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Aux frontières du nodule, l’aventure continue…

C’est sous le soleil – temporairement – radieux de Lille que s’est ouverte, vendredi 30 janvier, la première journée du 30ᵉ Congrès de Pneumologie de Langue Française (CPLF). Après une matinée consacrée aux cours de perfectionnement, la conférence inaugurale, interrogeant l’impact du dérèglement climatique sur la santé, a donné le ton. Si la prise en compte de ce bouleversement environnemental s’imposera, de gré ou de force, à mesure que les ressources mondiales en combustibles fossiles s’épuisent, chaque acteur de la santé respiratoire est d’ores et déjà invité à questionner ses pratiques : leur impact environnemental, mais aussi le rôle d’influenceur qu’il exerce auprès des patients et de la société.

La première présentation, assurée par le Pr Marie Wislez, était dédiée aux différences femmes-hommes dans le dépistage. Elle a rappelé que les femmes restent très nettement sous-représentées dans la majorité des grandes études de dépistage menées jusqu’à présent, à l’exception notable de l’étude CASCADE, dont le recrutement exclusivement féminin est désormais terminé. Ce constat contraste avec un message fort : le bénéfice du dépistage par scanner low dose apparaît clairement supérieur chez les femmes. Deux hypothèses principales émergent pour expliquer cette différence. La première repose sur des disparités histologiques, les femmes développant quasi exclusivement des adénocarcinomes, au pronostic globalement plus favorable, et très peu de carcinomes épidermoïdes ou à petites cellules. La seconde concerne le poids des comorbidités, significativement moindre chez les femmes, influençant directement le bénéfice net du dépistage. L’étude CASCADE, spécifiquement dédiée à la population féminine, devrait prochainement apporter des éléments de réponse déterminants.

Le Dr LEDERLIN a ensuite rappelé un message essentiel de pratique quotidienne : les nodules semi-solides persistants sont toujours suspects et nécessitent une surveillance attentive, répétée et prolongée. L’analyse de leur temps de doublement volumétrique, et en particulier de l’évolution de leur composante solide, est centrale pour en apprécier le potentiel invasif. Afin d’affiner l’évaluation du risque, plusieurs critères morphologiques complémentaires sont désormais intégrés dans les programmes de dépistage : présence de clartés aériques internes, bronchogramme intranodulaire, hétérogénéité de la structure interne, indentation pleurale, spiculations, contact avec la paroi d’une bulle, contours concaves ou encore taille supérieure à 3 cm. Autant d’éléments qui rappellent que l’analyse qualitative du nodule reste indissociable des mesures quantitatives.

Enfin, le Pr LEMESLE a abordé la question de la découverte fortuite des calcifications coronariennes et de la mesure du score calcique, sous trois angles complémentaires : pronostique, diagnostique et thérapeutique. Le score calcique apparaît avant tout comme un marqueur global de mauvaise santé, permettant de prédire le risque d’événements cardiovasculaires. Plus surprenant, une augmentation du score calcique est également associée à une hausse de la mortalité par cancer, indépendamment de facteurs de confusion tels que le tabagisme. Sur le plan diagnostique, son utilisation doit s’inscrire dans une évaluation clinique et paraclinique préalable, afin d’estimer la probabilité prétest de risque cardiovasculaire et d’en juger la pertinence. En revanche, les données restent insuffisantes pour définir des seuils décisionnels clairs ou des stratégies thérapeutiques standardisées en cas de score élevé, renforçant le rôle central de l’évaluation clinique, biologique et électrocardiographique dans l’interprétation de ce paramètre.

Cette session a brillamment illustré que le dépistage du cancer du poumon ne saurait se résumer à une simple chasse aux nodules. Différences de genre, analyse fine des nodules semi-solides, évaluation cardiovasculaire opportuniste : le scanner low dose s’impose comme un véritable outil de médecine préventive intégrée. Aux frontières du nodule, c’est bien une vision plus globale du patient qui se dessine, confirmant que le succès du dépistage reposera autant sur la rigueur radiologique que sur l’intelligence clinique et multidisciplinaire.


