Vie sexuelle et PPC : amis ou ennemis ?

Le SAHOS a des conséquences directes ou indirectes sur la fonction sexuelle. Chez l’homme, on note une augmentation du risque de dysfonction érectile (facteur de risque 1,82) et de troubles sexuels. Chez la femme, la prévalence des dysfonctions sexuelles est multipliée par 2,56. Les mécanismes physiopathologiques impliqués sont tout d’abord en lien avec l’hypoxie intermittente entrainant une diminution du NO circulant (neurotransmetteur clef pour l’érection et le flux sanguin clitoridien/vaginal). Par ailleurs, il existe une hyperactivité sympathique responsable d’une vasoconstriction affectant l’érection et la fonction cardiovasculaire (hypertension).
Ceci s’accompagne de modifications hormonales avec une baisse de la testostérone (hommes) et des perturbations hormonales féminines.
Des facteurs aggravants peuvent coexister : Fatigue, baisse de motivation/libido, comorbidités (cardiovasculaires, psychiatriques) et traitements (antihypertenseurs, antidépresseurs).

Le SAHOS va également avoir un impact sur le partenaire et les relations de couple, tout d’abord par son impact sur la qualité de son sommeil avec 3 fois plus de risque de dormir séparément si le SAHOS n’est pas traité.
On note également des modifications de comportements et de l’affectivité avec l’utilisation de bouchons d’oreille, la surveillance de la respiration du conjoint, un agacement, une frustration, un épuisement, des conflits conjugaux….

La PPC va ainsi améliorer la qualité de vie, l’humeur et la somnolence des conjoints. La ventilation permet également une amélioration du score de satisfaction sexuelle.
Ceci est d’autant plus important que le partenaire à un rôle important dans l’observance de la PPC. En effet, il a été décrit que vivre en couple améliore l’observance de la PPC. La perception de la PPC par le conjoint va grandement influencer celle du patient.

En pratique, il est donc important d’aborder la sexualité avec nos patients apnéiques lors de la consultation, de dépister les dysfonctions sexuelles éventuelles et d’en évaluer l’impact psychologique.
Nous devons inclure les partenaires en les impliquant dans le parcours de soin dès le diagnostic, dans l’initiation du traitement (aide pratique) et dans les programmes d’éducation thérapeutique (approche collaborative).

Pour conclure, le SAHOS est une pathologie avec des retentissements collectifs, affectant la vie sexuelle et les relations de couple via des mécanismes biologiques et psychologiques. La PPC améliore significativement la qualité relationnelle et la satisfaction sexuelle, tandis que le rôle des partenaires est déterminant pour l’observance. Une prise en charge globale, incluant la sexualité et les partenaires, est essentielle pour optimiser les résultats thérapeutiques. Et pour finir, le tabou autour de la sexualité doit être levé !


D’après la communication « Prise en charge du SAS et vie sexuelle » présentée par Jade CHORVOZ (Dijon), session A41 – Sexualité et sommeil

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