
Faut-il tout dégainer pour arrêter de fumer ?

Dans la session consacrée aux actualités en tabacologie, Adam Edward Lang (Altoona, Etats-Unis) a fait le point sur les études évaluant des pratiques auxquelles nous sommes parfois peu habitués : l’association des traitements d’aide au sevrage tabagique entre eux.
La combinaison varénicline et patchs de nicotine, contre-intuitive sur le plan pharmacologique, semble plus efficace selon la dernière méta-analyse publiée, avec un risque relatif (comparativement à la varénicline seule) de sevrage sur le long terme (à au moins 3 mois) de 1,33 (IC 95 % : 1,04-1,69) au prix d’une tolérance cutanée moindre 1. L’ATS recommande sous conditions cette association chez certains patients 2. Combiner varénicline et bupropion semble avoir un certain bénéfice à court terme, sans que cela ne persiste à 12 mois selon une méta-analyse de 2019, le RR passant de 1,23 (p=0,033) à 1,13 (p=0,305), avec de meilleurs résultats toutefois chez les fumeurs les plus dépendants 3. La dernière revue Cochrane concluait dans le même sens, en l’absence de bénéfice au-delà de 6 mois, et avec des effets indésirables majorés 4
Yiannis Psonka, unité de Tabacologie, Institut Cœur Poumon, CHU de Lille, Boulevard du Pr Jules Leclercq, 59037 Lille
D’après la communication de AE. Lang : ‘I Just Can’t Quit’: Approaching tobacco treatment for challenging populations (session D3)
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La cytisine, panacée du sevrage tabagique ?

L’aide au sevrage tabagique s’appuie depuis près de vingt ans sur 3 outils : les substituts nicotiniques, le bupropion et la varénicline. Une molécule, la cytisine (ou cytisinicline), pourrait bien bouleverser nos prise en charge. Dans la session consacrée aux actualités en tabacologie, Nancy Rigotti (Boston, Etats-Unis) a abordé les principaux résultats des études sur ce traitement.
La cytisine est un agoniste partiel des récepteurs nicotiniques. Son mécanisme d’action est similaire à la varénicline. Les essais ORCA 2 et 3 1 ont mis en évidence une efficacité supérieure au placebo de la cytisinicline sur le sevrage à 3 mois (pour ORCA-3 : 30,3% contre 9,4% pour le placebo, p<0,0001), avec un traitement qui semble plus efficace sur 12 semaines plutôt que 6, et un bon profil de tolérance. Néanmoins, certains points restent en suspens : quelle efficacité sans association avec un soutien comportemental, dans le sevrage des autres produits de la nicotine (la cigarette électronique au premier plan), et quelle efficacité par rapport aux autres traitements ? Pour cette dernière question, une revue systématique de 2024 trouvait une efficacité supérieur par rapport aux substituts nicotiniques (RR : 1,36 ; IC 95% : 1,06-1,73), mais pas à la varénicline (RR : 0,96 ; IC 95% : 0,63-1,45) 2. Toutefois, une analyse des résultats des études ORCA 2 et 3 et de l’étude EAGLES (portant sur la varénicline) 3, présentée en poster, a retrouvé une supériorité de la cytisine pour l’abstinence continue à 24 semaines (OR ajusté : 1,9 ; IC 95% : 1,1-3,4) et une meilleure tolérance sur la nausée, effet indésirable fréquemment rapporté avec la varénicline (OR ajusté : 0,1 ; IC 95% : 0,1-0,3).
Un autre poster, toujours basé sur les données des études ORCA 2, ORCA 3 et ORCA V1 (un essai de phase 2 évaluant la molécule pour le sevrage de la cigarette électronique) (4, suggérait que la cytisine pourrait à l’avenir être aussi une solution envisageable dans le sevrage du vapotage, notamment compte tenu de son bon profil de tolérance après 52 semaines de traitement au dosage de 3 mg trois fois par jour, avec seulement 5,7% des patients arrêtant la prise en raison des effets indésirables. Une demande d’AMM a été déposée à la FDA en juin 2025, avec une commercialisation attendue aux Etats-Unis dans le premier semestre 2027. Si la molécule est disponible dans certains pays européens, elle ne l’est pas encore en France, mais il n’est pas exclu qu’elle le devienne dans les mois à venir.
