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Tolérance et efficacité du nintédanib : résultats d’une analyse post hoc chez les patients âgés de plus de 75 ans inclus dans l’essai INBUILD.


Les effets indésirables du nintédanib nécessitent parfois une diminution de dose voire l’arrêt du traitement. Chez les patients les plus âgés souvent dénutris et avec plus de comorbidités, ces effets indésirables pourraient limiter les possibilités de traitement.

T. Moua a présenté les résultats d’une analyse post hoc comparant les patients de plus et moins de 75 ans ayant une pneumopathie interstitielle diffuse progressive (autre qu’une FPI) inclus dans l’essai INBUILD (essai randomisé nintédanib versus placebo). Parmi les 663 patients, 19% étaient âgés de plus de 75 ans avec un âge moyen de 78,5 ans. Il n’existait pas de différence en termes d’efficacité du traitement chez les patients plus âgés chez qui on observait également un ralentissement du déclin de la CVF. Cependant, chez les patients de plus de 75 ans, la proportion d’effets indésirables conduisant à l’arrêt du traitement était de 36,8% lorsqu’ils recevaient le nintédanib (18,8% dans le groupe placebo des patients du même âge) contre 18,9% chez les patients de moins de 75 ans sous nintédanib (13,5% chez les patients de moins de 75 ans dans le bras placebo). Chez les patients les plus âgés, il a été plus fréquemment nécessaire de recourir à une diminution de posologie. Les troubles digestifs représentent les effets indésirables principaux : diarrhée puis nausées et vomissements. La perte de poids et d’appétit est aussi plus fréquente chez les patients de plus de 75 ans traités par nintédanib par rapport aux patients de la même catégorie d’âge recevant le placebo mais également par rapport au groupe des patients de moins de 75 ans traités par nintédanib. De la même façon, une élévation des ASAT est également plus souvent constatée chez les patients de plus de 75 ans traités par nintédanib, peut-être en raison d’interactions médicamenteuses potentielles plus importantes dans cette population. La présentation ne précisait pas quels effets indésirables particuliers étaient en cause dans l’arrêt ou la diminution des traitements. Ces résultats soulignent l’importance de surveiller les effets indésirables, en particulier digestifs, chez les patients les plus âgés et de les prévenir au maximum dès la décision d’instaurer un traitement.

Diane Bouvry, Service de pneumologie et Centre de Référence-constitutif Maladies Pulmonaires rares, AP-HP hôpital Avicenne, Bobigny


D’après la Session B22: Emerging management of fibrotic ILDs D’après Moua T et al. Efficacity and safety of nintedanib in elderly patients with progressive fibrosing interstitial lung disease. Am J Respir Crit Care Med 2022; 205:

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Transplantation pulmonaire chez les patients COVID-19 compliqué de SDRA. Une option possible mais avec des indications très restrictives


La survenue d’un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) est une complication bien connue et redoutée du COVID-19 se traduisant par une mortalité significative malgré la prise en charge optimale en réanimation. Pour les patients qui restent en détresse respiratoire à plusieurs semaines du début du SDRA, la discussion d’une transplantation pulmonaire (TP) peut maintenant se poser alors que le SDRA représentait jusqu’à l’épidémie actuelle une indication exceptionnelle de TP.

Dans le cadre d’une session animée par les éditeurs du JAMA et du New England Journal of Medicine (A2) et portant sur les articles à paraître ou parus récemment dans ces journaux, GS Budinger (Northwestern University, Chicago, Etats-Unis) a présenté les données rétrospectives de son centre concernant la TP pour SDRA lié au COVID-19 1 Sur les 102 TP réalisées dans ce centre de janvier 2020 à septembre 2021, 30 concernaient des patients COVID-19 atteints de SDRA. Ces patients dont l’âge médian était de 53 ans (extrêmes allant de 27 à 62 ans) ont été transplantés après un délai minimum de 40 jours après le début du SDRA (médiane >100 jours). Au moment de la TP, 17 patients étaient sous ECMO veino-veineuse, 7 sous oxygène nasal, 4 sous ventilation mécanique invasive et 2 sous oxygène à haut débit.

