
Prospectives : de nouvelles pistes pour traiter les infections virales respiratoires



Louise Bondeelle,
Service de Pneumologie, Hôpitaux universitaires de Genève, Suisse
Et si, demain, nous pouvions traiter plus directement les infections virales responsables des exacerbations et des lésions pulmonaires ? Deux travaux présentés à l’ERS illustrent des approches très différentes mais complémentaires.
Le vapendavir est une petite molécule antivirale administrée par voie orale, développée pour bloquer la réplication des rhinovirus. En ciblant directement le virus, l’objectif est notamment de pouvoir intervenir précocement lors d’une infection et potentiellement limiter l’intensité ou la durée des exacerbations respiratoires.
L’émodine est une molécule d’origine végétale, connue pour ses propriétés anti-inflammatoires et étudiée dans différents modèles expérimentaux. Dans ce travail, réalisé chez la souris infectée par le virus influenza, elle ne semble pas agir uniquement sur le virus mais surtout sur la réponse inflammatoire pulmonaire. Elle modifie le microbiote intestinal et diminue notamment la production de LPS, avec pour conséquence une moindre activation des voies TLR4/MyD88/NF-κB et ILC3/IL-17A, impliquées dans les lésions pulmonaires.
Deux approches qui pourraient, à terme, être complémentaires. Le vapendavir illustre la possibilité de cibler directement le virus, tandis que l’émodine explore la modulation de la réponse de l’hôte et de l’axe intestin-poumon. Pour notre pratique future, l’enjeu sera peut-être de disposer de traitements capables d’intervenir suffisamment tôt et de façon plus ciblée selon le virus et le profil inflammatoire du patient. Ces données restent toutefois préliminaires, notamment pour l’émodine qui n’a pour l’instant été évaluée que chez l’animal.
Session Présentations orales – Modérateurs : E Papadopoulou, T Wilkinso – Orateur :S Johnston, M Liu
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Vaccination contre le VRS : un intérêt confirmé chez les adultes atteints de maladie pulmonaire chronique ?



Louise Bondeelle,
Service de Pneumologie, Hôpitaux universitaires de Genève, Suisse
Chez les patients atteints de maladie respiratoire chronique, le risque de complications liées aux infections hivernales est particulièrement élevé. Deux analyses présentées à l’ERS de Barcelone apportent des données utiles pour affiner notre discours en consultation et renforcer, lorsque cela est indiqué, la prévention vaccinale.
DAN-RSV est un essai pragmatique, randomisé, conduit au Danemark et en Galice au cours des saisons 2024-2025 et 2025-2026. Les participants étaient randomisés entre vaccination par RSVpreF et absence de vaccination. Le critère principal était l’hospitalisation liée au VRS. Lors de la première saison, près de 130 000 adultes de plus de 60 ans ont été inclus, dont 7% présentant une maladie respiratoire chronique. Dans le bras contrôle (non vacciné), les hospitalisations respiratoires liées au VRS étaient cinq fois plus fréquentes chez les porteurs de maladie respiratoire chronique. La vaccination par RSVpreF réduisait les hospitalisations liées au VRS, sans différence apparente d’efficacité selon la présence d’une maladie respiratoire chronique.
Concernant la grippe, l’analyse de FLUNITY-HD, portant sur 466 320 adultes de plus de 65 ans, montre que le vaccin antigrippal haute dose, contenant quatre fois plus d’antigène que le vaccin standard (60 µg vs 15 µg par souche), était associé à moins d’hospitalisations respiratoires et cardiorespiratoires, sans différence selon la présence d’une maladie respiratoire chronique. Chez les patients respiratoires chroniques, l’efficacité relative était toutefois de 4,4 % (IC95 % : -10,2 à 17,0), sans significativité statistique.
Pour la pratique, ces résultats nous donnent de nouveaux arguments pour proposer activement la vaccination à nos patients respiratoires à risque et les convaincre de se faire vacciner. Pour le VRS, le bénéfice du RSVpreF semble également présent chez les patients ayant une maladie respiratoire chronique. Pour la grippe, le vaccin haute dose réduit davantage les hospitalisations que le vaccin standard chez les sujets âgés, même si le bénéfice spécifique chez les patients respiratoires reste à confirmer. Les principales questions restent celles de l’efficacité selon le type et la sévérité de la maladie respiratoire et de l’impact sur les exacerbations. Bref, si nous avions déjà de bonnes raisons de vacciner, l’ERS nous en donne quelques-unes de plus pour en parler à nos patients !