Yiannis Psonka, unité de Tabacologie, Institut Cœur Poumon, CHU de Lille, Boulevard du Pr Jules Leclercq, 59037 Lille
D’après la communication orle de N. Rigotti : ‘For the First time in Forever’: Cytisinicline, a New Medication for Nicotine Dependence (session D3) et les posters de M. Rubinstein : Comparative effectiveness of cytisinicline and varenicline for smoking cessation: a matching-adjusted indirect comparison (session D102) et de N. Rigotti : Cytisinicline for cigarette and e-cigarette smoking cessation: long-term safety data from the orca-ol clinical trial (session C102).
Le SAHOS : ennemi respiratoire… ou sauveur de la BPCO sous VNI ?

Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAHOS) est fréquemment retrouvé chez les patients porteurs de BPCO, et il est classiquement reconnu comme associé à une morbi-mortalité plus importante (exacerbations, pathologies cardiovasculaires, hospitalisations et décès). Les patients obèses ou porteurs de SAHOS sont souvent exclus des études sur la VNI. Le travail présenté ici a regardé de façon spécifique le pronostic des patients ventilés par VNI pour BPCO selon qu’ils ont ou non un SAHOS.
Les critères d’inclusion étaient les suivants : patients porteurs de BPCO de plus de 40 ans ayant eu un remboursement de VNI entre janvier 2015 et le 31 décembre 2019. Un total de 54546 patients ont été inclus (70 ans, 51,2% hommes) : 26781 patients dans le groupe overlap syndrome vs 27764 dans le groupe sans SAHOS. Les patients porteurs d’overlap syndrome étaient plus souvent obèses (65,82% vs. 27,13%) et diabétiques (39,53% vs. 19,99%). La mortalité à 12 mois près mise en place de la VNI était de 33% plus faible dans le groupe overlap syndrome, indépendamment des facteurs de risque habituels (âge, sexe, comorbidités). Ces patients avaient une moindre probabilité d’évolution de l’exacerbation sévère vers le décès (10% vs. 22%) ou de l’exacerbation non sévère vers le décès (5% vs. 18%) que les patients sans SAHOS. De même, l’évolution dans le sens inverse (exacerbation sévère vers l’amélioration) était plus importante dans le groupe overlap syndrome.
Comme toujours, les études tirées de ces bases de données connaissent des limites évidentes, au premier rang desquelles le manque de données cliniques (statut tabagique, index de masse corporelle, données gazométriques) mais aussi d’informations sur la VNI (durée d’observance, données de ventilation…). Ces résultats vont dans le même sens que des études préalables montrant un meilleur pronostic des patients BPCO en surpoids par rapport aux patients dénutris. La recherche d’un SAHOS est donc importante chez les patients porteurs de BPCO afin d’affiner au mieux la prise en charge.
Sandrine Pontier-Marchandise, service de Pneumologie et unité des soins intensifs– Clinique des Voies Respiratoires, CHU Larrey, 24 chemin de Pouvourville, TSA 30030, 31059 Toulouse Cedex 9
D’après Pépin J.L. et al. Mortality impact of long-term home non-invasive ventilation in COPD patients with versus without obstructive sleep apnea. Am J Respir Crit Care Med. 12026;212:aamag162.2071. Session D97.
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IMPALA-2 : le molgramostim lui est bien là !

La protéinose alvéolaire pulmonaire (PAP) auto-immune est une maladie rare liée à des auto-anticorps dirigés contre le GM-CSF, entraînant une dysfonction des macrophages alvéolaires et une accumulation progressive de surfactant dans les alvéoles. Des résultats complémentaires cliniques et de tolérance concernant le molgramostim inhalé, GM-CSF recombinant humain, ont été présentés à l’ATS 2026.
IMPALA-2 est un essai international de phase 3, randomisé, en double aveugle contre placebo, incluant 164 patients atteints de PAP auto-immune recevant du molgramostim inhalé 300 µg/jour (n=81) ou un placebo (n=83) pendant 48 semaines, suivi d’une phase ouverte de 96 semaines durant laquelle tous les patients recevaient le traitement. Dans une première analyse exploratoire centrée sur la tolérance à l’effort, le molgramostim améliorait significativement la distance parcourue sur tapis roulant à 48 semaines. La distance de marche augmentait de +167 mètres dans le groupe traité contre +86,4 mètres sous placebo, soit une différence estimée de +80,6 mètres (p=0,03). La durée d’exercice augmentait également davantage sous molgramostim (+2,0 minutes vs. +1,0 minute ; p=0,03).