Les procédures opératoires ont été marquées par un taux plus élevé de transfusion et une durée d’intervention plus longue que chez les patients non COVID-19. En postopératoire, en comparaison avec les 72 patients non COVID-19, les patients COVID-19 transplantés avaient une plus grande fréquence de dysfonction primaire du greffon (de grade 1 à 3) à J3 et de recours à l’hémodialyse et une durée d’hospitalisation plus longue. La survie des patients COVID-19 était excellente puisqu’en novembre 2021, 100% des patients étaient en vie (suivi médian 351 jours). Ces résultats remarquables montrant que la TP est réalisable chez des patients COVID-19 en SDRA ne doivent pas faire oublier que ce traitement ne s’adresse qu’à un sous-groupe minoritaire et ultra sélectionné. En effet, les patients doivent satisfaire des critères très stricts. En particulier, en sus des critères habituels exigés pour envisager une TP, il faut laisser au poumon l’opportunité de se réparer (un délai minimum de 4 à 6 semaines après le début du SDRA est exigé) et s’assurer que le patient présente des signes d’atteinte pulmonaire irréversible, qu’il n’est plus porteur du SARS-CoV-2, qu’il est réveillé et capable de comprendre le projet de TP et qu’il est capable de faire une réhabilitation musculaire minimale. Ce processus strict de sélection est illustré par un diagramme éclairant, figurant dans l’étude : entre novembre 2020 et décembre 2021, sur un total de 234 patients avec SDRA compliquant un COVID-19 dont les dossiers ont été adressés pour discussion d’un projet de TP, 80% ont été récusés pour des motifs divers et seuls 9% ont été transplantés dans ce centre.

Hervé Mal, Service de pneumologie et transplantation pulmonaire, Hôpital Bichât, Paris


D’après la communication de GS Budinger, dans la session « The New England Journal of Medecine and JAMA discussion on the edge: report of recently published pulmonary research  » (A2).

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L’oxygène humidifié portable : vers un meilleur confort ?


L’oxygénothérapie à domicile à faibles débits (< 5 à 6 L/mn) peut générer un certain inconfort chez les patients qui se plaignent fréquemment, entre autres, de sécheresse nasale. Une équipe de Charleston a présenté des résultats préliminaires sur la tolérance d’un dispositif clos d’humidification réchauffée approuvé par la FDA et utilisable pour de faibles débits d’oxygène.

Trente-deux patients porteurs de BPCO avec déficit en α1-antitrypsine ont été inclus. Ils étaient tous sous oxygénothérapie (entre 0,5 et 6 L/mn) depuis au moins 6 mois. L’analyse a porté sur 30 patients à 2 semaines et 29 à 4 semaines. La majorité était des femmes (n=22, 73,3%) d’âge moyen 62,8 ans. Vingt-quatre (80%) avaient une oxygénothérapie depuis plus de 4 ans, en moyenne 14,3 heures par jour. Vingt-six (86,7%) le portaient à l’effort et 29 (96,7%) pendant la nuit. Pour 8 d’entre eux (26,7%) à 2 semaines et 9 (31%) à 4 semaines, il n’y avait pas de modification dans le ressenti (sécheresse nasale). Dix-huit (60%) à 2 semaines et 12 (41,4%) à 4 semaines ressentaient une moindre sécheresse nasale (estimée à 4 sur une échelle de 0 à 5). Le même résultat était constaté sur la sécheresse de bouche (60% entre 4 et 5 à 2 semaines) et sur le confort global (40% ressentaient plus de confort à 2 semaines). De façon surprenante, l’effet tendait à s’estomper à 4 semaines avec 6 patients (20,6%) qui ressentaient même plus d’inconfort à ce moment-là. Globalement, le bénéfice semblait plus important durant la nuit (meilleure qualité de sommeil, moins de réveils, moins de saignements de nez, moins de sécheresse le matin…). En moyenne, le dispositif était utilisé 7 heures en priorité la nuit, mais certains patients l’ont utilisé pendant l’exercice et la déambulation.

