VRS, COVID-19, grippe… le trio infernal

Le Pr de Prost a présenté l’étude BIRD-IC, dont l’objectif était d’étudier l’épidémiologie et l’impact des infections virales respiratoires (SARS-CoV-2, virus grippaux et VRS) chez les patients hospitalisés en France. Cette étude de cohorte rétrospective nationale est basée sur les données du Programme de Médicalisation des Systèmes d’Information (PMSI). Tous les patients hospitalisés sur le territoire français entre le 1er juillet 2022 et le 30 juin 2023 pour infection respiratoire à SARS-CoV-2, virus Influenza et VRS ont été inclus dans l’analyse. Les séjours hospitaliers pour infection respiratoire ont été identifiés à l’aide des codes CIM-10.

Des taux élevés de comorbidités chez les patients hospitalisés

Durant cette période, 170 512 patients ont été hospitalisés, totalisant 173 857 séjours : 102 631 (59,0%) pour une infection à SARS-CoV-2, 51 573 (29,7%) pour la grippe et 19 653 (11,3%) pour une infection à VRS. La moitié des patients hospitalisés étaient de sexe masculin et avaient plus de 65 ans (COVID-19 : 82,6%, grippe : 50,9%, VRS : 60,7%).

Des comorbidités étaient présentes chez 23,9% des patients hospitalisés pour la COVID-19, 18,7% pour la grippe et 27,0% pour le VRS. Les comorbidités les plus fréquentes comprenaient les maladies cardiovasculaires, la BPCO et l’obésité, quelle que soit l’infection virale. Les patients immunodéprimés représentaient 10,8% des hospitalisations pour COVID-19, 7,7% pour la grippe et 12,1% pour le VRS. Cette immunodépression était principalement liée à des tumeurs solides sous traitement actif, des hémopathies malignes, une insuffisance rénale terminale ou une transplantation d’organe.

La durée moyenne d’hospitalisation était de 8 jours, et 11% des patients avaient été admis en réanimation, avec une durée moyenne d’hospitalisation en soins intensifs de 7,5 à 8,9 jours selon le virus. Les infections à VRS ont entraîné un pourcentage plus élevé de séjours en soins intensifs (14,6% contre 12,8% pour la grippe et 9,2% pour la COVID-19), mais moins de décès hospitaliers (1 166, soit 5,9%, contre 9 398 pour la COVID-19, soit 9,1%).

La prévention reste de mise

Ces données sont cohérentes avec les tendances épidémiologiques observées pendant les mêmes périodes les autres années et mettent en évidence l’impact des infections respiratoires virales sur le système hospitalier. À ce jour, les traitements antiviraux spécifiques restent limités, et la prévention par la vaccination (contre les virus Influenza, SARS-CoV-2, et VRS) joue un rôle essentiel. Le guide de vaccination de la Société de Pneumologie de Langue Française répertorie les recommandations par virus, ainsi que les indications selon les pathologies et les questions fréquemment posées.


D’après la communication orale « Hospitalisations pour infections virales respiratoires en France : étude nationale sur une saison épidémique à partir des données du PMSI (étude BIRD-IC) » présentée par N. de Prost et coll., session CO04 « Infectiologie, y compris mycobactérioses et COVID » du samedi 25 janvier 2025

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