Les résultats à long terme de la phase ouverte montrent une poursuite du bénéfice fonctionnel respiratoire. Après 48 semaines de traitement en double aveugle, l’amélioration de la DLCO était déjà significativement supérieure sous molgramostim (+11,6 % vs. +3,7 % ; p=0,0008). Chez les patients traités en continu par molgramostim, cette amélioration se poursuivait jusqu’à 96 semaines avec un gain global de +14,7 % de DLCO par rapport à l’inclusion. Les patients initialement sous placebo puis passés sous molgramostim en phase ouverte présentaient eux aussi une amélioration progressive de la DLCO (+8,8 % entre S48 et S96). La qualité de vie « respiratoire », évaluée par les scores SGRQ, continuait également à s’améliorer au cours du suivi prolongé. Le profil de tolérance était favorable, sans nouveau signal de sécurité identifié. Ces résultats renforcent la place du molgramostim inhalé comme traitement ciblé prometteur dans la PAP auto-immune, avec un bénéfice non seulement sur les échanges gazeux mais également sur la capacité d’effort et la qualité de vie, y compris à long terme.
Thomas Villeneuve, service de Pneumologie et unité des soins intensifs– Clinique des Voies Respiratoires, CHU Larrey, 24 chemin de Pouvourville, TSA 30030, 31059 Toulouse Cedex 9
D’après les communications de McCarthy C : Molgramostim improves exercise distance and duration in patients with autoimmune pulmonary alveolar proteinosis (aPAP): Results from the IMPALA-2 phase 3 clinical trial. Session B95 (Fibrosis, cough, and inflammation: treatment strategies in ILD) et Long-term efficacy and safety of molgramostim in patients with autoimmune pulmonary alveolar proteinosis (aPAP): Results from the IMPALA-2 Trial open-label treatment period. Poster Board #403.
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Fibrinolyse intra-pleurale : nouvelles données provenant d’une méta-analyse

Les infections pleurales demeurent une cause majeure d’hospitalisation et de morbi-mortalité. Il est maintenant établi depuis l’essai MIST-2 1que la fibrinolyse intrapleurale par l’association de tPa et DNase permet une réduction drastique du recours à la chirurgie. Cependant, en pratique courante, le risque de saignement pleural associé à la fibrinolyse est la complication la plus redoutée. Des interrogations persistent : le risque de saignement varie-t-il en fonction de la dose de tPA ? Est-il lié à la dose cumulée ? Une administration séquentielle est-elle moins risquée ?
JT. Gandhi a présenté une méta-analyse traitant du risque de saignement et du profil de sécurité de la fibrinolyse intra-pleurale par tPA/DNase dans les infections pleurales. Cette méta-analyse inclut 2851 patients à travers 21 études, dont la plus grande cohorte multicentrique connue, celle d’Alkulian publiée en 2022, qui regroupe à elle seule 1833 patients. Le critère de jugement principal de cette méta-analyse était le taux d’effets indésirables. Le taux combiné de saignement est globalement de 4,0%. L’effet indésirable le plus fréquent reste la douleur thoracique, avec un taux combiné de 22,5%. Les hémoptysies et les saignements systémiques restent très rares avec des taux combinés respectifs de 0,42% et 0,24%.
Les critères de jugement secondaires ont exploré l’impact de la réduction de dose, de l’administration séquentielle ou concomitante et de la dose cumulée de tPA sur le risque de saignement. Il n’a pas été retrouvé de différence significative sur le risque de saignement pour aucune de ces modalités.
Suite à ces conclusions, T. Gandhi souligne que les facteurs de risque de saignement propres à chaque patient n’ont pas pu être évalués à l’échelle de cette méta-analyse, ce qui ouvre un questionnement sur l’adaptation de dose selon le profil et le risque de saignement individuel.
Lou Duclau, service de Pneumologie – Clinique des Voies Respiratoires, CHU Larrey, 24 chemin de Pouvourville, 31059 Toulouse Cedex 9
D’après Gandhi T. et al., C23-10 Bleeding risk and safety profile of intrapleural TPA/DNase therapy for pleural infection, poster 810.
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Adénocarcinome localisé en verre dépoli : vers une prise en charge personnalisée ?

Les progrès dans la détection précoce et l’abord diagnostique des nodules pulmonaires s’accompagnent d’une évolution vers une personnalisation croissante des stratégies thérapeutiques du cancer du poumon localisé.
