Congrès

Atteintes interstitielles de significations indéterminées (ILAs) : toujours autant de questions.

Jean Pastré, Paris

Les atteintes interstitielles de significations indéterminées (ILAs) ont fait l’objet d’un symposium complet

Définition des ILAs

Les atteintes interstitielles de significations indéterminées (ILAs) ont fait l’objet d’un symposium complet. Elles avaient bénéficié en 2025 d’une proposition d’évaluation et de prise en charge par l’ATS 1 avec une révision de leur définition. Celle-ci repose maintenant sur la découverte (fortuite ou non), dans une population (saine ou à risque, ex atteinte de connectivite) de lésions radiologiques bilatérales à type de verre dépoli, réticulations, distorsion, bronchectasie par traction et/ou rayon de miel, atteignant au moins 5% d’une zone pulmonaire (parmi 6 zones : supérieure, moyenne et inférieure, droite et gauche). Au cours de cette session, il a été rappelé qu’il ne s’agit pas d’une pathologie mais d’une entité radiologique de fréquence variable selon la population étudiée (de 2,5% chez les sujets sains, jusqu’ 16,7% chez les fumeurs). Leur risque principal est celui de la progression vers une pneumopathie interstitielle diffuse (jusqu’à 41% à 5 ans dans certaines séries). Les facteurs de risque d’ILAs sont le plus souvent également leurs facteurs de risque de progression. Parmi ceux-ci on retrouve l’âge, le tabac, la présence d’exposition respiratoire inhalées, les antécédents familiaux de PID, la présence du variant promoteur MUC5B, une altération de la fonction pulmonaire et surtout la présence d’éléments fibrosants au scanner (rayon de miel, bronchiectasie de traction ou distorsion architecturale). Le bilan initial doit comprendre une évaluation clinique et fonctionnelle et le suivi radiologique est proposé tous les 2/3 ans ou même annuellement en cas de risque de progression.

De nombreuses questions en suspens

Si les connaissances progressent en ce qui concerne l’évolution des ILAs et leurs facteurs de risque, cette session rappelle que de nombreuses questions restent non résolues. En effet, les modalités précises de surveillance, d’adressage spécialisé ou les critères précis de progression (pourtant bien définis dans les PID) restent à préciser dans cette entité. L’impact psychologique sur les patients et le poids sur le système de santé sont également encore inconnus. Par ailleurs, la limite entre ILAs et PID précoce reste à clarifier car avec elle se pose la question d’initiation précoce des traitements. Une étude de phase III (DROP-FPF, nerandomilast in ILAs + familial PF, NCT07201922) s’intéresse déjà à l’apport précoce d’un traitement antifibrosant dans cette population. Finalement, malgré toutes ces interrogations, les ILAs représentent une opportunité de mieux comprendre l’évolution des PID et peut-être un jour de sélectionner et traiter précocement les patients atteints de PID progressives.


D’après le symposium: “Interstitial Lung abnormalities: navigating the uncertainties of incidental radiological findings for patient benefit” – Orateurs: D Lynch (USA), M Molina Molina (Spain), L Fabbri (UK), S Tomassetti (Italy)

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Du bénin au malin : le défi des cancers bronchiques sur papillomatose respiratoire

Vincent Fallet, Service de pneumologie hôpital Tenon, Paris

La papillomatose respiratoire récurrente avec atteinte pulmonaire expose à un risque majeur de transformation maligne. Présentée à l’ERS 2026, l’étude multicentrique française Papilloma-Lung décrit la plus grande cohorte de ces cancers rares. Elle met en évidence un profil clinique et histologique unique, tout en soulignant l’importance d’une prise en charge multimodale pour ces tumeurs au pronostic souvent favorable.

La papillomatose respiratoire récurrente (PRR) est une maladie chronique rare liée aux papillomavirus humains (HPV) 6 et 11. Son extension aux voies respiratoires inférieures survient chez environ 9% des patients atteints de PRR. Cette atteinte pulmonaire est redoutée en raison d’un risque de transformation maligne multiplié par 32 dans cette population.

