Congrès

Sevrage accéléré de la VNI guidé par le score NIVO au cours de l’exacerbation de BPCO : les résultats de l’essai randomisé NIVOW

Léo Grassion, Service de Pneumologie, CHU de Bordeaux (Hôpital Haut-Lévêque)

Chez les patients BPCO traités par VNI à la phase aigue d’une exacerbation, l’utilisation du  score de risque NIVO et de critères physiologiques objectifs de sevrabilité, permet-elle un sevrage accéléré de la VNI ?

La VNI au cours de l’exacerbation aigue de BPCO (EABPCO) avec acidose hypercapnique est le Gold Sandard. Cependant la stratégie de sevrage optimale une fois la phase aigue passée reste incertaine. Faut-il accélérer le sevrage pour limiter la durée d’hospitalisation, éviter les complications et réduire les couts de santé, ou à l’inverse le ralentir, pour éviter le risque de récidive à l’arrêt.

Récemment, des cliniciens anglais ont développé le score de sévérité NIVO. Celui-ci construit à partir de sept variables cliniques et gazométriques simples à recueillir à l’admission, permet de classer les patients en quatre catégories de risque, associées à une mortalité hospitalière croissante : 5,0 % pour le risque faible, 16,8 % pour le risque intermédiaire, 41,2 % pour le risque élevé et 71,4 % pour le risque très élevé

L’objectif de l’étude NIVOW était de voir si l’utilisation de ce score pouvait permettre chez les patients les moins sévères de proposer un sevrage accélérée de la VNI.

Une sélection objective des patients éligibles au sevrage accéléré

L’essai a comparé un sevrage standard (n = 83) à un sevrage accéléré (n = 81). Les critères d’inclusion associaient un diagnostic d’EABPCO avec une acidose hypercapnique, un score NIVO à risque faible ou intermédiaire, et la présence de critère de sevrabilité après 24h de VNI intensive (sortie d’acidose, réduction de la capnie et absence de détresse respiratoire à l’arrêt de la VNI). Dans le bras accéléré, le protocole reposait sur des tests de sevrage quotidiens de 4 heures hors VNI, une gazométrie était réalisée à la fin de ces 4h et un pH ≥ 7,35 permettait l’arrêt définitif de la VNI (avec poursuite de la surveillance transcutanée du CO2 pendant 8 heures), tandis qu’un pH < 7,35 conduisait à remettre la VNI et à répéter l’épreuve de sevrage le lendemain.

Le critère de jugement principal était le délai de sevrage. Les deux groupes étaient comparables à l’inclusion sur l’âge, le sexe, l’indice de masse corporelle, la fonction respiratoire, la sévérité de la dyspnée, le score NIVO, les gaz du sang initiaux et la durée de VNI avant randomisation.

Un sevrage deux fois plus rapide, sans surrisque

Le délai de sevrage médian était de 46,1 heures (IQR 41,3–70,2) dans le groupe standard, contre 6,1 heures (IQR 5,0–7,3) dans le groupe accéléré (p < 0,0001), sans décès avant sevrage dans les deux groupes et un seul échec de sevrage par bras. La durée totale de ventilation était réduite de près de moitié dans le groupe accéléré (42 heures [37–50] versus 85 heures [71–111] ; p < 0,0001). Aucune différence significative n’a été observée entre les deux stratégies concernant la rechute, la mortalité hospitalière ou à 90 jours (toutes causes ou d’origine respiratoire), la durée de séjour après sevrabilité, les réhospitalisations à 30 jours (avec ou sans insuffisance respiratoire hypercapnique aiguë), ou le recours à la ventilation à domicile à 90 jours — avec, pour plusieurs de ces critères, une tendance numérique favorable au sevrage accéléré malgré un profil de patients légèrement plus sévère dans ce bras.

Un bénéfice net sur le vécu des patients

Les complications liées à la VNI rapportées par les patients étaient moins fréquentes et moins sévères dans le groupe accéléré, avec des différences significatives sur plusieurs items entre J2 et J4. Le score de sommeil de Richard Campbell, plus élevé traduisant un meilleur sommeil, était également meilleur dans le groupe accéléré dès le deuxième jour, avec un écart marqué au moment de l’arrêt de la VNI. En revanche, aucune différence n’a été observée entre les groupes sur l’encombrement bronchique (échelle visuelle analogique), la dyspnée (échelle de Borg), ou la qualité de vie évaluée par le Saint George’s Respiratory Questionnaire-C à J7, J30 et J90, après ajustement sur les covariables.

Vers une généralisation du sevrage accéléré guidé par le score NIVO

Selon les auteurs, l’association d’une stratification clinique du risque (score NIVO) et de critères physiologiques de sevrage de « bon sens » permet d’identifier en toute sécurité une large population de patients pour laquelle un sevrage accéléré peut être proposé, avec un gain de 40 heures sur le délai de sevrage et de 50 % sur la durée totale de ventilation. Le sevrage accéléré améliore le vécu des patients en les libérant plus rapidement de la contrainte de la VNI, avec une amélioration plus précoce du sommeil pouvant favoriser la vigilance, l’humeur et la participation dans les activités de réhabilitation précoce.


D’après la présentation orale de M.H. Naseer et al., « Standard stepwise compared to accelerated weaning from NIV in ECOPD directed by the NIV Outcomes score: a randomised controlled trial » (essai NIVOW, ISRCTN64639614), congrès de l’European Respiratory Society (ERS), Barcelone, Espagne, 5–9 septembre 2026.D’après la présentation orale de M.H. Naseer et al., « Standard stepwise compared to accelerated weaning from NIV in ECOPD directed by the NIV Outcomes score: a randomised controlled trial » (essai NIVOW, ISRCTN64639614), congrès de l’European Respiratory Society (ERS), Barcelone, Espagne, 5–9 septembre 2026.