Janelle Baptiste (Boston, Massachusetts) a notamment discuté l’essai randomisé de phase III ECTOP-1009 publié par Zhang et al. 1, conduit en Chine, évaluant l’intérêt du curage ganglionnaire médiastinal systématique chez des patients porteurs d’un adénocarcinome de stade I de densité en verre dépoli prédominante.
Les critères d’inclusion étaient extrêmement restrictifs : tumeur solitaire cT1N0M0 ≤ 3 cm, ratio consolidation/tumeur ≤ 0,5 au scanner haute résolution, absence d’adénopathie à l’imagerie, et confirmation peropératoire d’un adénocarcinome invasif.
L’analyse intermédiaire sur 302 patients n’a retrouvé aucune métastase ganglionnaire médiastinale dans les deux bras. L’absence de curage réduisait significativement le temps opératoire (74 vs 109 min ; p<0,001), les pertes sanguines (44 vs 82 mL ; p=0,033), la durée d’hospitalisation (3,9 vs 4,5 jours ; p=0,002) et les complications de grade supérieur ou égal à 2 CTCAE (3,3 % vs 9,3 % ; p=0,003). L’essai a été précocement interrompu du fait d’une analyse intermédiaire positive, néanmoins (i) il s’agissait de patients hautement sélectionnés, (ii) les sujets étaient essentiellement issus de populations asiatiques, (iii) la sélection reposait sur une évaluation radiologique du ratio consolidation/tumeur dont la reproductibilité peut constituer une limite, (iv) le recul oncologique demeure encore limité.
Cette étude illustre l’intérêt d’intégrer l’analyse des caractéristiques morphologiques du cancer bronchique en tant que critère d’agressivité.
Jonathan Benzaquen, service de Pneumologie, Allergologie, Oncologie Thoracique, Soins intensifs Respiratoires, Hôpital Pasteur 2, CHU Nice, 30 Voie Romaine, 06000 Nice
D’après la session oncologie thoracique présentée par Janelle Baptiste (D1, ‘Clinical Year in Review’).
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Dysplasie bronchopulmonaire et hypertension pulmonaire : vers une ère thérapeutique ciblée

La dysplasie bronchopulmonaire (DBP), définie chez les prématurés nés avant 32 semaines d’aménorrhée et diagnostiquée à 36 semaines d’âge post-menstruel, reste une maladie multifactorielle sans traitement ciblé établi. Sa forme la plus sévère (grade 3 de Jensen) requiert une ventilation mécanique invasive. Des avancées thérapeutiques majeures ont été présentés à l’ATS 2026, en insistant sur la nécessité d’un phénotypage précis de la DBP, notamment son phénotype vasculaire avec hypertension pulmonaire (DBP-HTAP), dont la prévalence varie de 6 à 60 % selon les séries.
Une étude rétrospective menée dans 14 centres du réseau PPHNET a analysé 278 nourrissons nés avant 32 semaines avec DBP-HTAP, dont 69 avec cathétérisme cardiaque précoce. La mortalité globale était de 8 %, répartie principalement entre les formes de grade 3 (59% des décès) et les sténoses veineuses pulmonaires (24%) 1. Fait notable, la sévérité hémodynamique ne différait pas selon le grade de DBP, soulignant que le degré de support respiratoire ne prédit pas l’atteinte vasculaire pulmonaire. Ces résultats renforcent l’importance d’un phénotypage systématique de la composante vasculaire, indépendamment de la classification standard de la DBP. Un essai randomisé contrôlé monocentrique a évalué l’effet d’une pression positive continue prolongée (eCPAP) de deux semaines supplémentaires par rapport à l’arrêt standard (dCPAP) chez 100 prématurés de 32 semaines ou moins 2. À 6 mois d’âge corrigé, les nourrissons du groupe eCPAP présentaient un volume alvéolaire (p=0,033) et une capacité de diffusion du monoxyde de carbone (p=0,018) significativement supérieurs, ainsi que de meilleurs débits expiratoires forcés (p=0,039). L’amélioration des échanges gazeux suggère que la pression positive prolongée favorise le développement alvéolo-capillaire et pourrait réduire le risque de DBP-HTAP ; des études complémentaires sont en cours.
