Congrès

Remission clinique de l’asthme sévère sous Benralizumab : focus sur les données françaises

Dorian Hassoun, service des explorations fonctionnelles, CHU de Nantes

L’étude BENEFIT est une étude observationnelle rétrospective, financée par AstraZeneca, reposant sur les données médico-administratives issues du SNDS. Les analyses présentées avaient pour objectif d’évaluer, en vie réelle, la proportion de patients atteignant des critères de rémission sous benralizumab et de caractériser ces patients.

Sous benralizumab, un tiers des patients asthmatiques sévères atteint une rémission définie sur des critères médico-administratifs.

L’objectif principal des analyses présentées aujourd’hui était d’évaluer la prévalence d’obtention de la rémission clinique des patients asthmatiques sévères traités par benralizumab pendant au moins 1 an avec au minimum 2 ans de suivi entre 2019 et 2023.

La rémission clinique était considérée comme atteinte au cours de toute période de 12 mois sous benralizumab durant laquelle les quatre critères suivants étaient simultanément remplis : aucun corticoïde oral dispensé, moins de 3 dispositifs de bronchodilatateur de courte durée d’action ou moins de 3 dispositifs d’une association CSI-formoterol dispensé, posologie quotidienne moyenne de CSI inférieure ou égale à 1000 µg/jour (équivalent beclométasone), aucune hospitalisation liée à l’asthme.

Parmi les 10 224 patients ayant initié un traitement par benralizumab, 4 041 patients ayant eu au moins un an de traitement par benralizumab et 2 ans de suivi ont pu être inclus dans l’analyse.

La population incluse possédait des caractéristiques classiquement associées à un asthme sévère de type T2 éligible à une biothérapie : sujets de sexe féminin à 57,5 % âgés en moyenne de 60,2 +/- 13,9 ans présentant une rhinite allergique dans 86,4 % des cas et une polypose nasosinusienne dans 8,5 % des cas. Plus d’un tiers (36,7 %) des patients ont été hospitalisés du fait de leur asthme dans les 5 années précédant l’initiation du benralizumab. Il est à noter enfin que 34 % des patients avaient reçu au moins une autre biothérapie dans les 5 années précédentes.

La proportion de patients en rémission clinique (respect des 4 critères) durant les 12 mois de traitement par benralizumab était de 33,9 % (1 369 patients). La durée médiane d’obtention de cette rémission clinique était de 113 jours (1-322 jours) avec une durée médiane de rémission de 21,4 mois (15,4-31 mois). La délivrance de corticostéroïdes oraux constituait la principale cause d’interruption d’une période de rémission (41,2 %), devant la fin du suivi (31,2 %). La nature médico-administrative des données ne permettait toutefois pas de déterminer l’indication de ces prescriptions.

Les patients atteignant la rémission avaient initialement une moindre exposition aux corticostéroïdes et moins de comorbidités.

Des différences étaient notées entre les patients achevant une rémission clinique durant la première année de traitement par benralizumab en comparaison avec les patients n’atteignant pas la rémission. Ces patients présentaient à l’instauration du benralizumab une moindre exposition aux corticostéroïdes, tant sur le plan des formes inhalées (874,5 +/- 618,6 vs 1 202,4 +/- 849,3 µg/jour, p < 0,0001) qu’orales (4,1 (1,1 ; 6,6) vs 6,6 (3,3 ; 11,9) mg/jour, p < 0,0001). Ces patients en rémission clinique étaient par ailleurs moins nombreux à avoir été hospitalisés du fait d’un asthme (27,9 % vs 41,2 %, p<0,0001) et moins susceptibles d’avoir eu une biothérapie antérieure dans les 5 ans (25,7 vs 38,2 %, p < 0,0001) dans les 5 années précédant l’instauration du benralizumab. Enfin, les patients en rémission clinique présentaient moins de comorbidités associées, qu’il s’agisse de BPCO, de maladies cardiovasculaires, d’obésité ou de diabète.

Au total, environ un tiers des patients asthmatiques sévères traités par benralizumab atteignait les quatre critères de rémission définis à partir des données du SNDS. Les patients atteignant cette rémission présentaient à l’instauration du traitement une moindre exposition aux corticostéroïdes, moins d’antécédents d’hospitalisation ainsi qu’une moindre charge en comorbidités. Notons néanmoins que la « rémission » évaluée ici repose exclusivement sur des critères médico-administratifs à confirmer avec les données cliniques.


D’après le poster suivant : Remission with Benralizumab in Severe Asthma: Real-World Evidence from the French claims database (BENEFIT Study)
Présenté par Arnaud BOURDIN
Session : Remission and relapse in airway diseases with biologic therapies – Le 08/09/2026

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Impact du phénotypage des patients apnéiques sur leur prise en charge : mythe ou réalité ?

Vanessa Bironneau, Service de Pneumologie, CHU  de Poitiers

Les nouveaux outils tels que les biomarqueurs, l’endotypage ou encore l’intelligence artificielle, sont prometteurs pour mieux stratifier les patients, mais leur valeur clinique reste encore incomplète, surtout lorsque les résultats sont difficiles à interpréter ou insuffisamment validés.