Session Présentations orales – Modérateurs : E Papadopoulou, T Wilkinso – Orateur : L Steen Duus,
Mise à jour 2026 des recommandations de pratique clinique de l’ERS sur le traitement de l’HTAP



Simon Valentin, Département de Pneumologie, CHRU de Nancy
La mise à jour 2026 des recommandations de pratique clinique de l’ERS sur le traitement de l’HTAP précise, selon la stratification du risque au cours de suivi, la place du sotatercept en association aux autres traitements, ainsi que l’intérêt d’un cathétérisme cardiaque droit (CCD) de réévaluation. Ces recommandations s’appliquent aux patients atteints d’HTAP idiopathique, héritable, associée aux drogues et/ou toxiques ou associée aux connectivites.
1. Quelle place pour le sotatercept dans le nouvel algorithme thérapeutique ?
- Pour les patients à risque intermédiaire-bas, intermédiaire-haut ou à haut risque au cours du suivi.
Une méta-analyse portant sur les 4 études randomisées contrôlées est à l’origine de la recommandation par le panel d’expert (haut niveau de preuve) de traiter ces patients par du sotatercept, lorsqu’ils sont déjà sous traitement de l’HTAP.
- Pour les patients à bas risque de mortalité à 1 an, au cours du suivi.
Très peu de patients à bas risque étaient inclus dans les études randomisées contrôlées (29% dans STELLAR et 2% dans HYPERION uniquement). Pour cette raison, le panel d’expert ne propose pas de recommandation sur le traitement par sotatercept concernant cette population de patients. La décision thérapeutique doit ainsi être individualisée et le suivi doit se faire de manière régulière, en centre expert.
- Pour les patients au diagnostic
L’efficacité et la sécurité d’utilisation du sotatercept en première ligne (i.e., au diagnostic) ne sont pas connus et son utilisation au diagnostic n’est donc pas proposé. Les experts rappellent que le sotatercept est habituellement bien toléré dans la majorité des cas mais les effets secondaires peuvent entraîner des réductions de dose ou des interruptions de traitement.
2. Quelle place pour le cathétérisme cardiaque droit au cours du suivi ?
- Pour les patients à risque intermédiaire-bas, intermédiaire-haut ou à haut risque
Le CCD est recommandé (niveau de preuve faible) lorsque l’examen permet d’apporter des informations pronostiques importantes et/ou lorsque des conséquences thérapeutiques en sont attendues (avant escalade ou désescalade thérapeutique).
Dans certains sous-groupes, le CCD peut avoir une importance supplémentaires (i.e., évaluation de la réponse au long cours au NO, en cas d’indication de transplantation pulmonaire chez les patients atteints d’hypertension porto-pulmonaire ou en cas d’évaluation pour fermeture de shunt chez les patients atteints de cardiopathie congénitale)
- Pour les patients à bas risque de mortalité à 1 an.
En raison du faible nombre de patients inclus dans les études, le panel d’expert ne propose pas de recommandation concernant ce groupe de patients sur la nécessité ou non de réaliser un CCD de suivi.
En cas de désescalade thérapeutique dans ce groupe de patients, il semble raisonnable de procéder à un CCD de suivi.
De la même manière que présenté précédemment, dans certains sous-groupes, un CCD de suivi peut être envisagé.
Des progrès thérapeutiques et des questions en suspens
Cette mise à jour illustre la solidité de l’évidence obtenue en quelques années en faveur du sotatercept chez les patients à risque intermédiaire ou élevé, mais aussi la persistance d’incertitudes chez les patients à bas risque de décès, qu’il s’agisse du traitement par sotatercept ou de la place du CCD de suivi — des populations peu représentées dans les essais cliniques disponibles. Ces zones d’incertitude appellent, en pratique, une décision individualisée avec le patient, et, sur le plan de la recherche, des études dédiées à ces populations sous-représentées.
D’après la session, « 2026 ERS Clinical Practice Guidelines Update for the Treatment of Pulmonary Arterial Hypertension ».
Réchauffement climatique et maladies respiratoires



Grégory Reychler, Service de kinésithérapie et de pneumologie, Cliniques universitaires Saint-Luc, UCLouvain, Bruxelles
Cet exposé a traité de l’impact combiné du changement climatique, de la pollution atmosphérique et des fortes chaleurs sur la santé respiratoire, avec un focus particulier sur les villes.
