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Innovations et défis émergents dans la tuberculose et les maladies liées aux mycobactéries

Louise Bondeelle,Service de Pneumologie, Hôpitaux universitaires de Genève, Suisse

La tuberculose et les infections à mycobactéries non tuberculeuses continuent de faire l’objet de travaux qui, sans bouleverser nos pratiques, apportent progressivement de nouveaux éléments intéressants pour la prise en charge des patients.

De nouveaux marqueurs de tuberculose pleurale

Dans la tuberculose pleurale, le diagnostic reste souvent difficile, notamment parce que le liquide pleural est généralement paucibacillaire. Une petite étude s’est intéressée plus précisément à la réponse immunitaire présente dans la plèvre. Les chercheurs ont analysé et ont comparé les liquides pleuraux de patients avec et sans tuberculose. Ils ont utilisé la cytométrie en flux pour caractériser les populations de cellules immunitaires pleurales, avec un dosage de plusieurs cytokines.

Les cellules NKT étaient retrouvées en proportion plus importante dans les épanchements tuberculeux que dans les épanchements non tuberculeux. Les taux d’IFN-γ et de TNF étaient aussi plus élevés. L’ensemble suggère que les cellules NKT pourraient participer à la réponse immunitaire locale contre Mycobacterium tuberculosis. L’effectif était toutefois très limité, avec seulement 7 patients atteints de tuberculose pleurale, et ces résultats devront donc être confirmés sur des séries plus importantes. Ces résultats apportent un éclairage physiopathologique complémentaire aux outils diagnostiques déjà disponibles, notamment l’ADA pleurale, dont les performances sont bien établies, ainsi que l’IFN-γ pleural, qui semble présenter une meilleure précision diagnostique que l’ADA 1.

Autre sujet d’actualité : les infections pulmonaires à MAC.

L’étude ENCORE a évalué l’intérêt d’ajouter de l’amikacine liposomale inhalée au traitement chez des patients nouvellement diagnostiqués. Les résultats sont encourageants : les patients recevant l’amikacine inhalée présentaient une meilleure amélioration des symptômes respiratoires et surtout un taux plus élevé de conversion des cultures. Cette conversion était également plus durable, avec moins de récidives au cours du suivi. Aucun nouveau signal de tolérance n’a été identifié.

Ces deux études illustrent deux aspects complémentaires de l’actualité des mycobactéries : mieux comprendre la réponse immunitaire au niveau pleural dans la tuberculose et continuer à améliorer les stratégies thérapeutiques dans les infections pulmonaires à MAC. Des données encore préliminaires pour certaines, mais qui méritent d’être suivies.


D’après le poster du dimanche 6 septembre – présentation de J Van Ingen, R Janet de Oliveira

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Les meilleurs articles de l’ERJ

Louise Bondeelle,Service de Pneumologie, Hôpitaux universitaires de Genève, Suisse

La session « The Best of the ERJ 2026 » de l’ERS présente une sélection de publications susceptibles d’avoir un impact sur notre pratique clinique en termes d’infections respiratoires.

Les NETs : un marqueur de sévérité qui ouvre une nouvelle piste

L’étude internationale TORPIDS-3 1 s’intéresse aux neutrophil extracellular traps, les NET, ces réseaux extracellulaires libérés par les polynucléaires neutrophiles dans le cadre de la réponse inflammatoire. Les auteurs montrent que leur concentration dans le liquide pleural est associée à plusieurs marqueurs de gravité avec notamment un risque accru de mortalité à un an. Ce résultat est intéressant car il suggère que l’infection pleurale n’est pas seulement une question de bactéries et de pus à évacuer. La réponse inflammatoire du patient pourrait elle-même participer à la constitution d’un environnement pleural particulièrement complexe, notamment avec la formation de cloisons et la persistance de la maladie. Pour la pratique quotidienne, les NETs ne sont évidemment pas encore un biomarqueur à doser au lit du malade. Mais ils donnent une autre lecture de ce que nous observons à l’échographie : un liquide cloisonné et difficile à drainer pourrait être le reflet d’une réponse inflammatoire particulière. Les auteurs évoquent notamment la possibilité future de stratégies ciblant les NETs, en complément des traitements actuels

SCOPE : les enzymes intrapleurales gardent une longueur d’avance

Le deuxième travail, l’étude randomisée SCOPE 2, revient à une question plus concrète : peut-on remplacer ou compléter les traitements enzymatiques intrapleuraux par un simple lavage au sérum physiologique ? Le lavage salin seul était associé à une durée de drainage plus longue que le traitement enzymatique intrapleural. L’ajout d’un lavage salin au traitement enzymatique n’apportait pas de bénéfice supplémentaire. L’étude souligne l’importance du drainage précoce et bien positionné sous échographique. Le lavage salin peut être utilisé mais ne doit pas remplacer les enzymes.