La prise en charge des patients apnéiques a d’abord reposé sur la physiologie et les symptômes, puis s’est enrichie par la recherche de biomarqueurs. L’objectif de cette évolution est de mieux identifier les patients à risque et d’adapter le traitement à leur profil réel, plutôt que de se limiter à une classification trop générale.

Les biomarqueurs

Les nouveaux biomarqueurs sont associés à un risque accru d’événements cardiovasculaires et cérébrovasculaires. Toutefois, ces données proviennent surtout d’études rétrospectives, avec une base de preuve encore inférieure à celle d’essais contrôlés prospectifs. Cela explique pourquoi certains marqueurs sont utiles pour orienter la réflexion, mais ne suffisent pas encore à eux seuls pour guider toute la décision thérapeutique.

Cependant, les données récentes suggèrent que les modèles de stratification peuvent aider à mieux identifier les patients à haut risque, distinguer ceux qui ont un bénéfice réel d’un traitement et orienter les choix thérapeutiques selon le profil du patient. Mais ces outils ne sont pas encore totalement prêts pour une application généralisée sans validation supplémentaire.

La place de l’intelligence artificielle

L’IA est décrite comme un outil prometteur, mais encore perçu comme une “boîte noire” par les cliniciens. Deux limites majeures sont mises en avant : la difficulté à comprendre pourquoi l’algorithme produit un résultat donné et la nécessité d’une validation clinique avant un usage réel. L’objectif n’est pas de remplacer entièrement la clinique par les algorithmes, mais de construire une prise en charge où les traits et les endotypes complètent les symptômes, où le traitement est choisi parmi plusieurs options disponibles et la décision est prise avec le patient.

Impact sur le diagnostic

La polysomnographie (PSG) reste l’outil diagnostique de référence pour le SAS, car elle fournit des informations complètes sur la structure du sommeil, les éveils, les troubles associés et évite de compter à tort des événements respiratoires pendant l’éveil. Elle permet aussi de distinguer les événements obstructifs/centraux et les apnées/hypopnées.

Impact sur la thérapeutique

La PPC est le traitement le plus fiable et le plus universel, avec une efficacité anatomiquement, donc applicable à la plupart des patients, et associée à une amélioration de la survie et de la mortalité. Les autres alternatives (OAM, chirurgie, stimulation du nerf hypoglosse) sont décrites comme efficaces dans des petites sous populations de patients très spécifiques. Il est donc nécessaire d’évaluer l’éligibilité aux thérapies alternatives par des outils de sélection comme l’endoscopie sous sommeil induit par ex. Le recours à des analyses physiopathologiques plus complexes pour prédire la réponse aux traitements non simples reste cantonné dans un cadre plus scientifique que routinier. Ainsi , la mise en pratique reste limitée par le fait que ces évaluations sont chronophages, nécessitent du personnel dédié et ne sont pas adaptées à la pratique quotidienne.
Parallèlement il existe également des limites non cliniques : la résistance au changement dans les hôpitaux ayant investi dans les laboratoires du sommeil, la données,e persistante pour l’analyse manuelle par le personnel, les préoccupations liées à la sécurité des données , les contraintes concernant le remboursement et l’inertie réglementaire avec des codes et critères de couverture obsolètes

Conclusion

L’examen des symptômes et des biomarqueurs vers une stratification plus fine par traits, puis vers l’usage prudent de l’intelligence artificielle, pourra à terme améliorer la sélection du traitement et renforcer la pertinence clinique des décisions. L’objectif étant de mieux identifier les patients susceptibles de bénéficier des thérapies alternatives, sans perdre de vue que les traitements établis restent les plus robustes. La médecine du sommeil évolue donc vers la précision sans que les standards actuels aient encore perdu leur valeur clinique et pratique.

D’après la session Perspective discussion: Can treatable traits- and symptom subtype-based management replace standard sleep apnoea diagnosis and treatment?
Precision matters: highlighting the relevance of endotypes and symptom subtypes for successful treatment concepts Maria Rosaria Bonsignore (Palermo, Italy)
Back to basics: why do established diagnostic and treatment paradigms still lead the way in obstructive sleep apnoea management? Johan Verbraecken (Edegem (Antwerp), Belgium

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SAHOS et HTA : quel lien ? Quel bénéfice à attendre de la PPC ?

Jean Vanessa Bironneau, Service de Pneumologie, CHU  de Poitiers

Le SAHOS n’est pas seulement un trouble respiratoire, mais également un facteur de risque cardiovasculaire avec un impact particulier sur l’hypertension nocturne et l’hypertension résistante via la dysfonction endothéliale et le remodelage vasculaire. On pourrait donc espérer une amélioration des pressions artérielles sous PPC mais celle-ci reste modeste et très variable selon les profils de patients.

Quel lien entre SAHOS et HTA ?

