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Pneumonie communautaire : les recommandations ATS 2025, du diagnostic à la personnalisation du traitement

Louise Bondeelle,

Service de Pneumologie, Hôpitaux universitaires de Genève, Suisse

 Une session de l’ERS a proposé une mise au point pratique sur la prise en charge de la pneumonie aiguë communautaire, à la lumière des nouvelles recommandations de l’American Thoracic Society publiées en 2025.  Le message central est celui d’une prise en charge plus dynamique et personnalisée, dans laquelle le diagnostic, l’évaluation de la gravité et la réévaluation thérapeutique doivent guider les décisions.

Microbiote et inflammation neutrophilique

 Le diagnostic évolue vers une approche multimodale. L’échographie pulmonaire, réalisée par un opérateur expérimenté, peut constituer une alternative à la radiographie thoracique dans certaines situations. Les tests microbiologiques rapides et les biomarqueurs offrent également de nouvelles possibilités pour préciser l’étiologie et guider l’antibiothérapie. Leur interprétation doit toutefois rester prudente car l’identification d’un microorganisme ne signifie pas nécessairement qu’il est responsable de la pneumonie. Les approches combinant données cliniques, tests rapides et biomarqueurs semblent particulièrement prometteuses mais non encore parfaitement délimitées.

La durée de l’antibiothérapie se raccourcit officiellement. Chez les patients ayant une PAC non sévère, avec évolution favorable et stabilité clinique, un traitement de moins de 5 jours peut désormais être envisagé, avec un minimum de 3 jours. La durée doit ainsi être déterminée par la réponse clinique plutôt que par une durée prédéfinie. La CRP peut aider à réduire l’exposition aux antibiotiques, tandis que la PCT n’a pas de place pour guider leur durée, mais peut contribuer à l’aide au diagnostic d’une infection bactérienne, en complément des données cliniques.

Les données récentes suggèrent qu’une stratégie structurée de switch antibiotique IV à oral permet de réduire la durée d’exposition IV et parfois la durée d’hospitalisation, sans perte d’efficacité.

Les corticostéroïdes restent principalement réservés aux PAC sévères. Chez les patients admis en réanimation pour PAC sévère, l’hydrocortisone a démontré un bénéfice sur la mortalité à J28, ainsi qu’une diminution du recours à certaines thérapeutiques de support. Ces résultats confortent leur utilisation ciblée dans les formes sévères, mais ne justifient pas leur généralisation aux PAC non sévères et restent contre indiqués en cas de pneumonie grippale.

Au total, l’ERS 2026 renforce un changement de paradigme dans la PAC : mieux diagnostiquer pour mieux traiter, mais surtout réévaluer pour moins traiter lorsque cela est possible. L’utilisation raisonnée des tests rapides, des biomarqueurs et de l’échographie, associée à une réévaluation clinique précoce, doit permettre de personnaliser l’antibiothérapie, de raccourcir sa durée et de favoriser la désescalade. Les antibiotiques restent indispensables, mais leur préservation passe désormais par une utilisation plus précise et plus individualisée.

D’après la Session plénière – État de l’ArtModérateurs : C Cilloniz Campos, O Min Kon, F Blasi – Orateurs : Eva Polverino, Damien Basile, Markus Fally et Grant Waterer

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La PPC a-t-elle encore sa place dans la prise en charge du SAHOS ?

Vanessa Bironneau, Service de Pneumologie, CHU  de Poitiers

La PPC est-elle encore réellement utile pour tous les patients atteints d’apnée obstructive du sommeil ou seulement pour certains profils ? Un groupe de travail d’experts européens a tenté de répondre à cette question et d’en tirer des recommandations.

Mieux personnaliser la prise en charge du SAHOS et garantir que la PPC reste disponible et pertinente pour les patients qui en ont besoin

Le SAHOS est une maladie hétérogène pour laquelle les effets du traitement peuvent varier selon la physiopathologie, le sexe, l’âge, le type de symptômes, l’importance des comorbidités, les caractéristiques observées lors de l’enregistrement du sommeil… L’objectif des nouvelles recommandations européennes est de passer d’une logique “une maladie, une recommandation” à une logique plus personnalisée, afin d’identifier quels patients doivent être traités pour obtenir un bénéfice réel et durable. Ces recommandations se sont attachées à prendre également en compte des critères plus pertinents pour les patients, notamment concernant leur qualité de vie.
L’objectif est de présenter des recommandations plus fines, fondées sur une meilleure stratification des patients, afin de préserver la place de la PPC pour ceux qui en tirent un bénéfice démontré.

Pour cela, un groupe de travail soutenu par les sociétés savantes européennes s’est réuni pour écrire ces recommandations reposant sur plusieurs principes : tenir compte de la diversité des phénotypes du SAHOS, intégrer les comorbidités et la sévérité des comorbidités cardiovasculaires, distinguer les patients somnolents, non somnolents, ou présentant surtout une mauvaise qualité de sommeil ou de l’insomnie, considérer l’observance comme un facteur décisif d’efficacité. L’objectif scientifique et clinique est double : mieux personnaliser la prise en charge du SAHOS et garantir que la PPC reste disponible et pertinente pour les patients qui en ont besoin.

