SPLF Webmaster

Eve Webmaster

L’ingéniosité marketing sans limites de l’industrie du tabac

Karine Gallopel-Morvan1 d’après une interview réalisée par Agnès Lara

1.Professeure des Universités (Marketing social). École des Hautes Études en Santé Publique. ARENES (UMR CNRS 6051)  et unité INSERM U1309. Professeure honoraire, Université de Stirling (Écosse)


Les mesures de santé publique entreprises depuis une trentaine d’années ont modifié l’image du tabac chez les jeunes, ainsi que sa dangerosité perçue, incitant nombre d’entre eux à s’en détourner. Pour conserver cette populationcible essentielle, les industriels du tabac s’adaptent et innovent en jouantla carte de la réduction du risque.

Pr Gallopel-Morvan, en quoi le marketing de l’industrie du tabac est-il particulièrement innovant et avant-gardiste ?

 L’industrie du tabac a toujours été à la pointe de l’innovation en termes de marketing et a souvent été imitée par d’autres industries. Les industriels du tabac ont par exemple été les premiers à utiliser le placement de produits dans les films dès les années 1930. Ces stratégies sont ensuite devenues pratiques courantes jusqu’à leur interdiction dans certains pays dont la France en 1991 au travers de la loi Évin. Les industriels du tabac ont aussi été les premiers à associer leur marque à des événements de musique ou sportifs par le biais du sponsoring. Jusqu’à l’arrivée du paquet neutre, le paquet de cigarettes était aussi utilisé pour valoriser le produit lorsque les publicités dans les médias étaient interdites, via des personnages de bande dessinée, des mentions tabac « bio »…

Pour faire face aux différentes réglementations, les stratégies marketing évoluent et s’adaptent sans cesse. Aujourd’hui, les marques de tabac sont très présentes sur les réseaux sociaux, notamment à travers des influenceurs. Ces supports ont l’avantage d’être plus discrets et éphémères que d’autres supports publicitaires et facilitent leur utilisation en dehors du cadre légal. Ces stratagèmes de contournement des lois représentent aussi l’une des spécificités de l’industrie du tabac.

Quelle est la principale cible des industriels du tabac ?

Les jeunes constituent une cible prioritaire puisqu’ils représentent les futurs consommateurs, ceux qui assureront le marché durant plusieurs années tant qu’ils seront dépendants. Pour les inciter à entrer dans la consommation de tabac, les industriels ont proposé des produits aromatisés – mangue, fraise, chocolat… – plus agréables à consommer pour les débutants ou encore des produits innovants, comme les cigarettes à capsules : interdites aujourd’hui en France ; ces cigarettes ont un filtre contenant une ou plusieurs capsules qui, sous la pression des doigts, peut libérer un arôme à la menthe, fraise, etc. Les enquêtes réalisées par Santé publique France et l’Observatoire Français des drogues et des tendances addictives (OFDT) montrent que les jeunes répondent aux mesures de santé publique mises en place ces trente dernières années en se détournant du tabac classique. Ils se tournent vers le vapotage et les autres nouveaux produits du tabac. Mais le tabac à rouler, en raison de son faible prix, est aussi davantage consommé par les jeunes que le tabac manufacturé. Pour s’adapter à ces nouveaux usages, les industriels appliquent le marketing du tabac classique à la e-cigarette : design attractif, high-tech, arômes, production de beaucoup de fumée ou de vapeur, ce qui plaît beaucoup aux jeunes. 

Lire la suite de l’article ci-dessous (réservé abonné.e à la revue Info Respiration)

Article réservé aux abonné.e.s à Info Respiration u003ca href=u0022https://splf.fr/abonnement-info-respiration/u0022u003eS’abonneru003c/au003en• Si vous êtes abonné.e, connectez-vous u003ca href=u0022https://splf.fr/login/u0022u003ehttps://splf.fr/login/u003c/au003e

L’ingéniosité marketing sans limites de l’industrie du tabac Lire la suite »

ATS 2025


Retrouvez les brèves des communications rédigées par l’équipe de la Mission ATS

À partir du 19 mai 2025 retrouvez les résumés des communications sous forme de brèves par l’équipe des experts de la Mission ATS 2025

ATS 2025 Lire la suite »

Réunions de concertation pluridisciplinaires RespiFil : un outil stratégique pour les pneumologues confrontés à des situations complexes

Flore Mathurin¹, Sabrina Aberbache¹, Céline Lustremant¹, Nathalie Aboufarah¹, Mohamed Ihaddadene¹, Sophie Yavordios², Vincent Cottin³

1.Équipe opérationnelle de la filière de santé des maladies respiratoires rares RespiFil. 2.Chargée de mission traitement au sein de la filière RespiFil ; exerce par ailleurs au service de pneumologie du CHU Louis Pradel, Hospices Civils de Lyon (Lyon, France) ; affiliée au LBBE (UMR CNRS 5558). Coordonnateur de la filière RespiFil. 3.Coordonnateur du CRMR des maladies pulmonaires rares (OrphaLung). Chef du service de pneumologie à l’Hôpital Louis Pradel, Hospices Civils de Lyon (Lyon, France) et affilié à l’UMR 754, Université Claude Bernard Lyon 1 (Lyon, France).


