PID

Actualités dans les traitements des pneumopathies interstitielles diffuses

Le Dr Kahai a présenté une étude ayant évalué la faisabilité d’un essai contrôlé randomisé portant sur une intervention diététique dans le cadre des PID et qui montre un bénéfice sur le poids.

La prise en charge globale des patients atteints de pneumopathies interstitielles diffuses (PID), incluant des soins médicamenteux et non médicamenteux, est aujourd’hui fortement recommandée par les directives internationales et soutenue par les associations de patients. La dénutrition, reconnue comme un facteur de mauvais pronostic chez les patients PID, demeure un défi médical, et le bénéfice attendu d’une prise en charge diététique personnalisée est inconnu.

Une étude de faisabilité chez les patients avec PID et signes de dénutrition 

Le Dr Kahai a présenté une étude pionnière évaluant la faisabilité d’un essai contrôlé randomisé portant sur une intervention diététique dans le cadre des PID. Cette étude a inclus des patients atteints de PID, présentant un indice de masse corporelle (IMC) inférieur à 20 kg/m² ou une perte de poids non intentionnelle de plus de 5 % de leur poids habituel (soit plus de 2 kg) au cours des 12 mois précédents. Les participants ont été répartis aléatoirement en deux groupes : l’un bénéficiant d’une intervention diététique spécialisée de 12 semaines avec des conseils nutritionnels individualisés, et l’autre recevant uniquement une brochure contenant des recommandations diététiques minimales. Le poids des patients a été mesuré à 0, 2, 4, 8 et 12 semaines.

Bénéfice d’une intervention diététique personnalisée chez des patients atteints de PID 

Au total, 40 patients ont été recrutés et l’intégralité d’entre eux ont achevé l’essai. La perte de poids moyenne constatée durant l’année précédant l’essai était de 8,2 kg (IC95 % : 6,4-10 kg). Parmi eux, 65% (13 dans chaque groupe) étaient sous traitement antifibrosant (5 sous pirfénidone et 21 sous nintédanib). L’analyse par régression linéaire mixte des mesures répétées du poids a montré une perte moyenne de -0,33 kg/mois (IC 95 % [-0,53 à -0,13 kg], p=0,001) dans le groupe témoin, tandis que le groupe bénéficiant de l’intervention diététique a présenté un gain pondéral moyen de +0,14 kg/mois (IC95% [-0,11 à 0,39 kg], NS). La différence mensuelle entre les deux groupes était de +0,47 kg/mois (IC95% [0,15 à 0,79 kg], p=0,004). Cette différence est restée significative après ajustement sur l’âge, le sexe, le tabagisme, l’indice de comorbidité de Charlson, l’IMC de départ, l’utilisation de médicaments antifibrosants et l’indice physiologique composite (+0,47 kg/mois ; IC95%  [0,12 à 0,83 kg], p=0,009). Cet essai constitue la première étude démontrant la faisabilité et le bénéfice d’une intervention diététique personnalisée chez des patients atteints de PID, avec une excellente adhésion et une inversion significative de la perte de poids.

Lucile Sesé, service de physiologie et Service de pneumologie, Centre de référence des maladies pulmonaires rares, Hôpital Avicenne, Bobigny, France


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Vieillissement épigénétique et pollution : un risque accru de mortalité pour les fibroses pulmonaires

Les pneumopathies interstitielles diffuses (PID) fibrosantes se caractérisent par un processus de vieillissement accéléré du parenchyme pulmonaire. Le rôle péjoratif de la pollution dans l’évolution des PID fibrosantes a largement été décrit. Cet effet pourrait passer par des modifications épigénétiques.

L’épigénétique étudie les modifications chimiques qui régulent l’expression des gènes sans changement de séquence de l’ADN. La variation de méthylation sur l’ensemble de l’ADN permet de définir un « âge épigénétique » corrélé avec l’âge chronologique.

