Congrès

L’EVALI existe encore

Considérée comme une alternative sûre au tabagisme, l’utilisation croissante de la cigarette électronique n’est pas dénuée de risque. A partir de septembre 2019, le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) aux Etats-Unis signale l’apparition d’une pneumopathie associée au vapotage (ou EVALI en anglais). La déclaration des cas étant obligatoire aux Etats-Unis, jusque 2800 hospitalisations, dont 68 décès, sont recensées jusqu’en février 2020. La pandémie COVID a fait oublier l’EVALI. Qu’en est-il en réalité ?

Entre avril et décembre 2020, 903 patients hospitalisés pour EVALI ont été identifiés au sein de la base de données de santé américaine (Healthcare Cost and Utilization Project Nationwide Inpatient Sample).

Leur profil était similaire aux cas initialement décrits. L’âge médian était de 31 ± 8 ans, 69% étaient des hommes, 74% étaient caucasiens. Une infection COVID-19 était identifiée chez seulement 5% des patients pour lesquels le diagnostic étiologique de la détresse respiratoire aigüe est difficile. Respectivement 38 et 17% des patients consommaient également du tabac et du cannabis.

Les complications au cours de l’hospitalisation étaient : maladie thrombo-embolique (2,9%), fibbrillation auriculaire (2,7%), hypertension pulmonaire (2,5%), choc cardiogénique (0,6%) et syndrome coronarien (0,4%). Une ventilation mécanique était nécessaire pour 103 patients (11,4%). La durée de séjour était de 5,7 ± 3,4 jours. La mortalité hospitalière était de 2,3% (21 patients). En analyse multivariée, les facteurs de risque de mortalité était le sexe masculin (OR 1,39, IC 95% 1,13 – 3,46), tabagisme actif (OR 2,08, IC 95% 1,24 – 3,81), complications thrombo-emboliques (OR 2,20, IC 95% 1,04 – 4,21), hypertension pulmonaire (1,83, IC 95% 1,07 – 4,77) and recours à la ventilation mécanique (OR 4,76, IC 95% 2,68 – 6,33).

La pneumopathie associée au vapotage doit donc rester une préoccupation de santé publique d’autant que la consommation des adolescents et des jeunes adultes non-fumeurs ne cessent de croître.

Marjolaine Georges, Service de Pneumologie et Soins Intensifs Respiratoires, Centre de Référence Constitutif des Maladies Pulmonaires Rares de l’Adulte, CHU Dijon Bourgogne, 14 rue Paul Gaffarel, 21079 Dijon cedex, France

D’après le poster discussion de Olanipekun T et al. Characteristics, Outcomes, and Healthcare Resource Utilization of Patients Hospitalized With Vaping Related Lung Injury in the US, 2020. Am J Respir Crit Care Med 2024;209:A1072 (session A21).

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BPCO et asthme : existe-t-il vraiment un bénéfice à un suivi pneumologique ?

Le sous diagnostic de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et de l’asthme concerne jusqu’à 70% des patients, principalement dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Il en résulte une altération significative de la qualité de vie des patients ainsi qu’un impact socio-économique non négligeable avec un recours aux soins important et un absentéisme professionnel.

Dans l’essai canadien UCAP présenté ce jour, Aaron S et al. 1 avaient pour objectif principal d’identifier des patients atteints d’asthme ou de BPCO non diagnostiqués dans la population générale puis d’étudier l’intérêt d’une prise en charge spécialisée par un pneumologue sur le recours aux soins et sur les symptômes.