Les recommandations :

Chez l’adultes présentant un SAHOS, l’effet de la PPC dépend fortement des caractéristiques du patient et de l’observance au traitement, ce qui limite l’application d’une recommandation générale à un patient individuel. Cependant, le groupe pose une recommandation forte en faveur de la PPC dans le sous-groupe de patients initialement très somnolent. En cas de SAHOS modéré à sévère, le bénéfice de la PPC semble être plus important chez les patients avec une pression artérielle initiale plus élevée, et une bonne observance
Chez les patients non somnolents, les recommandations sont conditionnelles avec une faible certitude, en faveur de la PPC ou de l’absence de traitement devant l’absence de preuve sur la réduction des complications cardio-vasculaires et de la mortalité. Il faut donc alors tenir compte des symptômes, des comorbidités et de la sévérité du SAHOS, et pas seulement de la somnolence.

Chez le patient âgé (>65ans), le bénéfice de la PPC semble plus probable chez les patients symptomatiques, motivés et capables d’utiliser correctement la PPC. Le suivi à long terme est présenté comme un point clé pour optimiser le traitement. L’absence de données spécifiques à la population féminine empêche tout recommandation formelle.
Chez les patients hypertendus, les résultats montrent des réductions faibles à modérées de plusieurs paramètres tensionnels en faveur de la PPC. A noter que le meilleur effet est observé lorsque la PPC est associée à un traitement antihypertenseur, et tout particulièrement chez les patients insuffisamment contrôlés sous médicaments, et âgés de moins de 60 ans.
Dans le cadre de la fibrillation auriculaire, les essais randomisés disponibles n’ont pas montré d’effet clair de la PPC sur la récidive. Les experts ont donc conclu à une recommandation conditionnelle pour la PPC ou l’absence de traitement avec une certitude très faible. Un bénéfice potentiel pourrait exister chez les patients plus obèses et présentant une fibrillation auriculaire paroxystique nocturne.
Enfin, une dernière recommandation portait sur les patients présentant une dysglycémie. Devant une faible réduction de l’HbA1c, sans bénéfice clair sur les autres critères, les experts ont conclu à une recommandation conditionnelle pour la PPC ou l’absence de traitement avec une certitude très faible.
La PPC peut néanmoins avoir un rôle dans des populations sélectionnées, par exemple chez les femmes enceintes avec diabète gestationnel et signes de SAHOS.

Conclusion :
Ces recommandations fournissent un cadre pour adapter la PPC à des profils cliniques variés, en allant d’une approche générale vers une médecine plus personnalisée, afin d’orienter le traitement vers les patients qui peuvent réellement en tirer un bénéfice clinique durable. L’objectif n’est pas seulement de traiter le SAHOS, mais aussi d’améliorer les symptômes, la qualité de vie, le contrôle tensionnel, et, chez certains patients, le risque cardiovasculaire.

D’après la session Guidelines session: Continuous positive airway pressure for the treatment of adult obstructive sleep apnoea Continuous positive airway pressure for adult obstructive sleep apnoea
Existing guidelines on CPAP therapy and the need for a new European guideline Esther Irene Schwarz (Zürich, Switzerland)
New ERS/ESRS clinical practice guideline for continuous positive airway pressure for the treatment of adult obstructive sleep apnoea Dries Testelmans (Leuven, Belgium)

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Diagnostic de la sarcoïdose cardiaque : de la rigueur !

Jean Pastré, Paris

L’équipe du Dr Kouranos a cherché à évaluer l’approche séquentielle de l’apport de différents examens d’imagerie comme outils diagnostiques de la sarcoïdose cardiaque.

Le diagnostic de l’atteinte cardiaque dans la sarcoïdose pose un problème clinique récurrent avec un enjeu fort pour le patient compte tenu de sa morbi-mortalité et de son impact thérapeutique. Bien que des recommandations soient disponibles 1, il n’existe pas de « Gold standard » diagnostique. Dans ce contexte, l’équipe du Dr Kouranos a cherché à évaluer l’approche séquentielle de l’apport de différents examens d’imagerie comme outils diagnostiques de l’atteinte cardiaque.