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Tozorakimab dans la BPCO à haut risque d’exacerbations : quel effet sur les bouchons muqueux.

Léo Grassion, Service de Pneumologie, CHU de Bordeaux (Hôpital Haut-Lévêque)

Cette analyse exploratoire des essais de phase III OBERON et TITANIA (NCT05158387) avait pour objectif d’évaluer l’effet du tozorakimab comparé au placebo sur le Mucus Plug Score (MPC) segmentaire chez des patients BPCO exacerbateurs

La dérégulation de la signalisation de l’IL-33 est responsable d’une inflammation chronique via la voie IL-33red–ST2, mais aussi de la dysfonction du mucus via la voie IL-33ox–EGFR au cours de la BPCO. Le tozorakimab, anticorps anti-IL-33 inhibant ces deux voies, cible ainsi directement ce second mécanisme. Celui-ci pourrait alors avoir un impact sur la présence de bouchon muqueux, dont la présence est associé à un risque accru d’exacerbation.

Cette analyse exploratoire des essais de phase III OBERON (NCT05166880) et TITANIA (NCT05158387),  avait pour objectif d’évaluer l’effet du tozorakimab comparé au placebo sur le Mucus Plug Score (MPC) segmentaire (nombre de segments pulmonaires comportant au moins un bouchon muqueux, sur une échelle de 0 à 18) chez des patients BPCO exacerbateurs fréquents.

Une évaluation centralisée du score de bouchons muqueux en scanner

L’étude a inclus des fumeurs actifs ou sevrés atteints de BPCO, avec un antécédent d’exacerbations, recevant un traitement inhalé d’entretien stable de fond. Les critères d’inclusion imposaient un score CAT ≥ 10 et un score ≥ 2 pour chacun des items expectoration et toux. Les patients étaient inclus indépendamment de leur taux d’éosinophiles sanguins à l’inclusion, et recevaient soit un placebo sous-cutané toutes les 4 semaines, soit du tozorakimab 300 mg SC toutes les 4 semaines (Q4W) ou toutes les 8 semaines (Q8W), pendant 52 semaines. Le MPS segmentaire était mesuré par scanner thoracique à l’inclusion et à la semaine 52, avec une double lecture centralisée réalisée par des radiologues certifiés. La variation du MPS segmentaire entre l’inclusion et la semaine 52 sous tozorakimab 300 mg Q4W et Q8W versus placebo constituait un critère exploratoire.

Les bouchons muqueux marquent un phénotype de BPCO plus sévère

Parmi les participants disposant d’un MPS segmentaire valide à l’inclusion et à la semaine 52 (N = 704), 78,8 % (n = 555) présentaient au moins un bouchon muqueux à l’inclusion, contre 21,2 % (n = 149) sans bouchon muqueux. Les patients porteurs de bouchons muqueux présentaient un phénotype de BPCO cliniquement plus sévère : âge moyen plus élevé (67,9 versus 66,3 ans), obstruction bronchique sévère à très sévère (stades GOLD 3–4) plus fréquente (69,5 % versus 49,7 %), score de qualité de vie SGRQ plus élevé (53,7 versus 50,4), recours plus fréquent à une trithérapie inhalée de fond (90,3 % versus 83,2 %), VEMS pré-bronchodilatateur plus bas (40,6 % versus 48,0 % de la valeur théorique), taux d’éosinophiles sanguins médian plus élevé (196,2 versus 157,8 cellules/µL), et antécédent d’exacerbation sévère dans les 12 mois précédents plus fréquent (36,8 % versus 22,1 %).

Une réduction dose-dépendante des bouchons muqueux sous tozorakimab

Dans la population globale (N = 704, MPS segmentaire moyen à l’inclusion 4,4), le tozorakimab 300 mg Q4W a entrainé une réduction du MPS segmentaire de 1,08 point (–25,1 %) à la semaine 52, contre –0,12 point (–2,7 %) sous placebo (différence –0,96 [IC95 % –1,55 à –0,37] ; p = 0,0005). L’effet était moindre et non significatif sous Q8W (–0,68 point, –15,9 % ; différence versus placebo –0,56 [–1,24 à 0,09] ; p = 0,1544). Cette réduction dose-dépendante était observée aussi bien chez les anciens fumeurs que chez les fumeurs actifs , avec dans ce dernier groupe une légère augmentation du MPS sous placebo (+0,44 point, +8,8 %).

Une piste pour un bénéfice clinique dans une population à fort besoin médical

Selon les auteurs, le tozorakimab est le premier traitement biologique à démontrer une réduction du nombre de segments pulmonaires porteurs de bouchons muqueux par rapport au placebo, chez des anciens et des fumeurs actifs atteints de BPCO, inclus indépendamment de leur taux d’éosinophiles sanguins. Cette réduction des bouchons muqueux sous tozorakimab pourrait se traduire par des bénéfices cliniques chez ces patients à fort besoin médical non couvert, une hypothèse qui continuera d’être explorée et rapportée dans le cadre du programme de phase III LUNA.


D’après le poster de G. Washko et al., « Tozorakimab reduces the number of lung segments with mucus plugs in patients with COPD at high risk of exacerbations: integrated analysis of the replicate OBERON and TITANIA phase 3 studies » (poster PA2522), congrès de l’European Respiratory Society (ERS), Barcelone, Espagne, 5–9 septembre 2026.

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Peut-on lier la variabilité des mesures de FeNO à l’évolution de la maladie asthmatique ?

Dorian Hassoun, service des explorations fonctionnelles, CHU de Nantes

Les mesures de FeNO sont variables chez les patients asthmatiques au cours du suivi. Une étude de cohorte prospective suédoise s’est intéressée au lien entre cette variabilité et l’évolution du contrôle de l’asthme et de la fonction respiratoire.

