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La fin de la polysomnographie ? Les résultats de l’étude SUNSAS !

Des méthodes diagnostiques alternatives à la poly(somno)graphie (PSG) se développent de plus en plus en raison notamment du nombre de sujets concernés dans le monde ainsi que des avancées technologiques actuellement à notre disposition. Plusieurs présentations ont concerné cette thématique, avec entre autres la présentation de l’étude SUNSAS, étude multicentrique qui a inclus 849 patients adultes dans 18 centres français.

L’étude concerne la capacité d’un capteur à usage unique collé sur le menton pour la nuit à identifier un syndrome d’apnées obstructif du sommeil (SAHOS) par le mouvement de la mandibule. Les patients étaient randomisés dans un groupe PSG (faite à domicile ou en hospitalisation, selon les habitudes locales) ou dans le groupe MJM (mandibular jaw movement, fait à domicile). L’analyse du capteur était réalisée par l’entreprise Sunrise (Namur, Belgique). Parmi les 849 patients randomisés, 58,7% étaient des hommes âgés en moyenne de 50 ans, en surpoids (index de masse corporelle moyen 28,0 kg/m2). L’index d’apnée hypopnée (IAH) moyen était de 15,2/h, avec 133 (15,66%) patients sans SAHOS, 239 (28,15%) porteurs de SAHOS léger, 220 (25,9%) modéré et 182 (21,43%) sévère.

L’accès au diagnostic est plus rapide avec le MJM (15 versus 106 jours, p < 0,01) avec une mise en place de traitement plus rapide elle aussi (50 versus 124 jours, p < 0,01). La somnolence mesurée par l’échelle d’Epworth, identique à la randomisation, était supérieure dans le groupe PSG à 3 mois de la randomisation (D -1,51, p<0,01) et comparable à nouveau 3 mois après le diagnostic (- 2,2- vs – 2,29, p =0,79). La tolérance à la PPC était comparable dans les 2 groupes. Un des avantages de cette méthode était aussi la possibilité d’enregistrement sur plusieurs nuits (3 dans le protocole) permettant ainsi de s’affranchir des variabilités d’IAH et de qualité de sommeil en fonction des nuits. On peut aussi imaginer, vu le caractère non invasif et peu encombrant de la méthode, un meilleur respect de la position de sommeil habituel du patient.

Les résultats sont cependant présentés ici sous le prisme de l’IAH. Il n’y a malheureusement pas d’évaluation de la saturation et donc de la charge hypoxique. Des méthodes alternatives fiables à la PSG sont réellement souhaitables pour favoriser l’accès au diagnostic pour tous les sujets concernés. Vu le développement des technologies promettant des merveilles, il va être crucial dans les années qui viennent de rester vigilant sur les techniques réellement prouvées ainsi que sur les méthodes d’interprétation de ces systèmes qui incluent souvent de l’intelligence artificielle. Voici donc des résultats encourageants pour un capteur qui va probablement faire parler de lui !

D’après Pépin JL et al.  Obstructive sleep apnea diagnosis using mandibuar jaw movement monitoring: the SUNSAS randomized controlled trial (Session A30).

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TETON-IPF : le tréprostinil inhalé double la mise dans la FPI

Le programme TETON, comprenant les études de phase 3 TETON-1 et TETON-2, a été développé afin de confirmer l’effet antifibrosant du tréprostinil inhalé dans la fibrose pulmonaire idiopathique (FPI). Les résultats globaux présentés à l’ATS confirment l’efficacité de ce traitement.

Les études TETON-1 et TETON-2 sont deux essais randomisés, réalisés en double aveugle contre placebo, d’une durée de 52 semaines, incluant des patients atteints de FPI avec une capacité vitale forcée (CVF) ≥45 % avec ou sans nintédanib ou pirfénidone. Le critère de jugement principal était la variation absolue de la CVF à 52 semaines. Les critères secondaires incluaient l’aggravation clinique, les exacerbations aiguës de FPI, la survie, la qualité de vie (K-BILD) et la diffusion du monoxyde de carbone (DLCO).

