents (et l’on connait l’existence d’un gradient Nord-Sud pour la sarcoïdose) est la similarité des caractéristiques des populations ainsi que des résultats similaires.
Virginie Ferry, service de Pneumologie, hôpital Bichat Claude Bernard, Paris.
D’après la session P-35 du Dimanche 28/10 Poster session: Translational science in interstitial lung disease 1
PA1887 Clinical and Therapeutic differences of Sarcoid patients with and without Malignancy Nicol Bernardinello (Trecenta (RO), Italy), Irene Begher, Elisabetta Cocconcelli, Elisabetta Balestro, Paolo Spagnolo
PA1886 Incidence of malignancy after sarcoidosis diagnosis: a nationwide matched cohort study in SwedenElizabeth V. Arkema (Stockholm, Sweden), Nurgul Batyrbekova, Martin Larsson, Ingrid Glimelius, Susanna Kullberg