Dans le champ des maladies respiratoires rares, le pneumologue est souvent en première ligne face à des diagnostics incertains, des trajectoires cliniques atypiques ou des décisions thérapeutiques
à fort enjeu. Les réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP) nationales organisées par la filière RespiFil constituent un dispositif structurant pour sécuriser ces décisions et rompre l’isolement face aux situations complexes.

Créée en 2014, RespiFil est la filière nationale de santé dédiée aux maladies respiratoires rares. Labellisée et financée par le ministère chargé de la Santé, elle vise à structurer l’expertise nationale, améliorer l’accès au diagnostic, harmoniser les pratiques et soutenir la recherche et la formation. Elle déploie notamment un réseau de Réunions de Concertation Pluridisciplinaire (RCP) nationales, permettant la discussion collective des cas complexes de maladies respiratoires rares.

Un outil d’aide à la décision

Pour le pneumologue hospitalier ou libéral, les RCP RespiFil permettent :

  • d’obtenir un avis collégial national sur un dossier complexe ;
  • d’accéder à une expertise hyperspécialisée ;
  • de sécuriser une stratégie diagnostique ou
    thérapeutique ;
  • d’orienter un patient vers un centre expert ;
  • d’optimiser l’accès au diagnostic génétique.
    Chaque séance réunit au minimum trois spécialités différentes (pneumologues, généticiens, radiologues, anatomopathologistes, pharmaciens…), garantissant une discussion multidisciplinaire.

Réunions de concertation pluridisciplinaires RespiFil : un outil stratégique pour les pneumologues confrontés à des situations complexes Lire la suite »

Info -Respiration Numéro 192-Avril 2026

Entretiens
Retour sur le ras-le-bol des médecins libéraux Lire Plus
Bruno Stach d’après une interview réalisée par Caroline Guignot
L’intelligence artificielle en pratique clinique Oncologie thoracique Lire Plus
Julien Ancel d’après une interview réalisée par Agnès Lara

Actualités
Réunions de concertation pluridisciplinaires RespiFil : un outil stratégique pour les pneumologues confrontés à des situations complexes Lire Plus
Flore Mathurin, Sabrina Aberbache, Céline Lustremant, Nathalie Aboufarah,
Mohamed Ihaddadene, Sophie Yavordios, Vincent Cottin

Éditorial
Étienne-Marie Jutant Lire Plus

Carte Blanche à …
Espace Francophone de Pneumologie (EFP). Prise en charge de la tuberculose en Tunisie Lire Plus
Fatma Tritar, Leila Slim, Rachid Fourati, Hafaoua Daghfous

Mise au point
Les nouveaux marqueurs du Syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil : pronostiques du risque cardiovasculaire ? Lire Plus
Vanessa Bironneau

Lu pour vous
In broncho VERITAS Lire Plus
Yannick Simonneau

Culture
Le trait de côte de Christophe Boltanski Lire Plus
Jean-Pierre Orlando

Vie de la Société
L’Espace francophone de pneumologie (EFP) : quinze ans déjà ! Lire Plus
Georges Khayat

Les rapports d’activité 2025 des groupes de travail de la SPLF Lire Plus

• Groupe AJPO2 – Association des Jeunes Pneumologues de France
• Groupe Alvéole
• Groupe G2A – Groupe Asthme & Allergies• Groupe GAT – Groupe AérosolThérapie
• Groupe GELF/GETIF – Groupe d’Endoscopie de Langue Française/Groupe d’Endo­scopie Thoracique et Interventionnel Francophone
• Groupe GKR – Groupe Kinésithérapie Respiratoire
• Groupe GTI – Groupe de Travail Infirmier
• Groupe RESPIRenT – RESeau de Pneumologie en Innovation et Recherche translaTionnelle
• Groupe SOMMEIL
• Groupe TTI – Tabac Toxiques Inhalés

Communiqué de Presse
• Le tozorakimab atteint son critère d’évaluation principal dans les essais de phase III OBERON et TITANIA menés chez des patients atteints de BPCO Lire Plus

Info -Respiration Numéro 192-Avril 2026 Lire la suite »

Retour sur le ras-le-bol des médecins libéraux

Bruno Stach

Pneumologue à Valenciennes. Président du Syndicat de l’Appareil Respiratoire
d’après une interview réalisée par Caroline Guignot


Le 10 janvier 2026, une grande partie des médecins libéraux – dont de nombreux pneumologues – entamaient une grève nationale d’une dizaine de jours pour protester contre le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2026 et plusieurs réformes touchant de plein fouet l’exercice libéral. Le Dr Bruno Stach, pneumologue à Valenciennes et président du Syndicat de l’appareil respiratoire rappelle les revendications qui ont nourri ce mouvement, et qui ont été pour partie entendues.

Pourquoi les médecins libéraux ont-ils initié ce mouvement de grève en janvier dernier ?