Au total, 1195 patients ont été randomisés dans les deux études, dont 597 dans le groupe tréprostinil inhalé et 594 dans le groupe placebo. Le tréprostinil inhalé était administré jusqu’à une dose cible de 72 µg quatre fois par jour. L’analyse combinée des études montre un ralentissement significatif du déclin de la CVF à 52 semaines sous tréprostinil inhalé. Le déclin médian de CVF était de −45,4 mL dans le groupe traité contre −161,7 mL sous placebo, soit une différence intergroupe de +111,8 mL (IC95 % : 79,7–144 ; p<0,0001). Ce bénéfice était retrouvé indépendamment du traitement antifibrosant de fond, qu’il s’agisse du nintédanib, de la pirfénidone ou de l’absence de traitement de fond.

Le tréprostinil inhalé était également associé à une réduction de 31 % du risque d’aggravation clinique (HR 0,69 ; IC95 % : 0,57-0,84 ; p=0,0002) et à une réduction de 48 % du risque d’exacerbation aiguë de FPI (HR 0,52 ; IC95 % : 0,30-0,91 ; p=0,02). Une tendance à l’amélioration de la survie était également observée avec une réduction de 29 % du risque de décès (HR 0,71 ; p=0,09). Les patients traités présentaient également un moindre déclin de la CVF (de 3,2 % ; p<0,0001), de la DLCO (de 1,93 % ; p=0,008) ainsi qu’une altération de la qualité de vie moins marquée (+1,87 point score K-BILD; p=0,0017). Le profil de tolérance était cohérent avec celui déjà connu du tréprostinil inhalé. Les effets indésirables les plus fréquents étaient la toux (51,6 %), les céphalées (25,1 %), la dyspnée (15,4 %), la diarrhée (15,1 %) et les sensations vertigineuses (12,2 %).

Ces résultats confirment l’effet antifibrosant du tréprostinil inhalé dans la FPI.

D’après la communication orale de Steve D. Nathan : TETON phase 3 clinical trials of inhaled treprostinil for the treatment of idiopathic pulmonary fibrosis: Integrated efficacy and safety results for TETON-1 and TETON-2.

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Toux dans la FPI : enfin un traitement qui tient la route !

La toux touche près de 80 % des patients atteints de fibrose pulmonaire idiopathique (FPI) et reste l’un des symptômes les plus invalidants de la maladie. Malgré l’utilisation des antifibrosants, aucune thérapeutique n’est actuellement approuvée spécifiquement pour le contrôle de cette toux souvent réfractaire.

La nalbuphine à libération prolongée (agoniste des récepteurs opioïdes κ et antagoniste des récepteurs μ), agit à la fois au niveau central et périphérique sur l’arc réflexe de la toux. Les résultats de l’étude de phase 2b CORAL, présentés à l’ATS, apportent des données encourageantes.

CORAL est un essai randomisé, en double aveugle contre placebo, ayant inclus 165 patients atteints de FPI avec une toux chronique évoluant depuis au moins 8 semaines. Les participants étaient randomisés pour recevoir de la nalbuphine à libération prolongée (LP) à la dose de 27 mg, 54 mg ou 108 mg deux fois par jour, ou un placebo, pendant 6 semaines. Le critère de jugement principal était la variation relative de la fréquence de la toux objective sur 24 heures.

Le traitement par nalbuphine LP a permis une réduction significative et dose-dépendante de la fréquence de la toux à 6 semaines, avec une diminution ajustée versus placebo de −30,9 % dans le groupe 27 mg (p<0,01), −36,5 % dans le groupe 54 mg (p<0,001) et −43,3 % dans le groupe 108 mg (p<0,001). Ces résultats étaient globalement homogènes dans les analyses en sous-groupes, y compris chez les patients recevant déjà un anti-fibrosant et quel que soit le niveau initial de toux. Plus intéressant encore, une réduction ≥75 % de la fréquence de la toux était observée chez 43,2 % des patients du groupe 108 mg et 37,1 % du groupe 54 mg, contre seulement 5,6 % sous placebo. Le profil de tolérance apparaît relativement acceptable avec des taux d’arrêt de traitement comparables entre nalbuphine LP et placebo (5,6 % versus 5,0 %). Les principaux effets indésirables rapportés étaient des nausées, vomissements, constipation et sensations vertigineuses.

Cette étude constitue probablement l’un des signaux thérapeutiques les plus prometteurs observés ces dernières années dans la prise en charge de la toux associée à la FPI. Reste désormais à confirmer la persistance du bénéfice clinique à plus long terme, ainsi que l’impact réel sur la qualité de vie des patients, dans des essais de phase 3.