Pendant le sommeil normal, le tonus sympathique diminue et le tonus parasympathique augmente. En cas de SAHOS, les épisodes d’hypoxie intermittente et d’hypercapnie inversent cet équilibre.
Les mécanismes évoqués comprennent : l’activation des chémorécepteurs périphériques et centraux, l’altération du baroréflexe, l’augmentation du flux sympathique rénal, l’activation du système rénine-angiotensine, la diminution de la biodisponibilité du NO, le stress oxydatif et l’inflammation favorisant la dysfonction endothéliale. La conséquence n’est pas seulement une hausse tensionnelle transitoire pendant l’épisode obstructif. Le SAHOS entraîne aussi une élévation durable de la pression artérielle, y compris en dehors des épisodes nocturnes. La relation entre l’hypertension et la dysfonction vasculaire est présentée comme bidirectionnelle : l’hypertension aggrave la lésion vasculaire, qui à son tour entretient l’hypertension. La prévalence de l’hypertension est élevée chez les patients avec un SAHOS, en particulier chez les patients présentant un SAHOS sévère, en cas d’hypoxémie nocturne.

La charge hypoxique est un meilleur prédicteur des effets sympathiques que des indices plus classiques comme l’IAH ou l’index de désaturation. Des modulateurs de l’effet existent : l’âge (association plus marquée chez les sujets jeunes et d’âge moyen) et le sexe (les données sont plus complexes, mais certaines cohortes suggèrent un risque tensionnel potentiellement plus élevé chez les femmes dans certains phénotypes de SAHOS).
En pratique, il faut rechercher chez nos patients apnéiques une hypertension nocturne, un profil non-dipper ou reverse-dipper, une hypertension résistante ou encore une hypoxémie nocturne importante, qui peut orienter la stratification du risque.
L’évaluation tensionnelle doit donc idéalement inclure une mesure ambulatoire de la pression artérielle pour ne pas méconnaître l’atteinte nocturne.

Quel bénéfice attendre de la PPC ?

Le traitement du SAHOS, en particulier par la PPC, peut améliorer la fonction endothéliale et réduire certains effets cardiovasculaires délétères. Ainsi, chez l’ensemble des patients avec apnée du sommeil, la réduction est généralement de l’ordre de 2 à 3 mmHg. L’effet devient nettement plus important chez les patients présentant une hypertension résistante ou une hypertension mal contrôlée. Deux modulateurs majeurs de la réponse sont mis en avant : la sévérité du SAHOS et l’observance du traitement.

Concernant le traitement par orthèse d’avancée mandibulaire (OAM), les résultats sur l’amélioration des pressions artérielles sont proches de ceux avec la PPC. Ceci est dû au fait que même si l’OAM est souvent moins efficace sur l’IAH, elle est utilisée plus longtemps pendant la nuit. Un seuil d’environ 6 heures d’utilisation semble plus pertinent qu’un simple seuil de 4 heures pour influencer la pression artérielle. À 12 mois, l’effet de l’OAM reste durable, avec une baisse tensionnelle comparable ou supérieure à la PPC dans certaines analyses.

La gestion pondérale est présentée comme un levier essentiel, surtout en combinaison avec le traitement de l’apnée.
A noter que le traitement principal de l’hypertension reste les traitements anti-hypertenseurs, et que le traitement de l’apnée doit être intégré dans une stratégie cardiovasculaire plus large.

Conclusion

 L’objectif clinique est d’intégrer le SAHOS dans la décision thérapeutique de l’hypertension, afin de mieux identifier les patients à risque, adapter la prise en charge tensionnelle et prévenir les complications cardiovasculaires.
Il est donc nécessaire de ne pas sous-estimer l’hypertension nocturne et de considérer le SAHOS comme un levier thérapeutique pertinent dans la stratégie de contrôle tensionnel, ce qui justifie une évaluation tensionnelle complète et une prise en charge ciblée du SAHOS pour améliorer le pronostic cardiovasculaire.

D’après la session State of the art session: Sleep and breathing disorders From cause to treatment: obstructive sleep apnoea as a driver of hypertension and a target for prevention
Intermittent hypoxemia, sympathetic overdrive and vascular dysfunction: the pathophysiological link between OSA and hypertension Esther Irene Schwarz (Zürich, Switzerland)
Beyond CPAP: Comparative effectiveness of OSA therapies for blood pressure control Peter Cistulli (St Leonards, Australia)

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Cancers bronchiques et pneumopathies infiltrantes diffuses : les données de vie réelle de 2 cohortes françaises

Vincent Fallet, Service de pneumologie hôpital Tenon, Paris

L’association entre cancer bronchique et pneumopathie infiltrante diffuse (PID) constitue un défi diagnostique et thérapeutique. Deux études françaises présentées lors du congrès de l’ERS apportent des données complémentaires de vraie vie sur les caractéristiques cliniques, la survie et le profil moléculaire de ces patients complexes.

Une étude rétrospective monocentrique lyonnaise a analysé les dossiers de 45 patients suivis entre 2018 et 2025 pour un cancer pulmonaire associé à une PID. La cohorte distinguait les PID associées aux connectivites (n=12) des PID non auto-immunes (n=33). L’âge médian au diagnostic du cancer était plus jeune dans le groupe des connectivites (57ans contre 70ans). Sur le plan histologique, l’adénocarcinome représentait 39% des cas dans les PID non auto-immunes contre 25% dans les connectivites, tandis que le cancer à petites cellules n’a été observé que dans le groupe des connectivites (n=4). Les carcinomes épidermoïdes représentaient 26.6% de la cohorte globale.