L’urbanisation progresse rapidement avec plus de la moitié de la population mondiale vivant déjà en ville. Cette proportion pourrait atteindre 70 % d’ici quelques décennies. Les villes sont à la fois des moteurs de développement économique et des zones fortement exposées à la pollution de l’air.
La pollution atmosphérique constitue aujourd’hui l’un des principaux facteurs de risque pour la santé. Selon l’OMS, 99 % de la population mondiale respire un air considéré comme malsain. Elle est responsable de millions de décès chaque année et affecte particulièrement les populations d’Asie, d’Afrique et certaines régions d’Europe.
Les conséquences sur la santé respiratoire sont nombreuses : diminution de la fonction pulmonaire dès l’enfance, augmentation du risque d’asthme, de BPCO, d’infections respiratoires et de cancer du poumon. La pollution agit également sur les maladies cardiovasculaires, métaboliques et neurologiques.
Les villes sont également touchées par le phénomène d’îlot de chaleur urbain. En raison du béton, de l’asphalte, du trafic et du manque d’espaces verts, ils peuvent être de 5 à 10 °C plus chauds que les zones environnantes. Cette situation est aggravée par le réchauffement climatique, particulièrement marqué en Europe.
Les vagues de chaleur ont un impact majeur sur la santé respiratoire, notamment chez les personnes âgées, les enfants et les patients souffrant d’asthme ou de BPCO. Elles sont associées à des dizaines de milliers de décès chaque année en Europe, les causes respiratoires étant parmi les plus fréquentes.
Il existe un effet synergique entre chaleur et pollution atmosphérique, qui augmente encore la mortalité. L’augmentation des incendies de forêt, favorisés par la chaleur, ainsi que les fumées toxiques issues de déchets brûlés, aggravent la qualité de l’air.
Plusieurs solutions sont mises en avant : la réduction du trafic et des émissions polluantes, illustrée par les effets positifs des zones à faibles émissions à Londres sur la fonction pulmonaire des enfants, ainsi que la végétalisation des villes pour limiter les effets de la chaleur. La conclusion souligne que les villes peuvent devenir des acteurs clés de la lutte contre le changement climatique et de la protection de la santé publique
D’après l’exposé de Zorana Andersen.
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Quel impact des inondations sur la santé respiratoire ?



Grégory Reychler, Service de kinésithérapie et de pneumologie, Cliniques universitaires Saint-Luc, UCLouvain, Bruxelles
Cet exposé a traité de l’impact croissant des inondations sur la santé respiratoire dans le contexte du changement climatique.
Trois principaux types d’inondations doivent être distingués : les pluies intenses, les débordements de rivières et les submersions côtières. Le réchauffement climatique favorise des précipitations plus abondantes, l’élévation du niveau des mers et des tempêtes plus intenses, augmentant ainsi la fréquence et la gravité des inondations.
Plusieurs événements sont survenus récemment en Europe, notamment les inondations de la vallée de l’Ahr en 2021, les inondations liées à la tempête Boris en 2024 et celles de Valence en 2024. Le rôle des activités humaines est non négligeable, comme l’urbanisation des zones inondables, qui aggravent les risques.
Les conséquences respiratoires sont immédiates pour les personnes dépendantes de dispositifs médicaux électriques ou de traitements nécessitant une continuité des soins. Les perturbations des chaînes d’approvisionnement et les regroupements dans des centres d’hébergement favorisent également les infections respiratoires et les exacerbations de maladies chroniques telles que l’asthme ou la BPCO.
À plus long terme, le principal danger provient du développement rapide de moisissures dans les habitations inondées. Ces moisissures sont associées à une augmentation du risque d’asthme, particulièrement chez les enfants, ainsi qu’à une aggravation des symptômes respiratoires. Plusieurs études montrent une fréquence accrue de sifflements respiratoires et de troubles pulmonaires chez les habitants et les travailleurs intervenant dans les logements sinistrés.
Près d’un logement sur cinq présente déjà des problèmes d’humidité ou de moisissures dans certaines études européennes. Le cas d’Awaab Ishak, un enfant décédé au Royaume-Uni à la suite d’une exposition à des moisissures domestiques a marqué un tournant et a conduit à un renforcement de la législation imposant aux bailleurs de traiter rapidement ces situations.
La conclusion est qu’il est important d’agir à la fois contre le changement climatique et contre les mauvaises conditions de logement afin de limiter les conséquences respiratoires futures.
D’après l’exposé de Erol Gaillard.
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Approche palliative dans la BPCO : comment mieux communiquer ?