D’après la communication de Philip L. Molyneaux : A phase 2b trial (CORAL) of nalbuphine extended-release tablets in patients with idiopathic pulmonary fibrosis experiencing chronic cough: Primary and subgroup analyses. Session B95 FIBROSIS, COUGH, AND INFLAMMATION: TREATMENT STRATEGIES IN ILD

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Le chILD, c’est dans les gènes

Plus de dix ans après les recommandations américaines sur les pathologies interstitielles diffuses de l’enfant (chILD) de moins de 2 ans, l’ATS 2026 a été l’occasion de présenter leur mise à jour 1. Portées par les avancées considérables de la génétique moléculaire et de l’imagerie, ces nouvelles recommandations structurent l’approche diagnostique autour de cinq questions clés.

La définition du syndrome chILD est maintenue, avec la nécessité d’au moins 3 critères parmi 4 : symptômes respiratoires, signes cliniques, hypoxémie et anomalies diffuses à l’imagerie. Certains éléments du bilan initial restent inchangés : l’échocardiographie, la bronchoscopie avec LBA et l’optimisation de la dosimétrie radique lors de la tomodensitométrie. En revanche, les EFR du nourrisson ne font plus partie du bilan diagnostique initial.

La première évolution majeure concerne la génétique. Un panel génétique rapide et étendu est désormais recommandé avant toute biopsie pulmonaire, avec un rendement diagnostique estimé de 26 % dans les chILD spécifiques. Les gènes prioritaires incluent notamment SFTPB et ABCA3 pour les pathologies du surfactant, ainsi que FOXF1 pour la dysplasie alvéolaire capillaire avec mésalignement des veines pulmonaires (ACDMPV), des affections potentiellement fatales dès la première année de vie.

Les recommandations introduisent également un nouvel algorithme radiologique fondé sur l’aspect tomodensitométrique dominant : distorsion architecturale et piégeage aérique (filamine A, maladie chronique du prématuré), opacités en verre dépoli avec kystes (glycogénose pulmonaire interstitielle, pathologies du surfactant de diagnostic tardif), verre dépoli diffus (pathologies du surfactant) ou épaississement des septa interlobulaires (ACDMPV, lymphangiectasie). Cette approche renforce la place centrale du radio-pédiatre expert dans la discussion multidisciplinaire en centre de référence.

Concernant la biopsie pulmonaire, la chirurgie thoracoscopique ou ouverte reste supérieure à la biopsie transbronchique. La notion de « caractéristiques traitables » (infiltration cellulaire, hémorragie alvéolaire, protéinose alvéolaire et fibrose parenchymateuse) devient un nouvel élément guidant les décisions thérapeutiques.

Deux recommandations à fort impact pratique complètent ce texte. Concernant la transplantation pulmonaire, un contact précoce avec un centre spécialisé est recommandé avant 2 ans chez tout nourrisson atteint d’une chILD monogénique potentiellement fatale (SFTPB, ABCA3 homozygote perte de fonction et FOXF1). Le délai de mise sur liste apparaît comme le principal facteur associé à la mortalité en attente, tandis qu’un âge plus jeune au moment de la transplantation semble réduire le risque de syndrome de bronchiolite oblitérante.

Enfin, un tableau recensant 15 indications de répétition de la tomodensitométrie est proposé. Il s’articule autour de critères cliniques (aggravation et hypertension pulmonaire), de critères de prise en charge (aide à la décision thérapeutique et évaluation pré-transplantation) et de sous-types spécifiques de chILD (syndrome sans étiologie identifiée, pathologies disposant d’un traitement et risque de fibrose). Ces recommandations ATS 2026 convergent largement avec l’approche européenne du groupe ERS CRC chILD-EU 2, qui privilégiait déjà la génétique avant la biopsie, renforçant ainsi la place d’une stratégie diagnostique étagée, multidisciplinaire et centrée sur les caractéristiques traitables.

D’après la communication orale de : Matthew D. McGraw (University of Rochester). New ATS Clinical Practice Guidelines: Diagnosis of ChILD in Children Under Two. (B89 From bench to thriving : recent breakthroughs in childhood interstitiel lung diseases)

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Sotatercept dans les HTAP associées aux connectivites : efficace et sans risque ?

