Congrès

NOTUS : confirmation de l’efficacité du dupilumab dans la BPCO

En 2023, l’étude BOREAS 1 a montré pour la première fois des résultats positifs d’une biothérapie pour les patients atteints de BPCO présentant des exacerbations fréquentes malgré une triple thérapie inhalée et une éosinophilie sanguine supérieure à 300 cellules/µL. Une réduction des exacerbations de 30% était retrouvée avec une amélioration de la fonction respiratoire et de la qualité de vie. La confirmation de ces résultats dans un second essai de phase 3 était largement attendue.

L’essai NOTUS 2,  contrôlé randomisé multicentrique, incluait 935 patients atteints de BPCO âgés de 40 à 80ans, avec un tabagisme à plus de 10 paquets années, un profil exacerbateur (au moins deux exacerbations modérées ou une sévère l’année passée) malgré une triple thérapie inhalée et une éosinophilie sanguine supérieure à 300/µL. Les patients étaient randomisés en deux groupes : dupilumab 300mg toutes les deux semaines par voie sous cutanée versus placebo pendant 52 semaines. Le critère de jugement principal était le taux annuel d’exacerbations modérées à sévères, et les critères de jugement secondaires incluaient l’analyse du volume expiratoire maximal par seconde (VEMS), des symptômes respiratoires par l’E-RS COPD score et de la qualité de vie par le questionnaire de Saint Georges (SGRQ). Les patients inclus avaient un VEMS post bronchodilatateur moyen à 50,1 ± 12,6 de la valeur théorique et faisaient en 2,1 ± 0,9 exacerbation modérée à sévère dans l’année. L’éosinophilie sanguine moyenne était de 407 ± 336 cellules/µL et la fraction expirée de monoxyde d’azote (FeNO) de 24,6 ± 26ppb. Les résultats montraient une réduction de 34% du taux annuel d’exacerbations modérées ou sévères dans le groupe dupilumab (0,86 versus 1,30, ratio 0,66 ; intervalle de confiance (IC) à 95 %, 0,54 à 0,82 ; p<0,001).

A propos des critères de jugement secondaires, le VEMS pré bronchodilatateur était amélioré à 12 semaines (différence moyenne 82 mL ; IC95% 40 à 124 ; p<0,001) et à 52 semaines (n=721, ; différence moyenne 62 mL ; IC95% 11 à 113 ; p=0,02). Cette amélioration était plus marquée dans le sous-groupe de patients ayant une FeNO supérieure à 20 ppb (différence moyenne 141mL ; IC95% 58 à 223 ; p=0,001). La qualité de vie selon le SGRQ était également améliorée (différence moyenne -3,4 ; IC95% -5,8 à -0,9). Les effets indésirables rapportés étaient similaires dans les deux groupes.

Ainsi, cet essai confirme l’efficacité du dupilumab dans la réduction des exacerbations modérées à sévères chez des patients atteints de BPCO sévère, sous triple thérapie inhalée et avec une éosinophilie sanguine supérieure à 300 cellules/µL. Cependant, il parait primordial de rappeler que l’inflammation de type 2 concerne uniquement 10 à 40% des patients atteints de BPCO et que la prescription d’une biothérapie doit s’intégrer dans une prise en charge globale incluant les mesures non pharmacologiques et la prise en charge des comorbidités.

D’après la communication de Bhatt SP (Birmingham, Etats-Unis) (session B13)

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Effets indésirables des corticoïdes inhalés dans la BPCO : à propos de 318 385 patients !

Les bases de données des assureurs permettent de générer des informations à partir de nombres très élevés de patients, même si elles ont évidemment leurs défauts. Lors de ce congrès, une étude intéressante provenant des Etats-Unis était consacrée aux effets indésirables des corticoïdes inhalés dans la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et a permis de dresser quelques conclusions inattendues.