Grégory Reychler, Service de kinésithérapie et de pneumologie, Cliniques universitaires Saint-Luc, UCLouvain, Bruxelles
Cet exposé a traité de la communication avec les patients atteints de BPCO avancée et sur l’intégration précoce des soins palliatifs dans leur prise en charge.
La BPCO est une maladie à l’évolution imprévisible, associée à une forte charge symptomatique, à une diminution de la qualité de vie et à des difficultés physiques, psychologiques, sociales et existentielles. Les proches aidants sont également fortement impactés par cette maladie.
De nombreux patients présentent un faible niveau de littératie en santé, ce qui limite leur compréhension de la maladie, de son évolution et des possibilités de soins. Les discussions relatives au pronostic, aux limites thérapeutiques et à l’anticipation des soins sont souvent initiées trop tardivement, alors qu’elles devraient commencer dès le diagnostic.
Plusieurs obstacles à la communication sont identifiés. Du côté des patients, on retrouve le déni de la gravité de la maladie, la méconnaissance des soins palliatifs, l’anxiété face à la mort et parfois une réticence à aborder ces sujets. Du côté des professionnels, les principaux freins sont le manque de temps, la difficulté à choisir le bon moment pour discuter de ces questions et l’idée persistante que les soins palliatifs ne concernent que la fin de vie.
Pour améliorer les échanges, il est utile de mieux connaître les valeurs, les attentes et l’environnement social du patient. Plusieurs méthodes de communication sont disponibles, notamment l’approche « Ask-Tell-Ask » (demander, expliquer, vérifier la compréhension) et la méthode du « teach-back », qui consiste à demander au patient de reformuler les informations essentielles afin de s’assurer qu’elles ont été comprises.
Les quatre dimensions des besoins palliatifs doivent être considérées : physique, psychologique, sociale et spirituelle, au moyen de questions ouvertes et adaptées à chaque situation. Des outils de communication spécifiques peuvent aider les soignants à identifier précocement les besoins des patients et à engager des discussions sensibles.
En conclusion, il n’est jamais trop tôt pour parler des soins futurs. La communication doit être adaptée au niveau de compréhension du patient et de ses proches, et la formation régulière des professionnels est essentielle pour améliorer la qualité de ces échanges.
D’après l’exposé de Els Verschuur.
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Tozorakimab pour Prévenir les exacerbations de la BPCO : résultats des études de phase 3 OBERON et TITANIA



Louise Bondeelle,
Service de Pneumologie, Hôpitaux universitaires de Genève, Suisse
Présentés en Late Breaking Abstract au Congrès ERS 2026 de Barcelone, les résultats des études de phase 3 OBERON et TITANIA évaluant le tozorakimab dans la BPCO apportent des données particulièrement intéressantes sur le ciblage de l’axe IL-33.
Les exacerbations restent l’un des principaux enjeux de la prise en charge de la BPCO, en particulier chez les patients qui continuent à exacerber malgré un traitement inhalé optimisé, soit près de 50% d’entre eux.
Le tozorakimab est un anticorps monoclonal dirigé contre l’IL-33, cytokine impliquée dans les mécanismes inflammatoires des voies aériennes, l’hypersécrétion de mucus et le remodelage épithélial.
Cette approche est intéressante car elle ne repose pas uniquement sur la présence d’une inflammation éosinophilique.
Les deux essais, randomisés, en double aveugle et contrôlés versus placebo, ont inclus des patients ≥40 ans, fumeurs actifs et ex-fumeurs présentant une BPCO avec des antécédents d’exacerbations, majoritairement sous trithérapie inhalée. Le traitement était administré à la dose de 300 mg par voie sous-cutanée toutes les 4 semaines, en association au traitement de fond.
Le critère principal était le taux annualisé d’exacerbations modérées à sévères chez les anciens fumeurs. Dans OBERON, le taux était réduit de 29 % par rapport au placebo (RR 0,71 ; IC95 % 0,57–0,88 ; p=0,002), tandis que TITANIA retrouvait une réduction de 34 % (RR 0,66 ; IC95 % 0,55–0,80 ; p<0,001). Dans la population globale, les résultats étaient concordants : réduction de 30 % dans OBERON (RR 0,70 ; p<0,001) et de 29 % dans TITANIA (RR 0,71 ; p<0,001).
Ces résultats, obtenus dans une population de BPCO exacerbateurs bien traités, semblent confirmer la pertinence clinique du blocage de l’IL-33, au-delà des approches ciblant spécifiquement l’inflammation de type 2.