La variabilité des mesures de FeNO au cours du suivi est associée à l’évolution du contrôle de l’asthme et de la fonction respiratoire.

L’étude s’est basée sur la cohorte prospective suédoise Swedish National Airway Register (2013 à 2024) en sélectionnant les 2 362 patients ayant des mesures répétées de la FeNO. Il est à noter que les recommandations de prise en charge suédoises ne prévoient pas de surveillance systématique de la FeNO et ne recommandent pas d’utiliser la FeNO pour guider la thérapeutique. Les patients étaient âgés en moyenne de 45 ans avec une légère prédominance féminine (53 %).

La variabilité du FeNO a été calculée pour chaque individu comme l’écart-type intra-individuel des résidus issus d’un modèle linéaire mixte ajusté sur le temps, l’âge, le sexe, la taille, le poids et la saisonnalité. Cette approche permettait d’isoler les fluctuations de visite à visite non expliquées par ces facteurs.

La variabilité du FeNO a été étudiée seule, puis en interaction avec la pente d’évolution du FeNO au cours du temps (en hausse ou en baisse), ou avec sa valeur basale (< ou ≥ 20 ppb). Ces dernières ont ensuite été confrontées à la survenue des exacerbations, l’évolution des doses cumulées annuelles de CSI, l’évolution du contrôle de l’asthme évalué par le score ACT et l’évolution annuelle du VEMS (variation de 100 mL par an).

Les patients inclus dans l’étude présentaient une franche hétérogénéité intra-individuelle et inter-individuelle des valeurs mesurées de FeNO (moyenne 2.9/patient) au cours du suivi. Dans la cohorte entière, une variabilité élevée de la FeNO était associée à une amélioration du score ACT et une réduction des exacerbations dans l’année suivant la mesure de la FeNO.

Néanmoins, l’association de la variabilité de la FeNO avec l’évolution clinique de l’asthme dépend de la pente d’évolution de la FeNO (baisse vs hausse) et de la valeur basale.

Afin d’affiner l’analyse, les auteurs ont étudié l’interaction entre la variabilité du FeNO et le sens de son évolution au cours du suivi (baisse ou hausse). Lorsque la variabilité du FeNO était élevée et associée à une augmentation du FeNO au cours du temps, un déclin plus rapide du VEMS était observé, malgré une réduction des exacerbations. Paradoxalement, l’augmentation de la variabilité de la FeNO associée à une FeNO ≥ 20 ppb était quant à elle associée à une amélioration du VEMS malgré une augmentation de la fréquence des exacerbations.

Malgré ces associations, la qualité de la prédiction des exacerbations, de la posologie des CSI, du contrôle de l’asthme et du VEMS par la variabilité de la FeNO, associée ou non à son évolution (hausse/baisse) et à sa valeur basale était réduite avec des AUC de courbes ROC compris entre 0,54 et 0,68.

Au total, la variabilité de la FeNO au cours du temps semble associée à certains marqueurs d’activité de la maladie asthmatique. Néanmoins, ces associations semblent complexes rendant difficile son utilisation en pratique clinique. Son utilisation pour guider la prise en charge à l’échelle de l’individu requerra des études complémentaires pour mieux comprendre les liens de cause à effet entre la FeNO, la pression thérapeutique et les marqueurs d’activité de l’asthme.


D’après le poster suivant : Visit-to-visit FeNO variability predicts outcomes in routine-care adult asthma Présenté par Reshed Abohalaka Session : Molecular and cellular mechanisms in airway disease – Le 07/09/2026

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Soins palliatifs et BPCO : le projet européen EU-PAL-COPD    

Grégory Reychler, Service de kinésithérapie et de pneumologie, Cliniques universitaires Saint-Luc, UCLouvain, Bruxelles

Cette présentation a porté sur le projet européen EU-PAL-COPD, visant à améliorer l’intégration précoce des soins palliatifs chez les patients atteints de BPCO avancée.

Les patients BPCO présentent une charge symptomatique importante, des hospitalisations fréquentes et des besoins élevés en soins palliatifs, alors même qu’ils y accèdent souvent très tardivement, dans les derniers jours de vie.

L’intervention proposée débute lors d’une hospitalisation pour exacerbation de la maladie. Son objectif est d’aider les professionnels à identifier précocement les besoins palliatifs des patients. Elle repose sur plusieurs piliers : l’évaluation des besoins, une communication renforcée entre soignants, patients et aidants, la prise de décision partagée concernant les soins futurs, l’initiation d’une planification anticipée des soins et le suivi après la sortie de l’hôpital.

Ce modèle, développé il y a une dizaine d’années au Royaume-Uni, a montré des résultats prometteurs en favorisant une prise en charge plus conforme aux souhaits des patients. Le projet européen vise désormais à adapter et évaluer cette approche dans six pays : le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Hongrie, le Danemark, le Portugal et la Belgique.

L’adaptation a reposé sur un processus structuré associant chercheurs, cliniciens, patients et aidants. Les éléments essentiels de l’intervention ont été maintenus, tandis que certaines modalités pratiques ont été adaptées aux réalités locales, aux systèmes de santé et aux ressources disponibles dans chaque pays.

Les défis rencontrés sont la nécessité de préserver les principes fondamentaux de l’intervention tout en tenant compte des différences culturelles, organisationnelles et réglementaires et l’importance de former les professionnels à ces discussions sensibles et de respecter la volonté des patients, qui ne sont pas toujours prêts à aborder précocement les questions liées à la fin de vie.

La réussite d’une telle intervention repose sur un équilibre entre standardisation et flexibilité, ainsi que sur une collaboration étroite entre soignants, patients et aidants. L’essai clinique est actuellement en cours et ses résultats devraient permettre d’évaluer l’efficacité de cette approche à l’échelle européenne. 