Parmi le registre de l’institut DARTN et comportant des informations provenant de plus de 20 millions de patients, W.D. Pace et al. (Aurora, Etats-Unis) ont extrait les données des patients âgés de plus de 45 ans et chez qui un diagnostic de BPCO avait été porté soit à n’importe quel moment (cohorte de BPCO prévalente, n=318 385), soit après l’entrée dans le registre (cohorte de découverte de BPCO, n=209 062), en excluant notamment les patients porteurs d’un déficit en alpha1 antitrypsine et ceux traités par corticoïdes oraux ou par biothérapies. L’objectif de l’étude était d’analyser les événements d’intérêt de type découverte de diabète, ostéoporose, pneumonies, fractures non traumatiques et cataracte, en distinguant les patients traités depuis 24 mois ou plus par corticoïdes inhalés (longue durée, n=67 448 pour la cohorte de BPCO prévalente et 48 806 pour la cohorte de découverte de BPCO) de ceux traités depuis 3 à 23 mois (durée intermédiaire, n=54 978 pour la cohorte de BPCO prévalente et 35 039 pour la cohorte de découverte de BPCO) et de ceux ayant reçu moins de 3 mois de corticoïdes inhalés voire pas du tout (courte durée, n=169 261 pour la cohorte de BPCO prévalente et 101 501 pour la cohorte de découverte de BPCO).

Par rapport à ceux traités par corticoïdes inhalés pendant une courte durée, les patients traités pendant une longue durée ont présenté plus de découverte de diabète (hazard ratio (HR) de 2,56 pour la cohorte de BPCO prévalente et de 2,48 pour la cohorte de découverte de BPCO), de fractures (HR de 2,45 pour la cohorte de BPCO prévalente et de 2,39 pour la cohorte de découverte de BPCO), d’ostéoporose (HR de 2,5 pour la cohorte de BPCO prévalente et de 2,44 pour la cohorte de découverte de BPCO), de pneumonies (HR de 2,48 pour la cohorte de BPCO prévalente et de 2,4 pour la cohorte de découverte de BPCO) et de cataractes (HR de 2,45 pour la cohorte de BPCO prévalente et de 2,39 pour la cohorte de découverte de BPCO). Dans la cohorte de découverte de BPCO, les patients traités par corticoïdes inhalés pendant une longue durée avaient un risque de 29,41% de présenter au moins un effet indésirable d’intérêt, contre seulement 9,15% lorsqu’ils étaient traités pendant une courte durée, soit une différence de risque absolu de 20,26%. Lors d’un traitement de longue durée par corticoïdes inhalés, 1 patient BPCO sur 5 risque donc de présenter au moins un effet indésirable d’après ces données américaines. De quoi continuer à nous faire réfléchir sur le rapport bénéfices/risques de ce type de traitement.

D’après la communication de W.D. Pace et al. Risks of long term inhaled corticosteriod use in COPD management and need to assess benefits versus risks. Am J Respir Crit Care Med 2024;209:A3825.

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Un pas de plus vers le traitement médicamenteux du syndrome d’apnées/hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS)

Depuis la mise en évidence de différents endotypes de mécanismes physiopathologiques pouvant aboutir au développement d’une obstruction des voies aériennes supérieures (VAS) en l’absence d’anomalie anatomique, de multiples propositions thérapeutiques ont été proposée, à la carte, avec de premiers résultats encourageants. Cette année, c’est une étape supplémentaire qui est franchie en évaluant l’efficacité de la combinaison de plusieurs traitement médicamenteux simultanément.

T. de Sarkar a présenté les résultats d’une étude prospective randomisée contre placebo, en double aveugle) comparant l’efficacité d’une association d’acetazolamide (500 mg) et d’eszopiclone (2 mg) (DualRx) +/- venlafaxine (TripleRx) afin d’agir à la fois sur la réduction du loop gain, l’augmentation du seuil d’éveil et l’augmentation de la réactivité des muscles dilatateurs des VAS. Dans un premier temps, l’association acetazolamide et eszopiclone a été utilisée pendant 2 périodes de 3 jours versus placebo avec cross over afin d’évaluer l’évolution de l’index d’apnées/hypopnées (IAH) au cours du sommeil non REM en position de décubitus dorsal (objectif principal), et le pourcentage de patients répondeurs (réduction de l’IAH >50% avec moins de 10 événements/h) ainsi que la tolérance au traitement (objectifs secondaires). Les patients non répondeurs ont bénéficié, en ouvert, de l’adjonction de venlafaxine pendant 3 jours avant d’effectuer un nouvel enregistrement polysomnographique.