Le dispositif a l’avantage d’être portable et léger. La base chauffante reste chaude pendant quelques heures (non précisé par les auteurs). Cela pourrait donc ouvrir des perspectives pour une humification plus optimale chez certains de nos patients.

Sandrine Pontier-Marchandise USIR et service de Pneumologie, CHU de Toulouse, France


D’après R.A. SandhausC. StrangeK.E. Holm . Pilot study of O2asis: a novel, closed-system heated humidification device for individuals with COPD requiring supplemental oxygen at home. Am J Respir Crit Care Med 2022 ; 205 : A 2797.
Dans la session : B39. COPD management : from pharmacologic treatment to novel therapies.

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Vers une nouvelle définition des exacerbations de BPCO ?


Depuis plus de 35 ans, l’exacerbation aiguë (EA) de BPCO est définie par une majoration des symptômes respiratoires dont la toux, la dyspnée, l’abondance et la purulence des expectorations 1. Cette définition évolue et le GOLD 2022 retient une « aggravation de la symptomatologie respiratoire nécessitant l’ajout d’un traitement supplémentaire » 2 Par ailleurs, la sévérité de l’exacerbation est estimée par le recours aux soins et la consommation de traitement : elle est considérée comme « légère » si elle nécessite la prise de bronchodilatateurs de courte durée d’action seuls, « modérée » si une corticothérapie orale et/ou une antibiothérapie sont nécessaires et « sévère » si elle conduit à une hospitalisation. Cependant, ces définitions sont basées sur des critères diagnostiques subjectifs, peu spécifiques de la BPCO, et la sévérité de l’évènement n’est évaluée qu’à postériori en fonction la prise en charge.

Dans l’étude présentée ce jour et ayant fait l’objet d’une publication 3 , 17 experts de 8 pays différents ont passé en revue 80 items afin de proposer une nouvelle définition et classification des exacerbations de BPCO. La définition retenue est celle d’une « majoration de la dyspnée, toux ou expectorations inférieure ou égale à 14 jours causée par une infection, la pollution ou un autre agent irritant qui peut être accompagnée de tachypnée et tachycardie et qui est fréquemment associée à une majoration du syndrome inflammatoire local et systémique ». Les experts soulignent la nécessité de prendre en compte l’insuffisance cardiaque, la pneumonie et l’embolie pulmonaire comme diagnostics alternatifs ou co-existants des exacerbations.

Ils soulignent également qu’avec la définition actuelle, la variabilité régionale de l’accès aux soins peut conduire à une mauvaise classification de la sévérité de l’exacerbation. Or, les exacerbations modérées à sévères sont souvent le critère de jugement principal utilisé dans les essais contrôlés randomisés, ce qui souligne l’importance d’une définition plus précise. Ces experts ont donc proposé d’utiliser 6 critères objectifs : dyspnée [échelle visuelle analogique de 0 à 10, < 5 (EA légère) vs > ou = 5 (EA modérée)], saturation en oxygène (> ou = 92% ou variation < ou = 3% (EA légère) vs < 92% ou variation > 3% (EA modérée)], fréquence respiratoire [<24/min (EA légère) vs > ou = 24/min (EA modérée)], fréquence cardiaque [<95 bpm (EA légère) vs > ou = 95 bpm (EA modérée)], CRP [< 10 mg/L (EA légère) vs > ou = 10 mg/L (EA modérée)] et, dans certains cas, les gaz du sang (PO2 < 60 mmHg, PCO2 > 45 mmHg sans acidose (EA modérée) vs pH < 7,35 et PCO2 > 45 mmHg (EA sévère)]. Trois critères sont nécessaires pour définir une exacerbation modérée. Le critère d’acidose respiratoire non compensée est suffisant pour classer une EA comme « sévère ». A noter que la toux et la majoration de l’abondance et de la purulence des expectorations restent dans la définition mais ne sont pas pris en compte dans l’évaluation de la sévérité étant donné l’absence de critère d’évaluation objectif.

Cette définition actualisée se baserait donc sur des éléments cliniques et biologiques objectifs permettant une homogénéisation diagnostique. Elle nécessite cependant une validation prospective avant utilisation en pratique courante.