Une prise en soin grevée d’une lourde morbi-mortalité

Les complications inhérentes à la prise en soin sont fréquentes. Lors des procédures diagnostiques, 13.3% des patients (n=6) ont présenté une complication dont 2 patients ont été admis en soins intensifs. Des complications surviennent également très régulièrement lors de la prise en soin thérapeutique :

  • La chirurgie a engendré 43% de complications (6/14 patients, incluant 2 exacerbations de fibrose).
  • La radiothérapie a causé 27% de complications (3/12 patients, dont 1 exacerbation de fibrose).
  • La chimiothérapie a entraîné 25% de complications (3/13 patients, exclusivement des exacerbations de fibrose).

La survie globale médiane après le diagnostic de cancer atteignait 32 mois (IC 95%: 10.9-180 mois). Cette survie s’avèrait significativement altérée chez les patients présentant un syndrome emphysème-fibrose (médiane de survie < 1 mois), un cancer à petites cellules (médiane de survie de 9.3 mois) ou un score ILD-GAP élevé (score 6, 4-5 vs 0-3, p = 0,007). Cette étude confirme que la sévérité et le type de la PID sous-jacente conditionnent lourdement le pronostic oncologique.

Profil clinicopathologique et moléculaire des tumeurs

Une seconde étude observationnelle multicentrique (8 centres français, 101 patients et 102 tumeurs colligés entre 2009 et 2020) s’est intéressée au profil clinicopathologique et moléculaire des cancers pulmonaires associés à une PID fibrosante. Les analyses génomiques par NGS ADN et ARN, réalisées respectivement sur 95 (93 %) et 70 (68 %) échantillons tumoraux, ont été comparées à la base de données TCGA.

La population étudiée était très majoritairement masculine (86%), âgée (âge médian de 68 ans) et fortement tabagique (93%). L’aspect scanographique d’UIP prédominait largement (80,2 %). On retrouvait une forte proportion de carcinomes épidermoïdes (42%).

Le top 5 des gènes mutés comprenait TP53 (60%), ATM (21%), NF1 (17%), KRAS (12%) et NOTCH1 (11%). Des altérations génomiques ciblables ont été retrouvées chez 11.4% (n=5) des adénocarcinomes et 2.6% (n=1) des carcinomes épidermoïdes. Celles-ci incluaient une mutation de l’EGFR (L858R), 2 fusions (ALK, NRG1), une mutation de saut de l’exon 14 de MET et 2 mutations KRAS G12C.

Conclusion

Ces études rappellent que la survenue d’un cancer bronchique sur PID s’inscrit dans un terrain d’une extrême fragilité, où chaque étape diagnostique ou thérapeutique comporte un risque majeur d’exacerbation aiguë de la fibrose. Sur le plan oncologique, la présence d’une PID ne doit surtout pas faire renoncer à l’exploration moléculaire même si l’introduction d’une thérapie ciblée devra être discuté en RCP devant le risque de toxicité pulmonaire du traitement.

D’après C. Bérard et al. Characteristics and outcome of lung cancer associated with interstitial lung disease (ILD) are associated with the underlying diagnosis and severity of ILD: data from a series of 45 patients.
E. Guenzi et al. Clinical, pathological, and genomic features of lung cancers associated with fibrosing interstitial lung diseases in a French multicentric cohort

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Pneumonie communautaire : les recommandations ATS 2025, du diagnostic à la personnalisation du traitement

Louise Bondeelle,

Service de Pneumologie, Hôpitaux universitaires de Genève, Suisse

 Une session de l’ERS a proposé une mise au point pratique sur la prise en charge de la pneumonie aiguë communautaire, à la lumière des nouvelles recommandations de l’American Thoracic Society publiées en 2025.  Le message central est celui d’une prise en charge plus dynamique et personnalisée, dans laquelle le diagnostic, l’évaluation de la gravité et la réévaluation thérapeutique doivent guider les décisions.

Microbiote et inflammation neutrophilique

 Le diagnostic évolue vers une approche multimodale. L’échographie pulmonaire, réalisée par un opérateur expérimenté, peut constituer une alternative à la radiographie thoracique dans certaines situations. Les tests microbiologiques rapides et les biomarqueurs offrent également de nouvelles possibilités pour préciser l’étiologie et guider l’antibiothérapie. Leur interprétation doit toutefois rester prudente car l’identification d’un microorganisme ne signifie pas nécessairement qu’il est responsable de la pneumonie. Les approches combinant données cliniques, tests rapides et biomarqueurs semblent particulièrement prometteuses mais non encore parfaitement délimitées.

La durée de l’antibiothérapie se raccourcit officiellement. Chez les patients ayant une PAC non sévère, avec évolution favorable et stabilité clinique, un traitement de moins de 5 jours peut désormais être envisagé, avec un minimum de 3 jours. La durée doit ainsi être déterminée par la réponse clinique plutôt que par une durée prédéfinie. La CRP peut aider à réduire l’exposition aux antibiotiques, tandis que la PCT n’a pas de place pour guider leur durée, mais peut contribuer à l’aide au diagnostic d’une infection bactérienne, en complément des données cliniques.