D’après la présentation de la Session A11 : le dépistage du cancer du poumon, il n’y a pas que les nodules…– 30/01/26

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Le dépistage du cancer du poumon version French Touch : comment prendre la bonne IMPULSION?

C’est sous le soleil – temporairement – radieux de Lille que s’est ouverte, vendredi 30 janvier, la première journée du 30ᵉ Congrès de Pneumologie de Langue Française (CPLF). Après une matinée consacrée aux cours de perfectionnement, la conférence inaugurale, interrogeant l’impact du dérèglement climatique sur la santé, a donné le ton. Si la prise en compte de ce bouleversement environnemental s’imposera, de gré ou de force, à mesure que les ressources mondiales en combustibles fossiles s’épuisent, chaque acteur de la santé respiratoire est d’ores et déjà invité à questionner ses pratiques : leur impact environnemental, mais aussi le rôle d’influenceur qu’il exerce auprès des patients et de la société.

À l’heure où le dérèglement climatique est désormais bien installé, le temps est venu de mettre l’accent sur la prévention secondaire. A ce titre, l’implémentation du dépistage du cancer du poumon apparaît comme un investissement majeur, exigeant un engagement constant de la communauté pneumo-radiologique. C’est précisément l’ambition du programme pilote IMPULSION, appelé à structurer et sécuriser le déploiement du dépistage en France.

Les Drs Pierre BOMBARON et Jacques LE TREUT ont animé un atelier de grande qualité dédié au dépistage du cancer du poumon par scanner thoracique à faible dose, en faisant une promotion convaincante du programme national IMPULSION. Celui-ci sera initialement déployé dans cinq régions pilotes avant une généralisation progressive à l’ensemble du territoire.

La population cible est clairement définie avec les principales caractéristiques suivantes : sujets fumeurs actifs ou sevrés, âgés de 50 à 74 ans, avec un tabagisme ≥ 20 paquets-années, un performance status (PS) de 0–1, absence de dyspnée mMRC4, absence de symptôme évocateur de cancer pulmonaire. Un point central du programme réside dans l’intégration systématique d’une prise en charge tabacologique dès l’inclusion, rappelant que le dépistage ne saurait être dissocié d’une stratégie globale de réduction du risque.

L’évaluation du risque de cancer du poumon repose sur une analyse rigoureuse des lésions nodulaires solides ou semi-solides détectées au scanner basse dose: taille, volume, morphologie, mais également dynamique évolutive, conformément aux recommandations de l’European Society of Thoracic Imaging (ESTI). Au-delà des nodules, le dépistage se veut multiparamétrique, intégrant des informations à forte valeur ajoutée clinique telles que la présence de calcifications coronariennes, d’un emphysème ou encore de signes d’ostéoporose, renforçant ainsi la dimension préventive globale de l’examen.

Avec le programme IMPULSION, le dépistage du cancer du poumon entre dans une nouvelle ère en France : structurée, multidisciplinaire et résolument tournée vers la prévention globale. Au-delà de la détection précoce des cancers, il s’agit d’un véritable changement de paradigme, plaçant le pneumologue et le radiologue au cœur d’une démarche proactive, intégrant sevrage tabagique, évaluation cardiovasculaire et santé osseuse. Une French Touch ambitieuse, qui pourrait bien donner l’impulsion décisive pour réduire durablement la mortalité du cancer le plus meurtrier en France et dans le monde


D’après la présentation de la Session AT01 : le dépistage du cancer du poumon – 30/01/26

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Diagnostiquer le SAHOS : tout une histoire

Les symptômes
Les symptômes du SAHOS sont souvent non spécifiques et subjectifs, avec une présentation clinique hétérogène entre les patients. L’objectif sera donc de classifier ces symptômes selon leur lien de causalité avec le SAHOS pour guider le diagnostic :