Intérêt d’une approche « step by step »
Une cohorte  de 141 patients sarcoïdoses avec suspicion d’atteinte cardiaque ont bénéficié d’une approche séquentielle avec initialement une évaluation clinique et échographique (étape 1), complétée par une IRM (étape 2) puis un TEP-FDG cardiaque (étape 3). Tous les dossiers étaient revus par une équipe experte comprenant cliniciens, cardiologues et radiologues. Si l’étape 1 permettait aux cliniciens de retenir le diagnostic avec une probabilité élevée (>70%) dans 22% des cas, l’apport de la phase 2 puis 3 permettait un diagnostic dans 50 et 64% des cas respectivement. On notait que les Odds Ratios (OR) de la présence d’une atteinte cardiaque étaient équivalents entre IRM et TEP-FDG (9,29 [3,4-25,6] et 8,67 [3,4-25,6] respectivement). Dans les cas où le diagnostic était incertain après l’IRM, le TEP montrait une bonne performance diagnostique avec un OR à 52 [6,4-431,1]. Finalement, dans les cas sans certitude diagnostique malgré les 3 étapes, la mise en évidence d’une concordance régionale de l’atteinte entre les 2 examens était associée à un OR de 8.7 [1,3-58,6] pour le diagnostic de sarcoïdose cardiaque.

En pratique …

L’apport d’une analyse séquentielle incluant clinique, échographie, IRM et TEP-FDG augmente la probabilité diagnostique de sarcoïdose cardiaque. Ces résultats suggèrent que l’IRM et la TEP sont complémentaires et non interchangeables et leur analyse comparée est la clef des dossiers difficiles. L’apport de la TEP-IRM (examens couplée au cours de la même procédure) est le sujet d’une étude en cours de recrutement en France et précisera peut être les zones d’ombre qui persistent. Dans tous les cas, ces résultats militent aussi pour une approche multidisciplinaire et une discussion avec cardiologues, radiologues ou isotopistes pour améliorer les performances diagnostiques.


D’après la Présentation  « Multidisciplinary approach for diagnosis of cardiac sarcoidosis” Orateur Vasilis Kouranos, Royal Brompton Hospital, London

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Devenir des patients greffés pulmonaires pour pneumopathie interstitielle à anti-MDA5 : expérience multicentrique française.

Clairelyne Dupin, Paris

L’équipe de l’hôpital Foch a présenté les résultats de l’expérience française de transplantation pulmonaire pratiquée chez des patients atteints de pneumopathie interstitielle diffuse (PID) rapidement progressive associée à une dermatomyosite anti-MDA5.

L’atteinte pulmonaire rapidement progressive de la dermatomyosite à anticorps anti-MDA5 est de mauvais pronostic, grevée d’une mortalité de 50% à 6 mois. Malgré une thérapeutique immunosuppressive adaptée, certains patients ont une évolution défavorable amenant à une prise en charge en unité de soins intensifs pour insuffisance respiratoire aiguë. La mortalité atteint 80% en cas de recours à la ventilation mécanique.

Les patients doivent donc être rapidement orientés vers un centre spécialisé afin d’évaluer la faisabilité d’une transplantation pulmonaire (TP) et de discuter l’intensification thérapeutique.

L’équipe de l’hôpital Foch menée par le Dr Mathilde Phillips-Houlbracq a présenté les résultats de l’expérience française de TP pratiquée chez des patients atteints de pneumopathie interstitielle diffuse (PID) rapidement progressive associée à une dermatomyosite anti-MDA5.

Dans une étude rétrospective observationnelle non interventionnelle, 20 patients ont été transplantés dans 6 centres distincts entre 2018 et 2026. 60 % étaient des femmes, d’âge moyen 52 ans (IQR 44-55). Le pattern radiologique pulmonaire était une pneumopathie organisée (PO) dans 20% des cas, une PINS dans 45% des cas et une association PINS-PO dans 35%.

Préalablement à la TP, tous les patients avaient reçu des cures de corticostéroïdes systémiques, 60 % une plasmaphérèse, 80 % du tofacitinib, 85% du tacrolimus et 40% du cyclophosphamide.

Le délai médian entre l’apparition des premiers symptômes et la TP était de de 131 (74–185) jours. Au moment de la TP, tous étaient hospitalisés en soins intensifs, 85% étaient sous ventilation mécanique, 70% des patients étaient sous ECMO en « bridge to lung transplantation » et 90% ont été greffés dans le cadre du programme d’attribution de greffe à haute priorité.

Avant la greffe, seuls 2 patients étaient connus d’un centre de transplantation, et 19 ont été inscrits sur liste pendant leur séjour en unité de soins intensifs. La durée médiane de suivi était de 3,8 (2,5–4,4) ans.

Après la TP, les durées médianes de ventilation mécanique et d’hospitalisation en soins intensifs étaient respectivement de 35 (13–78) et 40 (25-54) jours. Le séjour était marqué par une forte prévalence de neuromyopathie (65%) et de sevrage ventilatoire difficile (60% de patients trachéotomisés).

Quatre patients sont décédés dans les 90 jours suivant la TP (rejet aigu n=2, sarcome de Kaposi n=1, pneumonie n=1). Aucun cas de récidive PID ni de tumeur maligne n’a été observé, mais 2 patients présentaient une positivité des anticorps antiMDA5

Ces données précieuses confirment les résultats favorables à long terme de la TP dans le cadre des PID de dermatomyosite à antiMDA5 et doivent faire adresser systématiquement ces patients à des centres de transplantation dès le diagnostic.