Les données récentes suggèrent qu’une stratégie structurée de switch antibiotique IV à oral permet de réduire la durée d’exposition IV et parfois la durée d’hospitalisation, sans perte d’efficacité.

Les corticostéroïdes restent principalement réservés aux PAC sévères. Chez les patients admis en réanimation pour PAC sévère, l’hydrocortisone a démontré un bénéfice sur la mortalité à J28, ainsi qu’une diminution du recours à certaines thérapeutiques de support. Ces résultats confortent leur utilisation ciblée dans les formes sévères, mais ne justifient pas leur généralisation aux PAC non sévères et restent contre indiqués en cas de pneumonie grippale.

Au total, l’ERS 2026 renforce un changement de paradigme dans la PAC : mieux diagnostiquer pour mieux traiter, mais surtout réévaluer pour moins traiter lorsque cela est possible. L’utilisation raisonnée des tests rapides, des biomarqueurs et de l’échographie, associée à une réévaluation clinique précoce, doit permettre de personnaliser l’antibiothérapie, de raccourcir sa durée et de favoriser la désescalade. Les antibiotiques restent indispensables, mais leur préservation passe désormais par une utilisation plus précise et plus individualisée.

D’après la Session plénière – État de l’Art – Modérateurs : C Cilloniz Campos, O Min Kon, F Blasi – Orateurs : Eva Polverino, Damien Basile, Markus Fally et Grant Waterer

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La PPC a-t-elle encore sa place dans la prise en charge du SAHOS ?

Vanessa Bironneau, Service de Pneumologie, CHU  de Poitiers

La PPC est-elle encore réellement utile pour tous les patients atteints d’apnée obstructive du sommeil ou seulement pour certains profils ? Un groupe de travail d’experts européens a tenté de répondre à cette question et d’en tirer des recommandations.

Mieux personnaliser la prise en charge du SAHOS et garantir que la PPC reste disponible et pertinente pour les patients qui en ont besoin

Le SAHOS est une maladie hétérogène pour laquelle les effets du traitement peuvent varier selon la physiopathologie, le sexe, l’âge, le type de symptômes, l’importance des comorbidités, les caractéristiques observées lors de l’enregistrement du sommeil… L’objectif des nouvelles recommandations européennes est de passer d’une logique “une maladie, une recommandation” à une logique plus personnalisée, afin d’identifier quels patients doivent être traités pour obtenir un bénéfice réel et durable. Ces recommandations se sont attachées à prendre également en compte des critères plus pertinents pour les patients, notamment concernant leur qualité de vie.
L’objectif est de présenter des recommandations plus fines, fondées sur une meilleure stratification des patients, afin de préserver la place de la PPC pour ceux qui en tirent un bénéfice démontré.

Pour cela, un groupe de travail soutenu par les sociétés savantes européennes s’est réuni pour écrire ces recommandations reposant sur plusieurs principes : tenir compte de la diversité des phénotypes du SAHOS, intégrer les comorbidités et la sévérité des comorbidités cardiovasculaires, distinguer les patients somnolents, non somnolents, ou présentant surtout une mauvaise qualité de sommeil ou de l’insomnie, considérer l’observance comme un facteur décisif d’efficacité. L’objectif scientifique et clinique est double : mieux personnaliser la prise en charge du SAHOS et garantir que la PPC reste disponible et pertinente pour les patients qui en ont besoin.

Les recommandations :

Chez l’adultes présentant un SAHOS, l’effet de la PPC dépend fortement des caractéristiques du patient et de l’observance au traitement, ce qui limite l’application d’une recommandation générale à un patient individuel. Cependant, le groupe pose une recommandation forte en faveur de la PPC dans le sous-groupe de patients initialement très somnolent. En cas de SAHOS modéré à sévère, le bénéfice de la PPC semble être plus important chez les patients avec une pression artérielle initiale plus élevée, et une bonne observance
Chez les patients non somnolents, les recommandations sont conditionnelles avec une faible certitude, en faveur de la PPC ou de l’absence de traitement devant l’absence de preuve sur la réduction des complications cardio-vasculaires et de la mortalité. Il faut donc alors tenir compte des symptômes, des comorbidités et de la sévérité du SAHOS, et pas seulement de la somnolence.