20 patients ont été inclus dans le protocole initial (DualRx), avec une réduction significative de l’IAH en position de décubitus dorsal (IAH médian :-13.8/h, p = 0.003), et une réduction > 50% chez 7 d’entre eux, alors que un seul patient a pu être considéré comme répondeur complet. L’adjonction de Venlafaxine a permis d’obtenir 4 répondeurs complets supplémentaires, sans modification significative de l’IAH médian par rapport au résultat obtenu au cours de la phase DualRx, mais avec un effet plus marqué sur l’amélioration du niveau de saturation en oxygène au cours du sommeil. En revanche, les effets secondaires, en particulier gastro-intestinaux ont été plus marqués lors de la phase TripleRx.

Ainsi l’effet bénéfique de la double association (DualRx) sur l’amélioration polysomnographique peut encore être amélioré par l’adjonction de venlafaxine chez certains patients dont il conviendrait de définir plus précisément l’endotype en cause, et en utilisant une posologie éventuellement moins importante afin d’en éviter les effets indésirables, au cours d’étude à plus long terme.

D’après la communication de T de Sarkar et al. Combination drug therapy with acetazolamide, eszopiclone +/- venlaflaxine for obstructive sleep apnea: a randomized, controlled clinical trial. Am J Respir Crit Care Med 2024; 209: A1061 (Session A19).

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Le SAHOS : la fin de la PPC pour tous ?

La pression positive continue (PPC) est depuis plusieurs décennies maintenant le traitement de 1ère intention du syndrome d’apnées hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS), les autres traitements comme l’orthèse d’avancée mandibulaire (OAM) étant réservés aux SAHOS modérés ou aux échecs de PPC. Les dernières années ont été marquées par la mise en lumière de la grande hétérogénéité des patients porteurs de SAHOS avec la mise en évidence de différents sites anatomiques d’obstruction mais aussi de différents endotypes pouvant faire envisager de nouvelles possibilités thérapeutiques comme certains traitements médicamenteux.

D. Eckert (Adélaïde, Australie) a rapporté ce jour une étude qui bouscule quelque peu nos habitudes puisque le traitement de 1ère intention est une OAM avec incrémentation thérapeutique en fonction de l’évaluation de l’efficacité pour arriver en dernière étape à la PPC en association avec les autres traitements. L’objectif principal était de traiter le plus grand nombre de patients selon cette approche, l’objectif secondaire d’évaluer de déterminer les répondeurs des non-répondeurs à l’OAM.

Tous les patients ayant un SAHOS avec un index d’apnées hypopnées (IAH) > 10/h étaient inclus. Ils bénéficiaient d’une OAM avec une polysomnographie pour en évaluer l’efficacité au moins 1 mois après. Sur les 111 patients inclus, 93 ont terminé l’étude. Les patients étaient principalement des hommes (n = 71, 76,3%), âgés en moyenne de 55 ans (42 – 65 ans) en surpoids (index de masse corporelle [IMC] 29 kg/m2, 26 – 33). L’IAH moyen était de 31/h (18 – 48).

L’OAM diminue de 50% l’IAH (30 à 16/h, p< 0,001) avec 1/3 des patients (n=31) qui obtiennent un IAH final < 10/h avec diminution des éveils (32 en pré-traitement vs 15/h en post) et de l’hypoxémie. Les répondeurs avaient une collapsibilité moins importante, une meilleure compensation musculaire, une moindre instabilité du contrôle ventilatoire et un seuil d’éveil plus bas (p < 0,005 pour chaque item). Environ la moitié des patients restant (n=33) obtient un contrôle du SAHOS sous traitement combiné sans PPC. Les traitements combinés sont déterminés en fonction des endotypes mis en évidence : traitement positionnel associé à EPAP (pression positive générée par une valve buccale et/ou nasale), oxygénothérapie, Ato-Oxy (Atomoxétine – Oxybutynine), Zolpidem, Zolpidem + O2, Zolpidem + ato-Oxy , Ato-Oxy + O2.

Même si en France l’ensemble de ces traitements n’est pas disponible ou n’a pas l’AMM dans cette indication, il est intéressant de considérer cette nouvelle approche basée sur une médecine plus personnalisée. De même l’association de différentes stratégies thérapeutiques, comme on le rapporte depuis de nombreuses années, pourrait être une option intéressante pour certains patients.

D’après la communication de D Eckert (A19). Stepwise and targeted therapy to treat sleep apnea : a novel, physiology-informed, personalised approach using oral appliance therapy plus combination therapy in incomplete responders. Am J Respir Crit Care Med 2024 ; 209 : A1059

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Peut-on vraiment prédire l’hypoxémie au cours de l’IRA à partir du simple rapport SpO2/FiO2 ?