Marina Guecamburu, Service des Maladies Respiratoires, CHU Bordeaux, Bordeaux Service des Maladies Respiratoires, CHU Bordeaux


D’après la session : B1-Clinical Year In Review 2. BD.Hobbs (Boston)

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DIU Pneumologie pédiatrique

Universités

  • Sorbonne Université
  • Université de Nancy
  • Université Paris Cité

Dispenser un enseignement de haut niveau, sous la forme d’un Diplôme Inter Universitaire organisé par l’ensemble des pneumo-pédiatres français.

Ce diplôme comporte un enseignement théorique des étudiants, ainsi qu’une partie pratique, par une période de stage, dans le but de former des pneumo-pédiatres capables de prendre en charge l’ensemble des problèmes de la surspécialité sur les plans diagnostic, thérapeutique et de la prévention.

Public:

  • Les docteurs en médecine français qualifiés en pédiatrie,
  • Les titulaires du D.I.S. de Pédiatrie,
  • Les internes de Pédiatrie en cours de validation du D.E.S. de Pédiatrie,
  • Les médecins étrangers, docteur en médecine, spécialisés en pédiatrie, devant exercer la Pneumologie Pédiatrique de façon dominante dans leur pays et ayant une recommandation du Doyen de leur Faculté et de leur Chef de Service, ou tout autre acte validant leur candidature,
  • Les pneumologues pouvant justifier d’une activité pédiatrique hospitalière ou d’un semestre d’internat dans un service hospitalier qualifiant en pédiatrie.

En savoir plus :

👉 Sorbonne Université

👉 Paris Cité

👉 Université de Lorraine, Nancy

MAJ MAi 2022

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DU Méthodes et techniques en pneumologie

Université Paris Créteil

Présentation

Avertissement Cette formation diplômante (DU ou DIU) peut entrer dans le cadre :

- de la formation initiale : les étudiants, internes en cours de formation initiale : tarif T0

- de la formation continue : les personnes engagées dans la vie professionnelle
– s’inscrivant à titre individuel : tarif TA
– prises en charge par l’employeur : tarif T1

Objectifs

Le but de cet enseignement est de former ou de perfectionner les participants à l’ensemble des méthodes et techniques utilisées dans la discipline afin de leur permettre de les pratiquer et de les interpréter.

Public

Conditions d’inscription :
a) internes en Médecine inscrits au DES de Pneumologie, aux FFI, AFSA et AFS relevant de la discipline.
b) docteurs en médecine titulaires du DES de Pneumologie, du CES de Pneumologie ou titulaires de la qualification en Pneumologie,
c) docteurs en médecine à titre étranger incrits ou titulaires du DIS de Pneumologie,
d) assistants hospitaliers universitaires de Physiologie en poste dans un service pratiquant des épreuves fonctionnelles respiratoires ou se destinant à cette discipline,
e) médecins pouvant justifier d’un cursus en pneumologie et de travaux dans la discipline, après examen du dossier et interview du candidat par les coordinateurs. Ce mode de recrutement est limité et exceptionnel.
f) Ingénieurs bio-médicaux,
g) Cadres scientifiques et techniques de l’industrie.

Renseignement et inscription

👉 https://www.u-pec.fr/fr/formation/du-methodes-et-techniques-en-pneumologie

MAJ mai 2022

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Prise en charge des exacerbations aiguës de BPCO en réanimation : quelle évolution de 1997-2018 ?


L’histoire naturelle de la BPCO est ponctuée d’exacerbations aiguës (EA-BPCO) conduisant à l’hospitalisation des formes les plus sévères en réanimation. Leur prise en charge médicamenteuse (corticoïdes, β2mimétiques, antibiotiques) et ventilatoire (ventilation mécanique invasive : VMI, et non invasive : VNI) n’a fait qu’évoluer au cours du temps et ces changements contextuels pourraient avoir modifié le profil des patients admis et leur devenir en réanimation.