  • Catégorie 1 : les indices d’obstruction des voies aériennes supérieures qui reflètent directement le collapsus des voies aériennes. On y retrouve les ronflements sévères/quotidiens (fréquents mais peu spécifiques, plus spécifiques chez la femme), les apnées constatées par l’entourage et les suffocations nocturnes.
  • Catégorie 2 : les indices d’altération du sommeil secondaires aux événements respiratoires. Ils comprennent le sommeil non réparateur, la somnolence diurne excessive (symptôme clé, avec évaluation de son retentissement sur la vie quotidienne et les risques d’accidents), et l’insomnie (peut être primaire ou comorbide au SAHOS : “insomnie et apnée du sommeil ou COMISA”).
  • Catégorie 3 : les indices mixtes, en lien avec l’obstruction et l’altération du sommeil. Cette catégorie comprend les céphalées matinales (bilatérales, survenant dans les 4 premières heures après le réveil, spontanément résolutives), la nycturie et les sueurs nocturnes (dégradent la qualité du sommeil).
  • Catégorie 4 :  les indices indirects : Lien de causalité discuté (trop fréquents en population générale ou études contradictoires). Exemples : fatigue, altération de l’humeur, troubles cognitifs, baisse de la libido.
  • Ces symptômes doivent être évalués en fonction de leur retentissement global (familial, social, professionnel). Il est nécessaire de rechercher d’autres causes expliquant mieux la symptomatologie.

Les examens diagnostiques et la stratégie

Il n’y a eu aucune nouveauté ces dernières années concernant les examens à réaliser et leur conditions. On retrouve donc les mêmes éléments que ceux des recommandations de 2010.
La polygraphie ventilatoire (PV) est recommandée en première intention pour son moindre coût, son accessibilité sur tout le territoire et sa rentabilité dans la majorité des cas. La polysomnographie (PSG) sera envisagée en première intention si une autre pathologie du sommeil est suspectée ou chez les sujets jeunes non obèses présentant plus d’hypopnées éveillantes non désaturantes (risque de non-conclusion par polygraphie). En cas de discordance électro clinique lors d’une PV, on complétera systématique par une polysomnographie (PSG). En cas de discordance avec la PSG, il pourra être discuter de la réitérer.

Évaluation de la sévérité
L’index d’apnées hypopnées (IAH) est un biomarqueur insuffisant. L’évaluation de la sévérité doit se faire sur l’impact symptomatique (détresse ou handicap cliniquement significatif) et le risque pour la santé (présence de comorbidités).

L’objectif de ces recommandations est de guider la pratique clinique vers une prise en charge individualisée, axée sur l’impact symptomatique et les risques pour la santé du patient, plutôt que sur des marqueurs biologiques isolés comme l’IAH.


D’après la communication « diagnostic » présentée par Cécile L’HEVEDER (Brest), session RD03 – Recommandation 2. Syndrome d’apnées hypopnées obstructives du sommeil, épisode 1 : définition, diagnostic et dépistage

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Symptômes : quelles interventions non médicamenteuses pour soulager ?

Fatigue et dyspnée

La fatigue est un symptôme multidimensionnel. Au-delà de la fatigue physique, la fatigue émotionnelle correspond à un état persistant, décrit notamment en post-Covid, associant troubles cognitifs, émoussement affectif et irritabilité. Chez les patients atteints de BPCO, elle peut altérer l’engagement dans les programmes de réadaptation respiratoire. Elle s’inscrit dans un contexte de dyspnée chronique, souvent associée à une forte charge émotionnelle (peur, anxiété, culpabilité, sentiment d’injustice), pouvant aller jusqu’au traumatisme psychologique.

La dyspnée peut être améliorée par l’activité physique, mais l’anxiété liée à l’effort constitue un frein majeur. Cette dyspnée comporte des dimensions sensorielles et affectives, justifiant des approches non pharmacologiques ciblées. L’équipe de la clinique du souffle de Lodève a ainsi évalué l’apport de l’hypnose, visant à agir sur les composantes sensorielles, affectives et traumatiques de la dyspnée, tout en favorisant l’autonomie et les comportements de santé.

Il s’agissait d’une étude randomisée monocentrique comparant une réadaptation respiratoire multidisciplinaire seule à une réadaptation associée à cinq séances d’hypnose et d’apprentissage de l’autohypnose (n=106). La dyspnée diminuait à 3 mois dans les deux groupes, avec une ré-ascension à 6 mois, plus modérée dans le groupe hypnose. Un meilleur maintien de l’activité physique était également observé à 3 mois dans ce groupe. Bien que négative, l’étude suggère un intérêt potentiel de l’hypnose en réadaptation respiratoire, à confirmer par des études multicentriques.