Le rapport PaO2/FiO2 (P/F) est classiquement utilisé pour évaluer la sévérité de l’hypoxémie dans l’insuffisance respiratoire aiguë (IRA), notamment au cours du syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA). Néanmoins, en raison d’une disponibilité inconstante des gaz du sang artériel (GDS), un rapport SpO2/FiO2 (S/F) < 315, plus facilement disponible, a récemment été proposé pour établir la nouvelle définition mondiale du SDRA 1. Cependant, le rapport S/F ne pourrait s’avérer valide que pour une SpO2 < 97 %.

L’objectif de cette étude de cohorte rétrospective, menée dans cinq hôpitaux universitaires entre octobre 2017 et septembre 2019, a donc été d’évaluer l’impact de la mesure du rapport S/F sur l’apparition de l’hypoxémie chez des patients en IRA sous ventilation mécanique invasive (VM) avec un rapport P/F < 300 mmHg ou S/F < 315 maintenu pendant au moins 24 heures. L’apparition de l’hypoxémie était définie comme le premier P/F < 300 mmHg ou S/F < 315 après le début de la VM, ces deux rapports recueillis en moins de 10 mn chez un même patient étant considérés comme simultanés. Le sous-groupe SDRA répondait à la définition de Berlin de 2012 reposant principalement sur le niveau du rapport P/F (2). Chez les 2 427 patients inclus, dont 2143 patients ayant eu un GDS et 364 atteints de SDRA, la durée médiane de VM était de 49 heures et la mortalité hospitalière de 28%. Le S/F médian pendant les 24 premières heures de VM était de 188 (IQR:146-229). Pour l’ensemble de la cohorte, 1341/2427 des patients (55%) présentaient une hypoxémie définie en premier lieu par le S/F. Lorsque les deux rapports étaient simultanément disponibles (1096/2427 :45%), l’hypoxémie définie par le S/F survenait en moyenne 80 minutes plus tôt (IQR :35-189). Huit cent soixante et onze sur 2427 patients (36%) présentaient une hypoxémie définie en premier lieu par le rapport P/F, mais 89% de ces patients avaient une SpO2 > 97% entre le début de la VM et le premier rapport P/F, de sorte qu’un rapport S/F valide ne pouvait être calculé. Dans le sous-groupe SDRA, 208/364 des patients (57%) répondaient au critère d’hypoxémie de la nouvelle définition du SDRA (S/F) (1), en moyenne 73 minutes plus tôt (IQR :34-188) que le rapport P/F. Cependant, chez les patients atteints de SDRA selon la définition de Berlin (P/F) 2, 89% des patients avaient une SpO2 > 97 % entre le début de la VM et le premier rapport P/F.

Une utilisation plus large du rapport S/F pourrait donc permettre une reconnaissance plus précoce de l’hypoxémie, notamment au cours du SDRA, pour pouvoir initier plus rapidement la stratégie ventilatoire appropriée. Cependant, pour que le rapport S/F facilite de manière optimale l’identification précoce de l’hypoxémie, il est nécessaire de titrer l’oxygène jusqu’à une SpO2 restant < 97%.

D’après la communication de Levy E., et al. Advantages and caveats of using the SpO2/FiO2 ratio to identify hypoxemia. Am J Respir Crit Care Med 2024; 209: A1094. Session A22.

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Le sotatercept est-il plus efficace chez les patients atteints d’HTAP avec mutation BMPR2 ?

Les mutations du gène BMPR2 (bone morphogenetic protein receptor type 2) sont responsables de la forme la plus fréquente d’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) héritable. L’homéostasie vasculaire pulmonaire repose en partie sur la voie du TGF-ß qui assure un équilibre entre prolifération vasculaire pulmonaire (médiée par l’activine) et antiprolifération (médiée par BMPRII). Dans l’HTAP, la voie BMPR2 est dysfonctionnelle ce qui engendre une surexpression de la voie de l’activine. Cette voie de signalisation est ciblée par le sotatercept, une protéine de fusion qui piège les activines et les GDF, des ligands du récepteur de l’activine, agissant ainsi comme un inhibiteur de la signalisation de l’activine. Les essais de phases II (PULSAR) et III (STELLAR), tous deux publiés dans le NEJM avaient montré des résultats très prometteurs chez les patients souffrant d’HTAP déjà prétraités. Une analyse post-hoc de la phase II a été réalisée afin d’analyser la réponse au sotatercept selon le statut BMPR2 des patients.