Un profil clinique atypique

L’étude Papilloma-Lung, soutenue par le réseau OrphaLung, le GETIF, la SPLF et l’association de patients “Fighting RRP”, a identifié 19 cas de transformation maligne histologiquement prouvée. L’analyse de cette cohorte a révélé un profil différent par rapport aux cancers bronchiques classiques :

  • Une nette prédominance féminine était observée (68% des cas)
  • Un âge médian de 38.7 ans pour les formes juvéniles et 71.3 ans pour les formes de l’adulte
  • Une majorité de ces patients n’avaient jamais fumé (58%)
  • Le délai d’apparition était long, avec une médiane de 14 ans entre le diagnostic de PRR et la transformation maligne
  • L’histologie retrouvait 100 % de carcinomes épidermoïdes
  • Le génotypage viral (disponible pour 12 patients) confirmait l’implication des HPV 6, HPV 11, ou d’une co-infection HPV 6+11 dans la grande majorité des cas.

Des diagnostics précoces et un meilleur pronostic

Contrairement à la présentation habituelle des carcinomes épidermoïdes, ces tumeurs étaient majoritairement diagnostiquées à un stade localisé (12 cas sur 19), chez des patients conservant un excellent état général (Performance Status 0-1 dans 18 cas). Dans cette cohorte, les traitements incluaient la chirurgie (36,8%), la radiothérapie ou radio-chimiothérapie (36,8%), des résections endoscopiques (15,8%) ou des thérapies systémiques (10,5%). A un suivi médian de 3 ans, 63 % des patients était en vie et la médiane de survie globale n’était pas atteinte à la communication des résultats.

Sur le plan moléculaire, quelques altérations ciblables ont été identifiées de façon isolée (mutations BRAF, MET, ATM) et une expression de PD-L1  a été retrouvée dans 2 cas sur 5 évaluables (n=5), soulignant l’intérêt potentiel d’intégrer l’immunothérapie ou des thérapies ciblées dans les schémas futurs.

Devant ce sur-risque majeur de cancer, la surveillance radiologique de la PRR pulmonaire est un enjeu de taille chez de jeunes patients. S’il existe des recommandations internationales récentes, il n’y pas de consensus strict sur la fréquence de surveillance scanographique. La prudence reste de mise car chaque nodule ou lésion kystique peut potentiellement se transformer en lésion cancéreuse. Actuellement, le consensus s’oriente vers une surveillance minimale tous les 5 ans avec un scanner thoracique low dose en cas de PRR pulmonaire. Toutefois, une surveillance beaucoup plus rapprochée (avec un scanner annuel) parait indispensable et doit être discutée de façon collégiale, notamment si le patient répond par ailleurs aux critères classiques de dépistage du cancer pulmonaire ou de lésions rapidement évolutives. L’implication précoce d’une équipe multidisciplinaire dans des centres experts (OrphaLung) est indispensable à cette prise en soin complexe et spécifique.

D’après “Lung cancer in recurrent respiratory papillomatosis: data from the Papilloma-Lung study” – J.Slomka et al. – ERS 2026

Pour en savoir plus : https://respifil.fr/maladies-rares/maladies/papillomatose-respiratoire-recurrente-prr/

“A Clinical Consensus Statement on Pulmonary Recurrent Respiratory Papillomatosis” (Kohli et al., The Laryngoscope, 2025)

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Prospectives : de nouvelles pistes pour traiter les infections virales respiratoires

Louise Bondeelle,

Service de Pneumologie, Hôpitaux universitaires de Genève, Suisse

Et si, demain, nous pouvions traiter plus directement les infections virales responsables des exacerbations et des lésions pulmonaires ? Deux travaux présentés à l’ERS illustrent des approches très différentes mais complémentaires.

Le vapendavir est une petite molécule antivirale administrée par voie orale, développée pour bloquer la réplication des rhinovirus. En ciblant directement le virus, l’objectif est notamment de pouvoir intervenir précocement lors d’une infection et potentiellement limiter l’intensité ou la durée des exacerbations respiratoires.