Les personnes vivant dans un rayon de 90 minutes autours des centres participant à l’étude ont été interrogés par téléphone sur la présence de symptômes respiratoires (toux, dyspnée, sifflement) dans les 6 moins précédents. En cas de symptômes, tous les participants répondaient à un questionnaire de dépistage de l’asthme 2 puis ceux âgés de plus de 60 ans ou ayant un score de dépistage de l’asthme inférieur à 6, répondaient à un questionnaire de dépistage de la BPCO 3. En cas de score de dépistage de l’asthme supérieur à 6 ou de score de dépistage de la BPCO supérieur à 20, une spirométrie était réalisée. Le diagnostic d’asthme était retenu en cas d’augmentation du volume exprimé maximal par seconde (VEMS) post bronchodilatateur de 200mL et 12% avec un rapport VEMS/ capacité vitale forcée (CVF) post bronchodilatateur supérieur à la limite inférieure de la normale. Le diagnostic de BPCO était retenu si le rapport VEMS/CVF post bronchodilatateur était inférieur à la limite inférieure de la normale.

Ensuite, les patients nouvellement diagnostiqués étaient randomisés en deux groupes : un groupe intervention comprenant une évaluation par un pneumologue et une éducation thérapeutique spécialisée ou un groupe soins habituels par leur médecin généraliste. Le critère de jugement principal était le taux annualisé de recours au soin pour une symptomatologie respiratoire. Les critères secondaires comprenaient l’étude de la qualité de vie par le questionnaire de Saint George (SGRQ), des symptômes par le questionnaire COPD Assessment Test (CAT) et du VEMS.

Parmi les 38 353 personnes interrogées, 595 des 2 857 patients symptomatiques présentaient une BPCO ou un asthme non diagnostiqué et 508 ont été randomisées : 253 dans le groupe intervention et 255 dans le groupe soins habituels. Le taux annualisé de recours aux soins était plus bas dans le groupe intervention que dans le groupe soins habituels (0,53 versus 1,12 événements par personne-année ; ratio d’incidence 0,48 ; intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,36 à 0,63 ; p < 0,001). À 12 mois, il existait une amélioration de la qualité de vie selon le SGRQ (différence moyenne -3,5 points ; IC à 95 %, -6,0 à -0,9), et des symptômes respiratoires selon le score CAT (différence moyenne -1,3 points ; IC à 95 %, -2,4 à -0,1) dans le groupe intervention. Il existait également une augmentation du VEMS de 119 ml dans le groupe intervention et de 22 ml dans le groupe soins habituels (différence 94 ml ; IC à 95 % 50 à 138).

Ainsi, les patients ayant reçu un traitement dirigé par un pneumologue avaient moins recours aux soins pour une symptomatologie respiratoire que les patients suivis par leurs médecins généralistes mais une réduction des symptômes et une amélioration de la qualité de vie à un an du diagnostic était retrouvée dans les deux groupes. Ces résultats confirment donc la nécessité d’un diagnostic et d’une prise en charge précoce des patients présentant une symptomatologie respiratoire, que les soins soient dispensés par un spécialiste ou un médecin généraliste.

Marina Gueçamburu, Service des Maladies Respiratoires et des épreuves fonctionnelles respiratoires CHU Bordeaux, 33604, Pessac, France

D’après la communication de Shawn D. Aaron (Ottawa, Canada), session A2

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β bloquants dans la BPCO : bénéfice ou risque ?

Les β-bloquants sont un des piliers de la prise en charge des cardiopathies ischémiques et des insuffisances cardiaques permettant une réduction de la morbi mortalité. Des études observationnelles non randomisées suggèrent que l’utilisation de β-bloquants β1 sélectifs peut être associée à une réduction du risque d’exacerbations de BPCO et de mortalité. Cependant, dans un essai récent, le metoprolol a montré une augmentation significative du risque d’exacerbations sévères chez les patients atteints de BPCO 1

Ce jour, l’étude BICS 2s’intéressant à l’effet du bisoprolol (β-bloquant β1 sélectif) sur les exacerbations modérées à sévères de BPCO a été présentée. Il s’agit d’une étude multicentrique contrôlée, randomisée en double aveugle incluant des patients atteints de BPCO de plus de 40 ans avec un volume expiratoire maximal par seconde (VEMS) inférieur à 80%, un tabagisme supérieur à 10 paquets-années et au minimum 2 exacerbations modérées l’année passée. Les patients étaient randomisés en deux groupes : un groupe bisoprolol, débuté à la posologie de 1,25 mg par jour puis augmenté en fonction de la tolérance jusqu’à une dose maximale de 5 mg/j (n = 261), et un groupe placebo (n = 258).  Le critère de jugement principal était le nombre d’exacerbation de BPCO rapportées par le patient et traitées par des corticostéroïdes oraux, des antibiotiques ou les deux.

