
Le changement climatique a un impact réel sur la santé des personnes exposées, désormais reconnu. Cela s’ajoute à d’autres catastrophes naturelles moins liées, comme les tremblements de terre. Ces sujets ont été abordés lors de deux sessions, dont les conclusions vous aideront peut-être à choisir votre futur lieu de vie.
Dans la session dédiée aux nouveautés publiées dans l’année, Maeve Georgia Macmurdo (Cleveland, Etats-Unis) a présenté les résultats d’une étude évaluant l’impact des vagues de chaleur chez les plus de 64 ans dans les 120 plus grandes villes américaines entre 2000 et 2017 1. Le territoire américain a été divisé en plusieurs zones climatiques (froide, humide, sèche, …) et les hospitalisations pour motif respiratoire survenant durant la période allant de juin à septembre ont été recensées. Une analyse intégrant les données des patients et les températures a permis d’étudier les conséquences des températures les plus élevées (à partir du 95e percentile). Au total, la chaleur a entraîné 11 710 hospitalisations pour des motifs respiratoires excédentaires sur la période d’étude. Les températures élevées étaient responsables d’une augmentation de 1,22 % des hospitalisations respiratoires chez les plus de 64 ans (IC 95% : 0,42-2,03), principalement en lien avec des infections respiratoires (+1,84 % ; IC 95% : 0,70-3,01) et des maladies respiratoires chroniques (+1,17 % ; IC 95% : 0,09-2,44). Ces évènements avaient surtout lieu le jour même du pic de chaleur, avant un déclin le lendemain et un rebond sur les deux jours suivants. L’oratrice a conclu sa présentation sur la pertinence d’interroger les patients sur leurs possibilités de lutter contre la chaleur dans une optique de prévention de ces hospitalisations.
Dans une session concomitante, Hasan Bayram (Istanbul, Turquie) a présenté les résultats de ses travaux portant sur les conséquences des tremblements de terre sur la santé respiratoire et l’exposition aux microparticules. Après avoir rappelé l’exposition significativement majorée aux PM2,5 et aux PM10 dans les suites d’un tremblement de terre (en lien avec les destructions de bâtiments, aux opérations de secours et de déblaiement) 2, il soulignait l’altération de la fonction respiratoire (évaluée par le DEM médian) dans les suites immédiates des opérations de secours chez les personnels impliqués, le risque d’exacerbation de pathologies respiratoire préexistantes et le développement d’autres atteintes (infectieuses ou néoplasiques, notamment) 3. Il a terminé son intervention en présentant des nouveaux résultats (non publiés) sur l’impact négatif des microparticules sur le facteur de transcription NRF2 et à l’inverse l’augmentation de l’expression de la caspase-3 dans les cellules épithéliales des voies aériennes, les rendant plus sensibles aux agressions, ce qui peut expliquer les résultats précédemment détaillés. Le développement de cohortes longitudinales est une piste pour mieux comprendre ces mécanismes et leurs effets sur le long terme.
En bref, les catastrophes naturelles, qu’elles soient favorisées ou non par le changement climatique, ont des conséquences sur la santé respiratoire, et si elles ne peuvent être prévenues, il faut s’y préparer au mieux.
Yiannis Psonka, unité de Tabacologie, Institut Cœur Poumon, CHU de Lille, Boulevard du Pr Jules Leclercq, 59037 Lille
D’après les communications de M.G. Macmurdo : Occupational/environmental lung disease (session C1 : Clinical year in review) et de H. Bayram : Longitudinal effects of earthquakes on lung health (session Early Insults and Lung Trajectories).
- O’Lenick CR, Cleland SE, Neas LM et al. Impact of heat on respiratory hospitalizations among older adults in 120 large U.S. urban areas. Ann Am Thorac Soc. 2025;22(3):367‑77. ↩
- Mohammad Y, Bayram H, Kayalar O et al. Earthquake disaster and respiratory health: lessons from Turkey and Syria in 2023. Eur Respir J 2023;62(5):2300534. ↩
- Arbak PM, Gulec Balbay E, Yidiz Gulhan P et al. Assessment of respiratory health among volunteers involved in search and rescue operations during a severe earthquake. J Occup Environ Med 2025;67(11):e771‑6. ↩



