Cancer broncho pulmonaire et pneumopathie interstitielle diffuse : résultats d’une cohorte rétrospective française

L’association entre cancer broncho-pulmonaire (CBP) et pneumopathie interstitielle diffuse (PID) est rare et de mauvais pronostic. Elle pose des difficultés diagnostiques et thérapeutiques du fait de la fragilité respiratoire et du risque élevé de complications liées aux traitements. La bibliographie existante est issue principalement de cohortes asiatiques.

Il s’agit d’une étude rétrospective monocentrique lyonnaise, ayant inclus 45 patients adultes suivis pour PID et ayant développé un CBP entre 2018 et 2023. Les données cliniques, histologiques, thérapeutiques et évolutives ont été recueillies. L’âge médian au diagnostic du CBP était de 69,7 ans [IQR 62,7–77,0]. La population était majoritairement masculine avec 34 hommes (75,5%) et le tabagisme était fréquent (84,4 % de fumeurs ou ex-fumeurs). Concernant la PID, 33 patients (73 %) présentaient une PID non associée à une connectivite et 12 patients (27 %) une PID associée à une connectivite. Le type histologique le plus fréquent retrouvé était des adénocarcinomes (≈ 35,5%) puis des carcinomes épidermoïdes (≈ 26,5 %). La majorité des patients étaient diagnostiqués à un stade avancé (III–IV : ≈ 55 %) et 33% des patients au stade I. 

Les investigations diagnostiques (endoscopie bronchique, ponction trans thoracique…) présentaient un taux de complication de 13,3 % (majoritairement des pneumothorax). La prise en charge thérapeutique pouvait aussi se compliquer : 43 % des patients avec la chirurgie (2 exacerbations de fibrose, 3 bullages prolongés et 1 pneumopathie), 25% avec la radiothérapie (1 exacerbations de fibrose, 1 pneumopathie radique et 1 hémoptysie) et 23% avec la chimiothérapie (toutes des exacerbations de PID). La majorité de ces complications ont nécessité une hospitalisation, dont 4 en réanimation.

La survie globale médiane était de 103,5 mois à partir du diagnostic de la PID et de 39,4 mois à partir du diagnostic du CBP. La survie globale après le diagnostic du CBP était de 32 mois [IC 95 % : 10,9–180]. Un score ILD-GAP ≥ 4 était significativement associé à une diminution de la survie (p = 0,03). Les carcinomes à petites cellules, observés exclusivement chez les patients avec PID de connectivite, étaient associés à une survie particulièrement défavorable, leur médiane de survie globale était de 9.3 mois.

En conclusion, l’association CBP-PID concerne une population majoritairement masculine, tabagique, souvent diagnostiqués à un stade avancé. La proportion d’adénocarcinome est moins importante que dans la population sans PID. La prise en charge diagnostique et thérapeutique est associée à un taux important de complications respiratoires. Une évaluation du pronostique au préalable (score ILD-GAP) et une prise en charge multidisciplinaire individualisée est indispensable.


D’après le poster 118 « description de la prise en charge diagnostique et thérapeutique d’une cohorte de patients atteints de cancers bronchopulmonaires et d’une pneumopathie interstitielle aigue », présentée par C. Bérard (Lyon) lors de la session affiche discussion AD06 du 01 février 2026.

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