Parmi les 515 patients inclus, la majorité était des hommes (53%), l’âge moyen était de 68 ± 7,9 ans, le VEMS moyen était de 50,1% et 31% étaient des fumeurs actifs.  Le résultat principal était négatif avec 526 exacerbations dans le groupe bisoprolol (taux moyen d’exacerbations de 2,03/an), contre 513 exacerbations dans le groupe placebo (taux moyen d’exacerbations de 2,01/an, p = 0,72). Concernant les critères de jugement secondaires, une majoration de la dyspnée selon le Transition Dyspnea Index (différence moyenne -0,73 ; IC 95% -1,44 à -0,01 ; p=0,05) était mise en évidence sans qu’il y ait d’augmentation du score de symptôme COPD Assessment Test. De plus, il n’existait pas de différence en terme d’événements indésirables graves entre les deux groupes (37 dans le groupe bisoprolol (14,5 %) versus 36 dans le groupe placebo (14,3 %)).

Ainsi, dans cet essai, il n’existait pas de bénéfice d’un traitement par bisoprolol sur la réduction des exacerbations. Dans l’ensemble, le profil de sécurité du bisoprolol était rassurant, permettant l’utilisation de ce traitement en cas d’indication cardiovasculaire.

Marina Gueçamburu, Service des Maladies Respiratoires et des épreuves fonctionnelles respiratoires CHU Bordeaux, 33604, Pessac, France

D’après la communication de Brian J.Lipworth (Dundree, UK), session A2

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Tézépélumab en vraie vie dans l’asthme sévère : premières données chez 1734 patients

Parmi les biothérapies injectables utilisées dans le traitement de l’asthme sévère, le tézépélumab est la toute dernière molécule disponible. Son utilisation a été approuvée aux Etats-Unis en décembre 2021 pour les individus âgés d’au moins 12 ans suite aux résultats positifs d’essais cliniques. Les premières données en vraie vie commencent donc à être disponibles pour ce pays, en avance de 18 mois sur la France dans ce domaine. 

La communication de L. Tan et al. (Loma Linda, Etats-Unis) permet pour la première fois de se faire une idée précise de l’utilisation en vraie vie du tézépélumab dans l’asthme sévère puisque les données de 1734 patients américains ont pu être analysées. La majorité de ces patients (72%) étaient des femmes et l’âge moyen de la population était de 59 ans. De manière intéressante, cette biothérapie a été utilisée en première intention chez 824 patients (47,5%) tandis qu’elle faisait suite à une autre biothérapie chez les 910 autres patients (52,5%). Dans cette cohorte, tous les patients ont bénéficié d’au moins 6 mois de suivi et 775 ont même été suivis pendant plus de 12 mois. Seulement 47 patients (2,7%) ont arrêté le tézépélumab durant les 6 premiers mois de traitement pour passer à une autre biothérapie tandis que 61 (7,9%) ont initié une autre biothérapie dans les 12 mois. La durée médiane de passage à une autre biothérapie était de 91 jours pour les patients suivis pendant 6 mois et de 174 jours pour ceux qui ont été suivis pendant au moins 12 mois. Il n’était malheureusement pas précisé si ces changements de biothérapie étaient liés à une intolérance ou à une inefficacité du tézépélumab. Toutefois, 84% des patients pour lesquels on disposait d’au moins 6 mois de suivi étaient toujours sous traitement à 6 mois et 65% de ceux ayant eu un suivi d’au moins 12 mois avaient conservé leur biothérapie à 1 an. Ces premières données en vie réelle concernant un nombre important de patients américains semblent plutôt rassurantes et fournissent des indications précieuses sur ce qui risque de se passer en Europe dans les prochains mois.