PULSAR est un essai randomisé de phase 2, contrôlé contre placebo, comparant l’efficacité et la tolérance du sotatercept (administré toutes les 3 semaines par voie sous-cutanée à 2 dosages différents : 0,3 ou 0,7 mg/kg) chez des patients souffrant d’HTAP, préalablement traités par bi-ou trithérapie. Cette étude était positive sur le critère de jugement principal (résistances vasculaires pulmonaires) mais également la distance parcourue au test de marche de 6 minutes, démontrant un bénéfice du sotatercept par rapport au placebo.

Un séquençage génétique a été réalisé chez 76 (86 %) des 88 patients sans connectivite de l’étude PULSAR, révélant des variants BMPR2 chez 25 (33 %) des patients : 10 dans le groupe placebo et 15 dans le groupe sotatercept. Les variations du test de marche de 6 minutes, des résistances vasculaires pulmonaires et du NT-proBNP entre le début et la fin de l’étude (semaine 24) étaient similaires entre les patients avec ou sans variant BMPR2. L’incidence des événements indésirables liés au traitement était également similaire entre les sous-groupes (variant BMPR2 ou non) à la semaine 24.

Pour conclure, l’effet du traitement par sotatercept sur les résistances vasculaires pulmonaires, la distance parcourue au test de marche de 6 minutes, le NT-proBNP et la survenue d’évènements indésirables était indépendant du statut BMPR2 des patients.

Références : Humbert M. et al. N Engl J Med 2021;384:1204-15.

D’après la communication de D. Montani. Results of a planned analysis of the effects of genetic background on sotatercept for the treatment of pulmonary arterial hypertension (PAH). Am J Respir Crit Care Med 2024;209:A1012 (session A14)

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L’intelligence artificielle à l’ATS en 2024 : entre espoir raisonnable et crainte justifiée.

L’intelligence artificielle (IA) est désormais une notion familière pour beaucoup de médecins avec son utilisation croissante dans diverses spécialités médicales, dont l pneumologie. Pour autant, nous sommes encore loin d’avoir exploré toutes les possibilités ou d’avoir compris tous les risques de dérives et/ou de mauvaise utilisation de cet outil apparemment révolutionnaire.

C’est pour cela que le comité scientifique de l’ATS a décidé de consacrer une session spéciale sur l’IA. Le premier orateur, Michael Howell (Google) nous rappelle les trois étapes de développement de l’IA : la première datant des années 50 et se basant sur des modèles probabilistes, ou encore l’IA 1.0, suivie par l’I.A. 2.0 née en 2011 avec l’apprentissage profond ou « deep learning », et enfin l’émergence récente de l’I.A. 3.0, mieux connue sous l’appellation IA générative dont le programme Chat GPT dont tout le monde parle. L’IA générative est un domaine du « deep learning » capable de « générer » (d’où son appellation) de façon autonome et originale de nouveaux contenus (images, vidéos, textes, voire musique) à partir de données préexistantes. Outre les problèmes éthiques liés aux droits d’auteurs que pose cette approche, Matthew DeCamp (Université de Colorado) a également détaillé les différents de types de biais qui sont d’autant d’embuches qu’il faudrait éviter dans notre utilisation de l’IA, quel qu’en soit le but et le domaine d’application. L’orateur a notamment insisté sur les 3 types de biais fréquemment rencontrés que sont les biais (1) d’acquisition de données (dont la véracité et la pertinence des informations retenues, (2) d’analyse et (3) d’interprétation de ces données. Il est possible de réduire ces biais par la mise en place systématique d’audits réguliers, l’utilisation de métriques clairement définis et explicables et le recours aux techniques de rééquilibrage transparents et opposables. L’intérêt de ce symposium est de nous rappeler qu’en matière d’IA, si le meilleur n’est jamais garanti, le pire n’est pas non plus inévitable. Il nous suffit d’en être conscient, la conscience étant peut-être ce qui distingue l’être humain des programmes d’ordinateurs, aussi puissants soient-ils.

