dilatation des bronches

Dilatation des bronches, recommandations 2025 : du neuf avec du vieux ?

Louise Bondeelle, service de Pneumologie, Hôpitaux universitaires de Genève, Suisse

Cette session a permis de présenter en exclusivités les recommandations 2025 sur la prise en charge des dilatations des bronches, élaborées à partir des données actualisées du registre européen EMBARC. Ces recommandations reposent principalement sur des études épidémiologiques, ce qui confère un niveau de preuve modéré, mais avec une forte conviction des experts.

Les nouvelles recommandations ERS sur la prise en charge des dilatations des bronches 1distinguent deux volets complémentaires. La prise en charge non médicamenteuse reste centrale, avec la place essentielle de la kinésithérapie de drainage bronchique complétée par la réhabilitation respiratoire, la prise en charge nutritionnelle et le soutien psychologique. Le schéma vaccinal doit être rappelé, en particulier pour le pneumocoque, la COVID et la transplantation pulmonaire demeure une option ultime.

Sur le plan médicamenteux, il n’y a pas de nouveauté majeure. Le brensocatib  bien que prometteur en phase 3 2, n’a pas encore sa place en pratique courante. Les mucolytiques ne sont proposés qu’en cas d’échec de la kinésithérapie. L’azithromycine, conserve une place importante, avec un schéma généralement de 250mg trois fois par semaine, pouvant être majoré si nécessaire, bien que les données scientifiques restent limitées. Son utilisation doit être précédée d’une recherche systématique de mycobactérie avant initiation puis de façon annuelle. Le traitement sera interrompu en cas de positivité des cultures ou d’absence d’efficacité, sans durée maximale imposée. Les corticoïdes inhalés sont plutôt contre-indiqués dans cette population. Concernant les colonisations bactériennes, les recommandations ne concernent que l’éradication de Pseudomonas aeruginosa, pour laquelle les données restent limitées ; en cas d’échec d’éradication, un traitement antibiotique prolongé peut être envisagé. Aucune recommandation ne peut être formulée pour les autres pathogènes.

En somme, cette mise à jour apporte des précisions utiles, mais sans véritables avancées thérapeutiques majeure.


D’après la session 7A – Guidelines session bronchiectasis

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Et les adolescents alors ? les résultats d’ASPEN dans cette population !

L’étude ASPEN a récemment été publiée dans le New England Journal of Medicine 1. Elle a démontré une diminution significative du nombre d’exacerbations dans les groupes de patients recevant du brensocatib (un inhibiteur de cathepsine C) à la dose de 10 et de 25 mg en comparaison au groupe placebo chez des sujets de 12 à 85 ans. Une diminution du déclin du VEMS avait été mise en évidence dans le groupe brensocatib 25 mg. Ont été présentées ce jour les résultats concernant spécifiquement les adolescents (12-18 ans).

Pour être inclus les patients devaient avoir entre 12 et 18 ans, un poids d’au moins 30 kg et au minimum une exacerbation dans les 12 mois précédant le screening. La randomisation était de 2 :2 :1 pour les adolescents (1 :1 :1 pour les adultes), avec donc 2 fois plus de patients dans les groupes brensocatib 25 et 10 mg que dans le groupe placebo. Cette population (n=31) était beaucoup plus exposée aux macrolides que les adultes inclus dans ASPEN. Dans les 2 groupes brensocatib, il existait une réduction du nombre annuel d’exacerbations (HR 0,41 pour brensocatib 10 mg [0,11-1,58] et 0,73 [0,2-1,68] pour le 25 mg), malheureusement non significative du fait de la faible puissance de l’étude dans ce sous-groupe. Quelle que soit la posologie de brensocatib, 59,2% des patients n’avaient eu aucune exacerbation pendant l’année de traitement, contre 35,4% des patients du groupe placebo. Le résultat le plus impressionnant concernait le déclin du VEMS.  En effet, les patients du groupe placebo ont présenté une importante détérioration de leur fonction respiratoire (perte en moyenne de 267 ml de VEMS), alors que dans les 2 groupes recevant du brensocatib, le VEMS était resté globalement stable (variation moyenne + 27 ml dans le groupe 10 mg et +65 ml dans le groupe 25 mg). La tolérance était bonne chez ces adolescents avec un cas d’hyperkératose (groupe brensocatib 10 mg) et un cas de gingivite (brensocatib 25 mg).

