Auto-initiation de la PPC à domicile

Virginie Ferry, service de pneumologie, hôpital Bichat Claude Bernard, Paris.

Cette étude évaluait l’auto-initiation (AI) d’une PPC (en utilisant les outils numériques et sans contact avec le personnel médical) comparée à une instauration classique (en groupe ou en consultation) dans un groupe de patients sélectionnés.

Le nombre de diagnostics de syndrome d’apnée du sommeil (SAS)est croissant, avec une augmentation des couts globaux de diagnostic et de traitements, mais aussi du temps consacré par les professionnels de santé. La télésurveillance est maintenant pratique courante  dans le suivi et permet d’optimiser les coûts et le temps consacrés par les professionnels de santé aux pathologies respiratoires du sommeil.

Les auteurs de l’étude faisaient également mention d’un triplement des instaurations de PPC dans leur centre. De ce fait il semblait nécessaire de mettre en place une mesure d’appareillage tentant d’optimiser les coûts et le temps médical et paramédical. L’équipe utilisait déjà chez des patients ayant une certaine autonomie avec les objets numériques une application numérique pour dispenser l’information du patient sur le SAS nouvellement diagnostiqué mais également lui prodiguer des informations sur le traitement (notamment la PPC). En Finlande, l’auto-initiation de la PPC chez des patients jeunes est déjà pratiquée dans certains centres.

Design de l’étude

Cette étude évaluait l’auto-initiation (AI) d’une PPC (en utilisant les outils numériques et sans contact avec le personnel médical) comparée à une instauration classique (en groupe ou en consultation) dans un groupe de patients sélectionnés. Le critère de jugement principal était le taux d’observance efficace, définie par une observance de 4h par nuit, au moins 70% sur les 3 premiers mois.

Pour cela les auteurs ont inclus 204 patients ayant reçu une initiation de PPC pour SAS dans 3 centres finlandais de Septembre 2023 à Janvier 2025, répartis en 3 groupes  : auto-initiation (AI), initiation en consultation individuelle (II) ou en consultation de groupe (IG).

Quelle différence d’observance entre selon le mode d’initiation de la PPC ?

Les groupes étaient de taille homogène, sans différence significative entre les groupes sur le sexe, l’IAH au diagnostic (> 30h) ou l’index de dénaturation (> 30h). Les patients du groupe AI étaient significativement plus jeunes (p>0,001) que ceux des 2 autres groupes. Les patients du groupe auto-initiation étaient ceux avec l’index de masse corporelle moyen le plus important, significativement différent de ceux ayant eu une initiation en groupe (IG).

Il n’y avait pas de différence significative de l’observance entre les 3 groupes (p = 0,715), avec une observance de 51,6% dans le groupe AI, 55,8% dans le IG et 58,7% dans le groupe initiation individuelle (II).

L’IAH résiduel entre les 3 groupes était normal, néanmoins il existait une différence significative entre les groupes (p = 0,005), avec un IAH résiduel de 1,8/h dans le groupe AI, versus 2,4/h dans le groupe IG et 3,6/h ans le groupe (II).

Quelles conclusions et quelles limites ?

Dans une population sélectionnée l’auto-initiation de la PPC est aussi efficace dans le traitement du SAS que les autres techniques de mise en place d’une pression positive.

Il existait des disparités entre les groupes notamment sur l’âge : les patients du groupe auto-initiation étaient globalement plus jeunes et l’IAH résiduel plus bas (même si le traitement était efficace avec un IAH résiduel < 5/h dans les 3 groupes).

Il faut noter que les données cardiovasculaires notamment la fonction cardiologique étaient manquantes. L’auto-initiation ayant été réalisée avec des PPC auto-pilotées, cela suggère que la sélection des patients n’a pas été réalisée que sur leur autonomie avec les outils numériques mais également sur la fonction cardiovasculaire permettant l’appareillage par PPC auto-pilotée. Cela suggère également que les patients nécessitant un appareillage plus technique sont exclus de ce dispositif.

Néanmoins, à une époque où le rationnement des coûts et du temps médical est d’actualité, cette étude semble  prometteuse sur le plan de de l’accès au traitement, à condition de bien cibler la population à appareiller. Elle permet également de réduire le délai entre le diagnostic et l’initiation du traitement. 


D’après la session Poster PS-12 du 30/092025 Self-initiatiated CPAP is equally effective compared to face-to-face initiation with suitable patient selection, de  Kärtevä et al., Helsinki University Hospital

Retour en haut
SPLF-APPLI

GRATUIT
VOIR