D’après la session spéciale (Keynote) K1 sur l’Intelligence artificielle en médecine. (Dimanche 19 mai 2024)

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Prescription d’oxygénothérapie de déambulation en France

L’utilité de l’oxygénothérapie de déambulation, au long cours, au domicile, est très controversée chez les patients présentant une hypoxémie modérée au repos ou la nuit. Bien que l’oxygénothérapie de déambulation soit susceptible d’améliorer les performances à l’exercice des patients souffrants de BPCO, l’essai LOTT n’a pas démontré d’amélioration de la survie 1. Cela pourrait être dû à une mauvaise sélection des patients susceptibles de bénéficier de cette thérapeutique 2. Mais cela pourrait également être également lié à des aspects techniques de délivrance de l’oxygénothérapie à l’effort. Ces deux posters apportent des éléments de réponse sur des données françaises à grande échelle.

À partir des données du système national des données de santé (SNDS), les 40 617 patients insuffisants respiratoires, toutes causes confondues, qui bénéficient, entre 2014 et 2019, de la prescription d’une oxygénothérapie de déambulation par le biais d’un concentrateur portable en France ont été suivis jusqu’en décembre 2020. Environ 40% d’entre eux bénéficient également d’un extracteur fixe au domicile.

Ils ont été divisés en deux groupes selon l’autonomie offerte par leur concentrateur portable, soit élevée (supérieure à 5h, concentrateurs de la marque Inogen, n= 18 630) soit faible (inférieure à 5h, tous les autres dispositifs, n= 21 987). La survie globale est plus élevée dans le groupe « autonomie élevée » (52,7 [IC 95% : 51,2 – 54,1] vs. 43,3 [IC 95% : 41,9 – 44,3] mois). Ainsi, le risque de décès est relativement plus faible dans le groupe « autonomie élevée » (hazard ratio de 0,81 [IC 95% 0,78 – 0,83]). Le nombre de visites aux urgences et d’hospitalisations est identique dans les deux groupes. Les coûts de santé sont inférieurs dans le groupe « haute autonomie » (économie de 168 € par année de vie supplémentaire).

Une analyse par intelligence artificielle retrouve comme principaux facteurs de risque de mortalité : le type d’extracteur portable, une insuffisance respiratoire d’autre origine que la BPCO, le nombre de comorbidités dont l’insuffisance cardiaque, l’obésité ou le cancer bronchique et l’âge.

Le type d’extracteur portable prescrit, selon l’autonomie qu’il offre, serait associé au pronostic des patients insuffisants respiratoires.

Si les biais sont nombreux, notamment en l’absence de données réelles sur l’utilisation du concentrateur, son autonomie qui est très variable y compris pour les matériels très récents selon la taille du bolus d’oxygène délivré, la sévérité de l’insuffisance respiratoire ou encore l’activité physique réalisée, cette étude illustre bien la nécessité absolue d’accompagner les patients au moment de la prescription d’une oxygénothérapie de déambulation. Pour que ce traitement profite au patient, il est capital de prendre le temps de trouver le dispositif le plus adapté à ses besoins spécifiques, en favorisant toujours les dispositifs offrant la plus grande autonomie possible. 

D’après les posters de S. Glezer et al.
Portable Oxygen Concentrators and Level of Mobility in Long-term Oxygen Therapy Patients in France. A Nationwide Health Claims Database (SNDS) Study. Am J Respir Crit Care Med 2024;209:A1073 (session A21).
Factors Predicting the Survival and the Type of Oxygen-Delivery Device Prescription in Long-term Oxygen Therapy Patients in France: A Nationwide Health Claims Database (SNDS) Study. Am J Respir Crit Care Med 2024;209:A1414 (session A35).

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Dysanapsis, un problème de connexions pulmonaires

La dysanapsis bronchique est un mot d’origine grecque (« joindre, connecter ») qui décrit une taille des voies respiratoires disproportionnée par rapport au parenchyme pulmonaire. Bien que de description ancienne, le concept a été remis au goût du jour au scanner pour expliquer les variations de fonction pulmonaire chez les sujets sains et le risque de BPCO. Ce concept peut être décliné aux structures vasculaires et à d’autres pathologies.