D’après l’exposé de Didar Karadag Akkaya

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Supplémentation alimentaire en nitrates dans la BPCO

Grégory Reychler, Service de kinésithérapie et de pneumologie, Cliniques universitaires Saint-Luc, UCLouvain, Bruxelles

Cet exposé a présenté l’étude ONPACE, qui évalue l’intérêt d’une supplémentation alimentaire en nitrates chez des patients atteints de BPCO sévère avec hypoxémie nécessitant une oxygénothérapie.

Les patients atteints de BPCO sévère avec hypoxémie nécessitant une oxygénothérapie souffrent souvent d’une limitation importante de l’activité physique, d’une faible mobilité et d’une qualité de vie altérée malgré des traitements optimisés.

Les nitrates alimentaires, notamment présents dans le jus de betterave, augmentent la disponibilité de l’oxyde nitrique dans l’organisme. Cette molécule joue un rôle essentiel dans la vasodilatation, la fonction musculaire, la respiration cellulaire et la régulation de l’inflammation. Des études antérieures avaient montré des effets bénéfiques sur la capacité d’exercice, le nombre de pas quotidiens et certains paramètres cardiovasculaires chez des patients atteints de BPCO.

L’essai ONPACE visait à déterminer si une supplémentation quotidienne en nitrates pendant 12 semaines pouvait améliorer les difficultés ressenties par les patients dans leurs activités physiques quotidiennes. Les chercheurs ont évalué la capacité à l’effort, la qualité de vie, la pression artérielle, le nombre de pas et la fonction endothéliale.

L’étude a été menée sous la forme d’un essai randomisé, contrôlé contre placebo et en double aveugle dans trois centres britanniques. Au total, 98 patients ont été inclus, avec un âge moyen de 69 ans et une atteinte respiratoire sévère, reflétant une population fortement symptomatique.

Les résultats montrent qu’après 12 semaines, aucune amélioration significative n’a été observée concernant les difficultés liées à l’activité physique, la capacité d’exercice, le nombre de pas quotidiens, la qualité de vie ou la pression artérielle par rapport au groupe placebo.

En revanche, la fonction endothéliale, un marqueur important de la santé vasculaire, s’est améliorée de manière significative chez les patients recevant les nitrates. Les analyses biologiques ont également confirmé une augmentation des concentrations plasmatiques de nitrates, démontrant l’efficacité de la supplémentation.

En conclusion, même si la supplémentation en nitrates n’a pas permis d’améliorer les performances physiques ou la qualité de vie des patients atteints de BPCO hypoxémique sévère, elle semble avoir des effets favorables sur le système vasculaire. Ces résultats encouragent la poursuite des recherches afin d’évaluer son potentiel comme traitement complémentaire ou comme soutien à la réadaptation respiratoire.


D’après l’exposé de Alexis Perkins.

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Quelle prévalence de la dyspnée d’effort chez le patient asthmatique sévère à l’ère des biothérapies ?

Dorian Hassoun, service des explorations fonctionnelles, CHU de Nantes

Un poster présentait les données relatives à l’évaluation de la dyspnée d’effort chez les patients asthmatiques sévères suivis dans le cadre de la cohorte française RAMSES (NCT04077528).

Le développement des biothérapies a significativement modifié la prise en charge des patients asthmatiques sévères avec une amélioration drastique du contrôle de la maladie, une réduction des exacerbations sévères et des hospitalisations et une réduction du recours à la corticothérapie d’entretien. Néanmoins, on dispose de moins de données concernant les symptômes rapportés par les patients (PROM = Patient-Reported Outcome Measures) traités par biothérapie en vie réelle.

Dans ce cadre, au contraire d’autres pathologies respiratoires chroniques telle que la BPCO, peu de données relatives à la prévalence et aux déterminants de la dyspnée d’effort sont disponibles pour les patients asthmatiques sévères 1. Chez les patients asthmatiques, la dyspnée est par ailleurs multifactorielle avec un impact important de l’anxiété et des symptômes d’hyperventilation sur ses dimensions sensorielles et affectives 2.

A l’ère des biothérapies, environ un patient asthmatique sévère sur deux présente une dyspnée d’effort sévère ou invalidante (mMRC ≥ 2). Un tiers  ont une dyspnée d’effort sévère ou invalidante alors même qu’ils sont traités par biothérapie.

L’objectif de l’étude était tout d’abord de déterminer la fréquence de la dyspnée d’effort, évaluée au moyen du score mMRC (critère de jugement principal : mMRC ≥2), chez les patients asthmatiques sévères puis d’en rechercher les facteurs associés.

Parmi les 2 041 patients de la cohorte RAMSES, 569 patients (27,9 %) avaient une évaluation de la dyspnée par le mMRC accessible et ont été inclus. L’échantillon inclus possédait des caractéristiques classiquement associées à l’asthme sévère : sujets d’une soixantaine d’années (âge médian de 57,4 ans), de genre féminin en majorité (63,1 %) avec un asthme non contrôlé (score ACT < 20) dans 65,5 % des cas. Plus de la moitié des patients (54,4 %) étaient traités par une biothérapie : 28,3 % par omalizumab, 28 % par mepolizumab, 33,6 % par benralizumab et 10,1 % par dupilumab.

Une dyspnée d’effort sévère ou invalidante était mise en évidence chez 48,5 % des patients (IC95% [44,4 ; 52,6]). Parmi les patients sous biothérapie, 37,5 % (IC95 % [32 ; 42,9]) présentaient tout de même une dyspnée d’effort mMRC ≥ 2 contre 61,5 % (IC95 % [55,6 ; 67,5]) des patients n’étant pas sous biothérapie.