François-Xavier Blanc Université de Nantes ; CHU de Nantes, l’institut du thorax, Hôpital G. et R. Laennec, Service de Pneumologie ; INSERM UMR 1087, CNRS UMR 6291, Nantes, France

D’après la communication de L. Tan et al. Patient characteristics and treatment patterns with tezepelumab in the United States: an early claims data study. Am J Respir Crit Care Med 2024;209:A1393.

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Auteurs ATS 2024

François-Xavier Blanc, Université de Nantes ; CHU de Nantes, l’institut du thorax, Hôpital G. et R. Laennec, Service de Pneumologie ; INSERM UMR 1087, CNRS UMR 6291, Nantes, France – Liens d’intérêt : AstraZeneca, GSK, Insmed, Sanofi

Athénaïs Boucly, Service de Pneumologie et Soins Intensifs Respiratoires, Hôpital Bicêtre, Assistance Publique Hôpitaux de Paris, 78, rue du Général Leclerc, 94270 Le Kremlin-Bicêtre, France – Liens d’intérêts : AOP Orphan, AstraZeneca, Ferrer, Janssen, MSD.

Pierre-Yves Brillet, INSERM 1272, Santé-Médecine-Biologie-Humaine, Université Paris 13 et Service de radiologie, Hôpital Avicenne, Bobigny, France – Liens d’intérêt : Boehringer Ingelheim (prise en charge de congrès, paiement pour des enseignements, board)

Anh Tuan Dinh-Xuan, Service de Physiologie-Explorations Fonctionnelles, Hôpital Cochin, 27, rue du faubourg Saint-Jacques, 75014 Paris –Liens d’intérêts : Boehringer, Chiesi, GSK, Menarini, Pfizer, Sanofi

Kinan El Husseini, Inserm UMR 1152 – Physiopathologie et Epidémiologie des Maladies Respiratoires, Université Paris Cité, Site Bichat et Service de Pneumologie B Transplantation Pulmonaire, Hôpital Bichat APHP, Paris, France – Liens d’intérêt : Aucun

Marjolaine Georges, Service de Pneumologie et Soins Intensifs Respiratoires, Centre de Référence Constitutif des Maladies Pulmonaires Rares de l’Adulte, CHU Dijon Bourgogne, 14 rue Paul Gaffarel, 21079 Dijon cedex, France – Liens d’intérêts : participation à des congrès et à des formations pédagogiques pour Asten Santé, ResMed, Fisher et Paykel, Oxylis, Elivie.

Christophe Girault, Service de Médecine Intensive et Réanimation, Hôpital Charles Nicolle, CHU-Hôpitaux de Rouen, 37 boulevard Gambetta & UR 3830, Institut de Recherche et d’Innovation Biomédicale (IRIB), Faculté de Médecine et de Pharmacie, Université de Rouen, 76031 Rouen cedex, France – Liens d’intérêts : participation à congrès, formations pédagogiques et travaux scientifiques de la part de Fischer & Paykel, Resmed, Lowenstein Medical, et Asten Santé.

Marina Gueçamburu Service des Maladies Respiratoires et des épreuves fonctionnelles respiratoires CHU Bordeaux, 33604, Pessac, France – Liens d’intérêt : 

Florence Jeny, Service de pneumologie, hôpital Avicenne, AP-HP, 125 rue de Stalingrad 93000, INSERM UMR1272 Hypoxie et Poumon, USPN SMBH Bobigny, France- Liens d’intérêt : honoraires perçus pour conférences/congrès par Boehringer Ingelheim, frais de déplacement congrès par oxyvie.