L’émodine est une molécule d’origine végétale, connue pour ses propriétés anti-inflammatoires et étudiée dans différents modèles expérimentaux. Dans ce travail, réalisé chez la souris infectée par le virus influenza, elle ne semble pas agir uniquement sur le virus mais surtout sur la réponse inflammatoire pulmonaire. Elle modifie le microbiote intestinal et diminue notamment la production de LPS, avec pour conséquence une moindre activation des voies TLR4/MyD88/NF-κB et ILC3/IL-17A, impliquées dans les lésions pulmonaires.

Deux approches qui pourraient, à terme, être complémentaires. Le vapendavir illustre la possibilité de cibler directement le virus, tandis que l’émodine explore la modulation de la réponse de l’hôte et de l’axe intestin-poumon. Pour notre pratique future, l’enjeu sera peut-être de disposer de traitements capables d’intervenir suffisamment tôt et de façon plus ciblée selon le virus et le profil inflammatoire du patient. Ces données restent toutefois préliminaires, notamment pour l’émodine qui n’a pour l’instant été évaluée que chez l’animal.

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Vaccination contre le VRS : un intérêt confirmé chez les adultes atteints de maladie pulmonaire chronique ?

Louise Bondeelle,

Service de Pneumologie, Hôpitaux universitaires de Genève, Suisse

Chez les patients atteints de maladie respiratoire chronique, le risque de complications liées aux infections hivernales est particulièrement élevé. Deux analyses présentées à l’ERS de Barcelone apportent des données utiles pour affiner notre discours en consultation et renforcer, lorsque cela est indiqué, la prévention vaccinale.

DAN-RSV est un essai pragmatique, randomisé, conduit au Danemark et en Galice au cours des saisons 2024-2025 et 2025-2026. Les participants étaient randomisés entre vaccination par RSVpreF et absence de vaccination. Le critère principal était l’hospitalisation liée au VRS. Lors de la première saison, près de 130 000 adultes de plus de 60 ans ont été inclus, dont 7% présentant une maladie respiratoire chronique. Dans le bras contrôle (non vacciné), les hospitalisations respiratoires liées au VRS étaient cinq fois plus fréquentes chez les porteurs de maladie respiratoire chronique. La vaccination par RSVpreF réduisait les hospitalisations liées au VRS, sans différence apparente d’efficacité selon la présence d’une maladie respiratoire chronique.

Concernant la grippe, l’analyse de FLUNITY-HD, portant sur 466 320 adultes de plus de 65 ans, montre que le vaccin antigrippal haute dose, contenant quatre fois plus d’antigène que le vaccin standard (60 µg vs 15 µg par souche), était associé à moins d’hospitalisations respiratoires et cardiorespiratoires, sans différence selon la présence d’une maladie respiratoire chronique. Chez les patients respiratoires chroniques, l’efficacité relative était toutefois de 4,4 % (IC95 % : -10,2 à 17,0), sans significativité statistique.

Pour la pratique, ces résultats nous donnent de nouveaux arguments pour proposer activement la vaccination à nos patients respiratoires à risque et les convaincre de se faire vacciner. Pour le VRS, le bénéfice du RSVpreF semble également présent chez les patients ayant une maladie respiratoire chronique. Pour la grippe, le vaccin haute dose réduit davantage les hospitalisations que le vaccin standard chez les sujets âgés, même si le bénéfice spécifique chez les patients respiratoires reste à confirmer. Les principales questions restent celles de l’efficacité selon le type et la sévérité de la maladie respiratoire et de l’impact sur les exacerbations. Bref, si nous avions déjà de bonnes raisons de vacciner, l’ERS nous en donne quelques-unes de plus pour en parler à nos patients !

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Mise à jour 2026 des recommandations de pratique clinique de l’ERS sur le traitement de l’HTAP

Simon Valentin, Département de Pneumologie, CHRU de Nancy

La mise à jour 2026 des recommandations de pratique clinique de l’ERS sur le traitement de l’HTAP précise, selon la stratification du risque au cours de suivi, la place du sotatercept en association aux autres traitements, ainsi que l’intérêt d’un cathétérisme cardiaque droit (CCD) de réévaluation. Ces recommandations s’appliquent aux patients atteints d’HTAP idiopathique, héritable, associée aux drogues et/ou toxiques ou associée aux connectivites.

1. Quelle place pour le sotatercept dans le nouvel algorithme thérapeutique ?

  • Pour les patients à risque intermédiaire-bas, intermédiaire-haut ou à haut risque au cours du suivi.