Chron Respir Dis. 2024 Jan-Dec:21:14799731241255135. doi: 10.1177/14799731241255135.Relevance of multidimensional dyspnea assessment in the context of pulmonary rehabilitation Virginie Molinier, Espérance Moine, Pauline Caille, Nathalie Fernandes, François Alexandre, Nelly Heraud

Anxiété pendant la fibroscopie bronchique et de réalité virtuelle

La fibroscopie bronchique vigile peut être mal vécue, générant anxiété, inconfort et douleurs. L’équipe de soins intensifs de pneumologie de l’hôpital européen Georges-Pompidou a évalué l’intérêt de la réalité virtuelle (RV), déjà associée à une réduction de la douleur et de l’anxiété dans d’autres contextes de soins invasifs.

Cette étude randomisée comparait une fibroscopie bronchique standard à une fibroscopie associée à l’utilisation d’un casque de RV, appliqué après l’anesthésie locale. Le dispositif proposait plusieurs environnements immersifs, choisis par le patient, avec une induction hypnotique rapide et un port maintenu pendant toute la procédure.

Au total, 120 patients ont été inclus dans 4 centres sur 23 mois. Les résultats, dont l’objectif principal était la réduction de l’anxiété maximale autoévaluée, sont attendus en 2026. Cette approche non médicamenteuse, simple à déployer et ne nécessitant pas de formation spécifique, pourrait ouvrir des perspectives pour d’autres gestes invasifs en pneumologie.

NCT05973201 Evaluation of Virtual Reality to Reduce Anxiety, Pain and Duration of Non-emergency Vigile Bronchial Fibroscopy (AVATAR)

Effets indésirables des inhibiteurs du check point : comment en parler ?

Les inhibiteurs de checkpoint immunitaire (ICI), bien que dépourvus des toxicités classiques de la chimiothérapie, exposent à des effets indésirables auto-immuns parfois sévères. Les équipes du Centre de cancérologie de l’Ouest et de l’Institut Curie ont évalué l’impact d’un programme d’éducation thérapeutique du patient (ETP) sur la survenue de toxicités de grade ≥3, ainsi que sur la qualité de vie.

Cette étude randomisée comparait une prise en charge avec ETP à une prise en charge standard (répartition 2:1). Le programme, standardisé à l’aide de la mallette éducative REPERE, comportait 2 à 5 séances selon les centres. Au total, 412 patients ont été inclus dans 14 centres sur 2,5 ans.

L’incidence des toxicités était similaire dans les deux groupes (537 toxicités rapportées, dont 62 de grade ≥3). L’étude est donc négative sur son critère principal. Néanmoins, à 12 mois, les patients ayant bénéficié de l’ETP rapportaient une meilleure qualité de vie, une amélioration des dimensions fonctionnelles et moins de fatigue, sans différence sur l’anxiété et la dépression. Les patients exprimaient également une meilleure compréhension des effets indésirables, y compris retardés. Certains résultats complémentaires sont encore attendus.

NCT03948724 Impact of Therapeutic Patient Education on the Toxicity of Immune Checkpoint Inhibitors in Oncology


D’après la session : A13 ; Symptômes respiratoires : les mots des maux du quotidien

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Evolutions récentes dans le traitement de la tuberculose pulmonaire

Les traitements de la tuberculose ont connu ces dernières années une simplification majeure, avec des protocoles plus courts et entièrement oraux adaptés au profil de résistance. Pour la tuberculose sensible, le schéma combinant Isoniazide, rifapentine, moxifloxacine et pyrazinamide sur 4 mois est désormais recommandé par les sociétés américaines chez l’adulte et l’adolescente, réduisant d’un tiers la durée du traitement classique. Chez l’enfant présentant une tuberculose pulmonaire non sévère, des schémas courts sont également validés. Pour la tuberculose multirésistante ou résistante à la rifampicine, les schémas entièrement oraux de 6 mois offrent une efficacité supérieure et une meilleure tolérance que les anciens protocoles injectables, avec des taux de succès thérapeutiques supérieur à 85-90%. Toutefois, en France, l’indisponibilité de la rifapentine limite l’application de ces recommandations. Chez l’enfant de moins de 14 ans et la femme enceinte, l’utilisation de ces schémas reste limitée aux protocoles expérimentaux, car les données sur la sécurité sont encore insuffisantes. Des essais en cours visent à déterminer les doses pédiatriques optimales et à valider la tolérance de ces associations. En pratique, en France, l’absence de disponibilité de la rifapentine limite l’application des recommandations internationales pour les formes sensibles et la prudence reste de mise pour les enfants et les femmes enceintes.