Jean-Claude Meurice, Service de Pneumologie, CHU de Poitiers, 86035 Poitiers, France –Liens d’intérêt :  

Sandrine Pontier-Marchandise, Service de Pneumologie et unité des soins intensifs– Clinique des Voies Respiratoires, CHU Larrey, 24 chemin de Pouvourville, TSA 30030, 31059 Toulouse Cedex 9, France – Liens d’intérêts : Sociétés Asten Santé, Vitalaire, ISIS, Lowenstein, Fisher et Paykel pour symposiums rémunérés

Frédéric Schlemmer, Antenne de Pneumologie, Réanimation médicale, GH Henri Mondor, IMRB INSERM U955 équipe GEIC2O, Université Paris Est Créteil, 94010 Créteil, France – Liens d’intérêts : Boehringer-Ingelheim, Chiesi, Elivie, Gilead, Oxyvie, Pfizer, Vivisol

Thomas Villeneuve, Service de Pneumologie et unité des soins intensifs– Clinique des Voies Respiratoires, CHU Larrey, 24 chemin de Pouvourville, TSA 30030, 31059 Toulouse Cedex 9, France – Liens d’intérêts : Astra Zeneca, Boeringer Ingelheim, Ferrer, GSK, Mauna Kea Technologies, Menarini

maj 16/05/2024

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Mission CPLF 2024

28e Congrès de Pneumologie de Langue Française
vendredi 26 – dimanche 28 janvier 2024
Lille Grand Palais

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2ème Biennale BPCO : Le patient au cœur du parcours de soins

Groupe de travail BPCO de la SPLF

La 2eme Biennale BPCO a eu lieu le 15 décembre 2023 à l’hôpital Cochin

Comité d’organisation :

Comité d’organisation : Gaëtan Deslée (Reims), Maeva Zysman (Bordeaux), Olivier Le Rouzic (Lille), Nicolas Roche (Paris)
2ème Biennale BPCO – Société de Pneumologie de Langue Française (splf.fr)

9h30 : Accueil
9h55 : Ouverture de la journée.
Jésus Gonzalez, Président de la SPLF (Paris)
Gaëtan Deslée, Coordonnateur du GT BPCO (Reims)

La 2ème biennale est disponible en rediffusion (ci-dessous) & podcast sous forme de série


10h00-11h30 : Les grandes tendances en 2023

Modérateurs : Bouchra Lamia(Rouen), Nicolas Roche(Paris)

10h00 : Pré-BPCO, trajectoires, classification étiologique Lucile Regard (Paris)

10h30 : Nouvelle définition des exacerbations: cela change-t-il nos pratiques ? Olivier Le Rouzic (Lille)

11h00 : Le développement des biothérapies : où en sommes-nous ? Marina Guecamburu (Bordeaux)


11h30 : Pause-café


12h-13h15 : Le parcours de soin du patient BPCO

Modérateurs: Gaëtan Deslée (Reims), Laurent Boyer (Créteil)

12h00 : Indicateurs HAS : un outil utile ? Maeva Zysman(Bordeaux)

12h20 : Réadaptation respiratoire: quelles modalités pratiques ? Amandine Rapin(Reims)

12h20 : Quels freins à l’entrée dans le parcours de soins. Table ronde avec les acteurs de la prise en charge

IPA : Guillaume Fieutelot (Nancy) • Médecin généraliste : Dr Chapron• Kinésithérapeute : MarcBeaumont (Morlaix) Pneumologues : Alain Bernardy(Cambo-les-Bains), Thierry Perez(Lille)


13h15 : Pause déjeuner



14h-15h30 : Quand la BPCO est sévère/complexe/difficile


Modérateurs : Claire Andrejak (Amiens), Pierre Régis Burgel (Paris)

14h00 : Infections chroniques à Pseudomonas, Aspergillus, Mycobactéries atypiques: que faire ? Clémence Martin (Paris)