Une méta-analyse portant sur les 4 études randomisées contrôlées est à l’origine de la recommandation par le panel d’expert (haut niveau de preuve) de traiter ces patients par du sotatercept, lorsqu’ils sont déjà sous traitement de l’HTAP.

  • Pour les patients à bas risque de mortalité à 1 an, au cours du suivi.

Très peu de patients à bas risque étaient inclus dans les études randomisées contrôlées (29% dans STELLAR et 2% dans HYPERION uniquement). Pour cette raison, le panel d’expert ne propose pas de recommandation sur le traitement par sotatercept concernant cette population de patients. La décision thérapeutique doit ainsi être individualisée et le suivi doit se faire de manière régulière, en centre expert.

  • Pour les patients au diagnostic

L’efficacité et la sécurité d’utilisation du sotatercept en première ligne (i.e., au diagnostic) ne sont pas connus et son utilisation au diagnostic n’est donc pas proposé. Les experts rappellent que le sotatercept est habituellement bien toléré dans la majorité des cas mais les effets secondaires peuvent entraîner des réductions de dose ou des interruptions de traitement.

2. Quelle place pour le cathétérisme cardiaque droit au cours du suivi ?

  • Pour les patients à risque intermédiaire-bas, intermédiaire-haut ou à haut risque

Le CCD est recommandé (niveau de preuve faible) lorsque l’examen permet d’apporter des informations pronostiques importantes et/ou lorsque des conséquences thérapeutiques en sont attendues (avant escalade ou désescalade thérapeutique).

Dans certains sous-groupes, le CCD peut avoir une importance supplémentaires (i.e., évaluation de la réponse au long cours au NO, en cas d’indication de transplantation pulmonaire chez les patients atteints d’hypertension porto-pulmonaire ou en cas d’évaluation pour fermeture de shunt chez les patients atteints de cardiopathie congénitale)

  • Pour les patients à bas risque de mortalité à 1 an.

En raison du faible nombre de patients inclus dans les études, le panel d’expert ne propose pas de recommandation concernant ce groupe de patients sur la nécessité ou non de réaliser un CCD de suivi.

En cas de désescalade thérapeutique dans ce groupe de patients, il semble raisonnable de procéder à un CCD de suivi.

De la même manière que présenté précédemment, dans certains sous-groupes, un CCD de suivi peut être envisagé.

Des progrès thérapeutiques et des questions en suspens

Cette mise à jour illustre la solidité de l’évidence obtenue en quelques années en faveur du sotatercept chez les patients à risque intermédiaire ou élevé, mais aussi la persistance d’incertitudes chez les patients à bas risque de décès, qu’il s’agisse du traitement par sotatercept ou de la place du CCD de suivi — des populations peu représentées dans les essais cliniques disponibles. Ces zones d’incertitude appellent, en pratique, une décision individualisée avec le patient, et, sur le plan de la recherche, des études dédiées à ces populations sous-représentées.


D’après la session, « 2026 ERS Clinical Practice Guidelines Update for the Treatment of Pulmonary Arterial Hypertension ».

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Réchauffement climatique et maladies respiratoires  

Grégory Reychler, Service de kinésithérapie et de pneumologie, Cliniques universitaires Saint-Luc, UCLouvain, Bruxelles

Cet exposé a traité de l’impact combiné du changement climatique, de la pollution atmosphérique et des fortes chaleurs sur la santé respiratoire, avec un focus particulier sur les villes.

L’urbanisation progresse rapidement avec plus de la moitié de la population mondiale vivant déjà en ville. Cette proportion pourrait atteindre 70 % d’ici quelques décennies. Les villes sont à la fois des moteurs de développement économique et des zones fortement exposées à la pollution de l’air.

La pollution atmosphérique constitue aujourd’hui l’un des principaux facteurs de risque pour la santé. Selon l’OMS, 99 % de la population mondiale respire un air considéré comme malsain. Elle est responsable de millions de décès chaque année et affecte particulièrement les populations d’Asie, d’Afrique et certaines régions d’Europe.