G.C Goobie, nous a présenté son travail de recherche d’association entre l’âge épigénétique et la mortalité des PID fibrosantes, et a déterminé comment les particules fines <=2.5µm (PM2.5) influencent l’âge épigénétique.

Cette étude a recruté 476 patients (issus de 2 cohortes) atteints de PID fibrosantes avec mesure de l’âge épigénétique sur les éléments mononuclées sanguins. Les expositions aux PM2.5 et autres constituants dans les 5 ans précédant le prélèvement sanguin ont été associées au lieu de résidence. La différence d’âge épigénétique (DAE) représentait l’âge épigénétique soustrait de l’âge chronologique.

L’étude a retrouvé que le vieillissement épigénétique était accéléré chez les patients avec une PID fibrosante. Dans les modèles ajustés (âge, sexe, race, tabagisme, facteur sociaux, FPI vs non-FPI) une augmentation de la DAE était associée à une diminution de la survie sans transplantation (HR=1,13, IC95% 1,06-1,21, p<0,001). Dans les modèles ajustés, des expositions accrues aux PM2.5, nitrate, ammonium, carbone noir étaient associées à une augmentation de la DAE (IC95% 0,04-0,44, p=0,02).

Au total, un vieillissement épigénétique accéléré est associé à un risque de mortalité chez les patients atteints de PID fibrosantes. Ce vieillissement est le médiateur d’une partie des effets néfastes des polluants. Le concept de vieillissement épigénétique mérite d’être exploré en raison des nombreux facteurs, notamment socio-environnementaux, susceptibles de le moduler.

D’après la communication de G.C. Goobie, Epigenetic aging and environmental exposures in fibrotic interstitial lung disease. Am J Respir Crit Care Med 2024;209:A3043 (session B19)

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FPI : amélioration spectaculaire de la CVF grâce au bon vieux système Rénine-Angiotensine !

Le buloxibutid (C21) est un agoniste oral et sélectif des récepteurs de type 2 de l’angiotensine II (AT2R), qui contrairement aux récepteurs de type I ont rôle protecteur dans de nombreux organes. AT2R est exprimé dans les cellules épithéliales alvéolaire de type II (CEAII). D’une part, son activation déclenche une réponse anti-fibrosante par diminution de l’apoptose des CEAII, une production de surfactant, une inhibition de TGF-ß et de la transition epithélio-mésenchymateuse et une augmentation des collagénases de type MMPs.  L’activation de AT2R dans le poumon diminue d’autre part le remodelage vasculaire, augmente la vasodilatation et a une activité antiinflammatoire.

TM Maher nous a présenté les résultats très encourageants de l’essai AIR (NCT04533022) testant le buloxibutid (Vicore Pharma) au cours de la FPI. 

AIR est un essai multicentrique, ouvert, à bras unique, de phase 2a, d’une durée de 36 semaines, testant la sécurité et l’efficacité du buloxibutid chez des patients présentant une FPI et ne recevant pas d’antifibrosant à l’inclusion. Le buloxibutid oral était administré à la dose de 100mg deux fois par jour pendant 24 semaines, avec une extension optionnelle à 36 semaines. Le critère principal d’efficacité était la variation de la CVF à 24 semaines par rapport à l’inclusion. Une première analyse est réalisée sur les cas observés et une seconde après imputation des données manquantes, en supposant un déclin non traité de 60 mL/12 semaines. Les niveaux plasmatiques de TGF-β1 et de la collagénase MMP-13 ont été mesurés comme biomarqueurs de la fibrose et de l’activité fibrolytique, respectivement.

La population finale de l’essai comprenait 52 participants, 24 n’ont pas complété l’étude à 36 semaines (2 décès, 5 effets indésirables, 3 déclins de la CVF, 14 décisions de patient).

Le buloxibutid a été bien toléré sans réaction indésirable grave. Dix individus ont signalé une perte de cheveux réversible, légère à modérée, ayant conduit à l’arrêt du traitement pour un patient.