D’après la présentation A6 Modérateurs BLANC François-Xavier, Nantes TRITAR Fatma, Tunis Orateur : MAITRE Thomas, Paris

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Place de la corticothérapie dans la prise en charge des patients immunodéprimés non-VIH hospitalisés pour pneumocystose

La pneumocystose demeure une infection sévère chez les patients immunodéprimés non-VIH, avec une mortalité élevée. Alors que le bénéfice des corticoïdes est bien établi chez les patients VIH, leur rôle dans les autres contextes d’immunosuppression reste incertain. Les auteurs ont présenté une étude rétrospective monocentrique menée au CHU de Caen, incluant 101 patients hospitalisés pour pneumocystose entre 2013 et 2024, dont 39 ont reçu une corticothérapie adjuvante. Le critère principal était la mortalité à 30 jours, complété par le suivi à 90 jours et un an, ainsi que l’incidence des infections secondaires. La corticothérapie n’a pas été associée à un bénéfice significatif sur la mortalité , la durée d’oxygénothérapie ou les risques infectieux. Les facteurs pronostiques principaux étaient l’âge et la gravité initiale, la corticothérapie ne ressortant pas comme protectrice. Ces résultats rejoignent une partie de la littérature qui souligne la complexité de l’utilisation des corticoïdes hors VIH. Les données les plus récentes, notamment l’essai randomisé PIC1, montrent que l’administration précoce de corticostéroïdes n’améliore par la mortalité à 28 jours, mais réduit la mortalité à 90 jours, sans augmenter les infections secondaires ni les effets indésirables majeurs. Les analyses observationnelles et méta-analyses antérieures2, 3,4suggèrent que la corticothérapie pourrait être bénéfique chez les patients présentant une hypoxémie sévère alors qu’elle n’apporte pas d’avantage, voir pourrait augmenter la mortalité chez les patients moins sévères ou recevant des doses élevées. Cette étude rappelle que les recommandations issues de la population VIH ne peuvent pas être extrapolées sans nuance.


D’après la présentation VIDAL Claude, Tours GOSSET-WOIMANT Marine, Pontoise
Auteurs : C. Bialkowski, A. Briant, K. Campbell, L. Seyer, P. Cuchet, A. Justet, E. Bergot, F. Rivière

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Pneumopathies aiguës communautaires : un traitement de plus en plus court ?

Les PAC chez l’adulte, hors réanimation, peuvent désormais bénéficier de traitements antibiotiques plus courts. Les données récentes, issues d’essais randomisés et de méta-analyses, montrent qu’une durée de 3 à 5 jours est cliniquement non inférieure à des traitements plus longs dès lors que le patient atteint une stabilité clinique, définie par l’absence de fièvre, une fréquence cardiaque <100/min, une fréquence respiratoire <24/min, une saturation >90% et une pression artérielle systolique >90mmHg. L’arrêt précoce des antibiotiques ne s’accompagne pas d’augmentation des rechutes ni des complications et permet de réduire la pression de sélection et l’émergence de résistances bactériennes. Les recommandations françaises et internationales préconisent une durée standard de 5 jours pour la majorité des patients hospitalisés stables, avec possibilité de raccourcir à 3 jours si la stabilité clinique est obtenue rapidement. Les durées prolongées restent réservées aux patients présentant des complications, une infection à Staphylococcus aureus ou Pseudomonas aeruginosa ou une immunosuppression. L’utilisation de biomarqueurs comme la CRP peut guider l’arrêt mais la décision repose avant tout sur l’évaluation clinique du patient. L’approche individualisée, adaptée à la sévérité et à la réponse clinique, aujourd’hui comme la stratégie optimale. Elle permet de maintenir l’efficacité thérapeutique tout en réduisant la durée d’exposition aux antibiotiques, limitant ainsi le risque, les effets secondaires et l’émergence de résistance.