D’après la session poster 35 Poster n°856

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A propos de la session « Clinical outcomes in pulmonary hypertension: treatment responses and survival »

Simon Valentin, Département de Pneumologie, CHRU de Nancy

Durant cette session de communications orales dédiée aux maladies vasculaires pulmonaires chroniques, les dernières données concernant la réponse aux traitements de l’HTAP ont été présentées.

Le ralinepag : une place chez les patients à faible risque de mortalité ? Marc HUMBERT (France)

Le ralinepag est un agoniste des récepteurs de la prostacycline administré par voie orale, qui combine une demi-vie longue, permettant une administration une fois par jour, et de faibles variations des concentrations plasmatiques traduisant une stabilité pharmacologique importante. Une étude de phase 2 a montré son efficacité sur l’amélioration de la résistance vasculaire pulmonaire comparativement au placebo 1.

L’étude ADVANCE est une étude de phase 3 randomisée, en double aveugle, contrôlée versus placebo, qui a évalué l’efficacité et la sécurité du ralinepag chez les patients atteints d’HTAP. Au total, 687 patients ont été inclus, principalement traités par bithérapie orale, avec une majorité de patients en faible risque (53,8%) selon COMPERA 2.0. Le résultat sur le critère de jugement principal, précédemment publié, était en faveur d’une réduction franche du temps jusqu’au premier évènement chez les patients traités par ralinepag 2.

L’amélioration clinique était définie a priori par l’obtention d’au moins deux critères suivants : une amélioration du TM6 d’au moins 10 % ou 30 m, une amélioration ou une stabilité de la classe fonctionnelle NYHA I ou II et/ou une diminution du taux de NT-pro-BNP d’au moins 30%. Le traitement par ralinepag était associé à une probabilité nominale 47% plus élevée d’obtenir une amélioration clinique telle que définie. Les effets indésirables étaient ceux habituellement décrits avec les traitements de la voie de la prostacycline.

Ces données sont particulièrement intéressantes car les patients inclus étaient majoritairement atteints d’HTAP à faible risque de mortalité, et le profil de sécurité du ralinepag s’avère satisfaisant. Sa place dans l’algorithme thérapeutique reste cependant à préciser.

Quel profil d’efficacité et de tolérance pour les patients traités au long cours par Sotatercept ? Iona PRESTON (USA)

Les bénéfices du traitement par sotatercept chez les patients atteints d’HTAP ont été démontrés dans plusieurs études récentes, et il a aussi été décrit des effets secondaires de type hémorragies, télangiectasies, élévation du taux d’hémoglobine, HTA et, plus rarement, épanchements péricardiques 3, 4 , 5. Des données de suivi au long cours issues de l’étude SOTERIA, en phase ouverte, ont été présentées ce jour.

Au total, 881 patients ont été analysé avec une exposition cumulée médiane au sotatercept de 2,1ans. Les bénéfices du sotatercept sur la classe fonctionnelle NYHA, le TM6 et le taux de NT-pro-BNP ont été maintenus jusqu’au moins 5 ans après le début du traitement. Ces bénéfices se sont également traduits par une amélioration précoce et durable de la stratification du risque.

Les effets indésirables rapportés étaient similaires à ceux observés dans les précédentes études avec peu de patients ayant nécessité une interruption de traitement (4,2%). Leur fréquence n’augmentait pas chez les patients traités au long cours. Les données concernant les épanchement péricardiques nécessitent cependant une attention particulière chez les patients traités au long cours.

Ces données sont encourageantes pour l’efficacité et la tolérance des patients traités au long cours par sotatercept.

Et chez les patients avec des comorbidités cardiovasculaires, quelles données du Sotatercept ? Vallerie McLaughlin (USA)

Les patients présentant des comorbidités cardiovasculaires sont de plus en plus représentés dans les populations récentes de patients atteints d’HTAP mais leur réponse au sotatercept n’est pas spécifiquement connue 6. Une analyse post hoc de l’étude HYPERION s’est intéressée au pronostic des patients présentant un diabète, une hypertension artérielle, une coronaropathie et/ou une obésité.

Parmi les 320 patients inclus dans HYPERION, 35% présentaient une comorbidité cardiovasculaire et 31% en présentaient au moins deux. Plus les patients avaient de comorbidités cardiovasculaires, plus ils étaient âgés, avec une classe fonctionnelle NYHA plus élevée et une distance parcourue au TM6 plus basse. Une réduction significative, précoce et durable du temps jusqu’à l’aggravation clinique était observée, aussi bien chez les patients sans comorbidités que ceux présentant une voir deux ou plus comorbidités cardiovasculaires.

A noter que les patients présentant plus de deux comorbidités avaient plus fréquemment des hémorragies et une élévation de la pression artérielle systémique que les autres.

Ces données sont néanmoins rassurantes quant à la prescription du sotatercept chez les patients présentant des comorbidités cardiovasculaires.


