


Vanessa Bironneau, service de Pneumologie, CHU de Poitiers
La Ventilation non invasive (VNI) a toute sa place dans la prise en charge de nombreuses pathologies respiratoires depuis plus de 50 ans. Alors que la télémédecine est déjà utilisée depuis plusieurs années pour les patients traités par pression positive continue, quelle est la place de cette nouvelle technologie pour la VNI alors que sa valeur ajoutée reste à clarifier ?
La télémédecine pour la VNI est un enjeu notamment pour 2 éléments principaux : l’initiation de la VNI à domicile et le suivi régulier des patients au long cours. SI le retour patient est souvent très positif, le niveau de preuve de cette technologie pour la VNI est globalement limité. La question réglementaire reste présente avec notamment la protection des données patients.
La télésurveillance aujourd’hui
L’objectif final de la télésurveillance est d’améliorer l’observance thérapeutique, de réduire les hospitalisations inutiles, de personnaliser les soins (notamment en phase d’initiation) et de maintenir des résultats cliniques positifs. Il est donc conseillé d’utiliser la télésurveillance dès l’instauration de la VNI. Grâce à des alertes, il va être possible d’intervenir très précocement auprès du patient en cas de mauvaise observance, d’anomalies de la fréquence respiratoire ou de désaturations. Ces interventions permettent de corriger les réglages de la VNI à distance, évitant ainsi les hospitalisations.
Les données de la littérature et notamment celles de l’étude EVENT1 montrent que la télésurveillance des patients sous VNI améliore la compliance du patient, réduit les évènements résiduels (apnées) et améliore la gestion des fuites du masque ; avec des bénéfices durables sur 6 mois. Cependant, une approche multidisciplinaire est la clef de la réussite. En effet, une prise en charge efficace nécessite une équipe pluridisciplinaire (médecins, kinésithérapeutes, infirmières, psychiatres et travailleurs sociaux) afin d’assurer non seulement la gestion médicale, mais aussi la qualité de vie sociale du patient.
La télésurveillance demain
Il est nécessaire de pouvoir poursuivre les recherches sur cette thématique notamment concernant le traitement des données (algorithmes avancés/IA pour l’analyse de grandes quantités de données), l’évaluation de l’efficacité et du coût-efficacité, la recherche de marqueurs, de “bons indicateurs” de suivi en télésurveillance, prédictifs de stabilité / détérioration de la prise en charge (ex. prédiction d es exacerbations) et enfin l’harmonisation internationale devant des pratiques actuellement très disparates en fonction des pays.
Conclusion :
La ventilation mécanique à domicile connaît une croissance mondiale, due à l’augmentation des maladies respiratoires chroniques. Sa réussite dépend de l’adaptation individuelle, de l’approche multidisciplinaire et de l’intégration de technologies comme la télésurveillance et l’IA. L’évolution des équipements (connectivité, portabilité) et la poursuite de la recherche permettront de transformer cette prise en charge, dans un objectif de qualité et d’efficience pour les patients et les systèmes de santé.
D’après la session Personalised Non Invasive Ventilation : Unlocking the Value From Initiation to Optimisation : Practical Strategies for Setting Up and Managing Home Ventilation Maria José Araújo Cunha Guimarães (Palmeira – Stº Tirso, Portugal) An effective digitalised approach in ventilated patients Ulla Anttalainen (Paimio, Finland)