D’après la présentation A06 Modérateurs BLANC François-Xavier, Nantes TRITAR Fatma, Tunis, Orateur : BASILLE Damien

1.Discontinuing Β-Lactam Treatment After 3 Days for Patients With Community-Acquired Pneumonia in Non-Critical Care Wards (PTC): A Double-Blind, Randomised, Placebo-Controlled, Non-Inferiority Trial.Lancet. 2021. Dinh A, Ropers J, Duran C, et al.
2.Short Treatment Duration for Community-Acquired Pneumonia.
Current Opinion in Infectious Diseases. 2023. Dinh A, Crémieux AC, Guillemot D.
3.The Evidence Base for the Optimal Antibiotic Treatment Duration of Upper and Lower Respiratory Tract Infections: An Umbrella Review. The Lancet. Infectious Diseases. 2025. Kuijpers SME, Buis DTP, Ziesemer KA, et al.

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La prise en charge de l’endométriose n’est pas qu’une affaire de gynécologue : quand le pneumologue doit-il évoquer l’endométriose thoracique ?

Quand faut-il y penser ?
La prévalence de l’endométriose thoracique n’est pas connue et est difficile à estimer car asymptomatique dans la majorité des cas. L’âge moyen au diagnostic est de 35 ans et survient dans 80% des cas chez des patientes atteintes d’endométriose pelvienne.
Les symptômes cliniques apparaissent le plus souvent pendant les règles : on parle alors de manifestations cataméniales. Cependant, ils peuvent aussi se manifester en dehors de cette période, et sont dans ce cas qualifiés de symptômes associés à l’endométriose.
Quelles sont les présentations cliniques de l’endométriose thoracique ?

  • Le pneumothorax cataménial, forme la plus fréquente, survient généralement 24 heures avant ou 72 heures après le début des menstruations. Il est souvent récidivant au fil des cycles. Dans plus de 90% des cas il survient à droite. La théorie communément admise est que les cellules endométriales se déplacent au gré des fluides péritonéaux et vont s’accumuler au niveau du ligament falciforme hépatique qui est un cul de sac, puis traversent le diaphragme, se retrouvant ainsi dans l’hémithorax droit. En cas de suspicion de pneumothorax cataménial, une IRM diaphragmatique doit être proposée qui peut est fréquemment normale. Le diagnostic de certitude se fait par la découverte de tissu endométrial en thoracoscopie, qui correspond à des lésions de petites taille, bleutées à violacées.
  • L’hémothorax cataménial ou épanchement pleural droit. Il est le plus souvent de faible abondance mais peut être massif.
  • La hernie diaphragmatique par perforation ou déhiscence diaphragmatique, généralement sans lésion d’endométriose visible.
  • La douleur thoracique chronique associée à l’endométriose sans épanchement ni pneumothorax retrouvés.

Quelle prise en charge proposer ?

Toute suspicion d’endométriose thoracique requiert un bilan gynécologique complet comprenant une IRM abdomino-pelvienne. Concernant la prise en charge est médico-chirurgicale 1, après une exploration minutieuse de la cavité thoracique, le chirurgien pourra exciser les tissus endométriaux, réparer les éventuelles séquelles et réaliser une symphyse pleurale chimique. Les AINS et les traitements hormonaux à base de progestérone doivent être discutés avec le gynécologue.

Ainsi, tout pneumothorax droit récidivant chez une femme jeune doit faire évoquer une endométriose thoracique, même en l’absence d’endométriose connue.


D’après la présentation « Endométriose thoracique» réalisée par la Pr Elodie Blanchard, session A08 – Maladies rares et genre.

