Le Vendredi 12 mai 2023 à l’Hôpital Saint Joseph, Marseille
Détails de la formation
Le rôle de la bronchoscopie dans l’évaluation et le traitement des maladies respiratoires a considérablement évolué au cours de la dernière décennie. L’histoire naturelle du cancer du poumon a également changé, passant de carcinomes épidermoïdes des voies aériennes centrales à des adénocarcinomes plus périphériques et une évolution technologique l’a accompagné avec des outils adaptés. Le développement du scanner, l’identification des nodules périphériques et autres pathologies pulmonaires vont continuer à augmenter, ce qui majorera la demande d’une réponse pour ces anomalies périphériques. Le pneumologue interventionnel se positionne aussi comme un acteur collaboratif dans la stadification par EBUS, l’aide au chirurgien ou aux radiothérapeutes pour améliorer la prise en charge de ces patients mieux sélectionnés. Ce champ d’exploration s’élargi dans les maladies non cancéreuses avec dans l’emphysème, la réduction bronchoscopique du volume pulmonaire à l’aide de valves endobronchiques (ou autre technique comme les coils ou la vapeur) mais aussi dans la BPCO avec la dénervation par radiofréquence. Les cryo-techniques seront abordées dans leurs utilisations proximales et distales.
Le but de cet événement au delà des descriptifs, de la formation pratique ou de l’amélioration des techniques, est de questionner leur positionnement dans nos approches multidisciplinaires au sein d’institutions prenant en charge ces patients. L’originalité de cette année est la collaboration étroite avec le GIFE, pour des ateliers communs IDE/ Praticiens : Venez en équipe !
Cette journée sous l’égide du GETIF a l’ambition d’être un moment d’échange clinique, technique et scientifique dans un cadre propice à ce type d’événement. L’équipe de pneumologie interventionnelle de l’Hôpital Saint-Joseph
Qu’allez-vous apprendre ?
La formation pratique ou de l’amélioration des techniques.
Opportunité de participer à des ateliers pratique au Bloc Experimental
Opportunité de rencontrer les experts et de comprendre leurs cas cliniques
Descriptifs, de la formation pratique ou de l’amélioration des techniques,
L’aide au chirurgien ou aux radiothérapeutes pour améliorer la prise en charge de ces patients mieux sélectionnés.
Apprendre comment le pneumologue interventionnel se positionne aussi comme un acteur collaboratif
Méthodes pédagogiques
Cas live, Cas pratique, Présentation théorique, Présentiel
ATELIERS • 8h-9h AT-RIGIDE/Prothèses : Pr Jean Michel Vergnon Pneumologue CHU St Etienne • 9h-10h AT-VALVES : Dr Yoann Ammar Pneumologue Hop. St Joseph Marseille • 10h-10h30 AT – EBUS : Dr Cezar Matau Pneumologue CHU Strasbourg Pause • 10h30-11h00 AT-Echo pleurale : Dr Gilles Mangiapan Pneumologue CHIC Créteil • 11h-12h AT-Echo bronche/Cryo : Dr Julien Legodec Pneumologue Hop. St Joseph Marseille – 12h-13h : Pause dinatoire
COURS DE PERFECTIONNEMENT • 13h-14h CP-Bronche/ Emphysème : Dr Christine Lorut Pneumologue Hop Cochin APHP Dr Thomas Egenod Pneumologue CHU Limoges sur les Traitements endoscopiques et Pr Claire Andrejak Pneumologue CHU Amiens: le microbiome et la bronche • 14h-15h CP-KBP Dépistage : Pr Jean michel Vergnon Pneumologue CHU St Etienne Dr Ilies Bouabdallah Chirurgien Thoracique Hop. St Joseph Marseille : Dépistage du cancer du poumon et Pr Laurent Greillier Pneumo-Oncologue APHM Marseille, sur les stratégies thérapeutiques dans le KBP localement avancé • 15h-15h30 : Pause • 15h30-16h30 CP-Asthme sévère : Dr Clément Fournier Pneumologue CHU Lille Pr Pascal Chanez Pneumologue APHM Marseille: Asthme sévère et Biothérapies : question a choix multiples et Dr Julien Legodec Pneumologue Hop. St Joseph Marseille : Endoscopie du sommeil • 16h30-17h30 CP-PID : Dr Julien BermudezPneumologue APHM Marseille Dr Jérémy Bismuth Pneumologue Hop. St Joseph Marseille: Avancées en PID et Dr Antoine Hutt Radiologue CHRU Lille : L’imagerie en soutien des pneumologues
SYMPOSIUM • 19h30-22h00 Dr Mathieu Larrousse Pneumologue Toulon et Dr Alain Palot Pneumologue Hopital saint Joseph Marseille Pr Bruno Degano Pneumologue CHU Grenoble : BPCO What else ?