Les conséquences sur la santé respiratoire sont nombreuses : diminution de la fonction pulmonaire dès l’enfance, augmentation du risque d’asthme, de BPCO, d’infections respiratoires et de cancer du poumon. La pollution agit également sur les maladies cardiovasculaires, métaboliques et neurologiques.

Les villes sont également touchées par le phénomène d’îlot de chaleur urbain. En raison du béton, de l’asphalte, du trafic et du manque d’espaces verts, ils peuvent être de 5 à 10 °C plus chauds que les zones environnantes. Cette situation est aggravée par le réchauffement climatique, particulièrement marqué en Europe.

Les vagues de chaleur ont un impact majeur sur la santé respiratoire, notamment chez les personnes âgées, les enfants et les patients souffrant d’asthme ou de BPCO. Elles sont associées à des dizaines de milliers de décès chaque année en Europe, les causes respiratoires étant parmi les plus fréquentes.

Il existe un effet synergique entre chaleur et pollution atmosphérique, qui augmente encore la mortalité. L’augmentation des incendies de forêt, favorisés par la chaleur, ainsi que les fumées toxiques issues de déchets brûlés, aggravent la qualité de l’air.

Plusieurs solutions sont mises en avant : la réduction du trafic et des émissions polluantes, illustrée par les effets positifs des zones à faibles émissions à Londres sur la fonction pulmonaire des enfants, ainsi que la végétalisation des villes pour limiter les effets de la chaleur. La conclusion souligne que les villes peuvent devenir des acteurs clés de la lutte contre le changement climatique et de la protection de la santé publique


D’après l’exposé de Zorana Andersen.

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Quel impact des inondations sur la santé respiratoire ?  

Grégory Reychler, Service de kinésithérapie et de pneumologie, Cliniques universitaires Saint-Luc, UCLouvain, Bruxelles

Cet exposé a traité de l’impact croissant des inondations sur la santé respiratoire dans le contexte du changement climatique.

Trois principaux types d’inondations doivent être distingués : les pluies intenses, les débordements de rivières et les submersions côtières. Le réchauffement climatique favorise des précipitations plus abondantes, l’élévation du niveau des mers et des tempêtes plus intenses, augmentant ainsi la fréquence et la gravité des inondations.

Plusieurs événements sont survenus récemment en Europe, notamment les inondations de la vallée de l’Ahr en 2021, les inondations liées à la tempête Boris en 2024 et celles de Valence en 2024. Le rôle des activités humaines est non négligeable, comme l’urbanisation des zones inondables, qui aggravent les risques.

Les conséquences respiratoires sont immédiates pour les personnes dépendantes de dispositifs médicaux électriques ou de traitements nécessitant une continuité des soins. Les perturbations des chaînes d’approvisionnement et les regroupements dans des centres d’hébergement favorisent également les infections respiratoires et les exacerbations de maladies chroniques telles que l’asthme ou la BPCO.

À plus long terme, le principal danger provient du développement rapide de moisissures dans les habitations inondées. Ces moisissures sont associées à une augmentation du risque d’asthme, particulièrement chez les enfants, ainsi qu’à une aggravation des symptômes respiratoires. Plusieurs études montrent une fréquence accrue de sifflements respiratoires et de troubles pulmonaires chez les habitants et les travailleurs intervenant dans les logements sinistrés.

Près d’un logement sur cinq présente déjà des problèmes d’humidité ou de moisissures dans certaines études européennes. Le cas d’Awaab Ishak, un enfant décédé au Royaume-Uni à la suite d’une exposition à des moisissures domestiques a marqué un tournant et a conduit à un renforcement de la législation imposant aux bailleurs de traiter rapidement ces situations.

La conclusion est qu’il est important d’agir à la fois contre le changement climatique et contre les mauvaises conditions de logement afin de limiter les conséquences respiratoires futures.


D’après l’exposé de Erol Gaillard.

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Approche palliative dans la BPCO : comment mieux communiquer ?

Grégory Reychler, Service de kinésithérapie et de pneumologie, Cliniques universitaires Saint-Luc, UCLouvain, Bruxelles

Cet exposé a traité de la communication avec les patients atteints de BPCO avancée et sur l’intégration précoce des soins palliatifs dans leur prise en charge.