Le contrôle de l’asthme, le surpoids,l’obésité et la durée d’évolution de l’asthme sévère sont significativement associés à la probabilité de présenter une dyspnée d’effort sévère ou invalidante.

Par une approche de régression logistique multivariée (n = 303), les auteurs ont identifié les facteurs suivants comme significativement associés à l’existence d’une dyspnée d’effort sévère ou invalidante : l’augmentation d’un point d’ACT (OR 0.8 IC 95 % [0,74 ; 0,86]), l’existence d’un surpoids (OR 2,89 IC 95 % [1,37 ; 6,29] vs IMC normal) ou d’une obésité (OR 4,72 IC95 % [2,13 ; 10,88] vs IMC normal) et chaque décennie passée après le diagnostic d’asthme sévère (OR 1,7 IC95 % [1,3 ; 2,4]). Le traitement par biothérapie n’était pas significativement associé à la dyspnée d’effort lorsque le score ACT était pris en compte dans le modèle.

Dans l’hypothèse que la biothérapie puisse influer sur la présence d’une dyspnée d’effort par le biais de ses effets sur le contrôle de l’asthme, une analyse de médiation a été réalisée. Celle-ci a permis aux auteur d’évaluer que 63.4 % (IC95 % [5 ; 254]) de l’effet de l’utilisation d’une biothérapie sur la présence de la dyspnée d’effort était liée à l’ACT. Cet effet était réduit à 57,9 % (IC95 % [15,8 ; 292,2]) après retrait de la 2ème question de l’ACT relative à la fréquence de survenue de la dyspnée.

Au total, une dyspnée d’effort sévère ou invalidante reste fréquemment observée chez les patients asthmatiques sévères, même chez ceux traités par biothérapie. Celle-ci est associée à des facteurs modifiables (contrôle de la maladie et surpoids/obésité) qu’il convient de prendre en charge.

Les effets des biothérapies sur la dyspnée d’effort relèvent en partie de leurs effets sur le contrôle mais leur impact exact reste à déterminer. L’étude TEXAS (NCT05404763), dont le recrutement est terminé, nous permettra d’en savoir plus sur les effets à 6 mois du mepolizumab sur la pratique de l’exercice physique et sa tolérance.


D’après le poster suivant : Prevalence of exertional dyspnea and associated factors in severe asthma: data from the French RAMSES cohort at inclusion
Présenté par C. Chenivesse (Lille, France) Session Poster Dimanche 06/09/2026, 08h00-09h30PS 15 : Biologics for airway diseases: novel insights from real-world data

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Bénéfice de la trithérapie inhalée par budesonide-glycopyrronium-formoterol dans l’asthme insuffisamment contrôlé sous bithérapie budesonide-formotérol.

Clairelyne Dupin, Paris

Plusieurs posters rapportaient les données complémentaires des essais KALOS et LOGOS.

L’ajout d’un anticholinergique de longue durée d’action (LAMA) est une option thérapeutique inhalée dans le traitement de l’asthme insuffisamment contrôlé.
Ont été publiées en avril 2026 dans le Lancet Respiratory Medicine 2 études jumelles de phase 3 (KALOS et LOGOS) comparant de façon contrôlée randomisée en double aveugle deux schémas thérapeutiques : triple thérapie par budesonide-glycopyrronium-formoterol (BGF) à 2 dosages de CSI (28,8µg ou 14,4µg) ou une bithérapie par budesonide-formotérol (BF) administré par un dispositif Aerosphère ou par Symbicort. 1. Ces études ont montré une amélioration de la fonction pulmonaire et une réduction du taux d’exacerbations sévères chez 8820 patients asthmatiques insuffisamment contrôlés.

Lors de cet ERS 2026, ont été présentées des données supplémentaires tertiaires.
Ainsi, l’administration de BGF à la dose de 28,8µg pendant 52 semaines réduisait significativement le délai avant la première détérioration clinique importante (hazard ratio = 0,78 (0,71-0,87) vs BF en Aerosphère et 0,74 (0,67-0,82) vs BF en Symbicort). Le nombre de patients à traiter était faible, respectivement de 11 (8-20) et de 9 (7-14) pour chaque comparaison. Les résultats n’étaient pas significatifs pour la posologie de BGF à 14,4 µg.

Comparativement à la bithérapie BF, cette trithérapie inhalée BGF avait également un bénéfice sur l’obstruction bronchique avec une amélioration progressive du VEMS.

Enfin, la rémission clinique (zero recours aux corticostéroïdes oraux, aucune exacerbation sévère, score de contrôle ACQ-5 <1,5, gain de VEMS > 100 mL) était plus fréquente sous trithérapie BGF 28,8µg, atteinte dans 27,6% des cas à 52 semaines, versus 17,2% chez les patients traités par bithérapie BF. Il existait une tendance positive pour la posologie BGF 14,4µg.

Ces résultats complémentaires renforcent la place de la trithérapie inhalée BGF à forte dose de CSI chez les patients asthmatiques insuffisamment contrôlés sous bithérapie CSI-LABA, retardant la première détérioration clinique, améliorant le VEMS et augmentant la probabilité de rémission clinique sous traitement.


D’après la session poster 22 Poster n°3852, 3853 et 3854

Bénéfice de la trithérapie inhalée par budesonide-glycopyrronium-formoterol dans l’asthme insuffisamment contrôlé sous bithérapie budesonide-formotérol. Lire la suite »

VNI, et si ça ne tourne pas rond ?

Jean Vanessa Bironneau, Service de Pneumologie, CHU  de Poitiers

Cette session a pris pour exemple 2 cas cliniques pour nous alerter sur des Red Flag à garder en mémoire lorsque tout ne se passe pas comme prévu chez un patient hypercapnique sous ventilation non invasive (VNI).