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Transidentité: une session pour les aider les pneumologues « lost in transition »

Définition et prévalence
La Dr Clara LEROY, endocrinologue à Lille, a rappelé que la transidentité correspond à une identité de genre non-conforme à son genre assigné à la naissance, plaçant le vécu du sujet au centre de la prise en charge. Une femme trans est une personne assignée homme à la naissance dont l’identité de genre est féminine, tandis qu’un homme trans est une personne assignée femme à la naissance et dont l’identité de genre est masculine. Il est essentiel de distinguer le sexe biologique, anatomique, de l’identité de genre, qui renvoie au sentiment d’être un homme ou femme, ainsi que de l’expression de genre qui correspond à ce qui est donné à voir à autrui. La transidentité concernerait jusqu’à 2 à 5% de la population générale. Elle ne s’inscrit pas dans un cadre pathologique somatique ni psychiatrique. Néanmoins, des co-occurrences psychiatriques sont fréquentes, la transidentité constituant un facteur de vulnérabilité pouvant favoriser anxiété, troubles thymiques et dépression.
Sur le plan médical, le terme de « dysphorie de genre » introduit en 2013, a été remplacé en 2022 par celui d’ « incongruence de genre », la notion de dysphorie impliquant une souffrance qui n’est ni constante ni indispensable. Le parcours médical de transition, individualisé, peut inclure une transition sociale avec un support juridique et associatif et/ou hormonale et/ou chirurgicale, mais le support médical n’est pas indispensable. Ce parcours a été réactualisé dans les recommandations de la Haute Autorité de Santé en 2025. Il n’existe aucun déterminant biologique, social, familial ni marqueur diagnostic de transidentité, celle-ci relevant d’une démarche d’auto détermination. Il n’est pas attendu du corps médical qu’il pose un diagnostic mais qu’il accompagne.

Quelles thérapeutiques sont utilisées dans la transition de genre ?
Trois axes thérapeutiques peuvent être proposés, sans caractère obligatoire. Le premier est la psychothérapie transaffirmative qui peut permettre de surseoir à un traitement anxiolytique ou thymorégulateur. Le second concerne les traitements hormonaux avant lesquels il est systématiquement proposé une consultation de préservation de la fertilité. Ces traitements sont tous hors AMM et combinent une stratégie de blocage hormonal (agonistes GnRH bloquant l’axe hypothalamo hypophysaire, spironolactone à forte posologie, progestatifs anti gonadotropes) associés simultanément ou secondairement à un traitement hormonal substitutif (œstrogènes ou androgènes) visant le développement des caractères sexuels du genre vécu. Enfin, un traitement chirurgical de féminisation ou de masculinisation peut être envisagé.

Conséquences respiratoires des traitements utilisés pour la transition de genre 
Dans la seconde partie de la session le Pr Laurent PLANTIER (Tours) s’est intéressé aux conséquences respiratoires des traitements utilisés dans la transition de genre. Les données scientifiques chez les personnes transgenres étant limitées, les effets indésirables potentiels peuvent être extrapolés à partir des populations cisgenres.
Parmi les traitements féminisants, le 17β-œstradiol, administré préférentiellement par voie transdermique limite le risque de maladie thromboembolique veineuse (MTEV) par rapport à la voie orale. Néanmoins, les bases de données américaines montrent une incidence de MTEV plus élevée chez les femmes transgenres que chez les femmes cisgenre. La cyprotérone expose à un risque de méningiome et peut entrainer une hyperventilation par stimulation des centres respiratoires liée à l’effet progestatif. La spironolactone n’est pas associée à des effets respiratoires spécifiques mais expose à un risque de DRESS.
Le traitement masculinisant repose principalement sur la testostérone, administrée par voie transdermique ou intramusculaire retard. Les méta-analyses n’ont pas confirmé le sur-risque d’évènement cardiovasculaire. En revanche, de rares cas de microembolies huileuses pulmonaires ont été décrites, se manifestant par une toux dans l’heure suivant l’injection intramusculaire, associée à une dysgueusie. Ces cas sont extrêmement rares (0,3 pour 1000), spontanément résolutifs et sans gravité. Il ne semble pas exister de surrisque d’apnées du sommeil, bien qu’une augmentation de la prévalence des ronflements ait été rapportée.
Enfin, les agonistes GnRH (triptoréline et leuproréline), peptides potentiellement immunogènes, exposent à un risque d’anaphylaxie. Des cas de pneumopathie interstitielle diffuses ont également été décrits chez des hommes traités pour un carcinome de la prostate, avec du verre dépoli et un aspect en « crazy paving ». Ces tableaux survenaient dans les 2 mois suivant l’introduction du traitement et évoluaient généralement favorablement.  