Ces travaux suggèrent que le futur de l’infection pleurale ne sera probablement pas de trouver un traitement miracle mais plutôt de savoir chez quel patient, à quel moment et par quel mécanisme intervenir.


D’après la session du dimanche 6 septembre – présentation de Stefano aliberti

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Améliorer la qualité de vie des patients sous biothérapie : données complémentaires divulguées avec le depemokimab

Clairelyne Dupin, Paris

Cette session a présenté les nouveaux résultats post-hoc concernant le bénéfice du depemokimab dans l’asthme sévère et dans la polypose naso-sinusienne.

Les années passent à l’ERS, et s’il est des choses qui restent immuables, c’est l’intérêt des praticiens pour les données concernant l’ère thérapeutique des biothérapies. C’est encore dans une salle comble ou il fallait ruser pour obtenir une place assise, qu’ont été présentées de nouveaux résultats post-hoc conçernant le bénéfice du depemokimab dans l’asthme sévère et dans la polypose naso-sinusienne (PNS).

Pour mémoire, le depemokimab est la biothérapie la plus récemment autorisée sur le marché. La molécule cible l’IL-5 avec une affinité renforcée, permettant une action ultra-prolongée, une demi-vie allongée et donc un schéma d’injection semestriel.

Le programme d’étude du depemokimab comportait les essais de phase III SWIFT 1 et 2  et la phase d’extension ouverte AGILE dans l’asthme, et les essais de phase III ANCHOR1 et 2 dans la PNS.

Dans SWIFT 1 et 2, 75% des patients présentaient un score de symptômes d’asthme élevé à l’inclusion (ACQ-5 initial ≥ 1,5). A la fin de la deuxième année de traitement, 87 %, 80 % et 73 % de ces patients ayant reçu du dépémokimab ont présenté une diminution des exacerbations, du score SGRQ total et du score ACQ-5, respectivement. De plus, 60% des patients ont atteint le critère d’évaluation composite associant les 3 critères pré-cités.

Parallèlement, des résultats similaires ont été présentés dans le domaine de la PNS.

Pour mémoire, un score SNOT-22 ≥ 40 indique un impact significatif sur la qualité de vie et est un critère justifiant l’utilisation d’un traitement biologique dans la PNS.

Chez les 411 patients présentant un score SNOT-22 ≥ 40 à l’inclusion, les variations moyennes des scores d’obstruction nasale et de perte de l’odorat étaient plus importantes avec le depemokimab qu’avec le placebo à 52 semaines.  Des améliorations des scores SNOT-22 globaux et par domaine ont également été observées avec le depemokimab par rapport au placebo.

Evaluer les patients’ reported outcomes est essentiel pour asseoir le bénéfice des biothérapies dans les maladies inflammatoires chroniques. Dans les données complémentaires présentées ce jour, il est démontré que l’administration semestrielle de depemokimab réduit la charge des symptômes quotidiens d’asthme et de PNS et améliore la qualité de vie des patients, d’autant plus que la maladie est intense initialement.


D’après la session 113 du dimanche 6 septembre – présentations 1286 et 1287

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Macrolides dans les maladies obstructives chroniques : la suspension estivale a-t-elle un intérêt ?

Clairelyne Dupin, Paris

L’équipe australienne dirigée par le Dr Dennis Thomas a présenté une étude évaluant la suspension estivale du traitement par macrolide dans les maladies obstructives chroniques.

A dose anti-inflammatoire, les macrolides et notamment l’azithromycine sont une des options thérapeutiques pour réduire la fréquence des exacerbations dans les maladies obstructives bronchiques. La durée optimale reste sujette à débat.

L’équipe australienne dirigée par le Dr Dennis Thomas a présenté une étude évaluant la suspension estivale du traitement.

L’essai de non-infériorité en double aveugle et contrôlé par placebo a recruté 83 participants adultes (âge moyen : 67,33 ± 13,13 ; 55 % de femmes) suivant un traitement d’entretien par macrolides pour la prise en charge de l’asthme, de la BPCO ou de bronchectasies 1. Ils recevaient préférentiellement de l’azithromycine (80% des patients) et moins fréquemment de la clarithromycine, roxithromycine ou erythromycine.