Chez les patients BPCO présentant une hypercapnie chronique, la VNI joue un rôle central dans leur prise en charge. Cependant, il faut savoir identifier les signes d’alerte d’échec. Ainsi, la VNI demande une surveillance active et une réévaluation précoce et continue si l’évolution n’est pas satisfaisante. De plus, il faut savoir prendre le patient dans sa globalité et ne pas attribuer tous les symptômes à la BPCO, sous risque de méconnaitre une pathologie associée.

BPCO et atteinte musculaire

En cas d’amélioration insuffisante de symptômes respiratoires et généraux sous traitement inhalé optimale, VNI et réadaptation respiratoire à l’effort, il est nécessaire d’être attentif aux signes cliniques associés. Il faut garder une approche « généraliste » et ne pas s’arrêter à une seule explication si le tableau clinique ne colle pas parfaitement. Il faudra notamment savoir rechercher une faiblesse musculaire, des myalgies ou encore des mouvements thoraco-abdominaux paradoxaux. Plusieurs diagnostics peuvent alors être envisagés : une maladie de pompe, une dystrophie facio-scapulo-humérale, une myopathie inflammatoire, une titinopathie. Il sera alors nécessaire de réaliser des examens complémentaires : le test sur goutte de sang séché (examen simple pour exclure la maladie de Pompe), une IRM musculaire, des biopsies musculaires ou encore des tests génétiques. En pratique, il faut savoir adresser nos patients au neurologue avec l’intérêt majeure d’un travail conjoint pneumologue-neurologue pour interpréter des tableaux mixtes et complexes.

BPCO et atteinte digestive

En cas d’aggravation aigue sans facteur déclenchant notamment infectieux, la 1ère étape est d’optimiser au maximum le traitement habituel en s’assurant d’une bonne observance. Cependant, dans certains cas, la situation peut s’aggraver avec la majoration de l’acidose hypercapnique malgré la poursuite de la VNI aux paramètres habituels. Dans le cas clinique présenté, il est décrit une aggravation paradoxale avec une majoration des signes de gravité respiratoires cliniques et gazométriques associés à une distension thoracique. Dans un cas pareil, il faut rechercher les causes possibles d’échec de la VNI avec notamment des réglages trop agressifs, une mauvaise synchronisation patient-machine, une complication thoracique aiguë notamment liée au barotraumatisme (pneumothorax) ou encore un problème mécanique sous-jacent. Il est a noté qu’une aggravation sous VNI avec distension abdominale doit faire rechercher une complication digestive ou diaphragmatique, et pas seulement une insuffisance de réglage ventilatoire. En effet, la VNI peut favoriser une aérophagie et une insufflation digestive. La pression positive de la ventilation peut alors aggraver la migration des organes abdominaux vers le thorax, ce qui va comprimer le poumon, augmenter le travail respiratoire et aggraver l’hypercapnie. Ainsi, une distension abdominale associée à une aggravation respiratoire doit faire évoquer une aérophagie (fréquente mais sous-déclarée) mais également une atteinte diaphragmatique (rare mais suffisamment importants pour être recherchés en cas d’échec inhabituel de VNI).

Conclusion

L’échec de la VNI doit être reconnu rapidement pour ne pas méconnaitre des pathologies associées ou des complications qui nécessiteraient une prise en charge adaptée. Il est donc nécessaire de rester vigilant après l’instauration d’une VNI et au cours de son suivi, de toute aggravation respiratoire, efficacité non satisfaisante ou encore signes cliniques associés. Tout cela dans l’objectif d’améliorer à la fois la fonction respiratoire, la qualité de vie et la pertinence des décisions thérapeutiques pour nos patients.

D’après la Session Clinical cases: Lungs on fire: Respiratory critical care / Sleep and Breathing disorders
Case 1 incl. panel discussion and Q&A – Submitter: Y. Abdulrahman (Türkiye) Carla Ribeiro (Vila Nova de Gaia, Portugal)
Case 4 incl. panel discussion and Q&A – Submitter: M. Chianese (Italy) Patrick Murphy (London, United Kingdom)

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Le phénotypage des patients apnéiques

Jean Vanessa Bironneau, Service de Pneumologie, CHU  de Poitiers

Le phénotypage des patients apnéiques reste aujourd’hui une perspective séduisante pour proposer un traitement personnalisé et ainsi améliorer la prise en charge des patients. Cette session de communications orales a présenté de nouvelles pistes de phénotypage.

Variations dynamiques des endotypes de SAHOS selon le stade de sommeil et la position corporelle

L’étude de Margaux Blanchard et son équipe (Angers) s’est intéressée aux variations dynamiques des expressions d’endotype du SAHOS selon le stade de sommeil et la position corporelle. Le SAHOS est caractérisé par une grande variabilité individuelle des mécanismes physiologiques et des conséquences cliniques.
Or, les indicateurs traditionnels ne captent pas toujours bien l’hétérogénéité de la maladie.
L’étude s’appuie donc sur l’hypoxic burden comme biomarqueur plus sensible pour refléter la charge réelle liée aux événements respiratoires. Les résultats montrent que le sommeil paradoxal et la position sur le dos sont associés à un hypoxic burden plus élevé. Ces contextes sont également liés à  une plus grande collapsibilité des voies aériennes, une baisse du seuil de microréveils, une activité ventilatoire plus élevée.
Les associations sont plus fortes pendant le sommeil REM et en position dorsale.
L’idée centrale est que l’hypoxic burden et les endotypes du SAHOS ne sont pas fixes : ils varient selon le contexte physiologique immédiat, en particulier le stade de sommeil et la position du corps.
Ces résultats soutiennent une approche de médecine de précision, fondée sur le contexte, plutôt qu’une lecture unique et globale de la sévérité du SAHOS.
De futures études devraient vérifier si des interventions spécifiques au contexte peuvent améliorer la réduction du risque cardiovasculaire, la personnalisation des traitements, la stratification individuelle du risque.