Cela faisait plusieurs mois que la médecine libérale faisait l’objet d’attaques en règle de la part des parlementaires. Les discussions qui ont eu lieu dans le cadre du PLFSS 2026 ont constitué un nouveau palier pour nous car le texte proposé aux parlements bafouait véritablement la convention médicale.
Cette dernière est normalement négociée entre les deux parties, la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) et les médecins. Or, certaines mesures conduisaient à tourner le dos à ce principe de discussion. Je pense notamment à l’article 77, qui permet à la CNAM de décider unilatéralement de la baisse du tarif de certains actes, qui a bel et bien été voté dans le PLFSS. Or, des baisses tarifaires ont déjà été actées pour certaines spécialités, comme les radiologues, ou les pneumologues qui ont perdu une cotation supplémentaire à l’interprétation des radiographies. Preuve des craintes de baisses tarifaires que nous craignons de voir se généraliser si l’article
77 venait à être appliqué.
Une autre limitation prévue par ce texte visait pour la première fois à pénaliser financièrement les professionnels de santé n’ayant pas renseigné systématiquement le Dossier Médical Partagé (DMP) de leur patient, alors que ce dispositif n’est pas finalisé.
Ce point a finalement été retiré par le Conseil d’État, au motif qu’il ne relevait pas d’une loi de finances, mais il pourrait tout à fait faire l’objet d’une petite loi ultérieure.

Juste avant le projet de loi, les députés Garot et Moulier avaient fait des propositions visant à réguler l’installation des médecins libéraux et à leur imposer des obligations en contrepartie de la liberté d’installation.
Tout cela, mis bout à bout, a alimenté une énorme colère qui s’est traduit dans ce mouvement de grève. Tout cela s’inscrit à l’encontre de la convention et des missions de la médecine libérale, qui constitue un pont essentiel entre le premier recours et l’hôpital, un rôle qui fonctionne particulièrement bien en pneumologie d’ailleurs. Depuis plusieurs mois, les médecins libéraux s’organisent en Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) et pour les spécialistes hors médecine générale en Équipe de soins spécialisés (ESS), et tout cela finit par nous démotiver à investir autant de temps dans l’organisation de ces équipes de soins spécialisés.

Retour sur le ras-le-bol des médecins libéraux Lire la suite »

L’intelligence artificielle en pratique clinique Oncologie thoracique

Julien Ancel

Pneumo-oncologue, Service des Maladies Respiratoires du CHU de Reims, UMR-S Inserm 1250 P3Cell
(Pathologies Pulmonaires et Plasticité Cellulaire), URCA
d’après une interview réalisée par Agnès Lara


L’intelligence artificielle est entrée dans le domaine de l’oncologie depuis déjà quelques années.
Elle fait aujourd’hui ses premiers pas en oncologie thoracique. Quelles nouvelles opportunités
va-t-elle apporter en matière de diagnostique et thérapeutique ? Quelles en sont
les limites ? Le Dr Julien Ancel, pneumo-oncologue au CHU de Reims et collaborateur de l’institut d’Intelligence Artificielle en Santé Reims Champagne-Ardenne, apporte quelques éléments de réponse.

Quels sont les principaux usages de l’intelligence artificielle dans le domaine médical aujourd’hui ?

En pratique courante, l’Intelligence Artificielle (IA) peut aider les médecins dans de nombreux domaines que je regrouperais en deux axes. Le premier concerne l’accompagnement quotidien du médecin dans les tâches administratives : calendriers personnels, professionnels, rédaction de comptes rendus de consultations et autres courriers… Elle permet de délester les personnels soignants de certaines tâches répétitives pour leur rendre un temps précieux, celui de la relation humaine. Au plan clinique, les applications sont nombreuses et se déploient peu à peu en pratique courante : lecture d’imagerie médicale, aide au diagnostic et à la décision, planification du traitement chirurgical, prédiction de la réponse aux chimio- et immunothérapies, évaluation pronostique… Enfin, l’IA est aussi très présente en amont, dans le domaine de la recherche médicale 1

Quel est l’usage le plus développé dans le domaine de l’oncologie ?

Le dépistage du cancer du sein par mammographie est l’un des champs les plus avancés de l’IA. Grâce aux techniques de deep learning, les machines sont capables d’apprentissage à partir de larges bases de données sans avoir besoin d’être programmées pour chaque tâche. Elles permettent aujourd’hui d’analyser automatiquement les images de mammographie et de détecter les anomalies suspectes. Une étude publiée en 2020 dans la revue Nature avait fait grand bruit en montrant que l’IA pouvait atteindre, voire dépasser, les performances des radiologues dans le dépistage du cancer du sein 2 D’autres travaux ont depuis confirmé que l’IA pouvait améliorer la sensibilité du dépistage, détecter les cancers à un stade plus précoce et optimiser le tri des patientes nécessitant des examens complémentaires3 En France, l’IA se déploie comme outil d’aide au diagnostic dans certains centres depuis 2020, notamment pour la lecture des mammographies : Il a en effet été démontré qu’un radiologue assisté par l’IA était supérieur à un radiologue seul 4 Mais elle ne remplace pas la double lecture par un second radiologue.

L’intelligence artificielle en pratique clinique Oncologie thoracique Lire la suite »

Retour en haut
SPLF-APPLI

GRATUIT
VOIR