Bien que de même étymologie, la dysanapsie n’a rien à voir avec la synapsis (union des chromosomes homologues qui donnent des tétrades) ou avec les synapses neuronales. Initialement décrit en 1974, par Green, le concept de dysanapasis bronchique stipule qu’un arbre des voies respiratoires centrales plus petit pour une taille de poumon donnée est associée à une fonction pulmonaire basale basse, suivie d’un déclin de la fonction pulmonaire avec risque de BPCO. Le concept était un des thèmes forts de la session A29, avec les nouveaux sous-types d’emphysème et les interactions vaisseaux/bronches dans l’emphysème.

Dans une première présentation Hosseini et al. ont montré que le concept pouvait être également décliné au niveau de la vascularisation pulmonaire. Les auteurs ont développé un processus complexe de segmentation des images tomodensitométrique permettant de calculer un indice de dysanapsis artériel. Celui-ci était corrélé à l’extension d’emphysème et au VEMS, mais pas au dysanapsis bronchique. Smith et al. ont, quant à eux, montré chez 16 patients de la série SPIROMICS Heart Failure (SPIROMICS HF) que la dysanapsie bronchique pouvait se calculer aussi en IRM à partir de séquences à temps d’écho très court.

Ces performances techniques sont encore loin d’une application clinique mais aiguisent notre intérêt. Une session demain sera dédiée au concept de dysanapsis (B9 50 years of dysanapsis : what have we learned and where are we going), et nous détaillera les trajectoires et les facteurs environnementaux influençant le développement broncho-pulmonaire. A ne pas manquer !

Pierre-Yves Brillet, INSERM 1272, Santé-Médecine-Biologie-Humaine, Université Paris 13 et Service de radiologie, Hôpital Avicenne, Bobigny, France

D’après les posters présentés par S. Hosseini, Pulmonary arterial dysanapsis evaluated in smokers with COPD via contrast enhanced Dual Energy CT. Am J Respir Crit Care Med 2024;209:A1244 et B.M. Smith, Paired Magnetic Resonance and Computed Tomography assessment of dysanapsis. The subpopulations and intermediate outcome measures in COPD and Heart Failure study (SPIROMICS HF). Am J Respir Crit Care Med 2024;209:A1255. (session A29)

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Les jeux vidéo améliorent-ils la dextérité pour la réalisation de compétences interventionnelles procédurales en pneumologie ?

Les jeux vidéo sont de plus en plus reconnus comme des outils pédagogiques potentiels en raison de leur capacité à simuler des situations cliniques réalistes, permettant aux étudiants de pratiquer sans risque pour les patients. Ils offrent également une méthode interactive pour renforcer les connaissances théoriques et développer des compétences techniques. Des programmes de formation en pneumologie et en soins critiques se développent pour la formation aux procédures interventionnelles telles que la bronchoscopie, l’intubation oro-trachéale et les abords pleuraux pour la pose de drains, entre autres.

Dans une revue de la littérature, A. Gupta et al. ont analysé neuf études (dont sept étaient des essais contrôlés randomisés) regroupant 429 participants. La procédure la plus fréquemment étudiée était la bronchoscopie (44,4 %). Les résultats rapportés étaient les suivants : 1) la pratique des jeux vidéo était associée à une plus grande dextérité mais pas à une meilleure performance globale pour la réalisation de la tâche ; 2) la simulation d’acte technique basée sur les jeux vidéo était associée à une meilleure performance globale de la tâche mais était non systématiquement associé à une plus grande dextérité pour la réalisation de la compétence technique.

Malgré des limitations telles qu’un échantillon de patients relativement faible pour une revue de la littérature, des populations hétérogènes et un manque d’ajustement pour les facteurs de confusion identifiés, la simulation des compétences techniques provenant de formations pédagogiques basée sur des jeux vidéo peut être un outil complémentaire pour la formation des étudiants en pneumologie et en médecine des soins critiques. Les futures recherches devraient s’efforcer cependant à avoir un suivi longitudinal en examinant de plus près l’impact des caractéristiques spécifiques des jeux vidéo sur l’acquisition des compétences procédurales.

Thomas Villeneuve, Service de Pneumologie et unité des soins intensifs– Clinique des Voies Respiratoires, CHU Larrey, 24 chemin de Pouvourville, TSA 30030, 31059 Toulouse Cedex 9, France

D’après A. Gupta et al. Session poster : études de recherche et rapports de cas en matière de maladies pulmonaires et pleurales interventionnelles

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