Dans l’analyse des cas observés (sans imputation), il était noté une variation de +47 mL (IC 90% -108, +203 mL) à 24 semaines (n=27) et +235 mL (IC 90% +8, +389 mL) à 36 semaines (n=28). Néanmoins, l’analyse des données, en utilisant l’imputation, montrait une variation de seulement +13 mL (IC 90% -69, +96 mL),  à 36 semaines.

À la semaine 24, les niveaux plasmatiques de TGF-β1 étaient réduits de 57% et les niveaux de MMP-13 augmentaient de 67% (p=0,01).

Au total, le buloxibutid stabilise la CVF à 24 semaines et améliore la fonction pulmonaire à 36 semaines avec une réduction des niveaux plasmatiques de TGF-β1 et une augmentation de MMP-13. Le profil de sécurité et de tolérance est favorable. Les auteurs soulignent que l’augmentation de la CVF pourrait être liée à une amélioration de la « dynamique » ventilatoire et de la compliance.  La sécurité et l’efficacité du buloxibutid en tant que traitement de la FPI seront évaluées dans l’essai multicentrique de phase 2b, randomisé, en double aveugle, contrôlé par placebo, ASPIRE, sur 52 semaines.

D’après la communication de T.M. Maher. Buloxibutid, a novel angiotensin II type 2 receptor agonist, stabilized and improved lung function in individuals with idiopathic pulmonary fibrosis in the 36-week phase 2 AIR trial. Am J Respir Crit Care Med 2024;209: A1055 (session A18).

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La fibrose pulmonaire idiopathique chez les femmes : fréquence des expositions et impact sur la présentation

Par rapport aux hommes, les femmes ayant une FPI présentent moins fréquemment d’intoxication tabagique, ont moins d’expositions professionnelles et une présentation différente de la maladie au diagnostic (avec un âge plus avancé que les hommes et moins sévère).

Relevé des expositions directes et indirectes des patientes vus à l’hôpital Avicenne pour une FPI

Toutes les patientes consécutives ayant une FPI et vues dans le service de physiologie de l’hôpital Avicenne entre janvier et juillet 2023 ont été interrogées prospectivement à l’aide d’un questionnaire sur leurs expositions directes et indirectes (passées et actuelles). Parmi les expositions directes étaient relevés le tabagisme personnel, les expositions professionnelles ou environnementales (silice, amiante, poussière de bois ou de métaux, contact aviaire, métaux) et parmi les expositions indirectes, le tabagisme passif et les expositions professionnelles du conjoint ou des parents.

Caractéristiques des femmes atteintes de FPI

Une analyse descriptive des caractéristiques de la population et des réponses aux questionnaires a été réalisée (moyenne écart-type, effectifs et pourcentages). Parmi les 251 patients FPI de la file active, 37(15%) étaient des femmes avec un âge médian au diagnostic de 69±8,8 ans. Neuf patientes (24%) présentaient une forme familiale. La capacité vitale forcée (CVF) moyenne initiale était de 97,5±23%th. L’aspect au scanner était celui d’une pneumopathie interstitielle commune (PIC) certaine pour 10 (27%), probable pour 16 (43%) et indéterminée pour 9 (24%) patientes. Douze (32%) patientes ont rapporté un tabagisme personnel sevré. Toutes les patientes ayant un aspect de PIC certaine avaient un tabagisme personnel. Quatorze patientes ont été interrogées (7 sont décédées, 10 ont été perdues de vue, 6 non encore interrogées) qui avaient un profil similaire au groupe total. Onze (78%) patientes présentaient au moins une exposition directe (tabac (n=5, 36%), moisissures (n=3, 21%), aviaire (n=8, 57%). Aucune profession potentiellement exposante n’a été retrouvée. Concernant les expositions indirectes 11 patientes (78%) avaient leur conjoint ou leur père qui travaillait dans le secteur industriel (mécanicien, métallurgie ou BTP), et toutes avaient été exposées plus de 15 ans au tabagisme passif.

