sommeil

Variabilité de la glycémie et PPC : une histoire de femme !

Les effets de la PPC sur l’équilibre du diabète et la variabilité de la glycémie sont controversés dans la littérature or cette variabilité est un facteur indépendant de survenue de pathologies cardio-vasculaires. Aurora et al (Miami, Etats-Unis) a montré ce jour les résultats de l’étude HYPNOS, qui a par ailleurs été publiée il y a 1 mois dans Chest (Chest, avril 2023).

L’objectif principal de l’étude était de déterminer l’impact d’un traitement par PPC sur la variabilité de la glycémie chez des patients diabétiques de type 2 et porteurs d’un SAOS modéré à sévère (IAH > 15/h). Il s’agit d’un essai monocentrique, randomisé et contrôlé portant sur 184 patients adultes n’ayant jamais été traités pour leur SAOS (IAH > 15/h). Ils étaient randomisés en un groupe recevant uniquement des conseils hygiéno-diététiques (CHD) et un groupe PPC + CHD et suivis pendant 3 mois.

Il y avait 92 patients dans chaque bras, comparables sur l’âge (58,4 ans dans le groupe PPC vs 60,8 dans le groupe CHD, NS), le sexe (57% vs 46% d’hommes) et l’index de masse corporelle (33,8 kg/m2 dans les 2 groupes). L’index d’apnées hypopnées (IAH) était de 31,5/h dans le groupe PPC et de 28,2/h dans le groupe CHD. L’observance moyenne de la PPC était de 5,4h en moyenne et 77% étaient compliants au traitement. On ne retrouvait aucune différence entre les 2 groupes sur la variabilité de la glycémie (objectif primaire) et sur l’HbA1c. La glycémie post-prandiale du dîner restait stable sous PPC alors qu’elle se dégradait dans le groupe CHD.

Plus intéressant, une analyse de sous-groupe en fonction du sexe a été réalisée. Les 2 groupes étaient comparables en termes d’âge (58,7 ans vs 60,6 pour les femmes), de sévérité du SAS (28,2 vs 31,5/h), de poids (32,5 vs 35,1 kg/m2). Le contrôle de la glycémie ainsi que la compliance à la PPC étaient comparables (76% vs 78% de patients compliants). On constatait une diminution significative de la variabilité de la glycémie (différence moyenne de 3,5 mg/dL entre le groupe PPC et le groupe CHD, p = 0,02) et de la glycémie post-prandiale (après le dîner) (- 20,1 mg/dL, p < 0,01) et nocturne (- 34,6 mg/dL, p < 0,01) chez les femmes sous PPC.

Une des forces de ce travail est l’observance satisfaisante à la PPC. Des études portant sur un nombre plus important de patients sont nécessaires pour confirmer ce résultat et le rôle du sexe sur ces éléments.


Sandrine Pontier-Marchandise, Service de Pneumologie et unité des soins intensifs– Clinique des Voies Respiratoires, CHU Larrey, 24 chemin de Pouvourville, TSA 30030, 31059 Toulouse Cedex 9

D’après la communication de Aurora R et al. Effects of Positive Airway Pressure on glycemic variability in persons with type 2 diabetes and obstructive sleep apnea. Am J Crit Care Med 2023 ; 207 : A1048 (Session A18)

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Apnées du sommeil et insuffisance cardiaque

Chez le patient insuffisant cardiaque, on peut avoir plusieurs types de syndrome d’apnées du sommeil (SAS). Un syndrome d’apnées obstructives (SAOS), un syndrome d’apnées centrales de sommeil (SASC) et la respiration de Cheyne-Stokes. Le SAS est associé à la survenue d’une insuffisance cardiaque et chez les patients insuffisants cardiaques, le syndrome d’apnées du sommeil est délétère en aggravant le pronostic vital du patient.  

L’insuffisance cardiaque s’accompagne d’une apnée du sommeil pour plus de 50%  des patients 1. Le diagnostic clinique du SAOS est non spécifique (ronflement, sommeil non réparateur, céphalées, nycturie). Le patient est paucisymptomatique dans le SASC avec peu de plainte de somnolence, secondairement a une activation sympathique. Le score d’Epworth est peu discriminant car il est perturbé par d’autres facteurs (insomnie, asthénie, dyspnée).