Les hypertensions artérielles pulmonaires (HTAP) associées aux connectivites, et en particulier la sclérodermie, restent parmi les formes les plus sévères d’HTAP. Le sotatercept, inhibiteur de la signalisation de l’activine, a déjà démontré des bénéfices cliniques dans plusieurs essais de phase III, au prix toutefois d’un signal hémorragique récurrent, principalement marqué par des épistaxis et des télangiectasies. Une analyse regroupant les données des essais STELLAR, ZENITH et HYPERION s’est intéressée spécifiquement à la population d’HTAP associée aux connectivites.

Cette analyse incluait 193 patients atteints d’HTAP associées aux connectivites, randomisés entre sotatercept (n=90) et placebo (n=103). Les patients étaient majoritairement des femmes (88 %), âgées en médiane de 62 ans, avec une prédominance de sclérodermie (72,5 %). La plupart présentaient une HTAP avancée : 75% étaient en classe fonctionnelle III et près de 60 % étaient classés à risque intermédiaire-élevé ou risque élevé de mortalité selon le score ESC/ERS en 4 strates. Quarante pourcents recevaient une trithérapie de fond et 26% une prostacycline intraveineuse ou sous-cutanée.

Le critère principal composite de morbi-mortalité comprenait les décès toutes causes, les transplantations pulmonaires et les hospitalisations pour aggravation de l’HTAP d’une durée supérieure à 24 heures. Le sotatercept réduisait de 61% le risque de survenue d’un premier événement de morbi-mortalité par rapport au placebo (HR 0,39 ; p=0,006), avec 12 événements dans le groupe sotatercept contre 25 sous placebo. Cette réduction était principalement portée par une diminution des hospitalisations pour aggravation de l’HTAP (3% versus 19%).

Le profil de tolérance était globalement similaire entre patients avec et sans connectivite. En revanche, le risque d’hémorragie grave sous sotatercept semblait plus marqué chez les patients atteints de connectivite. Dans le sous-groupe connectivite, les événements hémorragiques (principalement des épistaxis) survenaient chez 48% des patients sous sotatercept versus 22% sous placebo, avec des hémorragies graves rapportées chez 10% des patients traités par sotatercept, versus 2% sous placebo. À titre de comparaison, dans la population sans connectivite, ces taux étaient de 41% versus 17% pour les saignements globaux et de 3% versus 2% pour les hémorragies graves. Les télangiectasies et l’augmentation de l’hémoglobine étaient également plus fréquentes.

Ces résultats renforcent la place du sotatercept en escalade thérapeutique dans les HTAP associées aux connectivites, tout en soulignant la nécessité d’une surveillance attentive du risque hémorragique.

D’après la communication orale de Souza R. Efficacy and safety of sotatercept in patients with pulmonary arterial hypertension associated with connective tissue disease: A pooled analysis from STELLAR, ZENITH, and HYPERION. ATS 2026, session A19.

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Accélérez votre recherche bibliographique : “prompt it up” !

La dernière décennie a vu une explosion du nombre de publications médicales 1, alimentée par des pratiques éditoriales intensives et de nouvelles revues. Cette croissance rend la recherche bibliographique longue et fastidieuse avec les moteurs de recherche historiques (principalement PubMed). L’usage des outils d’intelligence artificielle (IA) constitue une solution pour accélérer le processus et augmenter la pertinence des requêtes.

L’initiative AI Lab de l’ATS a pour objectif d’augmenter la littératie des membres de la société concernant l’usage de l’IA. Ainsi, cette année, trois sessions sur la place de l’IA dans l’éducation, la recherche et les applications cliniques étaient programmées. Le principe général des outils d’IA repose sur la rédaction d’un prompt, lui-même fondé sur cinq principes généraux : définir la tâche (et se présenter), préciser le contexte (la question de recherche), fournir les références, évaluer les résultats et surtout itérer afin d’améliorer la réponse. Ces outils sont aujourd’hui largement utilisés par les médecins 2, mais probablement encore maladroitement. Or, meilleure est la requête, meilleure sera la réponse.