D’après la session « Clinical outcomes in pulmonary hypertension: treatment responses and survival »

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Climat et poussières du désert     

Grégory Reychler, Service de kinésithérapie et de pneumologie, Cliniques universitaires Saint-Luc, UCLouvain, Bruxelles

Cet exposé a traité des poussières désertiques (desert dust), un phénomène environnemental en augmentation en Europe et considéré comme une conséquence indirecte du changement climatique.

Les poussières, principalement issues du Sahara, peuvent être transportées sur de très longues distances jusqu’en Europe du Nord, mais aussi à travers les océans. Elles sont composées de particules minérales, d’argile et de sels, tout en pouvant transporter des polluants d’origine humaine, des micro-organismes et des allergènes.

Selon une étude récente publiée en 2026, les concentrations de poussières désertiques augmentent progressivement en Europe, notamment dans le sud de l’Espagne, de l’Italie et de la Grèce. Cette hausse s’explique principalement par l’avancée de la désertification en Afrique du Nord et par des modifications des conditions atmosphériques favorisant les vents du sud.

Les épisodes de poussières désertiques entraînent une forte augmentation des concentrations de particules fines PM10 et PM2.5 dans l’air. Plusieurs études montrent que leurs effets sanitaires à court terme sont comparables à ceux des particules issues de la pollution anthropique. Une étude 1 menée dans dix villes méditerranéennes a observé une augmentation de la mortalité et des hospitalisations, notamment pour des causes cardiovasculaires et respiratoires, avec un impact particulièrement marqué chez les enfants.

Une revue systématique soutenue par l’OMS confirme également une hausse significative de la mortalité et de la morbidité lors des épisodes de poussières désertiques. Les mécanismes identifiés incluent l’inflammation, le stress oxydatif, les atteintes respiratoires et cardiovasculaires ainsi que l’activation de réponses immunitaires.

Enfin, l’intervenant souligne que les effets à long terme restent encore mal connus. Il appelle au développement d’études de cohorte internationales afin de mieux comprendre les conséquences chroniques de l’exposition aux tempêtes de sable et de poussière et d’identifier les composants les plus nocifs pour la santé humaine.


D’après l’exposé de Francesco Forastiere.

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Sevrage accéléré de la VNI guidé par le score NIVO au cours de l’exacerbation de BPCO : les résultats de l’essai randomisé NIVOW

Léo Grassion, Service de Pneumologie, CHU de Bordeaux (Hôpital Haut-Lévêque)

Chez les patients BPCO traités par VNI à la phase aigue d’une exacerbation, l’utilisation du  score de risque NIVO et de critères physiologiques objectifs de sevrabilité, permet-elle un sevrage accéléré de la VNI ?

La VNI au cours de l’exacerbation aigue de BPCO (EABPCO) avec acidose hypercapnique est le Gold Sandard. Cependant la stratégie de sevrage optimale une fois la phase aigue passée reste incertaine. Faut-il accélérer le sevrage pour limiter la durée d’hospitalisation, éviter les complications et réduire les couts de santé, ou à l’inverse le ralentir, pour éviter le risque de récidive à l’arrêt.

Récemment, des cliniciens anglais ont développé le score de sévérité NIVO. Celui-ci construit à partir de sept variables cliniques et gazométriques simples à recueillir à l’admission, permet de classer les patients en quatre catégories de risque, associées à une mortalité hospitalière croissante : 5,0 % pour le risque faible, 16,8 % pour le risque intermédiaire, 41,2 % pour le risque élevé et 71,4 % pour le risque très élevé

L’objectif de l’étude NIVOW était de voir si l’utilisation de ce score pouvait permettre chez les patients les moins sévères de proposer un sevrage accélérée de la VNI.

Une sélection objective des patients éligibles au sevrage accéléré

L’essai a comparé un sevrage standard (n = 83) à un sevrage accéléré (n = 81). Les critères d’inclusion associaient un diagnostic d’EABPCO avec une acidose hypercapnique, un score NIVO à risque faible ou intermédiaire, et la présence de critère de sevrabilité après 24h de VNI intensive (sortie d’acidose, réduction de la capnie et absence de détresse respiratoire à l’arrêt de la VNI). Dans le bras accéléré, le protocole reposait sur des tests de sevrage quotidiens de 4 heures hors VNI, une gazométrie était réalisée à la fin de ces 4h et un pH ≥ 7,35 permettait l’arrêt définitif de la VNI (avec poursuite de la surveillance transcutanée du CO2 pendant 8 heures), tandis qu’un pH < 7,35 conduisait à remettre la VNI et à répéter l’épreuve de sevrage le lendemain.

Le critère de jugement principal était le délai de sevrage. Les deux groupes étaient comparables à l’inclusion sur l’âge, le sexe, l’indice de masse corporelle, la fonction respiratoire, la sévérité de la dyspnée, le score NIVO, les gaz du sang initiaux et la durée de VNI avant randomisation.