Au total, ces données sont rassurantes en terme de tolérance dans cette population d’adolescent. Le brensocatib semble efficace (sous réserve de la faible puissance de l’étude) que ce soit en termes d’exacerbation ou de déclin du VEMS. Il serait intéressant de mieux caractériser ce groupe de patients, qui apparait comme particulièrement grave au vu du déclin important du VEMS dans le groupe placebo durant l’étude.

D’après Maitre B et al. Exacerbation Rate and Lung Function in Adolescent Patients With Non-Cystic Fibrosis Bronchiectasis: An Analysis of the ASPEN Trial. Exacerbation Rate and Lung Function in Adolescent Patients With Non-Cystic Fibrosis Bronchiectasis: An Analysis of the ASPEN Trial. Am J Respir Crit Care Med 2025;211:A7421 (D18)

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Le rôle de l’analyse du microbiome dans la physiopathologie et la gestion de la dilatation des bronches

Le Dr Sanjay Haresh Chotirmall a établi les points clés illustrant l’importance d’étudier le microbiome pulmonaire dans le cadre des DDB. Il a passé en revue les techniques de “OMICS” qui pourront aider dans un futur plus ou moins proche le clinicien dans la prise en charge des patients porteurs de DDB.

L’implication du microbiome pulmonaire dans la physiopathologie et l’évolution des dilatations des bronches (DDB) a été tardivement le fruit d’actives recherches. En effet, comparativement au nombre exponentiel de publications concernant le microbiome digestif, l’intérêt suscité par le microbiome pulmonaire est relativement récent. Mais on sait aujourd’hui que l’analyse du microbiome permet d’identifier des patients à “haut-risque”de DDB et que la réduction de la diversité du microbiome est associée à une forme plus sévère de DDB, avec une fréquence accrue des exacerbations et une mortalité plus élevée.

Les interactions microbiennes liées à des profils de patients plus exacerbateurs

L’analyse du microbiome a révélé la présence de mycobiome associé à des profils de maladies et de patients différents. Il a aussi été montré récemment l’importance de l’interaction microbienne dans la survenue des exacerbations 1. Il semblerait même que cette interaction soit plus importante que l’identification des germes eux-mêmes. Cet “interactome”, et plus spécifiquement l’interaction entre Pseudomonas aeruginosa et certains autres microbes, permet également l’identification de profils de patients exacerbateurs fréquents.

Microbiome, résistance aux antibiotiques et environnement

L’analyse du microbiome fournit également un modèle prédictif de réponse aux antibiotiques. Le “résistome” des macrolides, associé au microbiote, a été établi par des analyses de métagénomique 2. Le microbiome est un outil de compréhension des chevauchements entre DDB et BPCO, permettant d’identifier 5 phénotypes caractérisés par son association au protéome 3. L’analyse du microbiome est aussi un outil permettant la découverte de pathobiontes, ces organismes non pathogènes par eux mêmes mais ayant un rôle dans la physiopathologie de la DDB. Enfin, l’analyse du microbiome a permi de souligner l’importance de l’environnement comme source de pathogènes pour le patient. L’analyse du microbiome des dispositifs d’inhalation a identifié une source potentielle de réservoirs de germes multi-résistants soulignant l’importance de tenir compte de l’environnement des patients dans leur prise en charge.

Louise Bondeelle, Département de microbiologie et de biologie moléculaire, Université de Médecine de Genève, Suisse


D’après la communication 2178 « The role of microbiome analysis in the pathophysiology and clinical management of bronchiectasis”, présentée par Sanjay Haresh Chotirmall (Singapour); Session “Bronchiectasis: how recent advances in research can support personalised medicine in practice”, du Lundi 5 septembre 2022.