Phénotypage selon l’utilisation à long terme de la PPC en conditions réelles

Grâce à une évaluation en conditions réelles de l’utilisation de la thérapie par PPC, Holger Woehrle et al ont cherché à phénotyper les patients apnéiques sous PPC et à comprendre leurs comportements d’utilisation afin d’adapter les interventions et d’améliorer les résultats cliniques. L’étude portant sur près de 300 000 patients compare les 90 premiers jours et les 90 derniers jours de la première année.
L’usage est meilleur au début qu’à la fin, ce qui suggère qu’il est plus pertinent d’analyser des périodes ou des épisodes que de simples moyennes annuelles. Malgré ce léger recul, 65 % des patients utilisent encore l’appareil au moins 4 heures par nuit sur les 90 derniers jours de la première année. Concernant la durée d’utilisation nocturne, il existe une forte variabilité : environ un quart des patients utilisent l’appareil 7 à 9 heures par nuit, environ 33 % l’utilisent moins de 4 heures par nuit.
Cette dispersion montre que les patients ne forment pas un groupe homogène et qu’une approche unique de suivi est insuffisante. De plus, les patients présentent en moyenne deux interruptions par nuit. La durée moyenne d’une interruption est d’environ 20 minutes, probablement liée à des pauses nocturnes pour aller uriner. Ce schéma reste stable sur la première année, alors qu’une baisse avait été envisagée. L’équipe a aussi comparé les usages entre jours de semaine et week-ends. Contrairement aux attentes, aucune différence significative n’a été observée, ni au début ni à la fin de la période étudiée. Quant à l’analyse des horaires, elle montre un démarrage tardif, proche de minuit, avec une utilisation moyenne jusqu’à environ 6 h du matin. Les résultats montrent une bonne persistance globale, mais aussi des différences importantes de comportement entre patients.
L’étude suggère donc que les indicateurs classiques, comme les heures moyennes d’utilisation, ne suffisent pas à comprendre la réalité clinique. L’ajout de variables telles que : les heures de début, les heures d’arrêt, les interruptions nocturnes, peut permettre de mieux segmenter les patients et de personnaliser les interventions. L’enjeu est d’utiliser ces données pour obtenir de meilleurs résultats thérapeutiques à long terme

Conclusion

Les endotypes des patients apnéiques varient selon le stade de sommeil et la position corporelle nécessitant une prise en charge personnalisée. L’enjeu pratique est de mieux relier les données du sommeil aux mécanismes physiopathologiques réels afin d’orienter des stratégies plus précises et potentiellement plus efficaces pour la prévention des complications cardiovasculaires.

L’évaluation de la PPC en conditions réelles doit aller au-delà des moyennes globales et intégrer les patterns d’usage, les interruptions et les horaires de traitement.
Tout cela va dans le sens d’une observation des comportements réels pour pouvoir mieux identifier les patients apnéiques et ainsi réaliser une prise en charge ciblée pour améliorer l’efficacité de la thérapie et la qualité des résultats cliniques

D’après la Session : Oral presentation: Sleep apnoea: physiology, symptoms and treatment
Long‑Term Real‑World Evaluation of PAP Utilisation Patterns and Therapy Effectiveness in a Large European Population Using Connected Health Data Holger Woehrle (Ulm, Germany), Melike Deger, Michael Arzt, Suyog More, Christoph Schoebel, Caleb Woodford, Florian Zeman, Ankit Ghildiyal
Dynamic variation of OSA endotype expression with sleep stage and body position: association with sleep apnea–specific hypoxic burden Margaux Blanchard (Angers, France), Venkata Koka, Wojciech Trzepizur, Sandrine Kerbrat, François Goupil, Audrey Thomas, Sébastien Bailly, Frédéric Gagnadoux

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SAHOS et pathologies cardio-vasculaires : une association « has been » ?

Jean Vanessa Bironneau, Service de Pneumologie, CHU  de Poitiers

Après les études princeps ayant montré une relation entre SAHOS et complications cardio-vasculaires, la littérature a par la suite remis en question ce lien ainsi que la possibilité d’améliorer le risque cardio-vasculaire des patients apnéiques grâce à la PPC. Mais qu’en est-il des études les plus récentes ?

Si la littérature des dernières années ne confirmait pas de lien entre le risque cardio-vasculaire et le SAHOS et surtout l’espoir d’amélioration cardio-vasculaire chez ces patients sous PPC, les études très récentes, présentées en communication orale, remettent en question cette idée.

COMISA et insuffisance cardiaque

L’étude de Tang Ningchang et al portant sur la comparaison de l’incidence de l’insuffisance cardiaque selon quatre phénotypes du sommeil et l’association ajustée entre la comorbidité insomnie-AOS et l’insuffisance cardiaque, montre que l’incidence la plus élevée d’insuffisance cardiaque a été observée dans le groupe COMISA (co-morbid insomnia and sleep apnea), associant SAHOS et insomnie (17,2 %). Le COMISA est associé à un risque accru d’insuffisance cardiaque incidente, avec un HR = 1,40 (IC à 95 % : 1,01–1,93). Le risque cardiovasculaire ne dépend pas seulement du SAHOS ou de l’insomnie pris isolément, mais de leur coexistence, ce qui plaide pour une approche clinique intégrée allant du repérage des symptômes (notamment d’insomnie) à l’évaluation du risque d’insuffisance cardiaque.