En conclusion

Contrairement aux données de la littérature, les expositions sont fréquentes chez les femmes ayant une FPI. Toutes les patientes ayant un profil de PIC certaine avaient fumé. Aucune exposition professionnelle n’a été retrouvée, mais la majorité des patientes avaient leur conjoint ou leur père qui travaillait dans le secteur industriel.

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Cryobiopsie ou biopsie pulmonaire chirurgicale, comment choisir ?

Le diagnostic de PID doit être posé en discussion multi disciplinaire (DMD). Mais dans 10% à 30% des cas, la DMD n’est pas capable de donner un diagnostic de haute probabilité pour une PID, et l’indication d’une histologie est discutée. Les critères histologiques qui sont utilisés en DMD sont basés sur des prélèvements par biopsie pulmonaire chirurgicale (BPC) (gold standard selon les recommandations ATS/ERS/JRS/ALAT 2001-2018). Depuis quelques années, une nouvelle technique est apparue : la cryobiopsie. D’après la littérature, la rentabilité diagnostique de la BPC serait de 90-95%, avec une mortalité de 1,7%. Par comparaison la rentabilité diagnostique est de 80% pour la cryobiopsie, avec une mortalité de 0,2%.

La cryobiopsie comme alternative à la biopsie chirurgicale

Des études récentes ont comparé la réalisation des deux procédures (cryobiopsie, puis BPC) chez les patients. Les concordances du diagnostic en DMD se situaient aux alentours de 61% à76% selon les études et le type de PID, avec une moindre concordance pour le diagnostic de pneumopathie d’hypersensibilité (PHS) fibrosante.  Les recommandations européennes suggèrent la cryobiopsie en alternative à BPC, que le patient soit éligible ou non à la BPC, à condition que ce geste soit réalisé dans un centre expérimenté.

Comment choisir entre les deux ?

En cas de PID sans diagnostic malgré une cryobiopsie, il est suggéré la réalisation d’une BPC.

Néanmoins le Dr Freynet souligne qu’il est nécessaire de standardiser la technique de cryobiopsie et de la lecture anatomopathologique de des prélèvements obtenus, plus petits qu’avec la BPC. De plus, le choix de la technique de prélèvement posée en DMD doit tenir compte de l’expertise locale, de la balance bénéfice risque, et possiblement de la préférence du patient. Il reste à mieux définir les populations cibles à chacune des procédures, en particulier dans la PHS fibrosante, les pneumonies interstitielles non spécifiques (PINS) et les PID familiales.

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SAHOS du sujet âgé : des objectifs bien particuliers lors de la prise en charge

Les dernières données montrent une prévalence variable du syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) du sujet âgé dans la littérature, notamment du fait des différents seuils d’IAH utilisés 1. Il existe des facteurs favorisants de SAHOS liés à l’âge : modifications anatomiques (calibre des VAS réduit) par l’édentation, la perte d’élasticité des tissus, répartition graisseuse et l’augmentation de la résistance des VAS. On constate aussi des modifications physiologiques avec un remodelage du parenchyme et une altération du réflexe dilatateur du pharynx. La maladie d’Alzheimer multiplie par 5 le risque de SAHOS 2. Enfin, les sédatifs et hypnotiques contribuent à la collapsibilité des VAS.

Le SAHOS sous-diagnostiqué en population gériatrique

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce constat, notamment la banalisation de la somnolence diurne, mais aussi les particularités de symptômes. On trouvera au premier plan les troubles de l’humeur et les troubles cognitifs (troubles mnésiques, attentionnels, exécutifs), mais également des chutes fréquentes, de la confusion nocturne, une sécheresse buccale ou un glaucome. Le contexte socio-économique souvent plus défavorable retarde le diagnostic et rend la prise en charge plus difficile.

