Prise en charge ambulatoire del’embolie pulmonaire : organisation,suivi et perspectives

Audrey Jacques, Clémence Beydon

Infirmières de coordination, en Hôpital de jour de pneumologie à l’Hôpital Européen Georges Pompidou, Assistance Publique
Hôpitaux de Paris, 75015 Paris


La prise en charge ambulatoire de l’embolie pulmonaire, réalisée pour des patients présentant des critères précis de moindre gravité et selon un suivi attentif, constitue une alternative sûre à l’hospitalisation. L’infirmière de coordination y joue un rôle clé en assurant l’éducation, la coordination et la continuité des soins, en lien étroit avec le pneumologue et l’équipe pluridisciplinaire, pour garantir sécurité et efficacité.

La prise en charge ambulatoire de l’embolie pulmonaire (EP) concerne uniquement les patients à faible risque, identifiés par un score sPESI
(simplified Pulmonary Embolism Severity Index)* égal à 0 ou l’absence de critère Hestia (11 critères justifiant une hospitalisation pour administrer un soin ou
une surveillance).1
Le traitement anticoagulant doit être instauré dès le diagnostic, en privilégiant les anticoagulants oraux directs (rivaroxaban, apixaban) sans phase de traitement par héparine. En cas de contre-indication, l’HBPM (héparine de bas poids moléculaire) reste le traitement de référence, avec relais possible par AVK (antivitamine K). Certains centres de prise en charge de l’embolie pulmonaire, comme l’Hôpital européen Georges-Pompidou, assurent le lien initial avec le patient dès la prise en charge aux urgences.

Organisation du parcours ambulatoire
Le parcours commence par une consultation médicale confirmant le diagnostic d’embolie pulmonaire et validant le traitement initié aux urgences. Il se poursuit par une consultation d’environ une heure avec l’infirmière de coordination, qui joue un rôle clé dans l’accompagnement du patient. Cette rencontre permet de :

  • reprendre l’histoire de la maladie et vérifier la bonne compréhension des informations médicales ;
  • expliquer de manière claire et accessible l’embolie pulmonaire, ses conséquences et les objectifs du traitement anticoagulant ;
  • aborder les causes possibles de l’EP, notamment les facteurs de risque transitoires (chirurgie, immobilisation) ou persistants (thrombophilie, cancer) ;
  • informer le patient sur les dépistages néoplasiques recommandés en fonction du contexte clinique. Sans facteur favorisant, nous demandons un FIT test (test immunologique fécal de dépistage du cancer colorectal), un examen gynécologique pour les femmes (frottis, mammographie) et un bilan biologique PSA (prostate-specific antigen) pour les hommes (avec échographie testiculaire pour les hommes jeunes).

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