La prise en charge de l’endométriose n’est pas qu’une affaire de gynécologue : quand le pneumologue doit-il évoquer l’endométriose thoracique ?

Quand faut-il y penser ?
La prévalence de l’endométriose thoracique n’est pas connue et est difficile à estimer car asymptomatique dans la majorité des cas. L’âge moyen au diagnostic est de 35 ans et survient dans 80% des cas chez des patientes atteintes d’endométriose pelvienne.
Les symptômes cliniques apparaissent le plus souvent pendant les règles : on parle alors de manifestations cataméniales. Cependant, ils peuvent aussi se manifester en dehors de cette période, et sont dans ce cas qualifiés de symptômes associés à l’endométriose.
Quelles sont les présentations cliniques de l’endométriose thoracique ?

  • Le pneumothorax cataménial, forme la plus fréquente, survient généralement 24 heures avant ou 72 heures après le début des menstruations. Il est souvent récidivant au fil des cycles. Dans plus de 90% des cas il survient à droite. La théorie communément admise est que les cellules endométriales se déplacent au gré des fluides péritonéaux et vont s’accumuler au niveau du ligament falciforme hépatique qui est un cul de sac, puis traversent le diaphragme, se retrouvant ainsi dans l’hémithorax droit. En cas de suspicion de pneumothorax cataménial, une IRM diaphragmatique doit être proposée qui peut est fréquemment normale. Le diagnostic de certitude se fait par la découverte de tissu endométrial en thoracoscopie, qui correspond à des lésions de petites taille, bleutées à violacées.
  • L’hémothorax cataménial ou épanchement pleural droit. Il est le plus souvent de faible abondance mais peut être massif.
  • La hernie diaphragmatique par perforation ou déhiscence diaphragmatique, généralement sans lésion d’endométriose visible.
  • La douleur thoracique chronique associée à l’endométriose sans épanchement ni pneumothorax retrouvés.

Quelle prise en charge proposer ?

Toute suspicion d’endométriose thoracique requiert un bilan gynécologique complet comprenant une IRM abdomino-pelvienne. Concernant la prise en charge est médico-chirurgicale 1, après une exploration minutieuse de la cavité thoracique, le chirurgien pourra exciser les tissus endométriaux, réparer les éventuelles séquelles et réaliser une symphyse pleurale chimique. Les AINS et les traitements hormonaux à base de progestérone doivent être discutés avec le gynécologue.

Ainsi, tout pneumothorax droit récidivant chez une femme jeune doit faire évoquer une endométriose thoracique, même en l’absence d’endométriose connue.


D’après la présentation « Endométriose thoracique» réalisée par la Pr Elodie Blanchard, session A08 – Maladies rares et genre.

  1. Recommandation HAS – Prise en charge de l’endométriose, décembre 2017
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