Il existe un lien entre AVC et SAHOS sévère. Le SAHOS est un facteur de risque indépendant d’AVC et il, multiplie le risque de mortalité associée par 2,5. En revanche, il n’y a pas de surmortalité liée au SAHOS chez les plus de 70 ans 3. La qualité de vie est souvent altérée chez les sujets sous pression positive continue (PPC), l’âge étant un facteur de risque indépendant.

L’âge doit-il modifier le comportement médical ?

Pour le diagnostic, la réponse est clairement non. Il faut considérer la sévérité sur l’IAH mais aussi sur les symptômes, et chercher une étiologie (anatomique ou non anatomique). L’âge ne doit pas être un motif de renoncement au bilan et au traitement, mais la population est très hétérogène, depuis le très bon état de santé jusqu’au très dépendant, en passant par le patient en bon état de santé susceptible de se dégrader. La prise en charge doit donc s’intégrer dans une évaluation gériatrique globale prenant en compte les comorbidités (précautions ou contre-indication au traitement) et l’état physiologique. Il est également essentiel d’éduquer le patient et d’impliquer les aidants. Les objectifs de la prise en charge sont de diminuer la mortalité et la morbidité, d’améliorer les symptômes, dont la vigilance et la fonction cognitive, d’améliorer la qualité de vie, et de réduire au maximum l’IAH, tout en garantissant l’observance (équilibre tolérance/efficacité, en limitant les pressions si nécessaire). Les niveaux de pression nécessaires sont souvent bas, du fait de l’hyperinflation pulmonaire : dans l’étude de Kostikas, la pression efficace était de 6,9 ± 1,9 cm d’eau vs 9,4 ± 3,5 pour les patients plus jeunes, p< 0,0001) 4.

Le traitement par PPC permet de réduire la mortalité globale, surtout par réduction de la mortalité cardiovasculaire (insuffisance cardiaque et AVC, mais pas coronaropathie). Il existe également une efficacité sur la nycturie, la somnolence, les chutes à répétition, la qualité du sommeil, l’humeur et les fonctions exécutives 5 , 6. La qualité de vie est améliorée si le patient est observant et le SAHOS modéré à sévère chez le patient de plus de 65 ans 7. Les facteurs de non observance sont la vie seule, la douleur chronique, des problèmes dentaires et des troubles cognitifs. Une chute importante de l’observance est également observée au-delà de 80 ans 8.

En conclusion

Le SAHOS du sujet âgé est un problème d’actualité, pour lequel des solutions existent et doivent être personnalisées pour chaque patient. L’abstention thérapeutique ne doit pas être la règle.

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Approche globale des exacerbations aiguës de PID chronique

L’exacerbation aiguë de pneumopathie interstitielle diffuse (PID) correspond au déclin rapide de la fonction respiratoire et de l’oxygénation, associé à l’apparition de nouvelles opacités radiologiques (opacités en verre dépoli, condensations) chez un sujet présentant une PID pré-existante.

Quelques données épidémiologiques

L’exacerbation aiguë est classiquement rapportée au cours de la fibrose pulmonaire idiopathique (FPI), mais le Dr Traclet a rappelé que toutes les PID présentent un risque d’exacerbation aiguë. Au cours de la FPI, 5% à 15% des patients inclus dans les essais cliniques sont concernés. Pour les pneumopathies d’hypersensibilités fibrosantes l’incidence serait autour de 11% sur 2 ans, et de 1% à 7% sur 1 an pour la PID de polyarthrite rhumatoïde.