La polysomnographie reste l’examen de référence. D’autres moyens peu spécifiques existent. Il s’agit entre autres de la polygraphie ventilatoire (qui peut sous estimer l’IAH mais reste un bon moyen de poser le diagnostic) et l’oxymétrie nocturne. Particulièrement chez les patients insuffisants cardiaques, les dispositifs cardiaques implantés permettent aussi de donner un diagnostic de façon relativement fiable chez le patient porteur 2.

Une fois que nous avons dépisté le SAS, il faut déterminer son profil obstructif ou central et déterminer surtout la fraction d’éjection systolique du ventricule gauche (Fe VG) avant d’envisager sa prise en charge.

Cette prise en charge s’intéressera d’abord à l’insuffisance cardiaque et prendra en compte ensuite le SAS en fonction de son profil obstructif ou central.

Pour optimiser le traitement de l’insuffisance cardiaque 3, nous disposons de quatre classes thérapeutiques à savoir les IEC/ARA II, les bétabloquants, l’antagoniste de l’aldostérone et les glifozines. Quelques données ont d’ailleurs montré l’intérêt des glifozines dans le traitement du SAS 4, ces molécules étant par ailleurs recommandées depuis peu dans le traitement de l’insuffisance cardiaque.

Quelques données ont montré l’intérêt des glifozines dans le traitement du SAS , ces molécules étant par ailleurs recommandées dans le traitement de l’insuffisance cardiaque.

Chez les patients présentant un profil obstructif, il faut traiter ceux qui ont une insuffisance cardiaque symptomatique et un SAOS symptomatique et surtout ceux qui sont somnolents. Une étude a montré qu’il y a une amélioration de la Fe VG, de la qualité de vie des patients et une diminution de la somnolence chez les patients ayant un SAOS traité par PPC. La pression doit être fixe si la Fe VG est altérée avec surtout un contrôle tensionnel régulier lors de l’instauration de la ventilation Pour le SASC, la ventilation servo-assistée est contre indiquée chez le patient présentant une insuffisance cardiaque avec une FEVG < 45%, avec un indexe apnée hypopnée > 15/H. Si le patient est très symptomatique, un essai de PPC en mode fixe, avec surveillance rraprochée de la pression artérielle à l’instauration, peut être réalisé. En l’absence d’efficacité sur la somnolence, un arrêt est préconisé. La simulation du nerf phrénique est également proposée par certains auteurs 5mais les données sont faibles et le coût est important.

Soumaïla MAIGA, Pneumologue, CHU Yalgado Ouédraogo, Ouagadougou Burkina Faso.

D’après la communication “SAOS et insuffisance cardiaque ” présentée par Hélène BENZAQUEN FORNIER (France),
session “Troubles respiratoires au cours du sommeil ”, le vendredi 05 mai 2023.


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Post ERS 2022

Quand ? Le mercredi 14 septembre 2022

Modérateur(trice)  : Dr Justine Frija-Masson et Pr Jésus Gonzalez
Introduction

Intervenant(e)s : 
• Asthme Pr Cindy Barning
• Infectiologie Dr Louise Bondeelle
• Maladies vasculaires pulmonairesDrEtienne-Marie Jutant 
Oncologie Dr Gregoire Justeau
Sommeil Pr Wojcieh Trzepizur 
Transplantation  Pr Jonathan Messika
Conclusion 

Questions-réponses

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De l’intérêt des traitements combinés dans la prise en charge du SAOS


Les difficultés de tolérance vis-à-vis du traitement du SAOS par PPC conduisent à s’orienter vers des traitements personnalisés alternatifs, au sein desquels l’utilisation combinée de la PPC et de l’orthèse d’avancée mandibulaire doit être prise en compte

Compte tenu de l’importance de l’observance au traitement par PPC dans l’évolution du pronostic cardiovasculaire, et alors que les principales études randomisées à grande échelle (SAVE, RICADDSA, ISAACC) ont montré la faible durée d’utilisation de la PPC qui pourrait expliquer les résultats décevants de ces études, M. Hamoda et al ont développé une étude contrôlée prospective d’analyse de l’observance au traitement en utilisant PPC et orthèse d’avancée mandibulaire (OAM) de manière interchangeable. Parallèlement, les auteurs ont évalué l’impact de l’observance obtenue avec cette stratégie thérapeutique sur l’évolution clinique des patients. Ainsi, 79 patients ont été inclus dans un protocole sophistiqué avec une succession de phases randomisées avec cross over et période finale d’observation libre, sur une période de 6 mois permettant de comparer l’observance vis-à-vis des 2 types de traitement séparément puis en utilisation libre alternée interchangeable. Les patients, en majorité de sexe masculin (72%), d’âge moyen 52 ans (24-74), présentaient un SAOS modéré à sévère (IAH 21,5 +/- 14,5/h). Quelle que soit l’alternative thérapeutique (isolée ou associée), leur utilisation s’est accompagnée d’une réduction significative avec normalisation de l’IAH et d’une amélioration clinique significative, sans différence entre chaque solution thérapeutique. En revanche, l’observance était significativement plus importante sous OAM, et seules l’utilisation de l’OAM seule ou de l’OAM et la PPC de manière interchangeable présentaient une relation dose/réponse significative entre l’observance et l’amélioration clinique