Dans ces deux études de phase 3 indépendantes, le Tozorakimab permet une réduction d’environ 30 % des exacerbations modérées/sévères et cela indépendamment de la sévérité de la BPCO et indépendamment du taux sanguin d’éosinophiles. Ces données positionnent l’axe IL-33 comme une piste thérapeutique majeure et potentiellement une nouvelle approche biologique de prévention des exacerbations de BPCO.
D’après la Session Session ALERT2 – Modérateurs : J Chalmers A Barczyk D Tachmann – Orateur : F Sciurba
Les analogues du récepteur du GLP-1, un souffle nouveau pour les asthmatiques ?



Clairelyne Dupin, Paris
Quel bénéfice des analogues du récepteur du GLP-1 dans l’asthme, maladie inflammatoire influencée par les troubles métaboliques et le surpoids ?
Les agonistes du récepteur du peptide-1 similaire au glucagon (AR-GLP-1) sont de plus en plus utilisés dans la prise en charge de l’obésité et le diabète de type 2, avec des effets anti-inflammatoires et métaboliques potentiels allant au-delà du contrôle glycémique. Le récepteur du GLP-1 est exprimé significativement au niveau de l’épithelium et des cellules musculaires lisses bronchiques. Une pensée émergente questionne le bénéfice potentiel de ces traitements sur l’asthme, maladie inflammatoire influencée par les troubles métaboliques et le surpoids. Des équipes danoise et britannique ont présenté des travaux dans le cadre d’une session commune.
La première étude présentée est une analyse de cohorte à l’échelle nationale à partir des registres de santé danois. Dans cette étude, 27 523 adultes (âge moyen de 54 ans, 66 % de femmes), atteints d’asthme (identifié par codage CIM-10 J45/J46 ou délivrance ≥ 2 ordonnances de traitement inhalé au cours des 12 derniers mois) ont été inclus lors de la première délivrance d’un AR- GLP-1 (date d’index). Les personnes atteintes de BPCO ou sous traitements biologiques contre l’asthme au cours des 12 mois étaient exclues.
L’instauration d’un AR- GLP-1 était associée à une réduction du taux d’exacerbation d’asthme (IRR 0,74, IC à 95 % : 0,69–0,80). Les données étaient similaires dans les sous-groupes de patients en surpoids ou obèses (IRR 0,78) et celui des patients diabétiques de type 2 (IRR 0,74). Des réductions ont également été observées concernant l’utilisation de traitements de secours (IRR 0,86), l’exposition aux CSI (IRR 0,77), ainsi qu’une diminution de l’incidence de pneumonie (IRR 0,90).
Le second travail présenté a été mené par l’équipe de l’Imperial College de Londres, à partir des dossiers médicaux électroniques britanniques. Dans cette étude, 8266 patients asthmatiques / BPCO débutant un traitement par AR-GLP-1 ont été comparés à un groupe contrôle de 20 273 patients asthmatiques / BPCO débutant un traitement par sulfamides hypoglycémiants.
L’instauration du traitement par AR-GLP-1 était associée à une réduction de 14% d’exacerbations d’asthme / BPCO , plus important avec le semaglutide (30% de réduction) que l’exenatide (23%), le dulaglutide (12%). Il n’y avait pas d’association observée avec le liraglutide et le lixisenatide. Le taux d’exacerbation n’était pas influencé par l’âge, le statut tabagique, l’éosinophilie, l’IMC, l’HBA1c, la variation de poids pendant le traitement. En revanche, l’effet était plus important chez les asthmatiques (réduction de 38% du risque d’exacerbation) que chez les BPCO (réduction de 21%).
Ces études observationnelles délivrent un message similaire : les AR-GLP-1 entrainent une réduction du risque d’exacerbation d’asthme et de BPCO. Elles devront être complétées par des essais prospectifs randomisés contre placebo. Comme l’a conclu le Pr Arnaud Bourdin qui modérait la session, « the GLP1 story is just beginning ». Stay tuned !
D’après Oral Communications « Reimagining airway disease treatment: novel metabolic, regenerative and interventional therapies »
Présentations n° 5556 5561
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Remission clinique de l’asthme sévère sous Benralizumab : focus sur les données françaises



Dorian Hassoun, service des explorations fonctionnelles, CHU de Nantes
L’étude BENEFIT est une étude observationnelle rétrospective, financée par AstraZeneca, reposant sur les données médico-administratives issues du SNDS. Les analyses présentées avaient pour objectif d’évaluer, en vie réelle, la proportion de patients atteignant des critères de rémission sous benralizumab et de caractériser ces patients.