Le cas d’usage de la recherche bibliographique permet de balayer l’ensemble des possibilités. Le moteur de recherche de référence reste PubMed, avec des alternatives plus larges ouvertes au monde non médical (dont Google Scholar, Semantic Scholar, BASE ou CORE). Il peut être plus pertinent d’utiliser d’autres outils plus interactifs (tels qu’Elicit, Consensus, OpenScholar ou Scispace), capables de produire des synthèses narratives illustrées de tableaux et de répondre à des questions au lit du patient (comme Open Evidence, qui a des partenariats avec de prestigieuses revues : NEJM, JAMA, Cochrane, NCCN). Une approche intéressante consiste à utiliser des outils de « mapping » permettant d’établir des connexions entre les références et de faire varier graphiquement leur taille ainsi que les nœuds en fonction de leur importance (Connected Papers, Research Rabbit, Scite.ai, Litmaps).

Plus récemment, les LLM les plus puissants (Claude, ChatGPT, Gemini, Perplexity) constituent une alternative qui nécessite toutefois de savoir travailler avec ces outils via des prompts dont la complexité et l’exhaustivité permettent d’affiner la recherche. Enfin, tous les résultats doivent être vérifiés attentivement, car les hallucinations (création de fausses références) restent possibles. Les autres limites sont liées à la sous-représentation des publications non anglophones, au décalage temporel depuis l’entraînement du modèle, à l’absence de critique fine des résultats et enfin au coût écologique associé.

Demain, des agents IA permettront, une fois correctement paramétrés, de créer une veille scientifique correspondant exactement à vos besoins. Au total, les outils d’IA sont extrêmement puissants et permettent d’accélérer la recherche bibliographique, la réponse aux appels à projets, l’analyse statistique et la rédaction de l’article final… Cependant, même à Orlando, rien n’est magique, et l’appropriation de ces outils nécessite du temps et de nombreuses itérations. Itérons, itérons, mais restons vigilants (cf. référence 1, d’allure crédible, mais la revue m’étant inconnue, l’hallucination reste possible) !

D’après la présentation de CP. Hersh et G. Marchi. AI tools in literature: review & synthesis. Session The Accelerated Researcher: From Hypothesis to Publication.

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Insuffisance respiratoire aiguë : où vont les patients ?

La prise en charge des patients présentant une insuffisance respiratoire aiguë et nécessitant un support ventilatoire non invasif (ventilation non invasive, haut débit nasal, pression positive continue) doit être réalisée en réanimation ou en soins intensifs respiratoires selon les recommandations. On constate fréquemment néanmoins que certaines prises en charge ont lieu dans des services conventionnels.

Une équipe de Baltimore (Etats-Unis) a rapporté 2 études rétrospectives multicentriques incluant des patients nécessitant un support ventilatoire non invasif depuis plus de 6 heures en salle d’urgence. Les patients nécessitant une prise en charge invasive ou des traitements de confort étaient exclus.

Sur un total de 31648 patients répondant aux critères d’inclusion, 16063 (51%) ont été admis en réanimation, 5806 (18%) en unité intermédiaire et 9779 (31%) en service conventionnel. La VNI était la technique la plus souvent réalisée aux urgences, puis le haut débit nasal (28%) et la CPAP (5%). La mortalité à l’hôpital était de 21% en réanimation, 20% en unité intermédiaire et 12% et 16% en service conventionnel (respectivement dans un hôpital avec et sans réanimation). La durée de séjour était de 18,7 jours en réanimation, 15,7 jours en unité intermédiaire et 11,9 jours en service conventionnel. Les unités de soins intermédiaires permettent de diminuer le recours à la réanimation et le devenir y est équivalent.

Même s’il est difficile de transposer le système de santé américain à notre propre fonctionnement, la question d’admettre les patients porteurs d’insuffisance respiratoire aiguë se pose au quotidien, notamment dans les hôpitaux ayant un nombre de lits de réanimation limité. Il est intéressant de voir 1) que les unités intermédiaires, qu’on peut assimiler à nos soins intensifs respiratoires, obtiennent des résultats identiques à la réanimation pour ces patients, et 2) que la prise en charge en unité conventionnelle peut se faire notamment si un service de réanimation est présent à proximité.

D’après Golfarb S et al. Characteristics and outcomes of ED patients requiring non-invasive respiratory support admitted to different levels of care (poster #104, session B104) et Golfarb S et al. Intermediate versus intensive care for patients with moderate-severe acute respiratory failure (poster #105, session B104).

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Urgentistes versus IA : qui gagne ? 