Les patients ont été randomisés pour poursuivre ou réduire progressivement le traitement par macrolides (remplacés par un placebo) au début de l’été austral (décembre-février). Des visites de suivi ont été menés à 3, 6 et 9 mois afin d’évaluer la survenue d’exacerbations, de mesurer les scores de contrôle et les symptômes.

Cette étude est négative puisque la non-infériorité n’est pas atteinte : la réduction progressive du traitement par macrolides ne s’est pas révélée non inférieure à la poursuite du traitement, avec des taux d’exacerbation respectifs de 50 % et 33,3 % (différence de risque de 16,2 % ; IC à 95 % : de -4,9 % à 37,2 %, la limite supérieure dépassant la marge de non-infériorité de 20 %). Le délai avant la première exacerbation était plus long dans le groupe « poursuite du traitement » (médiane de 206 contre 82 jours ; rapport de risque : 1,98, IC à 95 % : 1,15 à 3,42 ; p = 0,012). Il n’y avait pas de différence de scores de symptômes entre les 2 groupes.

Bien que certains patients puissent être en mesure d’arrêter leur traitement à long terme par macrolides pendant l’été, un risque de récidive d’exacerbation subsiste et cette attitude ne saurait pas être recommandée avec les résultats de cette étude.


D’après la présentation 1293 Session : 113 Oral

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Mortalité dans la BPCO : un fardeau sous-estimé, supérieur à celui des cancers du sein et de la prostate

Léo Grassion, Service de Pneumologie, CHU de Bordeaux (Hôpital Haut-Lévêque)

Une étude de cohorte rétrospective menée en Angleterre montre que la mortalité toutes causes associée à la BPCO dépasse celle du cancer de la prostate et du cancer du sein, et rejoint, voire dépasse en cas de forme sévère, celle de l’insuffisance cardiaque.

La BPCO reste souvent perçue comme moins grave que d’autres pathologies chroniques fréquentes, telles que le cancer de la prostate , le cancer du sein  ou l’insuffisance cardiaque, ce qui contribue à une priorisation moindre de cette maladie par les systèmes de santé et les décideurs. Une étude anglaise, présentée lors du congrès de l’European Respiratory Society (ERS) 2026 à Barcelone, s’est proposée de comparer objectivement le fardeau de mortalité de ces quatre pathologies à partir de données de vie réelle.

Une cohorte de vie réelle à grande échelle

Les auteurs ont conduit une étude de cohorte longitudinale à partir de la base de données britannique Clinical Practice Research Datalink (CPRD Aurum), couplée aux données du Hospital Episode Statistics et de l’Office for National Statistics. Tous les patients ayant un diagnostic de BPCO, de cancer de la prostate, de cancer du sein ou d’insuffisance cardiaque entre janvier 2014 et mars 2020 ont été inclus. La cohorte BPCO (n = 348 421 à 724 072 selon le comparateur) a été appariée sur l’âge, le sexe, la région et un indice socio economique à des cohortes de patients atteints de chacune des trois pathologies comparatrices (1:1) et à un groupe contrôle (2 :1). Le critère de jugement principal était la mortalité toutes causes.

Une mortalité supérieure aux cancers, comparable à l’insuffisance cardiaque

Le taux de mortalité toutes causes chez les patients BPCO était de 58,1 pour 1000 personnes-année (PA), contre 26,8 pour 1000 PA chez les patients non-BPCO appariés (HR 2,32 ; IC95 % 2,29–2,35). Comparée au cancer de la prostate (42,0/1000 PA) et au cancer du sein (35,6/1000 PA), la BPCO était associée à une surmortalité de plus de 60 % (HR respectivement 1,63 [1,56–1,69] et 1,64 [1,57–1,71]). À l’inverse, la mortalité des patients BPCO restait inferieure de celle observée dans l’insuffisance cardiaque (58,1 versus 64,9/1000 PA ; HR 0,96 [0,93–0,98]).

Un surrisque doublé dans les formes sévères

L’analyse en sous-groupe des patients atteints de BPCO sévère (stade GOLD 3–4, VEMS < 50 %, ou antécédent d’exacerbations sévères) a mis en évidence un taux de mortalité atteignant 91,1 pour 1000 PA, soit le taux le plus élevé de toute l’étude. Le surrisque de mortalité par rapport au cancer de la prostate ou au cancer du sein était alors multiplié par deux environ (HR 2,22 et 2,23), et dépassait de plus de 30 % celui de l’insuffisance cardiaque (HR 1,33 [1,29–1,38]).