Chez le patient âgé (>65ans), le bénéfice de la PPC semble plus probable chez les patients symptomatiques, motivés et capables d’utiliser correctement la PPC. Le suivi à long terme est présenté comme un point clé pour optimiser le traitement. L’absence de données spécifiques à la population féminine empêche tout recommandation formelle.
Chez les patients hypertendus, les résultats montrent des réductions faibles à modérées de plusieurs paramètres tensionnels en faveur de la PPC. A noter que le meilleur effet est observé lorsque la PPC est associée à un traitement antihypertenseur, et tout particulièrement chez les patients insuffisamment contrôlés sous médicaments, et âgés de moins de 60 ans.
Dans le cadre de la fibrillation auriculaire, les essais randomisés disponibles n’ont pas montré d’effet clair de la PPC sur la récidive. Les experts ont donc conclu à une recommandation conditionnelle pour la PPC ou l’absence de traitement avec une certitude très faible. Un bénéfice potentiel pourrait exister chez les patients plus obèses et présentant une fibrillation auriculaire paroxystique nocturne.
Enfin, une dernière recommandation portait sur les patients présentant une dysglycémie. Devant une faible réduction de l’HbA1c, sans bénéfice clair sur les autres critères, les experts ont conclu à une recommandation conditionnelle pour la PPC ou l’absence de traitement avec une certitude très faible.
La PPC peut néanmoins avoir un rôle dans des populations sélectionnées, par exemple chez les femmes enceintes avec diabète gestationnel et signes de SAHOS.

Conclusion :
Ces recommandations fournissent un cadre pour adapter la PPC à des profils cliniques variés, en allant d’une approche générale vers une médecine plus personnalisée, afin d’orienter le traitement vers les patients qui peuvent réellement en tirer un bénéfice clinique durable. L’objectif n’est pas seulement de traiter le SAHOS, mais aussi d’améliorer les symptômes, la qualité de vie, le contrôle tensionnel, et, chez certains patients, le risque cardiovasculaire.

D’après la session Guidelines session: Continuous positive airway pressure for the treatment of adult obstructive sleep apnoea Continuous positive airway pressure for adult obstructive sleep apnoea
Existing guidelines on CPAP therapy and the need for a new European guideline Esther Irene Schwarz (Zürich, Switzerland)
New ERS/ESRS clinical practice guideline for continuous positive airway pressure for the treatment of adult obstructive sleep apnoea Dries Testelmans (Leuven, Belgium)

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Diagnostic de la sarcoïdose cardiaque : de la rigueur !

Jean Pastré, Paris

L’équipe du Dr Kouranos a cherché à évaluer l’approche séquentielle de l’apport de différents examens d’imagerie comme outils diagnostiques de la sarcoïdose cardiaque.

Le diagnostic de l’atteinte cardiaque dans la sarcoïdose pose un problème clinique récurrent avec un enjeu fort pour le patient compte tenu de sa morbi-mortalité et de son impact thérapeutique. Bien que des recommandations soient disponibles 1, il n’existe pas de « Gold standard » diagnostique. Dans ce contexte, l’équipe du Dr Kouranos a cherché à évaluer l’approche séquentielle de l’apport de différents examens d’imagerie comme outils diagnostiques de l’atteinte cardiaque.

Intérêt d’une approche « step by step »
Une cohorte  de 141 patients sarcoïdoses avec suspicion d’atteinte cardiaque ont bénéficié d’une approche séquentielle avec initialement une évaluation clinique et échographique (étape 1), complétée par une IRM (étape 2) puis un TEP-FDG cardiaque (étape 3). Tous les dossiers étaient revus par une équipe experte comprenant cliniciens, cardiologues et radiologues. Si l’étape 1 permettait aux cliniciens de retenir le diagnostic avec une probabilité élevée (>70%) dans 22% des cas, l’apport de la phase 2 puis 3 permettait un diagnostic dans 50 et 64% des cas respectivement. On notait que les Odds Ratios (OR) de la présence d’une atteinte cardiaque étaient équivalents entre IRM et TEP-FDG (9,29 [3,4-25,6] et 8,67 [3,4-25,6] respectivement). Dans les cas où le diagnostic était incertain après l’IRM, le TEP montrait une bonne performance diagnostique avec un OR à 52 [6,4-431,1]. Finalement, dans les cas sans certitude diagnostique malgré les 3 étapes, la mise en évidence d’une concordance régionale de l’atteinte entre les 2 examens était associée à un OR de 8.7 [1,3-58,6] pour le diagnostic de sarcoïdose cardiaque.

En pratique …

L’apport d’une analyse séquentielle incluant clinique, échographie, IRM et TEP-FDG augmente la probabilité diagnostique de sarcoïdose cardiaque. Ces résultats suggèrent que l’IRM et la TEP sont complémentaires et non interchangeables et leur analyse comparée est la clef des dossiers difficiles. L’apport de la TEP-IRM (examens couplée au cours de la même procédure) est le sujet d’une étude en cours de recrutement en France et précisera peut être les zones d’ombre qui persistent. Dans tous les cas, ces résultats militent aussi pour une approche multidisciplinaire et une discussion avec cardiologues, radiologues ou isotopistes pour améliorer les performances diagnostiques.


D’après la Présentation  « Multidisciplinary approach for diagnosis of cardiac sarcoidosis” Orateur Vasilis Kouranos, Royal Brompton Hospital, London

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Devenir des patients greffés pulmonaires pour pneumopathie interstitielle à anti-MDA5 : expérience multicentrique française.

Clairelyne Dupin, Paris

L’équipe de l’hôpital Foch a présenté les résultats de l’expérience française de transplantation pulmonaire pratiquée chez des patients atteints de pneumopathie interstitielle diffuse (PID) rapidement progressive associée à une dermatomyosite anti-MDA5.

