
Une revue systématique de la littérature avec méta-analyse a été réalisée par une équipe de chercheurs du Tennessee pour déterminer si le risque de développer un COVID long chez les adultes était influencé par le fait d’être atteint d’un asthme ou d’une BPCO. Les résultats ne sont pas forcément ceux que l’on attendait.
L’analyse de la littérature a inclus toutes les études disponibles au 13 septembre 2024. Les données regroupant 51 études épidémiologiques ont été compilées, incluant 43 analyses pour l’asthme et 30 analyses pour la BPCO. Les résultats de la méta-analyse indiquent que le risque de développer un COVID long après plus de 12 semaines de suivi était significativement plus important chez les asthmatiques (odds ratio à 1,40, avec intervalle de confiance à 95% compris entre 1,24 et 1,58 ; p<0,001) et les patients atteints de BPCO (odds ratio à 1,41, avec intervalle de confiance à 95% compris entre 1,16 et 1,72 ; p<0,001). En revanche, après plus de 26 semaines de suivi, ce risque persistait chez les asthmatiques (odds ratio à 1,47, avec intervalle de confiance à 95% compris entre 1,09 et 1,98 ; p<0,001) mais pas chez les BPCO (odds ratio à 1,19, avec intervalle de confiance à 95% compris entre 0,71 et 1,98 ; p=0,51). Globalement, les patients asthmatiques hospitalisés durant la phase initiale de leur infection à SARS-CoV-2 présentaient un surrisque de développer ultérieurement un COVID long avec un odds ratio à 1,55 (intervalle de confiance à 95% compris entre 1,30 et 1,86), mais cette augmentation de risque était également observée dans une moindre mesure chez les patients non hospitalisés pour COVID avec un odds ratio à 1,32 (intervalle de confiance à 95% compris entre 1,16 et 1,49). Enfin, les patients atteints de BPCO ne présentaient pas plus de fatigue au long cours : odds ratio à 1,13 avec intervalle de confiance à 95% compris entre 0,68 et 1,89 (p=0,63).
Les lecteurs intéressés par cette méta-analyse pourront l’examiner plus en détail puisqu’elle a été récemment publiée intégralement 1. Selon les auteurs, ces données plaident en faveur du fait que l’inflammation chronique des voies aériennes liée à l’asthme ou à la BPCO favorise le développement du COVID long, même si les mécanismes ne sont pas encore élucidés. Un argument de plus pour renforcer la mise à jour systématique de la vaccination chez nos patients concernés, donc.
François-Xavier Blanc, Université de Nantes ; CHU de Nantes, l’institut du thorax, Hôpital G. et R. Laennec, Service de Pneumologie ; INSERM UMR 1087, CNRS UMR 6291, Nantes
D’après Terry P. et al. Systematic review and meta-analysis of studies evaluating risk of long COVID in patients with pre-existing asthma or COPD. Am J Respir Crit Care Med2025;211:A3494 (session B35).
- Terry P. et al. Risk of long covid in patients with pre-existing chronic respiratory diseases: a systematic review and meta-analysis. BMJ Open Respir Res 2025;12:e002528. ↩