Le réseau français « Outcomerea » a donc évalué, sur une période de 22 ans, l’évolution du profil clinique et de prise en charge des EA-BPCO et son impact sur le devenir des patients hospitalisés en réanimation. Mille huit cent seize patients admis pour EA-BPCO ont été inclus prospectivement à partir de 32 unités de réanimation. A l’admission en réanimation, peu de modifications anthropométriques étaient observées en dehors d’une faible augmentation de l’indice de masse corporelle (+0,32%/an, p=0,01), mais la gravité des patients était retrouvée plus élevée (+ 0,6% de l’IGS II/an, p<0,01). Au fil du temps, était rapportée une réduction de la prescription de corticoïdes (- 4,7%/an, p<0,01) et d’antibiotiques (- 5,8%/an, p<0,01), sans que ces changements soient corrélés à l’évolution de la mortalité en réanimation. La proportion de patients traités par VMI diminuait aussi progressivement (-3,7%/an, p=0,01) et s’avérait corrélée avec la diminution de la mortalité observée en réanimation (p<0,01). Le taux d’échecs de la VNI diminuait au cours du temps (-6,2%/an, p<0,01) avec, parallèlement, développement de celle-ci pour faciliter le sevrage de la VMI (+8,1%/an, p<0,01). Une réduction des durées de séjour en réanimation (-3,2%/an, p<0,01) et d’hospitalisation globale (-2,6%/an, p<0,01) était également retrouvée. Finalement, il en résultait une amélioration significative du pronostic des patients (-4,1%/an de décès en réanimation, p=0,03 ; -4,2%/an de décès en hospitalisation post-réanimation, p=0,02 et -4,98%/an de mortalité à J90, p=0,02).

Ces données épidémiologiques apparaissent donc tout à fait intéressantes et rassurantes quant à la prise en charge et à l’amélioration du pronostic des EA-BPCO admises en réanimation au cours de ces dernières décennies. Il va sans dire que l’amélioration et l’optimisation de la prise en charge ventilatoire (VNI), tout au long de ces années, y sont probablement pour beaucoup !

Christophe Girault, Service de Réanimation Médicale, Hôpital Charles Nicolle, CHU-Hôpitaux de Rouen, Université de Rouen, Rouen


D’après la communication de Galerneau L., et al. Management of acute exacerbations of chronic obstructive pulmonary disease in the intensive care unit: The Outcomerea database, 1997-2018. Am J Respir Crit Care Med 2022; 205: A1453. Session A39.

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L’immunothérapie n’a pas dit son dernier mot… Au tour des patients opérés, maintenant ! 


Depuis plusieurs années, les inhibiteurs de checkpoint immunitaires (ICI) ont révolutionné la prise en charge des patients avec un cancer bronchique (CB). Des molécules anti-PD-1 ou anti-PD-L1 ont d’abord été approuvées en 2ème ligne dans le CB non à petites cellules (CBNPC) métastatique, puis en 1ère ligne mais aussi en adjuvant après une radio-chimiothérapie pour les stades localisés, et enfin dans le CB à petites cellules. Ces modifications de prise en charge ont permis d’améliorer nettement la survie de ces patients et un intérêt a donc logiquement été porté à l’utilisation des ICI chez les patients opérés pour des formes localisées 1

Au cours de la session rapportant les résultats des essais importants en oncologie thoracique durant l’année 2021, M. Navani a détaillé les résultats de l’étude IMPOWER-010. Cette étude évaluait l’intérêt d’une immunothérapie adjuvante par atezolizumab après une résection chirurgicale pour un CBNPC.

Il s’agissait d’une étude de phase 3, randomisée, multicentrique (227 centres dans 22 pays), en ouvert. Les patients inclus devaient avoir bénéficié d’une résection complète de CBNPC de stade IB (tumeurs de plus de 4 cm) à IIIA. Ils étaient ensuite randomisés avec un ratio 1:1 pour recevoir un traitement par atezolizumab (1200 mg tous les 21 jours pendant 16 cycles ou 1 an) ou des soins habituels (surveillance régulière par scanners). Les patients des 2 groupes recevaient tous en post-opératoire 1 à 4 cycles de chimiothérapie adjuvante avec des sels de platine. Le critère de jugement principal était complexe et progressif : la survie sans maladie était d’abord évaluée chez des patients avec un CBNPC de stade II à IIIA dont l’expression de PD-L1 était supérieure ou égale à 1%. Puis, en cas de supériorité de l’atezolizumab, l’analyse de survie sans maladie était réalisée chez les patients avec un CBNPC de stade II à IIIA mais avec toutes expressions de PD-L1. La dernière analyse concernait, en cas de positivité, la population en intention de traiter (stades IB à IIIA).