Un sevrage deux fois plus rapide, sans surrisque

Le délai de sevrage médian était de 46,1 heures (IQR 41,3–70,2) dans le groupe standard, contre 6,1 heures (IQR 5,0–7,3) dans le groupe accéléré (p < 0,0001), sans décès avant sevrage dans les deux groupes et un seul échec de sevrage par bras. La durée totale de ventilation était réduite de près de moitié dans le groupe accéléré (42 heures [37–50] versus 85 heures [71–111] ; p < 0,0001). Aucune différence significative n’a été observée entre les deux stratégies concernant la rechute, la mortalité hospitalière ou à 90 jours (toutes causes ou d’origine respiratoire), la durée de séjour après sevrabilité, les réhospitalisations à 30 jours (avec ou sans insuffisance respiratoire hypercapnique aiguë), ou le recours à la ventilation à domicile à 90 jours — avec, pour plusieurs de ces critères, une tendance numérique favorable au sevrage accéléré malgré un profil de patients légèrement plus sévère dans ce bras.

Un bénéfice net sur le vécu des patients

Les complications liées à la VNI rapportées par les patients étaient moins fréquentes et moins sévères dans le groupe accéléré, avec des différences significatives sur plusieurs items entre J2 et J4. Le score de sommeil de Richard Campbell, plus élevé traduisant un meilleur sommeil, était également meilleur dans le groupe accéléré dès le deuxième jour, avec un écart marqué au moment de l’arrêt de la VNI. En revanche, aucune différence n’a été observée entre les groupes sur l’encombrement bronchique (échelle visuelle analogique), la dyspnée (échelle de Borg), ou la qualité de vie évaluée par le Saint George’s Respiratory Questionnaire-C à J7, J30 et J90, après ajustement sur les covariables.

Vers une généralisation du sevrage accéléré guidé par le score NIVO

Selon les auteurs, l’association d’une stratification clinique du risque (score NIVO) et de critères physiologiques de sevrage de « bon sens » permet d’identifier en toute sécurité une large population de patients pour laquelle un sevrage accéléré peut être proposé, avec un gain de 40 heures sur le délai de sevrage et de 50 % sur la durée totale de ventilation. Le sevrage accéléré améliore le vécu des patients en les libérant plus rapidement de la contrainte de la VNI, avec une amélioration plus précoce du sommeil pouvant favoriser la vigilance, l’humeur et la participation dans les activités de réhabilitation précoce.


D’après la présentation orale de M.H. Naseer et al., « Standard stepwise compared to accelerated weaning from NIV in ECOPD directed by the NIV Outcomes score: a randomised controlled trial » (essai NIVOW, ISRCTN64639614), congrès de l’European Respiratory Society (ERS), Barcelone, Espagne, 5–9 septembre 2026.D’après la présentation orale de M.H. Naseer et al., « Standard stepwise compared to accelerated weaning from NIV in ECOPD directed by the NIV Outcomes score: a randomised controlled trial » (essai NIVOW, ISRCTN64639614), congrès de l’European Respiratory Society (ERS), Barcelone, Espagne, 5–9 septembre 2026.

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Tozorakimab dans la BPCO à haut risque d’exacerbations : quel effet sur les bouchons muqueux.

Léo Grassion, Service de Pneumologie, CHU de Bordeaux (Hôpital Haut-Lévêque)

Cette analyse exploratoire des essais de phase III OBERON et TITANIA (NCT05158387) avait pour objectif d’évaluer l’effet du tozorakimab comparé au placebo sur le Mucus Plug Score (MPC) segmentaire chez des patients BPCO exacerbateurs

La dérégulation de la signalisation de l’IL-33 est responsable d’une inflammation chronique via la voie IL-33red–ST2, mais aussi de la dysfonction du mucus via la voie IL-33ox–EGFR au cours de la BPCO. Le tozorakimab, anticorps anti-IL-33 inhibant ces deux voies, cible ainsi directement ce second mécanisme. Celui-ci pourrait alors avoir un impact sur la présence de bouchon muqueux, dont la présence est associé à un risque accru d’exacerbation.

Cette analyse exploratoire des essais de phase III OBERON (NCT05166880) et TITANIA (NCT05158387),  avait pour objectif d’évaluer l’effet du tozorakimab comparé au placebo sur le Mucus Plug Score (MPC) segmentaire (nombre de segments pulmonaires comportant au moins un bouchon muqueux, sur une échelle de 0 à 18) chez des patients BPCO exacerbateurs fréquents.