L’observance thérapeutique à la pression positive continue (PPC) est toujours un problème essentiel ; c’est probablement cela qui explique en partie un grand nombre d’études négatives sur l’impact du traitement dans les maladies cardio-vasculaires notamment. On a assisté lors de ce congrès à la présentation de plusieurs études rétrospectives évaluant l’intérêt d’une observance correcte de la PPC sur un certain nombre d’items.
Wickwire EM et al (Baltimore, Etats-Unis) a présenté un travail rétrospectif portant sur des patients nouvellement appareillés par PPC et porteurs d’une dépression (2 consultations ou une hospitalisation pour dépression dans l’année précédant la mise en place de la PPC). Un total de 37459 patients a été inclus : 27% observants, 44% modérés et 29% non observants. L’observance était définie par une utilisation de plus de 4h par nuit, plus de 70% des nuits sur une période de 30 jours, dans les 3 premiers mois de traitement.
Par rapport aux patients non observants (NO), les patients observants (PO) avaient moins de risque de consultation en urgence (- 34%) ou d’hospitalisation toute cause confondue (-44%) dans les 2 ans qui suivaient l’initiation de la PPC. Ceci s’est traduit par une diminution significative des coûts de santé par patient dans les 2 années qui ont suivi (respectivement pour le coût global, les hospitalisations et les consultations en urgence : 11847$ pour les PO vs 11955$ pour les NO, 1634$ vs 2274$ et 760$ vs 1006$). Les auteurs ont calculé que pour éviter une hospitalisation en urgence il faudrait « convertir » 6,3 NO en PO ou 12,4 patients ayant une observance intermédiaire en PO ; de même pour diminuer les consultations en urgence, il faudrait « convertir » 0,9 NO en PO et 1,9 patient intermédiaire en PO. Les mêmes données sont constatées pour les hospitalisations et les consultations pour dépression.
Il est très intéressant de constater que l’impact de l’observance est visible sur la consommation de soins dès la première année de traitement par PPC dans cette population sélectionnée mais généralement très consommatrice de soins. L’observance est, comme chacun le sait, une donnée essentielle pour la prise en charge de nos patients et ses effets notamment sur la dépression.
Sandrine Pontier-Marchandise, Service de Pneumologie et unité des soins intensifs– Clinique des Voies Respiratoires, CHU Larrey, 24 chemin de Pouvourville, TSA 30030, Toulouse
D’après le poster discussion de : Wickwire EM et al. Impact of Positive Airways Pressure adherence on healthcare resource utilization and costs among individuals with obstructive sleep apnea and depression : a national analysis. Am J Respir CritCare Med 2023;207:A6497. (session D30)
Plusieurs arguments ont récemment conduit à réviser la définition du syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) dite « de Berlin » de 2012 utilisée jusqu’à maintenant: (1) le développement de l’oxygénothérapie à haut débit (OHD) pour la prise en charge de l’insuffisance respiratoire aiguë (IRA) hypoxémique alors que ces patients ne répondent pas à la définition de Berlin; (2) le rapport SpO2/FiO2, évalué par simple oxymétrie de pouls et récemment validé comme critère de SDRA (études d’observationnelles et essais cliniques); (3) la nécessité de réévaluer l’exigence d’avoir des opacités bilatérales versus unilatérales à l’imagerie thoracique, et de tenir compte de l’échographie thoracique comme méthode diagnostique supplémentaire; (4) l’application de la définition de Berlin qui peut s’avérer difficile dans les pays aux ressources sanitaires limitées, les modalités diagnostiques (radiographie thoracique, analyse des gaz du sang artériels) et thérapeutiques (ventilation en pression positive) n’étant pas toujours disponibles.