D’après la session A02 Pour aider les pneumologues « lost in transition »
Quelles thérapeutiques sont utilisées dans la transition de genre ? (Dr Clara Leroy)
Conséquences respiratoires des traitements utilisés pour la transition de genre (Pr Laurent PLANTIER)

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Hypertension pulmonaire et BPCO

La session de cet après-midi reprend en premier lieu les dernières définitions de l’hypertension pulmonaire, à savoir une PAPm > 20 mmHg, et, pour parler d’hypertension pulmonaire précapillaire (dans le cadre de la BPCO), une PAPO ≤ 15 mmHg et des RVP > 2 UW. Bien que ces définitions et ces seuils aient évolué au cours du temps, les études de cohortes historiques rapportent la présence d’une hypertension pulmonaire chez la très grande majorité des patients atteints de BPCO.
Chez ces patients, trois mécanismes sont responsables de l’élévation des pressions pulmonaires : la vasoconstriction hypoxique, la raréfaction vasculaire et le remodelage vasculaire pulmonaire.
La vasoconstriction hypoxique et la raréfaction vasculaire entraînent généralement une hypertension pulmonaire modérée, souvent assez linéaire par rapport à la sévérité de l’atteinte respiratoire. À l’inverse, le remodelage vasculaire pulmonaire semble plutôt associé à une atteinte vasculaire très importante, parfois disproportionnée par rapport à une fonction respiratoire relativement préservée. On observe alors une hypertension pulmonaire qui paraît disproportionnée par rapport à la pathologie respiratoire sous-jacente : on parle de BPCO avec phénotype vasculaire.
Cliniquement, ces patients présentent une dyspnée « disproportionnée », des modifications à l’ECG ou des signes indirects marqués d’hypertension pulmonaire à l’échographie, au-delà de la seule élévation de la vitesse de régurgitation tricuspide, ainsi que des épisodes répétés de décompensation cardiaque droite. Sur le plan fonctionnel, on retrouve une obstruction bronchique plutôt modérée, une TLCO très basse, associée à une hypoxémie et une hypocapnie. Au cathétérisme cardiaque, un seuil de RVP > 5 UW a été proposé pour définir l’HTP sévère associée à la BPCO.
Au-delà de la proposition d’un nouveau sous-groupe, cette classification permet de reposer la question du traitement des patients BPCO présentant une hypertension pulmonaire sévère.
La question de la place des traitements spécifiques de l’hypertension pulmonaire a déjà été abordée à plusieurs reprises et reste source de débat. En effet, il existe un risque théorique de dégradation de l’état des patients lié à la vasodilatation des artères pulmonaires. Les études portant sur l’utilisation du bosentan n’ont montré aucun effet sur la distance au test de marche et ont mis en évidence une dégradation des échanges gazeux (baisse de la PaO₂). Les traitements par IPDE5 n’ont pas permis d’amélioration clinique franche, tandis que le tréprostinil inhalé était associé à des effets indésirables importants. Cependant, toutes ces études se sont intéressées à des patients BPCO avec hypertension pulmonaire sans sélectionner les formes les plus sévères, notamment les patients avec un phénotype vasculaire, chez qui l’atteinte vasculaire est possiblement liée à une véritable maladie du vaisseau (remodelage vasculaire) et ne constitue pas uniquement une conséquence de la pathologie respiratoire.
C’est dans ce contexte qu’a été proposée l’étude ERASE-COPD, financée dans le cadre d’un PHRC national, évaluant l’impact du tadalafil per os chez des patients BPCO présentant des RVP > 5 UW et une fonction respiratoire relativement préservée (VEMS > 30 %). On attend les résultats avec impatience.


D’après la session du Vendredi 30/01 16h30 18h00 Session interaction cœur Poumon – Pr MONTANI

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