Vers une meilleure reconnaissance de la BPCO

Ces résultats confirment que la BPCO est associée a un risque de mortalité supérieur à celui de cancers fréquemment considérés comme prioritaires, et comparable, voire supérieur en cas de forme sévère, à celui de l’insuffisance cardiaque. Pour les auteurs, cela reste largement sous-reconnu et plaide pour un renforcement de la prise en charge de la BPCO conforme aux recommandations, afin de répondre à un enjeu de santé publique encore trop souvent négligé.


D’après le poster PA474, « Mortality in patients with COPD exceeds prostate and breast cancer and is comparable to heart failure: A real-world study from England », congrès de l’European Respiratory Society (ERS), Barcelone, Espagne, 5–9 septembre 2026.

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Facteurs prédictifs de rechute chez les patients asthmatiques sévères en rémission clinique sous biothérapie

Dorian Hassoun, Service des explorations fonctionnelles, CHU de Nantes

Certains patients asthmatiques sévères considérés en rémission clinique sous biothérapie rechutent. Quels sont l’incidence et les facteurs de risque de cette rechute ?

Les critères précis nécessaires pour définir la rémission clinique au cours de l’asthme sont encore débattus mais associent dans la majorité des cas l’absence d’exacerbation, le maintien du contrôle de la maladie, l’absence de corticothérapie orale d’entretien et l’optimisation/normalisation de la fonction respiratoire. Sous biothérapie elle est atteinte chez près d’un tiers des patients asthmatiques sévères 1. Néanmoins, certains patients rechutent malgré l’obtention initiale d’une rémission clinique mais l’incidence de la rechute et les facteurs y étant associés sont mal connus.

Ont été présentées dans cette communication orale des données supplémentaires concernant les facteurs de risque de rechute sous traitement.

Chez les patients asthmatiques sévères atteignant une rémission clinique après 12 mois de traitement, 1 patient sur 5 rechute au cours des 2 années suivantes.

L’étude rapportée a été réalisée à partir des données de vie réelle issues de « l’International Severe Asthma Registry » regroupant des patients provenant de nombreux pays à travers le monde (Amériques de Nord et du Sud, Europe, Asie et Moyen-Orient) 2, 3.

L’objectif était d’identifier, chez les patients en rémission clinique après 12 mois de traitement par une biothérapie, les facteurs prédictifs de rechute de la maladie dans les 24 mois suivants. La rechute était définie ici par l’obtention d’au moins un des critères suivants : la survenue d’une exacerbation, l’utilisation d’une corticothérapie orale d’entretien et la perte de contrôle de l’asthme.

Les 732 patients inclus dans l’étude ayant atteint la rémission après 12 mois de traitement présentaient les caractéristiques démographiques et cliniques suivantes à l’initiation de la biothérapie : patients âgés d’une soixantaine d’année (médiane 58,0 [49,7 ; 66,3] ans), en majorité de sexe féminin (57,9 %), présentant des exacerbations fréquentes (2 [1 ; 4] / an), un asthme non contrôlé (55.4 % des cas), une fonction respiratoire altérée (59,1 % avec un rapport VEMS/CVF < 0.7 et 57 % un VEMS < 80%) et une corticothérapie orale d’entretien dans 17,9 % des cas.

Les biothérapies utilisées ciblaient en majorité la voie de l’IL-5 (41,4 % d’anti-IL5 et 18,6 % d’anti-IL5R), avec 22,4 % d’utilisation d’anti-ILRα et 17,7 % d’anti-IgE.

Un total de 148 patients (20.2 %) a présenté une rechute dans les 24 mois suivant les 12 premiers mois de traitement par biothérapie. Le détail des critères de rechute n’ont malheureusement pas été abordés ni les fréquences de rechute en fonction de la biothérapie utilisée.

Les données spirométriques et l’éosinophilie sanguine résiduelle sous traitement pourraient identifier les patients à risque de rechute

Par une modélisation par régression logistique, ajustée sur l’âge, le sexe, le site, la biothérapie utilisée, les auteurs ont identifié les principaux facteurs prédictifs suivants :

  • VEMS ≥ 80 % prédits à 12 mois de traitement (OR ajusté sur valeurs à l’initiation de la biothérapie) : protecteur de la rechute avec un OR de 0,62 IC95% (0,41 ; 0,92) vs < 80 % (p=0.018)
  • Eosinophilie sanguine à 12 mois ≥ 100/µL (OR ajusté sur valeurs à l’initiation de la biothérapie) : associée à la rechute avec un OR de 2,11 IC95% (1,47 ; 3,02) vs < 25/µL (p<0,001)

La FENO à 12 mois (entre 25 et 50 ppb ou > 50 ppb vs <25 ppb) ainsi que la posologie des corticostéroïdes inhalées à 12 mois (légère, moyenne vs haute) n’étaient pas significativement associés à la rechute à 24 mois.