La réflexion a donc fait l’objet d’un consensus ayant réuni 32 experts internationaux en soins critiques et SDRA au cours de 6 réunions virtuelles (juin 2021-mars 2022), aidés de l’avis de plusieurs membres de sociétés savantes internationales en soins critiques (juin-septembre 2022). Outre les arguments précédents, cette nouvelle définition devait tenir compte de la diversité potentielle du SDRA à la fois clinique, géographique, raciale, sexuelle et ethnique. Les 4 principales nouvelles recommandations sont résumées dans le tableau ci-dessous et ont été approuvées par l’ensemble des membres de la conférence.
Cette nouvelle définition mondiale du SDRA s’appuie donc sur celle de Berlin. Elle s’en distingue cependant par les éléments suivants : (1) les patients souffrant d’une IRA nécessitant un débit d’OHD ≥30 L/mn vont représenter une nouvelle catégorie de SDRA non intubé; (2) l’oxymétrie de pouls sera suffisante (à la place des gaz du sang artériels) pour porter le diagnostic de SDRA (rapport SpO2/FiO2); (3) les opacités bilatérales restent un critère obligatoire mais l’échographie thoracique devient une technique d’imagerie acceptable pour leur diagnostic; (4) plusieurs critères ne seront plus exigibles (niveau de pression expiratoire positive, débit d’oxygène, dispositifs spécifiques d’assistance respiratoire) chez les patients relevant d’organisations sanitaires aux ressources limitées, lesquels pourront dorénavant être inclus dans les études épidémiologiques et les essais cliniques sur le SDRA . Cette nouvelle définition élargit donc celle de Berlin tout en étant plus pragmatique. Elle devra par la suite faire l’objet d’études prospectives pour déterminer au mieux sa faisabilité, sa fiabilité et sa validité pronostique, ainsi que sa place selon les différents phénotypes de SDRA.
Christophe Girault, Service de Médecine Intensive et Réanimation, Hôpital Charles Nicolle, CHU-Hôpitaux de Rouen, 37 boulevard Gambetta & UR3830, Institut de Recherche et d’Innovation Biomédicale (IRIB), Faculté de Médecine et de Pharmacie, Université de Rouen, Rouen
La physiopathologie de la persistance d’une dyspnée sévère à l’exercice plusieurs mois après une infection à SARS-CoV2 reste mal connue. En dehors des séquelles fonctionnelles respiratoires, qui touchent les patients ayant bénéficié d’une ventilation mécanique prolongée pour un syndrome de détresse respiratoire aigüe, les deux principaux mécanismes qui sont évoqués chez les patients ayant eu une infection COVID-19 modérée, gérée en ambulatoire, sont le syndrome d’hyperventilation et la respiration dysfonctionnelle. Ces deux anomalies fonctionnelles respiratoires peuvent être améliorées par la réadaptation respiratoire (RR).