La BPCO est une maladie à l’évolution imprévisible, associée à une forte charge symptomatique, à une diminution de la qualité de vie et à des difficultés physiques, psychologiques, sociales et existentielles. Les proches aidants sont également fortement impactés par cette maladie.

De nombreux patients présentent un faible niveau de littératie en santé, ce qui limite leur compréhension de la maladie, de son évolution et des possibilités de soins. Les discussions relatives au pronostic, aux limites thérapeutiques et à l’anticipation des soins sont souvent initiées trop tardivement, alors qu’elles devraient commencer dès le diagnostic.

Plusieurs obstacles à la communication sont identifiés. Du côté des patients, on retrouve le déni de la gravité de la maladie, la méconnaissance des soins palliatifs, l’anxiété face à la mort et parfois une réticence à aborder ces sujets. Du côté des professionnels, les principaux freins sont le manque de temps, la difficulté à choisir le bon moment pour discuter de ces questions et l’idée persistante que les soins palliatifs ne concernent que la fin de vie.

Pour améliorer les échanges, il est utile de mieux connaître les valeurs, les attentes et l’environnement social du patient. Plusieurs méthodes de communication sont disponibles, notamment l’approche « Ask-Tell-Ask » (demander, expliquer, vérifier la compréhension) et la méthode du « teach-back », qui consiste à demander au patient de reformuler les informations essentielles afin de s’assurer qu’elles ont été comprises.

Les quatre dimensions des besoins palliatifs doivent être considérées : physique, psychologique, sociale et spirituelle, au moyen de questions ouvertes et adaptées à chaque situation. Des outils de communication spécifiques peuvent aider les soignants à identifier précocement les besoins des patients et à engager des discussions sensibles.

En conclusion, il n’est jamais trop tôt pour parler des soins futurs. La communication doit être adaptée au niveau de compréhension du patient et de ses proches, et la formation régulière des professionnels est essentielle pour améliorer la qualité de ces échanges. 


D’après l’exposé de Els Verschuur.

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Tozorakimab pour Prévenir les exacerbations de la BPCO : résultats des études de phase 3 OBERON et TITANIA

Louise Bondeelle,

Service de Pneumologie, Hôpitaux universitaires de Genève, Suisse

Présentés en Late Breaking Abstract au Congrès ERS 2026 de Barcelone, les résultats des études de phase 3 OBERON et TITANIA évaluant le tozorakimab dans la BPCO apportent des données particulièrement intéressantes sur le ciblage de l’axe IL-33.

Les exacerbations restent l’un des principaux enjeux de la prise en charge de la BPCO, en particulier chez les patients qui continuent à exacerber malgré un traitement inhalé optimisé, soit près de 50% d’entre eux.

Le tozorakimab est un anticorps monoclonal dirigé contre l’IL-33, cytokine impliquée dans les mécanismes inflammatoires des voies aériennes, l’hypersécrétion de mucus et le remodelage épithélial.

 Cette approche est intéressante car elle ne repose pas uniquement sur la présence d’une inflammation éosinophilique.

Les deux essais, randomisés, en double aveugle et contrôlés versus placebo, ont inclus des patients ≥40 ans, fumeurs actifs et ex-fumeurs présentant une BPCO avec des antécédents d’exacerbations, majoritairement sous trithérapie inhalée. Le traitement était administré à la dose de 300 mg par voie sous-cutanée toutes les 4 semaines, en association au traitement de fond.

Le critère principal était le taux annualisé d’exacerbations modérées à sévères chez les anciens fumeurs. Dans OBERON, le taux était réduit de 29 % par rapport au placebo (RR 0,71 ; IC95 % 0,57–0,88 ; p=0,002), tandis que TITANIA retrouvait une réduction de 34 % (RR 0,66 ; IC95 % 0,55–0,80 ; p<0,001). Dans la population globale, les résultats étaient concordants : réduction de 30 % dans OBERON (RR 0,70 ; p<0,001) et de 29 % dans TITANIA (RR 0,71 ; p<0,001).

Ces résultats, obtenus dans une population de BPCO exacerbateurs bien traités, semblent confirmer la pertinence clinique du blocage de l’IL-33, au-delà des approches ciblant spécifiquement l’inflammation de type 2.