Un pronostic sombre qui appelle à la prévention

Il s’agit d’une complication grave, avec une médiane de survie après exacerbation de 3 à 4 mois, et une mortalité intra-hospitalière de 50%. Le pronostic est identique à celui de la FPI pour les PID inclassables et autres PID fibrosantes. Les mesures de prévention comportent les vaccinations antigrippale, anti-SARS-CoV-2, anti-pneumococcique, en évitant le contact avec l’entourage malade, en privilégiant le port du masque dans les lieux clos, publics… Il faut aussi éviter les efforts en période de pic de pollution, débuter un traitement anti-fibrosant et évaluer en amont les candidats à la transplantation pulmonaire.

L’efficacité des corticoïdes encore incertaines

L’étude EXAFIP a montré qu’il n’y a pas de bénéfice à l’utilisation du cyclophosphamide IV dans cette indication. La corticothérapie reste le traitement de référence, mais le bénéfice n’est pas certain. L’étude EXAFIP2 est un essai thérapeutique français en cours qui évalue l’efficacité des glucocorticoïdes comparativement au placebo sur la mortalité à 30 jours des exacerbations aiguës de FPI. Enfin, en cas d’exacerbation aiguë de PID, il est conseillé d’orienter vers un centre EXAFIP2.

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Mortalité de la sarcoïdose 

La sarcoïdose entraine le décès dans 1% à 8% des cas. Différents registres européens ont mis en évidence une surmortalité chez les patients atteints de sarcoïdose par rapport à la population générale. Cette surmortalité ne concerne qu’un sous-groupe bien particulier de patients. Elle est causée soit par la maladie elle-même, soit par les comorbidités associées (néoplasiques, cardiovasculaires, infectieuses).

Quels patients sont à risque de décès ?

L’âge élevé, un bas niveau socio-économique mesuré par l’index de vulnérabilité sociale (SVI), l’exposition professionnelle aux poussières de métaux, mais également les métiers avec un contact humain répété (agents administratifs, enseignants, métiers de la santé, …) sont associés à un moins bon pronostic. En plus d’une incidence accrue, les afro-américains ont des formes plus sévères de la maladie et présentent un taux de mortalité 10 fois supérieur à celui des patients caucasiens. Enfin, le recours à un traitement de la sarcoïdose dans les mois suivants le diagnostic est un élément pronostique majeur.

Quelles sont les causes de décès ?

Les 5 causes de décès les plus fréquentes sont l’insuffisance respiratoire, l’hypertension pulmonaire, la fibrose pulmonaire, l’insuffisance cardiaque et la pneumonie. Dans une étude française, 20% de patients sont décédés de l’atteinte pulmonaire liée à la sarcoïdose 1

Focus sur 3 atteintes d’organes sévères :

  1. La fibrose pulmonaire complique 10% des sarcoïdoses pulmonaires. La survie à 10 ans est de 84%. L’index physiologique composite (CPI) > 40, ou l’extension de la fibrose > 20% du parenchyme pulmonaire, permettent d’identifier les formes sévères à haut risque de mortalité.
  2. L’hypertension pulmonaire est rare et de survenue tardive au cours de la sarcoïdose. Elle complique 20% des formes fibrosantes. Elle est classée dans le groupe 5. Elle survient majoritairement au cours de stade 4 mais non exclusivement. La survie à 5 ans est de 55%.
  3. L’atteinte cardiaque est cliniquement parlante dans 5% à 10% des cas. Le bloc atrio-ventriculaire est la présentation la plus fréquente. En cas de décès par atteinte cardiaque, 80% des patients décèdent de mort subite. La survie globale à 5 ans est de 85%. L’étendue de la prise de contraste tardive des lésions à l’IRM cardiaque avec injection de gadolinium, un SUVmax élevé au TEP-TDM, l’entrée dans la maladie par une atteinte cardiaque exclusive, la dysfonction ventriculaire gauche, la survenue d’une tachycardie ventriculaire soutenue ou un bloc atrio-ventriculaire de haut degré, sont des facteurs de mauvais pronostic.