En complément, Rainer Gloeckl, (Allemagne), a évoqué le rôle potentiel d’une faiblesse diaphragmatique. Cinquante patients (14 femmes, âgées de 58±12 ans) ont bénéficié 15 mois après une hospitalisation pour COVID-19 (50% des patients sous ventilation mécanique) d’une évaluation extensive de la fonction diaphragmatique (pression inspiratoire maximale, pression trans-diaphragmatique, échographie diaphragmatique) 1. Ils sont comparés à 9 contrôles sains. Alors que les fonctions respiratoires sont normales, la pression trans-diaphragmatique est abaissée, indépendamment du recours à la ventilation mécanique (14±8 versus 21±3 cmH2O chez les patients COVID-19 ventilés vs. contrôle, p=0,02 et 15±8 versus 21±3 cmH2O chez les patients COVID-19 non ventilés vs. contrôle, p=0,04). La faiblesse diaphragmatique est corrélée à l’intensité de la dyspnée d’effort.
La faiblesse diaphragmatique pourrait également être améliorée par la RR, notamment lorsqu’elle comporte un réentrainement des muscles respiratoires. Dans un essai randomisé contrôlé, 111 patients rapportant une dyspnée persistante, en moyenne 9 mois après une COVID-19, ont bénéficié de séances de réentrainement des muscles respiratoires pendant 8 semaines, en utilisant le dispositif résistif PrO2 (PrO2Fit Health, Smithfield, Etats-Unis) 2 Ils sont comparés à 37 contrôles. La dyspnée (domaine « dyspnée » du questionnaire K-BILD : 59,8±12,6 chez les contrôles versus 62,2±16,2 après RR, p<0,05), les symptômes respiratoires (domaine « symptômes thoraciques » du questionnaire K-BILD : 59,2±18,7 chez les contrôles versus 64,5±18,2 après RR, p<0,05) et le statut fonctionnel sont améliorés.
Malgré la diversité des mécanismes expliquant la dyspnée persistant à long terme après une infection à SARS-CoV2, la RR est une option thérapeutique intéressante. Il reste à déterminer, sur des arguments scientifiques plus solides, quelles composantes et quelles modalités de la RR sont bénéfiques aux patients COVID-19.
Marjolaine Georges, Service de Pneumologie et Soins Intensifs Respiratoires, CHU Dijon Bourgogne, 14 rue Paul Gaffarel, Dijon
D’après la communication de Gloeckl R et al. Patients recovering from COVID should be integrated into existing pulmonary rehabilitation services (Session C9).
Les analogues de la prostacycline parentérale sont les premiers traitements à avoir démontré leur efficacité dans l’hypertension artérielle pulmonaire. Parmi eux, on compte l’époprosténol administré par voie intra-veineuse (IV), qui est le seul traitement à avoir montré (en essai contrôlé) une diminution de la mortalité, et le tréprostinil administré par voie IV, sous-cutanée (SC) ou inhalée. L’utilisation d’analogues de la prostacycline par voie IV ou SC est recommandée chez les patients les plus sévères, à haut risque de mortalité. Cependant, ces voies d’administration peuvent être associées à un certain nombre de complications (principalement douleurs locales pour la forme SC et infections pour la voie IV) empêchant la poursuite de ces traitements. Le selexipag, un analogue des récepteurs de la prostacycline administré par voie orale récemment développé, est parfois utilisé en relais des formes parentérales. Une étude rétrospective canadienne s’est intéressée aux transitions prostacyclines parentérales vers selexipag.
Une étude rétrospective multicentrique a été réalisée dans les centres experts d’hypertension pulmonaire canadiens afin d’évaluer le taux de succès à 36 mois des transitions prostacyclines parentérales – selexipag. Le succès de la transition était un critère composite défini par l’absence de décès ou de complication relative à l’HTAP (aggravation de la classe fonctionnelle NYHA, diminution de plus de 15% de la distance parcourue au test de marche de 6 minutes, hospitalisation en lien avec l’HTAP, réintroduction de la prostacycline parentérale, initiation d’une oxygénothérapie au long cours, recours à la transplantation pulmonaire ou atrio-septostomie).
Entre 2016 et 2020, 38 patients ont été sevrés en prostacycline parentérale et ont reçu du selexipag en relais. Parmi eux, 26 patients (68%) recevaient toujours du selexipag 24 mois après la transition. Parmi les 12 échecs de transition (32% de la cohorte), 3 patients sont décédés.