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Dépistage de la dilatation des bronches en soins primaires : une place de choix pour les infirmières de pratique avancée

En dehors de la mucoviscidose, la dilatation des bronches (DDB) reste largement sous-diagnostiquée. Une équipe de Dundee (Écosse) a donc mis en place des mesures très simples pour tenter d’améliorer le diagnostic de DDB en médecine générale. Les premiers résultats sont particulièrement intéressants.

Le centre médical Hawkhill de Dundee comporte huit médecins qui prennent en charge chaque année environ 12000 patients en soins primaires. Pour améliorer le diagnostic de DDB dans cette population, Emma Fardon et ses collègues ont eu une idée très simple : envoyer un courrier à tous les patients ayant reçu, pour une infection respiratoire dans les 6 mois précédents, au moins 2 cures d’antibiotiques (amoxicilline ; amoxicilline + acide clavulanique ; clarithromycine ; érythromycine ; triméthoprime ; cotrimoxazole ; ou doxycycline). Ce courrier les invitait à venir rencontrer une infirmière de pratique avancée pendant 15 minutes pour répondre à un questionnaire sur leurs symptômes, leurs antécédents et leur statut tabagique, bénéficier d’une prise de sang incluant les marqueurs d’inflammation, un dosage des immunoglobulines et une sérologie aspergillaire et réaliser un examen d’expectoration. S’ils n’en avaient pas eu au cours des six derniers mois, les patients pouvaient également avoir une radiographie thoracique. Les résultats de ces tests étaient ensuite analysés par un médecin qui pouvait prescrire un scanner thoracique et une consultation auprès d’un pneumologue dans les cas suivants : toux productive quotidienne, culture d’expectoration positive, résultat anormal sur le bilan sanguin ou anomalie radiologique constatée.

Après deux campagnes de dépistage, 36 patients ont été invités à rencontrer l’infirmière et 30 sont venus. Parmi eux, 21 remplissaient les critères pour avoir un scanner thoracique et 19 en ont réellement eu un. De manière intéressante, 12 patients (soit 63 %) avaient bien des DDB sur le scanner et 6 autres avaient une autre anomalie. Un seul scanner était donc normal.

Ces résultats intéressants mettent en lumière le rôle important des infirmières de pratique avancée en soins primaires et l’intérêt d’outils de dépistage relativement simples pour améliorer le diagnostic de DDB. Ils devront évidemment être confirmés dans d’autres structures. Le temps nécessaire à la collecte des données a été soulevé comme étant très important et pouvant constituer un frein à la généralisation de cette pratique…

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François-Xavier Blanc, service de pneumologie, l’institut du thorax, hôpital G. et R. Laënnec, Nantes

D’après la session E.Fardon. Development of a Primary Care Screening Tool for Bronchiectasis. Am J Respir Crit Care Med 2018 ; 197 : A1970.

A57 Bronchiectasis

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© iSPLF – Mission ATS – MAI 2018

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Dilatations des bronches : Bien choisir où vivre…

ers2013

Dilatations des bronches : Bien choisir où vivre…

L’impact de la circulation automobile sur les maladies respiratoires est souvent mis en cause. Une étude récemment conduite par P. Goeminne a cherché à étudier les liens entre la pollution automobile et le risque de décès chez des patients porteurs de dilatations des bronches.

Entre juin 2006 et octobre 2012, les auteurs ont étudié la survenue de décès dans un groupe de 189 patients porteurs de bronchectasies (hors mucoviscidose) en fonction de la distance entre leur habitat et les grands axes de communications.

Plus les patients atteints de dilatations des bronches vivent éloignés d’une route à fort trafic, plus leur risque de décès diminue (HR = 0.40 à chaque fois que cette distance est multipliée par un facteur 10).

Vivre près des grands axes de communications augmenterait donc le risque de décès chez les patients porteurs de bronchectasies.

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Sandra DURY, service des maladies respiratoires, CHU de REIMS
Liens d’intérêt avec la brève : aucun

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Présentation :P. Goeminne. Impact of chronic air pollution exposure on non-cystic fibrosis bronchiectasies : Hit the road ? (Session 66 ; Abstract 402)

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© iSPLF septembre 2013 – En direct de l’ERS 2013

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