Dans les suites de l’essai ZENITH, essai clinique randomisé de phase 3 chez l’adulte (n=86 par groupe) 3, ayant prouvé l’efficacité du sotatercept en adjonction à une thérapie maximale chez des patients atteints d’HTAP de classe fonctionnelle OMS III ou IV, des données pédiatriques préliminaires encourageantes (amélioration de classe OMS IV à II en usage compassionnel chez les adolescents de plus de 12 ans avec HTAP idiopathique) et l’essai de phase 2 MOONBEAM (enfants de 1 à 18 ans, NCT05587712, résultats attendus en 2028) ouvrent des perspectives prometteuses pour la DBP-HTAP. Ces avancées convergent vers une même conclusion : le phénotypage précis de la DBP, en particulier la caractérisation de sa composante vasculaire, est indispensable pour guider les décisions thérapeutiques et développer des traitements ciblés, qui émergent enfin pour cette maladie longtemps orpheline de thérapies spécifiques.
Julie Mazenq, service de Pneumologie Pédiatrique, CHU Timone enfants, Assistance Publiques des Hôpitaux de Marseille ; Inserm, INRAE, C2VN Marseille, Aix-Marseille université, Marseille
D’après la communication orale de Eldredge L.C. Emerging research on bronchopulmonary dysplasia and pulmonary hypertension. Session A81 : Pediatric year in review: the magic kingdom of pediatric pulmonary.
Grossesse à risque dans l’HTP : quel mode d’accouchement privilégier ?

La grossesse reste fortement déconseillée chez les patientes atteintes d’hypertension pulmonaire (HTP) en raison du risque élevé de décompensation hémodynamique et de mortalité maternelle et fœtale. En cas de volonté de poursuivre la grossesse malgré les risques, un suivi très rapproché est préconisé. Le mode optimal d’accouchement demeure toutefois débattu. Une méta-analyse a comparé le devenir des accouchements par voie basse et ceux par césarienne chez des patientes atteintes d’HTP.
Cette analyse a inclus 7 études observationnelles totalisant 9 076 patientes, dont 2 952 ayant accouché par voie basse et 6 124 par césarienne. L’objectif principal était la mortalité maternelle dans les six mois suivant l’accouchement, tandis que l’objectif secondaire évaluait le risque d’insuffisance cardiaque en postpartum. Dans cette analyse, la mortalité maternelle était de 1,9 % après accouchement par voie basse contre 3,2 % après césarienne, sans différence statistiquement significative entre les deux stratégies (RR : 0,88 ; IC 95% : 0,41-1,92). La majorité des décès maternels survenait dans la première semaine suivant l’accouchement. Le risque d’insuffisance cardiaque postpartum ne différait pas significativement entre les deux groupes : 6,0 % après voie basse versus 7,4 % après césarienne (RR : 0,80 ; IC 95% : 0,38-1,72). Ces résultats suggèrent que l’accouchement par voie basse pourrait représenter une option acceptable chez certaines patientes atteintes d’HTP, notamment en cas de forme stable ou peu sévère. Les auteurs soulignent toutefois le faible niveau de preuve disponible, reposant exclusivement sur des études observationnelles.
Athénaïs Boucly, service de Pneumologie et Soins Intensifs Respiratoires, Hôpital Bicêtre, Assistance Publique Hôpitaux de Paris, 78, rue du Général Leclerc, 94270 Le Kremlin-Bicêtre
D’après He Z. Maternal mortality and postpartum heart failure in patients with pulmonary hypertension undergoing vaginal delivery versus cesarean section: a systematic review and meta-analysis. Session D28.
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HTAP : il faut que ça bouge !

Longtemps, les patients souffrant d’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) ont été encouragés à limiter leurs efforts physiques craignant une complication cardiovasculaire grave. Depuis les recommandations ATS/ERS publiées en 2023 1, cette vision évolue progressivement et une nouvelle métaanalyse présentée aujourd’hui confirme l’efficacité et la sécurité de la réhabilitation respiratoire dans cette population particulièrement fragile.
Cette étude a regroupé treize études interventionnelles incluant environ 700 patients atteints d’hypertension pulmonaire de groupe 1 ou 4, majoritaire en classe NYHA II et III 2. Les auteurs ont analysé l’impact de programmes structurés d’exercice physique sur les capacités fonctionnelles, la qualité de vie et la sécurité des patients.
Les résultats sont clairement en faveur de la RR. La distance parcourue au test de marche de six minutes augmentait significativement de 53 m en moyenne (IC 95% : 38-67, p<0,001) comme la VO2pic (+ 1.65 mL/kg/min, IC 95% : 0,67-2,62, p < 0.001). L’impact sur l’hémodynamique était minime (amélioration de la PAPs de 0,2 mmHg, IC 95% : 0,1-0,33, p < 0.001) tandis que la fréquence cardiaque de repos restait inchangée. Une tendance positive était aussi observée sur la qualité de vie.