14h30 : Impact des comorbidités cardiovasculaires et Hypertension Pulmonaire Thibaud Soumagne (Paris)


15h00 : Quelles stratégies d’oxygénothérapie et de ventilation ? Maxime Patout (Paris)

15h30 : Pause-café



16h00-17h : La RCP BPCO sévère comme si vous y étiez


Modérateurs : Amandine Briault (Grenoble), Armelle Marceau (Paris)

16h00 : Cas-clinique de dyspnée persistante Capucine Morelot-Panzini (Paris)

16h20 : Cas-clinique d’emphysème sévère Thomas Egenod (Limoges)

16h40 : Cas-clinique d’exacerbations fréquentes Bruno Ribeiro Baptista (Nancy)


17h00-17h10 : conclusion

Gaëtan Deslée (Reims)


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Du déclin précoce au rajeunissement pulmonaire !

Les racines pédiatriques de la BPCO

Si le tabac reste le principal facteur de risque de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), de nombreux autres facteurs peuvent favoriser son apparition. Parmi eux, certains agissent même très précocement au cours de la vie. En perturbant la croissance de l’arbre aérien, ils vont majorer le risque de développer une BPCO à l’âge adulte. On peut citer la prématurité, la pollution atmosphérique ou l’exposition à d’autres aérocontaminants (y compris in utero), l’asthme dans l’enfance, les infections respiratoires, un faible statut socio-économique, ou la prédisposition génétique à présenter une trajectoire de fonction respiratoire basse ou déclinant rapidement 1 , 2 , 3

Les études d’association génétique à grande échelle (Genome-Wide Association Studies, GWAS) ont identifié des variants génétiques semblant associés à la survenue de BPCO, en majorant la sensibilité à la fumée de cigarette ou à d’autres agressions respiratoires. La plupart des gènes considérés codent pour des acteurs de la croissance de l’arbre aérien (par exemple la voie de la protéine Sonic Hedgehog avec le gène HHIP, ou le fibroblast growth factor FGF-10). Des expérimentations fondamentales, impliquant des modèles animaux ou cellulaires complexes, ont permis de confirmer leur implication.

À l’avenir, de nouveaux scores prédictifs multi-dimensionnels, tenant compte de plusieurs variants génétiques, de biomarqueurs récemment identifiés (par exemple la protéine des cellules de Clara CC-16), pourraient permettre d’aboutir à une meilleure définition de BPCO précoce, ou d’identifier en amont des groupes d’enfants à risque, et de mettre en place des actions de prévention précoce 4 , 5 .

Vieillissement pulmonaire accéléré d’origine génétique

L’arrivée à l’âge adulte peut donc se faire dans des trajectoires de fonction pulmonaire différentes, les trajectoires basses prédisposant au risque de développer une BPCO. Par la suite, plusieurs polymorphismes génétiques peuvent entraîner un vieillissement accéléré du poumon et favoriser un déclin fonctionnel et l’entrée dans la maladie, surtout en cas d’exposition au tabac ou à d’autres aérocontaminants. Le déficit en alpha-1-antitrypsine correspond au cas de figure le plus connu. Son dépistage est recommandé en cas de BPCO ou d’emphysème, afin de proposer une supplémentation selon le profil de mutation. Toutefois, d’autres gènes peuvent être impliqués, par exemple ceux codant pour la matrix metalloproteinase-12 (MMP-12) ou la protein tyrosine phosphatase non-receptor type 6 (PTPN6) 6 , 7.

Par ailleurs, les patient·es BPCO présentent des signes biologiques de sénescence, avec notamment un raccourcissement des télomères comparable à celui observé chez les sujets âgés. Au sein des pneumocytes de type 2, cette sénescence cellulaire bloque la prolifération et inhibe les voies de la réparation alvéolaire. Un modèle murin de mutation du gène de la télomérase TERT a montré que ces souris possédaient une plus grande sensibilité à la fumée de cigarette que les souris sauvages. En clinique, cette mutation pourrait représenter environ 1 % des patient·es 8 , 9.