Sous benralizumab, un tiers des patients asthmatiques sévères atteint une rémission définie sur des critères médico-administratifs.
L’objectif principal des analyses présentées aujourd’hui était d’évaluer la prévalence d’obtention de la rémission clinique des patients asthmatiques sévères traités par benralizumab pendant au moins 1 an avec au minimum 2 ans de suivi entre 2019 et 2023.
La rémission clinique était considérée comme atteinte au cours de toute période de 12 mois sous benralizumab durant laquelle les quatre critères suivants étaient simultanément remplis : aucun corticoïde oral dispensé, moins de 3 dispositifs de bronchodilatateur de courte durée d’action ou moins de 3 dispositifs d’une association CSI-formoterol dispensé, posologie quotidienne moyenne de CSI inférieure ou égale à 1000 µg/jour (équivalent beclométasone), aucune hospitalisation liée à l’asthme.
Parmi les 10 224 patients ayant initié un traitement par benralizumab, 4 041 patients ayant eu au moins un an de traitement par benralizumab et 2 ans de suivi ont pu être inclus dans l’analyse.
La population incluse possédait des caractéristiques classiquement associées à un asthme sévère de type T2 éligible à une biothérapie : sujets de sexe féminin à 57,5 % âgés en moyenne de 60,2 +/- 13,9 ans présentant une rhinite allergique dans 86,4 % des cas et une polypose nasosinusienne dans 8,5 % des cas. Plus d’un tiers (36,7 %) des patients ont été hospitalisés du fait de leur asthme dans les 5 années précédant l’initiation du benralizumab. Il est à noter enfin que 34 % des patients avaient reçu au moins une autre biothérapie dans les 5 années précédentes.
La proportion de patients en rémission clinique (respect des 4 critères) durant les 12 mois de traitement par benralizumab était de 33,9 % (1 369 patients). La durée médiane d’obtention de cette rémission clinique était de 113 jours (1-322 jours) avec une durée médiane de rémission de 21,4 mois (15,4-31 mois). La délivrance de corticostéroïdes oraux constituait la principale cause d’interruption d’une période de rémission (41,2 %), devant la fin du suivi (31,2 %). La nature médico-administrative des données ne permettait toutefois pas de déterminer l’indication de ces prescriptions.
Les patients atteignant la rémission avaient initialement une moindre exposition aux corticostéroïdes et moins de comorbidités.
Des différences étaient notées entre les patients achevant une rémission clinique durant la première année de traitement par benralizumab en comparaison avec les patients n’atteignant pas la rémission. Ces patients présentaient à l’instauration du benralizumab une moindre exposition aux corticostéroïdes, tant sur le plan des formes inhalées (874,5 +/- 618,6 vs 1 202,4 +/- 849,3 µg/jour, p < 0,0001) qu’orales (4,1 (1,1 ; 6,6) vs 6,6 (3,3 ; 11,9) mg/jour, p < 0,0001). Ces patients en rémission clinique étaient par ailleurs moins nombreux à avoir été hospitalisés du fait d’un asthme (27,9 % vs 41,2 %, p<0,0001) et moins susceptibles d’avoir eu une biothérapie antérieure dans les 5 ans (25,7 vs 38,2 %, p < 0,0001) dans les 5 années précédant l’instauration du benralizumab. Enfin, les patients en rémission clinique présentaient moins de comorbidités associées, qu’il s’agisse de BPCO, de maladies cardiovasculaires, d’obésité ou de diabète.
Au total, environ un tiers des patients asthmatiques sévères traités par benralizumab atteignait les quatre critères de rémission définis à partir des données du SNDS. Les patients atteignant cette rémission présentaient à l’instauration du traitement une moindre exposition aux corticostéroïdes, moins d’antécédents d’hospitalisation ainsi qu’une moindre charge en comorbidités. Notons néanmoins que la « rémission » évaluée ici repose exclusivement sur des critères médico-administratifs à confirmer avec les données cliniques.
D’après le poster suivant : Remission with Benralizumab in Severe Asthma: Real-World Evidence from the French claims database (BENEFIT Study)
Présenté par Arnaud BOURDIN
Session : Remission and relapse in airway diseases with biologic therapies – Le 08/09/2026
Cancers bronchiques non à petites cellules avec mutations de KRAS
M. DURUISSEAUX (Lyon)
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Disponibles en replay & podcast
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