Survenue de fibrillation auriculaire et loop gain
Yu Tong Hu et al s’intéressent au lien entre la survenue d’une ACFA et la présence d’une instabilité respiratoire (Loop Gain élevé). Ils soulignent que l’instabilité ventilatoire peut favoriser un état pro-fibrillatoire via l’activation sympathique, les variations de pression intrathoracique et le stress mécanique cardiaque. Mais ceci reste vrai uniquement chez les patients de moins de 65ans. L’âge devient donc un facteur de risque dominant, ce qui réduit la contribution relative de l’instabilité respiratoire à la survenue de la FA.

Complexes ventriculaires prématurés (CVP) chez les patients apnéiques
Katja Onischenko s’est quant à elle intéressée aux complexes ventriculaires prématurés (CVP) chez les patients apnéiques. En phase précoce post-hyperventilation, la charge en CVP a augmenté de 30 % par rapport à l’apnée/hypopnée précédente. En phase tardive post-hyperventilation, l’augmentation a atteint 38 %, avec une significativité statistique (p = 0,021). Pendant la période de référence normale, la charge en CVP a de nouveau diminué. Ceci montre que le pic de CVP survient surtout pendant la phase tardive post-événement, après l’hyperventilation. La phase post-hyperventilation constitue donc un moment clé d’augmentation des arythmies ventriculaires dans la population générale.

Quels bénéfices de la PPC sur le risque cardiovasculaire ?

Ces dernières données semblent donc confirmer un lien entre SAHOS et pathologies cardiaques. Mais pouvons-nous espérer diminuer ce risque lorsque nous traitons les patients apnéiques par PPC ? Pour tenter de répondre à cette question, l’équipe de Wojciech Trzepizur a évalué l’amélioration du risque cardio-vasculaire en fonction de l’amélioration symptomatique précoce sous PPC. L’amélioration symptomatique était associée à un risque plus faible d’événements cardiovasculaires (HR ≈ 0,6).
Cette amélioration précoce sous traitement est associée à un meilleur pronostic cardiovasculaire à long terme. On peut ainsi relier les bénéfices symptomatiques et pronostiques du traitement : le patient se sent mieux rapidement, et cette amélioration pourrait aussi signaler un bénéfice cardiovasculaire durable. En pratique, la réponse symptomatique pourrait servir de marqueur simple et utile pour identifier les patients les plus susceptibles de tirer un bénéfice cardiovasculaire du traitement.

Miquel Serna Pascual et al ont quant à eux montré que le bénéfice tensionnel de la PPC ne dépend pas simplement de la somnolence ou de l’obésité prises séparément mais de la combinaison des profils cliniques qui semble déterminer la réponse au traitement. L’obésité doit donc être prise en compte dans la décision de prescrire un traitement par PPC chez les patients somnolents, car elle modifie la probabilité de bénéficier d’une réduction de la pression artérielle.

De plus, Arnaud Prigent a pu montrer que, outre le fait que la PPC puisse améliorer le risque cardio-vasculaire, les données provenant des appareils de ventilation pourraient devenir un véritable outil de dépistage. En effet, la détection à distance d’une respiration de Cheyne Stokes hebdomadaire ≥ 4 % constitue un marqueur pronostique important chez les patients sous traitement par dispositif. Ce signal apporte une information cardiovasculaire utile, y compris chez des patients sans antécédent cardiovasculaire connu. L’étude souligne aussi que la respiration de Cheyne Stokes détectée à distance ne doit pas être considérée comme un simple paramètre technique, mais comme un indicateur clinique potentiellement actionnable.

Conclusion
Le SAHOS reste associé à un risque accru de trouble du rythme et d’insuffisance cardiaque notamment en cas de comorbidité tel que le COMISA. Nous avons espoir de diminuer ce risque cardio-vasculaire grâce au traitement par PPC, tout au moins pour une population définie ayant montré des bénéfices cliniques précoce à l’utilisation de la PPC. Enfin, les rapport machine peuvent être un outil de dépistage efficace et fiable de futures troubles cardiovasculaires  

D’après la Session Oral presentation: Sleep apnoea: physiology, symptoms and treatment
Comorbid insomnia and obstructive sleep apnea and incident heart failure: a prospective community based cohort study Tang Ningchang (Chengdu, Sichuan, China), Ni Yuenan, Luo Fengming
High Loop Gain Sleep Apnea Predicts Incident Atrial Fibrillation in Community-Based Cohorts YuTong Hu (Chengdu, China), YueNan Ni, Robert Joseph Thomas
Temporal association of ventricular arrhythmias with nocturnal respiratory events in the general population – a subanalysis of the HypnoLaus study Katja Onischenko (Regensburg, Germany), Valentin Guenzler, Christoph Fisser, Marjorie Grimm, Ronja Koerner, Anja Zogler, Florian Zeman, Adrien Waeber, Raphaël Heinzer, Michael Arzt
Symptomatic response to CPAP as a predictor of cardiovascular benefit in obstructive sleep apnea. Wojciech Trzepizur (Angers, France), Sébastien Bailly, François Goupil, Audrey Thomas, Nicole Meslier, Frédéric Gagnadoux
Late Breaking Abstract – The effect of obesity and sleepiness on blood pressure evolution in patients with obstructive sleep apnoea treated with CPAP: a retrospective analysis of data from randomised controlled trials in the ANDANTE database Miquel Serna Pascual (London, United Kingdom), Davide Soranna, Antonella Zambon, Carolina Lombardi, Jean-Louis Pepin, Joerg Steier
Cheyne stokes respiration tracked by PAP telemonitoring predicts mortality and cardiovascular events in OSA patients. Arnaud Prigent (Rennes, France), Wojciech Trzepizur, François Goupil, Audrey Thomas, Sandrine Launois, Laurene Leclair-Visonneau, Acya Bizieux-Thaminy, Sandrine Kerbrat, Sebastien Bailly, Frederic Gagnadoux

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