La sénescence pulmonaire comme cible thérapeutique

Dans une dernière présentation, le Pr Laurent Boyer a présenté des pistes prometteuses pour des thérapies du futur ciblant la sénescence cellulaire. Dans différents modèles expérimentaux d’agression pulmonaire (mimant une bronchodysplasie, un emphysème, une infection aiguë ou un syndrome de détresse respiratoire aiguë), les souris présentent une augmentation du taux de cellules sénescentes et un certain degré de destruction alvéolaire. En revanche, l’inhibition des voies de la sénescence par mutation du régulateur de cycle cellulaire p16 permet de protéger les souris, et un traitement curatif éliminant les cellules sénescentes (sénolytique) est capable d’induire ou d’accélérer une réparation alvéolaire. Dans certains de ces modèles, la reconstitution de la fonction de cellules souches des pneumocytes de type 2, après élimination des cellules sénescentes, semble passer par l’action des lipofibroblastes, des cellules régénératives fournissant des lipides nécessaires à la différentiation des pneumocytes de type 2.

À l’avenir, d’autres traitements sénolytiques pourraient être développés, comme des vaccins ou des CAR T Cells ciblant spécifiquement les cellules sénescentes. Une autre voie de recherche est celle des traitements « senoreverter » qui auraient la capacité de rajeunir les cellules en inversant les processus cellulaires de sénescence, restaurant ainsi la capacité de prolifération.

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Exacerbation de BPCO et événements cardiovasculaires 

Les exacerbations de BPCO sont des évènements marquants dans l’évolution de la pathologie associées à une dégradation de la qualité de vie, une altération de la fonction respiratoire, un surrisque de nouvelles exacerbations et une surmortalité. Le but de l’étude EXACOS-CV était de préciser le rôle de l’exacerbation de BPCO dans la survenue d’événements cardiovasculaires (ECV), l’objectif principal étant de décrire les caractéristiques des patients hospitalisés pour un ECV sévère et l’objectif secondaire de décrire les caractéristiques et la temporalité de l’exacerbation.

Sélection des groupes de patients

Pour cela les patients atteints de BPCO ont été identifiés à partir des données du PMSI entre 2013 et 2019. Parmi ces patients, ceux ayant présenté un ECV sévère ont été sélectionnés : syndrome coronarien aigu, insuffisance cardiaque décompensée, trouble du rythme, ischémie cérébrale, artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI). Et enfin, au sein de ce groupe de patient BPCO, un sous-groupe de patients ayant séjourné en hospitalisation au moins 2 nuits pour une exacerbation de BPCO a été identifié.

Caractéristiques des patients ayant présenté un ECV grave après exacerbation

Au final, parmi les 1 253 391 patients atteints de BPCO, 122 172 (9,7%) ont présenté un ECV grave et parmi ceux-là, 9 840 (8,1%) ont été hospitalisés dans les 6 mois qui ont précédé l’ECV.

Les patients BPCO ayant présenté un ECV sévère en post-exacerbation étaient statistiquement plus âgés (76,8 +/- 10,7 vs 75,8 +/-11,4 ans, p < 0.05), avec une proportion plus importante de patients dans le quintile d’index de désavantage social le plus faible (32,5 % vs 29,8 %, p <0,05). Enfin 77,1 % des patients ayant présenté un ECV grave après exacerbation ont présenté plus de 2 exacerbations dans les cinq années précédentes, contre 58,5% dans le groupe ECV sans exacerbation.

Type et temporalité des événements cardiovasculaires graves

Concernant le type d’événements cardiovasculaires, il s’agissait plus fréquemment d’insuffisance cardiaque décompensée (59,8 % vs 46,0 %, p <0,05) avec un taux de décès dans les suites plus importante (9,7 % vs 6,0 %, p <0,05).