Conclusion

Il existe une surmortalité pour certains patients atteints de sarcoïdose, en particulier ceux nécessitant un traitement et les sujets afro-américains. Les principales causes de décès liées à la sarcoïdose sont la fibrose pulmonaire, l’hypertension pulmonaire, l’atteinte cardiaque. L’impact des traitements sur la mortalité reste méconnu.

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L’impact de l’exposome

Rôle de l’exposome professionnel sur l’incidence des PID

Les expositions professionnelles sont associées à la survenue de nombreuses PID, mais le rôle d’un « cocktail d’expositions » cumulé au cours de la vie professionnelle, n’a jamais été étudié sur le risque de développer une PID. Cette étude d’exposome, réalisée sur une large cohorte professionnelle danoise (DOC*X) de 5 millions d’individus, a comparé les expositions professionnelles de près de 30 000 patients avec une PID incidente au reste de la population. L’exposome durant la vie professionnelle des individus atteints de PID diffère significativement de celui des individus sans PID. Les patterns d’exposition varient selon les sous-types de PID. Les expositions à la silice cristalline et aux vapeurs de gaz, fumées, poussières semblent être des expositions à risque quel que soit le sous type de PID. En revanche, l’amiante, les poussières de bois, de métaux et la fumée du tabac semblent favoriser la survenue d’une FPI. L’exposition aux endotoxines, au bétail, aux pesticides, aux UV étaient communes à la sarcoïdose et aux PHS, alors que le tabac était protecteur.

Trastuzumab deruxtecan (T-DXd), une attention particulière à avoir pour ce nouveau médicament pourvoyeur de PID

Le T-DXd fait partie des anticorps conjugués qui permettent une haute spécificité tumorale en limitant la toxicité systémique. Cette étude observationnelle rétrospective multicentrique décrit les cas de PID associés à l’utilisation du T-DXd dans le traitement de cancers non opérables HER-2 amplifiés ou mutés. L’incidence des PID liées au T-DXd était de 11% (67 / 600 patients traités). Les facteurs prédictifs de PID étaient l’âge avancé, la pré existence d’anomalies interstitielles, le tabac. La durée médiane de survenue de la PID après initiation du traitement était de 2,7 mois et 91% des cas survenaient la première année. 80% des patients présentaient une PID de grade I ou II, 9% sont décédés. La moitié des patients présentaient un pattern scanographique de pneumopathie organisée. Le traitement a été stoppé pour 85% des patients et une corticothérapie débutée pour 55% avec 60% de guérison dans ce cas. Lorsque le traitement était réintroduit 1/3 des patients présentaient une récidive.

Intérêt pronostique de la longueur des télomères dans la PID de polyarthrite rhumatoïde

Les télomères courts sont associés à la survenue de PID de polyarthrite rhumatoïde(PR-PID) et à la sévérité initiale.

Cette cohorte rétrospective multicentrique a inclus 101 patients PR-PID dont 44% avaient des télomères courts < 10ème percentile. Les patients avec des télomères courts avaient une moins bonne fonction respiratoire initiale, le déclin de la CVF à 1 an était significativement plus important et la survie sans progression était plus courte.


Session de communications orales CO08 – Pneumopathies interstitielles diffuses – Maladies rares
D’après la session CO08 « Pneumopathies interstitielles diffuses – Maladies rares » du dimanche 26 janvier 2025 et les communications orales :
44 « Étude de l’exposome professionnel sur l’incidence des pneumopathies interstitielles diffuses au Danemark (dans le cadre du projet européen EPHOR) » présentée par L. Sesé et coll.
45 « Pneumopathies interstitielles diffuses liées au Trastuzumab Deruxtecan : résultats d’une large cohorte française en vie réelle chez des patients atteints du cancer du sein HER-2 dépendant et autres tumeurs » présentée par L. Elu et coll.
46 « Le raccourcissement des télomères favorise la progression de la pneumopathie interstitielle diffuse associée à la polyarthrite rhumatoïde. » présentée par K. EL Husseini et coll.

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