Parmi les facteurs d’échec identifiés, on dénombre les hospitalisations dans l’année précédant la transition thérapeutique, un dosage élevé de NT-proBNP, une hypervolémie objectivée au cathétérisme cardiaque droit (pression de l’oreillette droite supérieure à 8 mmHg) et un risque de mortalité intermédiaire ou élevé (évalué par la méthode REVEAL).
Cette étude souligne bien que les prostacyclines parentérales et le selexipag oral ne sont pas des traitements équivalents. La transition prostacycline parentérale vers selexipag oral pourrait être une option thérapeutique chez les sujets bien sélectionnés, à risque faible de mortalité et n’ayant pas été hospitalisé pour HTP dans l’année.
Athénaïs Boucly, Service de Pneumologie et de Soins Intensifs Thoraciques, Hôpital de Bicêtre, Assistance Publique Hôpitaux de Paris, 78, rue du Général Leclerc, Le Kremlin Bicêtre
D’après la communication de D. Budhram. Transitioning patients with pulmonary arterial hypertension from parenteral prostacyclin therapy to oral selexipag: a multi-center retrospective cohort study. Am J Respir Crit Care Med 2023; 207: A6447 (session D28)
Si la corticothérapie reste le traitement de première ligne au cours de la sarcoïdose, il est souvent nécessaire de recourir à des traitements d’épargne pour en limiter la toxicité. Un sondage récent auprès des patients adhérents à l’association américaine FSR (Fundation for Sarcoidosis Research) montre que 70 % des patients souhaitent une diminution de leur dose journalière de prednisone, a rappelé L.Maier (Etats-Unis), lors de la l’introduction de la session ce mercredi 24 mai. L’Efzofitimod, nouvelle molécule développée récemment pourrait devenir une alternative thérapeutique.
L’Efzofitimod est une protéine de synthèse qui se lie à la neutrophiline-2 (NRP2). Ce récepteur est exprimé par les macrophages. Au cours de la sarcoïdose, il existe une activation importante de cette voie de signalisation et une surexpression de ces récepteurs au niveau des cellules géantes composant le granulome épithélioïde et giganto-cellulaire de patients atteints de sarcoïdose.
Un essai randomisé en double aveugle contre placebo évaluant deux doses d’efzofitimod chez des patients ayant une sarcoïdose pulmonaire et traités par prednisone a été publié à la fin de l’année 2022 1. Ce nouveau traitement s’administre mensuellement par voie intra-veineuse. Cet essai incluait 37 patients dans 4 bras (placebo, efzofitimod 1mg/kg, efzofitimod 3mg/kg, efzofitimod 5mg/kg). La durée de traitement a été de 24 semaines et la tolérance a été comparable à celle du groupe placebo. Au cours de cet essai préliminaire, l’épargne en prednisone a été supérieure chez les patients recevant le traitement. L’épargne était d’autant plus importante que la dose reçue était élevée. Il existait également une tendance à l’amélioration de la CVF chez les patients traités. Un essai randomisé de phase 3 est en cours pour essayer de confirmer l’épargne en prednisone.
Les données pharmacocinétiques issues des essais de phase 1 et de l’essai publié de phase 1b/2a au cours desquels 32 patients ayant reçu au moins 3 doses lors de l’essai randomisé, ont été présentées lors de la session de posters C34 ce mardi 23 mai. Les auteurs montrent que la CVF et les scores de dyspnée et de qualité de vie sont d’autant meilleurs que la dose reçue est plus importante. Cette analyse secondaire encourageante, associée aux premiers résultats, a incité cette équipe à la mise en place d’un essai randomisé de phase 3, recrutant des patients dès à présent.