Cette étude est la première à évaluer de manière contrôlée l’observance comparative entre l’utilisation de la PPC et de l’OAM en prenant en compte la possibilité d’une utilisation associée interchangeable, qui semble montrer une amélioration de la durée d’utilisation du traitement au long cours

Jean-Claude Meurice, Service de Pneumologie, CHU de Poitiers, Poitiers


D’après la communication de M. Hamoda et al. Continuous positive airway pressure, mandibular advancement splints and alternating therapy: A randomized controlled trial. Am J Respir Crit Care Med 2022; 205: A5069. Session D19.

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La qualité de l’observance reste le meilleur garant de l’efficacité de la PPC sur le pronostic cardiovasculaire du SAOS


Les conditions dans lesquelles ont été réalisées les 3 principales études contrôlées dont l’objectif était d’évaluer l’influence de la PPC sur le pronostic cardiovasculaire des patients SAOS, en prévention secondaire, pourraient être à l’origine des résultats décevant de ces études réduisant l’intérêt du traitement par PPC, malgré la relation reconnue entre la présence de troubles respiratoires nocturnes et le développement de complications cardiovasculaires.

Parmi les principales critiques proférées contre ces études, on retient plus particulièrement le caractère très sélectionné des patients, en l’absence d’hypersomnie diurne, et la faible observance vis-à-vis de la PPC, en moyenne proche de 3h / nuit. C’est la raison pour laquelle W. Trzepizur et al ont recherché une relation « dose/réponse » entre l’observance des patients de la Cohorte des Pays de la Loire traités par PPC et la morbi-mortalité évaluée sur une période de suivi de 87 (59-118) mois à l’aide d’un critère composite associant les décès de toutes causes, la survenue d’une pathologie coronarienne aiguë, d’un accident vasculaire cérébral, ou la nécessité d’une revascularisation coronarienne inattendue, recueillies à partir des données de santé de la Caisse d’Assurance Maladie. Il s’agissait de patients non sélectionnés, et traités par PPC sur les indications habituellement reconnues, dont l’association entre l’observance analysée par quartiles et le critère composite d’évaluation a été calculée en utilisant un modèle de Cox proportionnel avec ajustement sur l’âge, le genre, le statut tabagique, les antécédents cardiovasculaires, de même que le niveau de vigilance diurne initial. L’originalité de cette étude tient au fait que les compliances au traitement cardiovasculaire et à la PPC ont été simultanément analysées pendant la période d’observation. Globalement, 964 des 5182 patients de cette étude ont présenté un phénomène correspondant au critère de jugement permettant de retrouver, après ajustement sur les paramètres confondants, et en prenant comme référence le quartile des patients non observants (< 4h/nuit), le risque relatif de développement d’une complication cardiovasculaire respectivement de 0,88 (0,74-1,06) pour le quartile 4 à 6 h/nuit, de 0,75 (0,62-0,91) pour le quartile 6 à 7 h/nuit et de 0,78 (0,65-0,94) pour le quartile > 7 h/ nuit (p=0,0132 pour la tendance linéaire). Parallèlement, il est intéressant de noter que l’observance vis-à-vis de la PPC était aussi significativement associée à celle vis-à-vis du traitement à visée cardiologique.

Ces résultats confirment ainsi toute l’importance de la qualité de l’observance vis-à-vis du traitement par PPC sur le pronostic cardiovasculaire du SAOS.

Jean-Claude Meurice, Service de Pneumologie, CHU de Poitiers, Poitiers


D’après la communication de W Trzepizur : CPAP adherence, mortality and cardio-vascular events in patients with OSA: Data from the Pays de la Loire sleep cohort. Am J Respir Crit Care Med 2022;205: A3734. Session C19.

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