Une évaluation centralisée du score de bouchons muqueux en scanner

L’étude a inclus des fumeurs actifs ou sevrés atteints de BPCO, avec un antécédent d’exacerbations, recevant un traitement inhalé d’entretien stable de fond. Les critères d’inclusion imposaient un score CAT ≥ 10 et un score ≥ 2 pour chacun des items expectoration et toux. Les patients étaient inclus indépendamment de leur taux d’éosinophiles sanguins à l’inclusion, et recevaient soit un placebo sous-cutané toutes les 4 semaines, soit du tozorakimab 300 mg SC toutes les 4 semaines (Q4W) ou toutes les 8 semaines (Q8W), pendant 52 semaines. Le MPS segmentaire était mesuré par scanner thoracique à l’inclusion et à la semaine 52, avec une double lecture centralisée réalisée par des radiologues certifiés. La variation du MPS segmentaire entre l’inclusion et la semaine 52 sous tozorakimab 300 mg Q4W et Q8W versus placebo constituait un critère exploratoire.

Les bouchons muqueux marquent un phénotype de BPCO plus sévère

Parmi les participants disposant d’un MPS segmentaire valide à l’inclusion et à la semaine 52 (N = 704), 78,8 % (n = 555) présentaient au moins un bouchon muqueux à l’inclusion, contre 21,2 % (n = 149) sans bouchon muqueux. Les patients porteurs de bouchons muqueux présentaient un phénotype de BPCO cliniquement plus sévère : âge moyen plus élevé (67,9 versus 66,3 ans), obstruction bronchique sévère à très sévère (stades GOLD 3–4) plus fréquente (69,5 % versus 49,7 %), score de qualité de vie SGRQ plus élevé (53,7 versus 50,4), recours plus fréquent à une trithérapie inhalée de fond (90,3 % versus 83,2 %), VEMS pré-bronchodilatateur plus bas (40,6 % versus 48,0 % de la valeur théorique), taux d’éosinophiles sanguins médian plus élevé (196,2 versus 157,8 cellules/µL), et antécédent d’exacerbation sévère dans les 12 mois précédents plus fréquent (36,8 % versus 22,1 %).

Une réduction dose-dépendante des bouchons muqueux sous tozorakimab

Dans la population globale (N = 704, MPS segmentaire moyen à l’inclusion 4,4), le tozorakimab 300 mg Q4W a entrainé une réduction du MPS segmentaire de 1,08 point (–25,1 %) à la semaine 52, contre –0,12 point (–2,7 %) sous placebo (différence –0,96 [IC95 % –1,55 à –0,37] ; p = 0,0005). L’effet était moindre et non significatif sous Q8W (–0,68 point, –15,9 % ; différence versus placebo –0,56 [–1,24 à 0,09] ; p = 0,1544). Cette réduction dose-dépendante était observée aussi bien chez les anciens fumeurs que chez les fumeurs actifs , avec dans ce dernier groupe une légère augmentation du MPS sous placebo (+0,44 point, +8,8 %).

Une piste pour un bénéfice clinique dans une population à fort besoin médical

Selon les auteurs, le tozorakimab est le premier traitement biologique à démontrer une réduction du nombre de segments pulmonaires porteurs de bouchons muqueux par rapport au placebo, chez des anciens et des fumeurs actifs atteints de BPCO, inclus indépendamment de leur taux d’éosinophiles sanguins. Cette réduction des bouchons muqueux sous tozorakimab pourrait se traduire par des bénéfices cliniques chez ces patients à fort besoin médical non couvert, une hypothèse qui continuera d’être explorée et rapportée dans le cadre du programme de phase III LUNA.


D’après le poster de G. Washko et al., « Tozorakimab reduces the number of lung segments with mucus plugs in patients with COPD at high risk of exacerbations: integrated analysis of the replicate OBERON and TITANIA phase 3 studies » (poster PA2522), congrès de l’European Respiratory Society (ERS), Barcelone, Espagne, 5–9 septembre 2026.

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Peut-on lier la variabilité des mesures de FeNO à l’évolution de la maladie asthmatique ?

Dorian Hassoun, service des explorations fonctionnelles, CHU de Nantes

Les mesures de FeNO sont variables chez les patients asthmatiques au cours du suivi. Une étude de cohorte prospective suédoise s’est intéressée au lien entre cette variabilité et l’évolution du contrôle de l’asthme et de la fonction respiratoire.

La variabilité des mesures de FeNO au cours du suivi est associée à l’évolution du contrôle de l’asthme et de la fonction respiratoire.

L’étude s’est basée sur la cohorte prospective suédoise Swedish National Airway Register (2013 à 2024) en sélectionnant les 2 362 patients ayant des mesures répétées de la FeNO. Il est à noter que les recommandations de prise en charge suédoises ne prévoient pas de surveillance systématique de la FeNO et ne recommandent pas d’utiliser la FeNO pour guider la thérapeutique. Les patients étaient âgés en moyenne de 45 ans avec une légère prédominance féminine (53 %).

La variabilité du FeNO a été calculée pour chaque individu comme l’écart-type intra-individuel des résidus issus d’un modèle linéaire mixte ajusté sur le temps, l’âge, le sexe, la taille, le poids et la saisonnalité. Cette approche permettait d’isoler les fluctuations de visite à visite non expliquées par ces facteurs.