L’analyse de la temporalité des événements indique que l’hospitalisation pour exacerbation de BPCO avait tendance à survenir dans le mois précédant l’ECV sévère et plus particulièrement au cours de la semaine précédente. Les ECV les plus précoces étant les syndromes coronariens aigus et les arrêts cardiaques (24 à 28 jours après exacerbation). À l’opposé, l’AOMI et les ischémies cérébrales avaient un délai d’apparition plus long (62 à 71 jours).

En conclusion

Les ECV survenant la suite d’exacerbation de BPCO ayant nécessité une hospitalisation sont des événements graves conduisant au décès du patient à l’hôpital dans 10 % des cas. Ces événements semblent survenir dans le premier mois après l’exacerbation de BPCO, en particulier pour les syndromes coronariens aigus. Ces résultats suggèrent la nécessité d’une surveillance médicale cardiovasculaire rapprochée immédiate au décours d’une hospitalisation pour exacerbation de BPCO. À l’avenir, faudra-t-il réaliser un dépistage chez ces patients : diabète, dyslipidémie, voire introduire un traitement préventif type anti-aggrégation plaquettaire ?

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La fibrose pulmonaire idiopathique chez les femmes : fréquence des expositions et impact sur la présentation

Par rapport aux hommes, les femmes ayant une FPI présentent moins fréquemment d’intoxication tabagique, ont moins d’expositions professionnelles et une présentation différente de la maladie au diagnostic (avec un âge plus avancé que les hommes et moins sévère).

Relevé des expositions directes et indirectes des patientes vus à l’hôpital Avicenne pour une FPI

Toutes les patientes consécutives ayant une FPI et vues dans le service de physiologie de l’hôpital Avicenne entre janvier et juillet 2023 ont été interrogées prospectivement à l’aide d’un questionnaire sur leurs expositions directes et indirectes (passées et actuelles). Parmi les expositions directes étaient relevés le tabagisme personnel, les expositions professionnelles ou environnementales (silice, amiante, poussière de bois ou de métaux, contact aviaire, métaux) et parmi les expositions indirectes, le tabagisme passif et les expositions professionnelles du conjoint ou des parents.

Caractéristiques des femmes atteintes de FPI

Une analyse descriptive des caractéristiques de la population et des réponses aux questionnaires a été réalisée (moyenne écart-type, effectifs et pourcentages). Parmi les 251 patients FPI de la file active, 37(15%) étaient des femmes avec un âge médian au diagnostic de 69±8,8 ans. Neuf patientes (24%) présentaient une forme familiale. La capacité vitale forcée (CVF) moyenne initiale était de 97,5±23%th. L’aspect au scanner était celui d’une pneumopathie interstitielle commune (PIC) certaine pour 10 (27%), probable pour 16 (43%) et indéterminée pour 9 (24%) patientes. Douze (32%) patientes ont rapporté un tabagisme personnel sevré. Toutes les patientes ayant un aspect de PIC certaine avaient un tabagisme personnel. Quatorze patientes ont été interrogées (7 sont décédées, 10 ont été perdues de vue, 6 non encore interrogées) qui avaient un profil similaire au groupe total. Onze (78%) patientes présentaient au moins une exposition directe (tabac (n=5, 36%), moisissures (n=3, 21%), aviaire (n=8, 57%). Aucune profession potentiellement exposante n’a été retrouvée. Concernant les expositions indirectes 11 patientes (78%) avaient leur conjoint ou leur père qui travaillait dans le secteur industriel (mécanicien, métallurgie ou BTP), et toutes avaient été exposées plus de 15 ans au tabagisme passif.

En conclusion

Contrairement aux données de la littérature, les expositions sont fréquentes chez les femmes ayant une FPI. Toutes les patientes ayant un profil de PIC certaine avaient fumé. Aucune exposition professionnelle n’a été retrouvée, mais la majorité des patientes avaient leur conjoint ou leur père qui travaillait dans le secteur industriel.

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