Impact du genre sur le syndrome d’apnées du sommeil et les désordres métaboliques associés

Virginie Ferry, service de pneumologie, hôpital Bichat Claude Bernard, Paris.

Le SAS et l’obésité peuvent affecter différemment les individus, notamment selon leur sexe. Cette étude tente de mettre en évidence ces différences avec un modèle murin.

Le SAS est très fréquent chez les patients obèses. Par ailleurs le SAS est un facteur de risque de développer une obésité, un diabète et des pathologies cardiovasculaires. A l’inverse, les perturbations métaboliques peuvent affecter le SAS. Il existe ainsi une relation bidirectionnelle entre ces deux entités. Il semble néanmoins exister des différences de genre sur ces relations.

Objectif :
L’essai vise donc à explorer ces différences de genre avec un modèle murin.

Méthode :
Des souris mâles et femelles étaient réparties dans deux groupes : l’un avec un régime riche en graisse et l’autre recevant un régime pauvre en graisse, et cela pendant 10 semaines. Puis ces souris ont été exposées soit à une hypoxie intermittente (HI ; mimant un SAOS) ou à une concentration d’oxygène de l’air ambiant standard (FiO2 21%) pendant 16 semaines.

A la 26e semaine, toutes les souris étaient placées pendant 24h dans une cage métabolique, permettant de mesurer leur dépense énergétique, les échanges respiratoires et leur activité motrice. Leur poids ainsi que leur index de masse grasse était également mesurés.

Conclusion :
Le SAS et l’obésité sont deux pathologies avec des effets métaboliques sur la santé. Ce modèle murin mettait en évidence une différence entre les sexes sur le métabolisme, la réponse à l’obésité et aux hypoxies.

Les mâles semblaient plus sensibles aux hypoxies combinées aux régimes riches en graisses, tandis que le sexe féminin semblait montrer une protection relative, même si les hypoxies semblaient impacter le métabolisme sous un régime riche en graisse. Cette étude est tout d’abord originale par son design, notamment dans la représentation des deux sexes dans les modèles animaux. Elle va dans le sens de la nécessité de réaliser une prise en charge personnalisée du SAS, avec prise en compte du sexe dans les conseils donnés aux patients.


D’après la session transitioning from basic science to transitional research in sleep-disorders breathing, et la communication « Sex-specific metabolic and behavioral consequences of obesity and intermittent hypoxia in a murine OSA model », M.Badran, University of Missouri.

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