Dans ces deux études de phase 3 indépendantes, le Tozorakimab permet une réduction d’environ 30 % des exacerbations modérées/sévères et cela indépendamment de la sévérité de la BPCO et indépendamment du taux sanguin d’éosinophiles. Ces données positionnent l’axe IL-33 comme une piste thérapeutique majeure et potentiellement une nouvelle approche biologique de prévention des exacerbations de BPCO.

D’après la Session Session ALERT2 – Modérateurs : J Chalmers A Barczyk D Tachmann – Orateur : F Sciurba

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Les analogues du récepteur du GLP-1, un souffle nouveau pour les asthmatiques ?

Clairelyne Dupin, Paris

Quel bénéfice des analogues du récepteur du GLP-1 dans l’asthme, maladie inflammatoire influencée par les troubles métaboliques et le surpoids ?

Les agonistes du récepteur du peptide-1 similaire au glucagon (AR-GLP-1) sont de plus en plus utilisés dans la prise en charge de l’obésité et le diabète de type 2, avec des effets anti-inflammatoires et métaboliques potentiels allant au-delà du contrôle glycémique. Le récepteur du GLP-1 est exprimé significativement au niveau de l’épithelium et des cellules musculaires lisses bronchiques. Une pensée émergente questionne le bénéfice potentiel de ces traitements sur l’asthme, maladie inflammatoire influencée par les troubles métaboliques et le surpoids. Des équipes danoise et britannique ont présenté des travaux dans le cadre d’une session commune.

La première étude présentée est une analyse de cohorte à l’échelle nationale à partir des registres de santé danois. Dans cette étude, 27 523 adultes (âge moyen de 54 ans, 66 % de femmes), atteints d’asthme (identifié par codage CIM-10 J45/J46 ou délivrance ≥ 2 ordonnances de traitement inhalé au cours des 12 derniers mois) ont été inclus lors de la première délivrance d’un AR- GLP-1 (date d’index). Les personnes atteintes de BPCO ou sous traitements biologiques contre l’asthme au cours des 12 mois étaient exclues.

L’instauration d’un AR- GLP-1 était associée à une réduction du taux d’exacerbation d’asthme (IRR 0,74, IC à 95 % : 0,69–0,80). Les données étaient similaires dans les sous-groupes de patients en surpoids ou obèses (IRR 0,78) et celui des patients diabétiques de type 2 (IRR 0,74). Des réductions ont également été observées concernant l’utilisation de traitements de secours (IRR 0,86), l’exposition aux CSI (IRR 0,77), ainsi qu’une diminution de l’incidence de pneumonie (IRR 0,90).

Le second travail présenté a été mené par l’équipe de l’Imperial College de Londres, à partir des dossiers médicaux électroniques britanniques. Dans cette étude, 8266 patients asthmatiques / BPCO débutant un traitement par AR-GLP-1 ont été comparés à un groupe contrôle de 20 273 patients asthmatiques / BPCO débutant un traitement par sulfamides hypoglycémiants.

L’instauration du traitement par AR-GLP-1 était associée à une réduction de 14% d’exacerbations d’asthme / BPCO , plus important avec le semaglutide (30% de réduction) que l’exenatide (23%), le dulaglutide (12%). Il n’y avait pas d’association observée avec le liraglutide et le lixisenatide. Le taux d’exacerbation n’était pas influencé par l’âge, le statut tabagique, l’éosinophilie, l’IMC, l’HBA1c, la variation de poids pendant le traitement. En revanche, l’effet était plus important chez les asthmatiques (réduction de 38% du risque d’exacerbation) que chez les BPCO (réduction de 21%).

Ces études observationnelles délivrent un message similaire : les AR-GLP-1 entrainent une réduction du risque d’exacerbation d’asthme et de BPCO. Elles devront être complétées par des essais prospectifs randomisés contre placebo. Comme l’a conclu le Pr Arnaud Bourdin qui modérait la session, « the GLP1 story is just beginning ». Stay tuned !


D’après Oral Communications « Reimagining airway disease treatment: novel metabolic, regenerative and interventional therapies »
Présentations n° 5556 5561

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