Au total, la perte de la rémission clinique obtenue sous biothérapie s’observe dans un nombre non négligeable de cas. L’utilisation des données de suivi fonctionnel respiratoire et biologique pourrait permettre d’affiner l’évaluation du risque de rechute. Des études complémentaires sont nécessaires afin d’en préciser leurs valeurs prédictives en pratique.


D’après la communication orale : Predictors of relapse at 24 months among International Severe Asthma Registry patients in remission after 12 months on biologics
Présentée par F. Garcia-Cosio Piqueras – Session : Preventing exacerbations and achieving clinical stability in airway diseases. Le 06/09/2026

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Traitement de fond par corticothérapie inhalée chez les patients asthmatiques sévères sous benralizumab en vie réelle : que se passe-t-il ?

Dorian Hassoun, Service des explorations fonctionnelles, CHU de Nantes

Ce poster présentait les premiers résultats de l’analyse intermédiaire de l’étude AIR POWER (NCT06422078), étude prospective non-interventionnelle, visant notamment à évaluer l’utilisation des traitements de fond inhalés et le contrôle de l’asthme des patients asthmatiques sévères traités par benralizumab.

La réduction de l’intensité du traitement de fond chez les patients asthmatiques sévères contrôlés sous biothérapie est un sujet actuellement débattu. L’étude SHAMAL (NCT04159519) avait démontré qu’il était possible de réduire la posologie d’une association corticostéroïdes inhalés-formoterol (jusqu’à un traitement à la demande) sous benralizumab tout en conservant un contrôle satisfaisant de l’asthme à 32 semaines 1. La réduction de l’association CSI-formoterol était néanmoins protocolisée, assujettie au maintien du contrôle de la maladie évalué à une fréquence élevée (toutes les 8 semaines). Enfin, une augmentation de la FENO et une réduction légère du VEMS étaient observées dans le groupe de réduction de l’association CSI-formoterol en comparaison avec le groupe contrôle. Il est à noter qu’une étude de phase 3 analogue à SHAMAL est en cours concernant le tezepelumab (ARRIVAL, NCT06473779) avec un recrutement complet et une fin d’étude prévue en juin 2027.

Aujourd’hui, nous avons eu l’occasion de connaître les premiers résultats de l’analyse intermédiaire de l’étude AIR POWER (NCT06422078), étude prospective non-interventionnelle, financée par AstraZeneca, visant notamment à évaluer l’utilisation des traitements de fond inhalés et le contrôle de l’asthme des patients asthmatiques sévères traités par benralizumab en Allemagne.

L’instauration du benralizumab en vie réelle s’accompagnait d’une réduction de l’intensité des traitements inhalés, en dehors de tout protocole standardisé.

L’analyse intermédiaire a porté sur un total de 101 patients à l’inclusion dont 44 patients évalués à 24 semaines de traitement. Les patients inclus étaient âgés en moyenne de 56 +/- 15,4 ans, de sexe féminin dans 59 % des cas avec 28 % des patients présentant une rhinite allergique et 13 % une rhinite chronique avec polypose naso-sinusienne. L’éosinophilie sanguine au diagnostic n’était pas rapportée sur le poster.

L’évaluation de la réponse clinique a été réalisée grâce à un score principalement utilisé en Allemagne : le Biologic Asthma Response Score. Celui-ci se base sur la moyenne fréquence des exacerbations, la posologie de la corticothérapie orale et le score ACT. Au terme des 24 semaines de traitement, 60 % des patients présentaient une bonne réponse (BARS ≥ 1.5) et 32.5 % une réponse simple (0.5 ≤ BARS < 1.5) sur les 40 patients évaluables.

A l’inclusion, 79,2 % des patients étaient sous une association CSI/LABA/LAMA contre 20,8 % sous une association CSI/LABA (101 patients évalués) contre 59,5 % et 40,5 % respectivement à la 24ème semaine de traitement (37 patients évalués). Au terme des 24 semaines de traitement, 22,7 % des patients sous une association CSI/LABA/LAMA étaient à doses moyennes (reste à doses élevées) et 6,7% des patients sous CSI/LABA étaient à doses faibles (6,7 % à doses moyennes et 86,7 % à doses fortes).