Entre octobre 2015 et septembre 2018, 1280 patients ont été inclus après résection complète de leur CBNPC : 1269 ont pu recevoir une chimiothérapie adjuvante, parmi lesquels 1005 étaient éligibles à la randomisation entre atezolizumab (n=507) et soins usuels (n=498). Après un suivi médian de 32 mois dans le sous-groupe de stades II à IIIA avec une expression tumorale de PD-L1 >1%, l’atezolizumab améliorait la survie sans maladie par rapport au groupe contrôle (HR=0,66 : p=0,0039) mais aussi chez tous les patients de stade II à IIIA (HR=0,79 ; p=0,02) et dans la population en intention de traiter (HR=0,81 ; p=0,04). Les effets secondaires de grade 3-4 rapportés à l’atezolizumab concernaient 11% (53) des 495 patients et étaient ceux habituellement retrouvés dans les études avec l’atezolizumab dans les formes métastatiques.

La FDA a approuvé l’atezolizumab en octobre 2021 en tant que traitement adjuvant après résection et chimiothérapie pour les CBNPC de stades IIA à IIIA exprimant plus de 1% de PD-L1 mais n’a pas encore été approuvé en France. Cette étude ouvre tout de même le champ des possibles pour l’immunothérapie en péri-opératoire puisque des résultats intéressants émergent aussi dans le cadre d’un traitement néo-adjuvant (étude Chekmate 816) 2. 11 avr 2022] mais aussi en adjuvant chez des patients dont la tumeur opérée n’exprime pas le PD-L1 (étude PEARLS, données non publiées).

Marion Ferreira, Service de pneumologie, CHRU Bretonneau Tours, Boulevard Tonnellé, 37000 Tours.


D’après la session A1: Clinical year in review; Lung cancer M. Navani

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Données à long terme du sotatercept dans l’HTAP


Le remodelage vasculaire pulmonaire observé dans l’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) résulte d’un déséquilibre des voies de signalisation anti-prolifératives (voie BMPR2) et pro-prolifératives (voie du TGF-β). Le sotatercept est une biothérapie qui a la propriété de bloquer la voie de signalisation du TGF-β, permettant ainsi de restaurer l’équilibre entre ces deux voies et de diminuer le remodelage vasculaire pulmonaire. Les premières données d’efficacité de cette molécule dans l’HTAP étaient très encourageantes (étude PULSAR publiée dans le NEJM en 2021). Les données d’extension à long terme du sotatercept dans l’HTAP ont été présentées au cours d’une session de communications orales.

Il s’agit de la phase d’extension de l’étude PULSAR, un essai randomisé de phase II, contrôlé contre placebo, évaluant l’efficacité et la sécurité du sotatercept administré par voie sous-cutanée, toutes les 3 semaines, chez des patients recevant déjà un traitement de l’HTAP (en mono-, bi- ou trithérapie). Cent-six patients ont été inclus dans cette étude, dont un tiers recevant une trithérapie avec une prostacycline parentérale. L’étude PULSAR était positive sur le critère de jugement principal évalué à la semaine 24 (baisse des résistances vasculaires pulmonaires), avec un effet dose dépendant. Quatre-vingt-dix-sept patients ont complété la phase d’extension. Les patients recevant le placebo lors de la phase initiale de l’étude étaient randomisés pour cette phase d’extension en deux groupes correspondant aux deux dosages du sotatercept (0,3 et 0,7 mg/kg).