L’atteinte pulmonaire rapidement progressive de la dermatomyosite à anticorps anti-MDA5 est de mauvais pronostic, grevée d’une mortalité de 50% à 6 mois. Malgré une thérapeutique immunosuppressive adaptée, certains patients ont une évolution défavorable amenant à une prise en charge en unité de soins intensifs pour insuffisance respiratoire aiguë. La mortalité atteint 80% en cas de recours à la ventilation mécanique.

Les patients doivent donc être rapidement orientés vers un centre spécialisé afin d’évaluer la faisabilité d’une transplantation pulmonaire (TP) et de discuter l’intensification thérapeutique.

L’équipe de l’hôpital Foch menée par le Dr Mathilde Phillips-Houlbracq a présenté les résultats de l’expérience française de TP pratiquée chez des patients atteints de pneumopathie interstitielle diffuse (PID) rapidement progressive associée à une dermatomyosite anti-MDA5.

Dans une étude rétrospective observationnelle non interventionnelle, 20 patients ont été transplantés dans 6 centres distincts entre 2018 et 2026. 60 % étaient des femmes, d’âge moyen 52 ans (IQR 44-55). Le pattern radiologique pulmonaire était une pneumopathie organisée (PO) dans 20% des cas, une PINS dans 45% des cas et une association PINS-PO dans 35%.

Préalablement à la TP, tous les patients avaient reçu des cures de corticostéroïdes systémiques, 60 % une plasmaphérèse, 80 % du tofacitinib, 85% du tacrolimus et 40% du cyclophosphamide.

Le délai médian entre l’apparition des premiers symptômes et la TP était de de 131 (74–185) jours. Au moment de la TP, tous étaient hospitalisés en soins intensifs, 85% étaient sous ventilation mécanique, 70% des patients étaient sous ECMO en « bridge to lung transplantation » et 90% ont été greffés dans le cadre du programme d’attribution de greffe à haute priorité.

Avant la greffe, seuls 2 patients étaient connus d’un centre de transplantation, et 19 ont été inscrits sur liste pendant leur séjour en unité de soins intensifs. La durée médiane de suivi était de 3,8 (2,5–4,4) ans.

Après la TP, les durées médianes de ventilation mécanique et d’hospitalisation en soins intensifs étaient respectivement de 35 (13–78) et 40 (25-54) jours. Le séjour était marqué par une forte prévalence de neuromyopathie (65%) et de sevrage ventilatoire difficile (60% de patients trachéotomisés).

Quatre patients sont décédés dans les 90 jours suivant la TP (rejet aigu n=2, sarcome de Kaposi n=1, pneumonie n=1). Aucun cas de récidive PID ni de tumeur maligne n’a été observé, mais 2 patients présentaient une positivité des anticorps antiMDA5

Ces données précieuses confirment les résultats favorables à long terme de la TP dans le cadre des PID de dermatomyosite à antiMDA5 et doivent faire adresser systématiquement ces patients à des centres de transplantation dès le diagnostic.


D’après la session poster 35 Poster n°856

Devenir des patients greffés pulmonaires pour pneumopathie interstitielle à anti-MDA5 : expérience multicentrique française. Lire la suite »

A propos de la session « Clinical outcomes in pulmonary hypertension: treatment responses and survival »

Simon Valentin, Département de Pneumologie, CHRU de Nancy

Durant cette session de communications orales dédiée aux maladies vasculaires pulmonaires chroniques, les dernières données concernant la réponse aux traitements de l’HTAP ont été présentées.

Le ralinepag : une place chez les patients à faible risque de mortalité ? Marc HUMBERT (France)

Le ralinepag est un agoniste des récepteurs de la prostacycline administré par voie orale, qui combine une demi-vie longue, permettant une administration une fois par jour, et de faibles variations des concentrations plasmatiques traduisant une stabilité pharmacologique importante. Une étude de phase 2 a montré son efficacité sur l’amélioration de la résistance vasculaire pulmonaire comparativement au placebo 1.

L’étude ADVANCE est une étude de phase 3 randomisée, en double aveugle, contrôlée versus placebo, qui a évalué l’efficacité et la sécurité du ralinepag chez les patients atteints d’HTAP. Au total, 687 patients ont été inclus, principalement traités par bithérapie orale, avec une majorité de patients en faible risque (53,8%) selon COMPERA 2.0. Le résultat sur le critère de jugement principal, précédemment publié, était en faveur d’une réduction franche du temps jusqu’au premier évènement chez les patients traités par ralinepag 2.

L’amélioration clinique était définie a priori par l’obtention d’au moins deux critères suivants : une amélioration du TM6 d’au moins 10 % ou 30 m, une amélioration ou une stabilité de la classe fonctionnelle NYHA I ou II et/ou une diminution du taux de NT-pro-BNP d’au moins 30%. Le traitement par ralinepag était associé à une probabilité nominale 47% plus élevée d’obtenir une amélioration clinique telle que définie. Les effets indésirables étaient ceux habituellement décrits avec les traitements de la voie de la prostacycline.