Il est à noter néanmoins qu’il n’y avait pas de protocole imposé de décroissance du traitement de fond et que, à l’heure actuelle, la société savante pneumologique allemande ne s’est pas positionnée à ce sujet. Par ailleurs, des discordances entre les données rapportées à l’investigateur et les données d’adhésion thérapeutique réelle (carnets de suivi) semblaient exister avec une probable sous-estimation de la réduction de l’intensité des traitements. Celles-ci seront abordées lors de l’analyse des données prévues au dernier trimestre 2027.

Malgré la réduction globale de l’intensité du traitement de fond, la fonction respiratoire s’améliorait après 24 semaines sous benralizumab.

Concernant l’évolution de la fonction respiratoire à la 24ème semaine en comparaison avec l’état de base, les auteurs rapportaient une amélioration moyenne du VEMS de 240 mL soit + 14,9 % (+/- 29,11) prédit (p=0,004) ainsi que de la CVF de 260 mL soit + 12,4 % (+/-27,41 %) prédit (p=0.008). Ces améliorations étaient cohérentes avec les données issues de méta-analyses des données de vie réelle 2. On ne disposait pas du détail des variations de fonction respiratoire en fonction de la réduction de l’intensité du traitement de fond.

Au total, l’utilisation du benralizumab chez des patients asthmatiques sévères dans cette cohorte prospective en vie réelle s’accompagnait d’une réponse clinique significative à la 24ème semaine de traitement. Celle-ci était associée à une amélioration significative mais variable (variance élevée) de la fonction respiratoire malgré une réduction globale de l’intensité du traitement de fond.

Concernant la réduction du traitement de fond sous biothérapie, compte tenu du peu de données disponibles sur le sujet, les récentes recommandations françaises de prise en charge de l’asthme sévère se sont positionnées pour un accord d’expert sur une réduction progressive au cas par cas de la dose de CSI chez les patients asthmatiques sévères bien contrôlés sous biothérapie avec un suivi des symptômes, de la fonction respiratoire et des biomarqueurs 3. Rev Mal Respir. 2026.].


D’après le poster suivant : A non-interventional, prospective study with benralizumab to investigate clinical outcomes and medication in real-life: first insights from the AIR POWER study Présenté par M. Lommatzsch (Rostock, Germany) – Session Poster Dimanche 06/09/2026, 12h30-14h00

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Actualités G2A







7 mai 2024 : Journée mondiale de l’asthme

Toujours pas de traitement pour guérir l’asthme : unissons nos efforts pour soutenir la recherche !


Les Plans d’actions dans l’asthme>>>

LES 10èmes JEAS ont eu lieu les 22 et 23 septembre 2022 à Dijon www.jeas-g2a.com

vous pouvez voir le replay


Les JEAS ont eu lieu les 26 et 27 Août 2021 à Lille
Vous pouvez voir les présentations en replay : http://www.jeas-g2a.com/Replay-2021-13742

Les cas cliniques/discussion devront être envoyés avant le mercredi 16 juin 2021 sous forme d’un diaporama. Pour connaître les modalités et télécharger le template de soumission, voici le lien à suivre : http://www.jeas-g2a.com/Soumission-d%27un-cas-clinique

Les équipes dont le cas aura été sélectionné par le conseil scientifique seront informées par email. 

Enfin, n’hésitez pas à re-visionner ou découvrir les sessions des JEAS 2020, disponibles en replay sur le site http://www.jeas-g2a.com/Replay-2020


 

Webinaire du G2A le 10 décembre 2020 : Pathologies respiratoires T2 et prise en charge

bouton-fleche-actua Livre Blanc Asthme et inégalités


>>> Position du groupe de travail Asthme et Allergies (G2A)  de la SPLF sur la prise en charge des asthmatiques pendant l’épidémie de COVID-19

bouton-fleche-actua Fiche de réunion de concertation asthme sévère (Nouvelle version 2021)

(Questionnaire pdf interactif)

bouton-fleche-actua Brochure  “L’asthmatique et ses proches”

bouton-fleche-actua  Support scientifique  ” L’Asthmatique et  ses proches “


 

bouton-fleche-actua Carte de France des essais cliniques dans l’asthme

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 bouton-fleche-actua Programme des réunions régionales asthme sévère

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