La toxicité de la prednisone est largement démontrée au cours de la sarcoïdose. Les essais thérapeutiques randomisés sont exceptionnels au cours de la sarcoïdose. La nécessité de données plus solides et du développement de la recherche clinique a été plébiscitée lors de nombreuses interventions et est également attendue par les patients dont la voix est portée par la FSR jusque dans les allées du congrès.
Diane Bouvry, Service de pneumologie et Centre de Référence-constitutif Maladies Pulmonaires rares, AP-HP hôpital Avicenne, 125 rue de Stalingrad, Bobigny
D’après la communication de Adams R et al. Exposure-efficacy analysis supports proof of concept for efzofitimod in pulmonary sarcoidosis. Am J Respir Crit Care Med 2023; 207: A 4811 (session C34)
L’efficacité du dépistage du cancer pulmonaire par scanner thoracique faible dose (LDCT) n’est plus à démontrer12 même si la France continue d’accumuler du retard dans la mise en place d’un dépistage organisé. Les Etats-Unis quant à eux ont même élargi leurs critères d’éligibilité (50-80 ans, plus de 20 paquets-années sevrés depuis moins de 15 ans) afin de sauver « le maximum de vies ». Ils sont néanmoins confrontés à certaines limites comme la faible adhésion au dépistage et la difficulté de poursuivre ce dépistage sur plusieurs années. Les études actuelles tendent donc déjà à affiner le processus, pour mieux sélectionner les sujets éligibles, diminuer les disparités et prédire au mieux l’évolution des nodules détectés. En effet, des outils fournissant une évaluation personnalisée du risque de cancer pourraient recentrer le dépistage sur les personnes les plus susceptibles d’en bénéficier. Début 2023, une étude a évalué un modèle de « deep learning » pour prédire le risque individuel sans nécessiter de données démographiques ou cliniques supplémentaires 3.
Les auteurs ont développé un modèle appelé « Sybil » en utilisant les données des LDCT du National Lung Screening Trial (NLST) 4 : les caractéristiques du volume du nodule sont extraits et une simulation par vecteurs est utilisée afin de produire une probabilité cumulée de développer un cancer du poumon dans les 6 ans. « Sybil » ne nécessite qu’un seul LDCT et ne nécessite pas de données cliniques ni d’annotations radiologiques ; il peut fonctionner en temps réel en arrière-plan sur un poste de lecture radiologique. « Sybil » a été testé sur trois cohortes indépendantes : une cohorte de 6 282 LDCT participants de l’essai NLST, 8 821 LDCT du Massachusetts General Hospital (MGH) et 12 280 LDCT du Chang Gung Memorial Hospital ((CGMH), dont les sujets avaient divers antécédents de tabagisme, y compris non-fumeurs).
« Sybil » a atteint une aire sous les courbes pour la prédiction du cancer du poumon à 1 an de 0,92 pour la cohorte NLST, 0,86 pour la cohorte MGH et 0,94 pour la cohorte CGMH (IC à 95% respectivement de 0,88 à 0,95 – 0,82 à 0,90 et 0,91 à 1,00). Les performances du modèle « Sybil » étaient maintenues quels que soient le sexe, l’âge ou l’histoire tabagique des sujets. Les indices de concordance sur 6 ans étaient de 0,75, 0,81 et 0,80 pour les cohortes NLST, MGH et CGMH (IC à 95% respectivement de 0,72 à 0,78 – 0,77 à 0,85 et 0,75 à 0,86).
Cette étude a montré que l’outil « Sybil » semble prédire avec précision le risque futur de cancer du poumon d’un individu à partir d’un seul LDCT pour permettre un dépistage personnalisé. D’autres études restent nécessaires pour valider son application pratique, en le combinant éventuellement à des critères cliniques afin d’en améliorer encore la puissance.
Marion Ferreira, Service de pneumologie et explorations fonctionnelles respiratoires, CEPR INSERM U1100, CHRU Bretonneau Tours, Boulevard Tonnellé, Tours.
D’après la communication de Nana-Sinkam P. : Precision oncology for lung cancer : developing new enabling cancer technologies (session B10)