Ces données sont particulièrement intéressantes car les patients inclus étaient majoritairement atteints d’HTAP à faible risque de mortalité, et le profil de sécurité du ralinepag s’avère satisfaisant. Sa place dans l’algorithme thérapeutique reste cependant à préciser.

Quel profil d’efficacité et de tolérance pour les patients traités au long cours par Sotatercept ? Iona PRESTON (USA)

Les bénéfices du traitement par sotatercept chez les patients atteints d’HTAP ont été démontrés dans plusieurs études récentes, et il a aussi été décrit des effets secondaires de type hémorragies, télangiectasies, élévation du taux d’hémoglobine, HTA et, plus rarement, épanchements péricardiques 3, 4 , 5. Des données de suivi au long cours issues de l’étude SOTERIA, en phase ouverte, ont été présentées ce jour.

Au total, 881 patients ont été analysé avec une exposition cumulée médiane au sotatercept de 2,1ans. Les bénéfices du sotatercept sur la classe fonctionnelle NYHA, le TM6 et le taux de NT-pro-BNP ont été maintenus jusqu’au moins 5 ans après le début du traitement. Ces bénéfices se sont également traduits par une amélioration précoce et durable de la stratification du risque.

Les effets indésirables rapportés étaient similaires à ceux observés dans les précédentes études avec peu de patients ayant nécessité une interruption de traitement (4,2%). Leur fréquence n’augmentait pas chez les patients traités au long cours. Les données concernant les épanchement péricardiques nécessitent cependant une attention particulière chez les patients traités au long cours.

Ces données sont encourageantes pour l’efficacité et la tolérance des patients traités au long cours par sotatercept.

Et chez les patients avec des comorbidités cardiovasculaires, quelles données du Sotatercept ? Vallerie McLaughlin (USA)

Les patients présentant des comorbidités cardiovasculaires sont de plus en plus représentés dans les populations récentes de patients atteints d’HTAP mais leur réponse au sotatercept n’est pas spécifiquement connue 6. Une analyse post hoc de l’étude HYPERION s’est intéressée au pronostic des patients présentant un diabète, une hypertension artérielle, une coronaropathie et/ou une obésité.

Parmi les 320 patients inclus dans HYPERION, 35% présentaient une comorbidité cardiovasculaire et 31% en présentaient au moins deux. Plus les patients avaient de comorbidités cardiovasculaires, plus ils étaient âgés, avec une classe fonctionnelle NYHA plus élevée et une distance parcourue au TM6 plus basse. Une réduction significative, précoce et durable du temps jusqu’à l’aggravation clinique était observée, aussi bien chez les patients sans comorbidités que ceux présentant une voir deux ou plus comorbidités cardiovasculaires.

A noter que les patients présentant plus de deux comorbidités avaient plus fréquemment des hémorragies et une élévation de la pression artérielle systémique que les autres.

Ces données sont néanmoins rassurantes quant à la prescription du sotatercept chez les patients présentant des comorbidités cardiovasculaires.


D’après la session « Clinical outcomes in pulmonary hypertension: treatment responses and survival »

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Climat et poussières du désert     

Grégory Reychler, Service de kinésithérapie et de pneumologie, Cliniques universitaires Saint-Luc, UCLouvain, Bruxelles

Cet exposé a traité des poussières désertiques (desert dust), un phénomène environnemental en augmentation en Europe et considéré comme une conséquence indirecte du changement climatique.

Les poussières, principalement issues du Sahara, peuvent être transportées sur de très longues distances jusqu’en Europe du Nord, mais aussi à travers les océans. Elles sont composées de particules minérales, d’argile et de sels, tout en pouvant transporter des polluants d’origine humaine, des micro-organismes et des allergènes.

Selon une étude récente publiée en 2026, les concentrations de poussières désertiques augmentent progressivement en Europe, notamment dans le sud de l’Espagne, de l’Italie et de la Grèce. Cette hausse s’explique principalement par l’avancée de la désertification en Afrique du Nord et par des modifications des conditions atmosphériques favorisant les vents du sud.

Les épisodes de poussières désertiques entraînent une forte augmentation des concentrations de particules fines PM10 et PM2.5 dans l’air. Plusieurs études montrent que leurs effets sanitaires à court terme sont comparables à ceux des particules issues de la pollution anthropique. Une étude 1 menée dans dix villes méditerranéennes a observé une augmentation de la mortalité et des hospitalisations, notamment pour des causes cardiovasculaires et respiratoires, avec un impact particulièrement marqué chez les enfants.

Une revue systématique soutenue par l’OMS confirme également une hausse significative de la mortalité et de la morbidité lors des épisodes de poussières désertiques. Les mécanismes identifiés incluent l’inflammation, le stress oxydatif, les atteintes respiratoires et cardiovasculaires ainsi que l’activation de réponses immunitaires.

Enfin, l’intervenant souligne que les effets à long terme restent encore mal connus. Il appelle au développement d’études de cohorte internationales afin de mieux comprendre les conséquences chroniques de l’exposition aux tempêtes de sable et de poussière et d’identifier les composants les plus nocifs pour la santé humaine.


D’après l’exposé de Francesco Forastiere.

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