
Au milieu de toutes les analyses post-hoc des principaux essais cliniques ayant utilisé des biothérapies injectables dans l’asthme sévère, quelques données portant sur des toutes nouvelles molécules inhalées ou orales ont été présentées. Parmi elles, un inhibiteur pan-JAK administré par voie inhalée a retenu notre attention.
Cette molécule en cours de développement, le KN-002 ou frevecitinib, est capable d’inhiber JAK1, JAK2, JAK3 et TYK2. Elle a été testée contre placebo dans une étude de phase 1b auprès de 23 patients adultes (17 sous frevecitinib inhalé 4 mg x 2/j et 6 sous placebo) atteints d’asthme modéré à sévère, non contrôlé malgré un traitement de fond inhalé stable depuis au moins 3 mois et ayant un VEMS supérieur à 50% de la valeur prédite avec une FeNO ≥ 30 ppb. Après 10 jours de traitement, les patients sous frevecitinib ont vu le contrôle de leur asthme s’améliorer, notamment s’ils avaient à l’inclusion un taux d’éosinophiles sanguins ≥ 300/mm3 (70% d’amélioration significative du score ACQ-6 sous frevecitinib vs. 0% sous placebo dans ce sous-groupe). Il en a été de même avec le VEMS, amélioré globalement de 120 ml en 10 jours sous frevecitinib et même de 190 ml dans le sous-groupe de patients avec éosinophiles sanguins ≥ 300/mm3.
Même si ces résultats restent très préliminaires puisqu’il s’agit d’une étude exploratoire réalisée chez un faible nombre de patients, ils sont encourageants et montrent qu’il est probablement utile de s’intéresser à la voie de signalisation JAK/STAT dans l’asthme puisqu’elle est impliquée à la fois dans l’asthme éosinophilique et dans l’asthme non-éosinophilique. Une étude de phase 2b devrait débuter très prochainement aux Etats-Unis pour déterminer la dose optimale de frevecitinib, pour la tester ensuite sur des effectifs plus importants et enfin savoir si cette molécule aura un avenir dans le traitement de l’asthme ou si elle rejoindra le groupe plus nombreux des illusions perdues. L’histoire ne fait que commencer, donc…
François-Xavier Blanc, Université de Nantes, CHU de Nantes, l’institut du thorax, Hôpital G. et R. Laennec, Service de Pneumologie ; INSERM UMR 1087, CNRS UMR 6291, Nantes
D’après Singh D. et al. Inhaled frevecitinib reduces sputum eosinophils and improves FEV1 and ACQ-6 in subjects with moderate to severe asthma treated with ICS/LABA. Am J Respir Crit Care Med 2025;211:A3062.



