Risques d’effets secondaires associés aux corticoïdes oraux dans l’asthme sévère : influence des biothérapies évaluée sur des registres colligeant plus de 40 000 patients !

Les données de registres complètent souvent utilement les résultats d’essais cliniques puisqu’elles permettent d’analyser des données de vie réelle sur de très grands effectifs. Ceci est particulièrement vrai dans l’asthme sévère. Des résultats intéressants ont été présentés vis-à-vis de l’impact de l’initiation d’une biothérapie sur les effets secondaires liés aux corticoïdes oraux

L’un des objectifs de l’initiation d’une biothérapie dans l’asthme sévère est d’aboutir à une réduction voire, idéalement, à un sevrage en corticoïdes oraux puisque l’on connaît bien les effets secondaires très délétères des corticoïdes administrés au long cours. A partir des données provenant de deux registres, l’International Severe Asthma Registry regroupant 16 pays et l’Optimum Patient Care Research Database concernant uniquement le Royaume-Uni, les auteurs ont comparé l’existence d’un grand nombre d’effets indésirables classiquement associés aux corticoïdes oraux (cataracte, glaucome, diabète, ostéoporose…) entre 5 633 patients ayant initié une biothérapie et 36 845 patients asthmatiques sévères sans biothérapie.

Globalement, le risque de développer un effet indésirable était significativement plus faible chez les patients ayant débuté une biothérapie (HR=0,82 [0,72-0,93]; p=0,002). Cette réduction de risque était surtout liée à un moindre risque de diabète (HR=0,62 [0,45-0,87] ; p=0,006), d’événements cardiovasculaires (HR=0,65 [0,44-0,97] ; p=0,034) et d’anxiété/dépression (HR=0,68 [0,55-0,85] ; p=0,001). De manière plus surprenante, il n’a pas été détecté de différence de risque pour l’ostéoporose, l’apnée du sommeil, le glaucome, la cataracte ou la pneumonie.

Cette analyse comportant un très grand nombre de patients est la première à montrer que les asthmatiques sévères chez qui l’on débute une biothérapie ont un moindre risque de développer un effet indésirable classiquement associé aux corticoïdes oraux, et en particulier le diabète, par rapport à ceux qui n’ont pas de biothérapie. De quoi alimenter le débat sur le coût élevé lié à ces traitements innovants, à bien mettre en balance avec les économies réalisées par la réduction de nombreux événements ultérieurs.

D’après Price D.B. et al. Impact of biologic initiation on new-onset of corticosteroid-related adverse effects in patients with severe asthma. Am J Respir Crit Care Med 2025;211:A5552 (session C33).

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