Mais le résultat probablement le plus important concerne la sécurité. Dans l’ensemble des études analysées, les programmes de réhabilitation étaient bien tolérés. Même si des épisodes de douleurs thoraciques, d’arythmies, de vertiges ou d’hypotension sont rapportés, aucun événement indésirable grave directement lié à l’effort n’a été rapporté.
Ces données confirment la place de la RR dans l’HTAP. Les précautions restent d’usage : la RR intervient en complément des traitements pharmacologiques, à l’état stable, dans des centres spécialisés, en collaboration étroite avec le médecin spécialiste en charge de l’HTAP. La question du programme optimal (intensité, supervision, entraînement en endurance ou en résistance) et du maintien des bénéfices à moyen et long terme restent toutefois ouvertes.
Marjolaine Georges, service de Pneumologie et Soins Intensifs Respiratoires, Centre de Référence Constitutif des Maladies Pulmonaires Rares de l’Adulte, CHU Dijon Bourgogne, 21079 Dijon cedex
D’après la Session B8 : Pulmonary rehabilitation in non-COPD patients: updates on the evidence, clinical indications and physiology.
ENCORE des actualités dans les infections à mycobactéries non tuberculeuses

Daley et al ont présenté les résultats très attendus de l’étude ENCORE évaluant la place de l’amikacine liposomale nébulisée (ALIS) dans le traitement des infections à M. avium complexe (MAC) en première ligne de traitement.
Le traitement classique des infections à MAC repose sur une triple antibiothérapie associant macrolides, rifampicine et éthambutol. Actuellement, l’indication de l’ALIS est limitée aux infections à MAC réfractaires, c’est-à-dire sans négativation des prélèvements après 6 mois d’un traitement standard bien conduit. L’étude ENCORE est une étude randomisée comparant l’association azithromycine-éthambutol avec soit de l’ALIS soit un placebo, et qui a pour critère de jugement principal l’amélioration du score de symptômes respiratoires RSS. Ce score a été récemment validé et consiste en l’utilisation de 8 items du QOL-B RD (la principale différence est l’absence de prise en compte de la couleur des expectorations). Il oscille entre 0 et 100. Plus le score est élevé moins le patient est symptomatique. Le traitement proposé était un traitement de 12 mois fixe, avec une évaluation du critère de jugement principal à 1 mois de l’arrêt. Le suivi était de 3 mois post arrêt de traitement. Etaient inclus les patients ayant une infection à MAC non cavitaire et naïfs de tout traitement anti-MAC.
L’étude a inclus 425 patients (79% de femmes) ayant dans la majorité des cas des dilatations des bronches. L’amélioration des symptômes, mesurée par le score RSS, était significativement plus importante dans le groupe ALIS (17,77 vs. 14, 66 points, p=0,03). Le taux de négativation des prélèvements à 6 mois était significativement plus important dans le groupe ALIS (87,8% vs. 57%). Ainsi, une trithérapie avec remplacement de la rifampicine par ALIS apparait plus efficace qu’une bithérapie qui n’est, par contre, pas le traitement standard proposé par les recommandations internationales. Les auteurs concluent également sur un bénéfice durable d’un traitement fixe de 12 mois comportant de l’ALIS. Néanmoins, un suivi de 3 mois post fin de traitement apparait comme insuffisant pour supporter une telle conclusion.
L’étude ENCORE permet donc de montrer une amélioration des symptômes respiratoires des patients traités par une triple thérapie comportant ALIS en remplacement de la rifampicine, avec un taux de négativation des prélèvements supérieur à celui d’une bithérapie. Mais pour changer les pratiques, une comparaison au traitement de référence serait nécessaire, avec idéalement un suivi plus prolongé pour vérifier l’absence de rechute à moyen et long terme.
Claire Andréjak, Présidente de la Société de Pneumologie de Langue Française, Responsable de la Fédération Hospitalo Universitaire RESPIRE, Service de Pneumologie, CHU Amiens Picardie EA4294-AGIR Université de Picardie Jules Verne, Amiens
D’après le poster de Daley C. Amikacin liposome inhalation suspension for newly diagnosed Mycobacterium avium complex lung disease : Efficacy and safety from a phase 3b study (ENCORE). Session A71.
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