Une amélioration significative de la classe fonctionnelle, du test de marche de 6 minutes et des résistances vasculaires pulmonaires était observée chez les patients recevant le placebo au cours de la phase initiale puis le sotatercept dans la phase d’extension. Les patients traités depuis le début de l’étude par sotatercept maintenaient ou poursuivaient l’amélioration de ces variables à long terme (18-24 mois). Quatre-vingt-dix pourcents des patients recevant le sotatercept étaient en classe fonctionnelle I ou II à la fin de l’étude. Il est intéressant de souligner que les données d’efficacité à long terme étaient similaires dans les deux groupes (sotatercept et placebo puis sotatercept). Quel que soit le dosage administré, le sotatercept était bien toléré. Dix patients sont sortis de l’étude en raison d’effets secondaires du traitement, principalement des thrombocytopénies sans saignement extériorisé et des augmentations de l’hémoglobine (de 1 à 2 g/dL sans effet secondaire thrombotique) dans le bras sotatercept. Des télangiectasies ont été rapportées chez 11 patients. Trois décès, non attribuables au sotatercept, ont été rapportés au cours de la phase d’extension.

Cette phase d’extension de l’étude PULSAR confirme les résultats très prometteurs du sotatercept dans l’HTAP chez des patients préalablement traités en mono-bi ou trithérapie.

Athénaïs Boucly , Service de Pneumologie et de Soins Intensifs Thoraciques, Hôpital de Bicêtre, Le Kremlin Bicêtre


D’après la session A96 – Giants stadium: treatments and trials in pulmonary hypertension, Abstract A2150, M. Humbert et al.

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Pneumonies et exacerbations de bronchectasies : moins d’antibiotique pendant moins longtemps !


Les recommandations nord-américaines publiées en 2019 sur la durée d’antibiothérapie des pneumopathies aiguës communautaires (PAC) suggèrent de poursuivre l’antibiothérapie jusqu’à l’obtention de critères de stabilité clinique (durée minimale de 5 jours). En pratique, les durées de traitement constatées sont bien supérieures (9,4 jours en moyenne). Dans le cadre des exacerbations infectieuses de bronchectasies, les recommandations ERS de 2017 proposent actuellement une durée de traitement de 14 jours.

Dans le cadre des PAC, l’étude de Dinh et al. a montré qu’il était possible de réduire la durée de traitement par β–lactamines à 3 jours (contre 8 jours dans le bras contrôle) lorsque la stabilité clinique était obtenue 1. Les taux de guérison à 15 jours étaient respectivement de 77% et de 68% dans les 2 groupes (non-infériorité obtenue).

Dans le cadre des bronchectasies, Bedi et al. ont par ailleurs montré, dans un essai randomisé, qu’une stratégie basée sur la charge microbienne (objectif de charge bactérienne < 106 UFC/ml à J7 de traitement) permettait de réduire la durée de l’antibiothérapie de 14 à 8 jours chez 88% des patients 2. Le bénéfice clinique à J21 était non significativement amélioré dans le groupe contrôle (14 jours de traitement) comparativement au groupe guidé sur la charge bactérienne. Paradoxalement, il était observé un temps significativement plus court jusqu’à la prochaine exacerbation dans le groupe contrôle (27,5 [12,5-60] jours) comparativement au groupe expérimental (60 [18-110] jours).

Enfin, une analyse secondaire de la cohorte GLIMP a montré que la prévalence des germes anaérobies était très faible dans le cadre des PAC quel que soit le sous-groupe considéré 3 : pneumopathie d’inhalation (1,64%) ; PAC avec facteur de risque de pneumopathie d’inhalation (1,03%) ; PAC sans facteur de risque de pneumopathie d’inhalation (0,0%). Ces résultats suggèrent que l’élargissement du spectre antibiotique pour couvrir les germes anaérobies n’est pas justifié en dehors des patients présentant un abcès pulmonaire ou une pleurésie infectieuse.

Damien Basille, Service de Pneumologie et Unité de Soins Continus Cardio Thoracique Vasculaire et Respiratoire, Centre Hospitalier Universitaire Amiens-Picardie, Amiens


D’après la session A1 Clinical Year In Review 1 – Pneumonia and Pulmonary Infections, F. Amati

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