La variabilité du FeNO a été étudiée seule, puis en interaction avec la pente d’évolution du FeNO au cours du temps (en hausse ou en baisse), ou avec sa valeur basale (< ou ≥ 20 ppb). Ces dernières ont ensuite été confrontées à la survenue des exacerbations, l’évolution des doses cumulées annuelles de CSI, l’évolution du contrôle de l’asthme évalué par le score ACT et l’évolution annuelle du VEMS (variation de 100 mL par an).

Les patients inclus dans l’étude présentaient une franche hétérogénéité intra-individuelle et inter-individuelle des valeurs mesurées de FeNO (moyenne 2.9/patient) au cours du suivi. Dans la cohorte entière, une variabilité élevée de la FeNO était associée à une amélioration du score ACT et une réduction des exacerbations dans l’année suivant la mesure de la FeNO.

Néanmoins, l’association de la variabilité de la FeNO avec l’évolution clinique de l’asthme dépend de la pente d’évolution de la FeNO (baisse vs hausse) et de la valeur basale.

Afin d’affiner l’analyse, les auteurs ont étudié l’interaction entre la variabilité du FeNO et le sens de son évolution au cours du suivi (baisse ou hausse). Lorsque la variabilité du FeNO était élevée et associée à une augmentation du FeNO au cours du temps, un déclin plus rapide du VEMS était observé, malgré une réduction des exacerbations. Paradoxalement, l’augmentation de la variabilité de la FeNO associée à une FeNO ≥ 20 ppb était quant à elle associée à une amélioration du VEMS malgré une augmentation de la fréquence des exacerbations.

Malgré ces associations, la qualité de la prédiction des exacerbations, de la posologie des CSI, du contrôle de l’asthme et du VEMS par la variabilité de la FeNO, associée ou non à son évolution (hausse/baisse) et à sa valeur basale était réduite avec des AUC de courbes ROC compris entre 0,54 et 0,68.

Au total, la variabilité de la FeNO au cours du temps semble associée à certains marqueurs d’activité de la maladie asthmatique. Néanmoins, ces associations semblent complexes rendant difficile son utilisation en pratique clinique. Son utilisation pour guider la prise en charge à l’échelle de l’individu requerra des études complémentaires pour mieux comprendre les liens de cause à effet entre la FeNO, la pression thérapeutique et les marqueurs d’activité de l’asthme.


D’après le poster suivant : Visit-to-visit FeNO variability predicts outcomes in routine-care adult asthma Présenté par Reshed Abohalaka Session : Molecular and cellular mechanisms in airway disease – Le 07/09/2026

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Soins palliatifs et BPCO : le projet européen EU-PAL-COPD    

Grégory Reychler, Service de kinésithérapie et de pneumologie, Cliniques universitaires Saint-Luc, UCLouvain, Bruxelles

Cette présentation a porté sur le projet européen EU-PAL-COPD, visant à améliorer l’intégration précoce des soins palliatifs chez les patients atteints de BPCO avancée.

Les patients BPCO présentent une charge symptomatique importante, des hospitalisations fréquentes et des besoins élevés en soins palliatifs, alors même qu’ils y accèdent souvent très tardivement, dans les derniers jours de vie.

L’intervention proposée débute lors d’une hospitalisation pour exacerbation de la maladie. Son objectif est d’aider les professionnels à identifier précocement les besoins palliatifs des patients. Elle repose sur plusieurs piliers : l’évaluation des besoins, une communication renforcée entre soignants, patients et aidants, la prise de décision partagée concernant les soins futurs, l’initiation d’une planification anticipée des soins et le suivi après la sortie de l’hôpital.

Ce modèle, développé il y a une dizaine d’années au Royaume-Uni, a montré des résultats prometteurs en favorisant une prise en charge plus conforme aux souhaits des patients. Le projet européen vise désormais à adapter et évaluer cette approche dans six pays : le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Hongrie, le Danemark, le Portugal et la Belgique.

L’adaptation a reposé sur un processus structuré associant chercheurs, cliniciens, patients et aidants. Les éléments essentiels de l’intervention ont été maintenus, tandis que certaines modalités pratiques ont été adaptées aux réalités locales, aux systèmes de santé et aux ressources disponibles dans chaque pays.

Les défis rencontrés sont la nécessité de préserver les principes fondamentaux de l’intervention tout en tenant compte des différences culturelles, organisationnelles et réglementaires et l’importance de former les professionnels à ces discussions sensibles et de respecter la volonté des patients, qui ne sont pas toujours prêts à aborder précocement les questions liées à la fin de vie.

La réussite d’une telle intervention repose sur un équilibre entre standardisation et flexibilité, ainsi que sur une collaboration étroite entre soignants, patients et aidants. L’essai clinique est actuellement en cours et ses résultats devraient permettre d’évaluer l’efficacité de cette approche à l’échelle européenne. 


D’après l’exposé de Didar Karadag Akkaya

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