L’intelligence artificielle (IA) gagne du terrain dans tous les domaines. La médecine ne fait donc pas exception. Son utilisation en médecine d’urgence semble inéluctable en raison notamment du nombre exponentiel d’informations à gérer. Vous en avez rêvé, une équipe américaine l’a fait : ePneumonia couplé à CheXED.

Il s’agit d’une interface informatique où sont incrémentées automatiquement les données cliniques, biologiques et radiologiques via CheXED du patient. Elle apporte plusieurs informations : une probabilité de diagnostic d’une pneumonie aiguë communautaire (PAC), une orientation de prise en charge (ambulatoire ou hospitalisation (conventionnelle ou USI) et propose, si PAC, une antibiothérapie selon les recommandations ATS 20251.

Elle reste une aide à la décision médicale, toutefois les résultats des 1ères expérimentations sont en faveur de la machine en montrant son efficacité sur la mortalité à 30 jours (8,6% pour la prise en charge humaine exclusive versus 4,8% avec l’aide de ePneumonia, p<0,001), une amélioration du taux d’hospitalisation (49% de retour à domicile avant ePneumonia versus 66% avec ePneumonia), sans augmentation du taux d’hospitalisation secondaire, une baisse de la durée moyenne de séjour (3,2 vers 2,6 jours) et in fine une économie estimée de 4 millions de dollar par an. De plus, l’antibiothérapie prescrite était plus souvent conforme aux recommandations avec l’aide à la prescription.

Dans les perspectives, est envisagée une amélioration de l’interface pour intégrer les remarques des cliniciens utilisateurs. Le comité éthique de l’établissement a demandé un prolongement de l’expérimentation d’un an avant d’envisager une diffusion générale mais possibilité d’intégrer 3 centres supplémentaires pour l’expérimentation.

Au total, pour le diagnostic de pneumonie et sa prise en charge, la révolution IA semble en marche rapide avec une aide à la prise en charge donnant des premiers résultats intéressants et sans perte de chance.

D’après la communication orale de  Nathan Dean. SPS10. Implementation of pneumonia practice guidelines through electronic decision suppor

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Sepsis : l’apprentissage en secteur pré-hospitalier permet-il une meilleure prise en charge ?  

Le pronostic du sepsis sévère dépend entre autres de la précocité de l’antibiothérapie (la classique Golden Hour dès l’arrivée dans un service d’urgence).

IMPRESS trial est une étude prospective américaine réalisée sur 3 sites de services de 1er secours évaluant l’intérêt d’un apprentissage et l’utilisation d’un algorithme clinique afin d’évoquer un diagnostic de sepsis. L’apprentissage et la prise en charge ont été effectués prospectivement mais la certitude diagnostique du sepsis et la répartition des patients entre les groupes sepsis/non sepsis ont été faites rétrospectivement.

L’intervention constituait en l’apprentissage à la mise en œuvre du protocole de dépistage clinique du sepsis, une alerte spécifique auprès de la régulation médicale et un passage accéléré « coupe-file » à l’arrivée dans le service d’urgences hospitalier.

Le critère de jugement principal était la diminution du délai de début de l’antibiothérapie.

Le critère de jugement secondaire était l’exposition aux antibiotiques pour les patients non sepsis (faux positifs) et la mortalité hospitalière.

Parmi 248075 interventions, 984 patients ont été randomisés car « considérés » comme ayant un sepsis dont, rétrospectivement, 201 sepsis (95 dans le bras pris en charge en soins standards et 106 dans le bras intervention) et 783 non sepsis (336 dans le bras pris en charge en soins standards et 447 dans le bras intervention).

Pour l’objectif principal, l’étude est positive car s’il y a clairement une pente d’apprentissage, le gain en délai d’introduction de l’antibiothérapie est significativement plus rapide dans le bras intervention. Il n’y a pas de différence de couverture antibiotique entre les groupes sepsis et non sepsis. Dans le groupe sepsis, aucune différence entre le bras intervention et standard sur la mortalité intra hospitalière, la nécessité d’une prise en charge en réanimation/soins intensifs possiblement du fait de la courbe d’apprentissage où le bras intervention s’écarte du bras standard dans le délai à partir de 10 mois de l’apprentissage et d’utilisation de l’algorithme. Une analyse en sous-groupe de patients pris en charge à partir de ce moment post apprentissage aurait probablement été intéressante afin de vérifier si le gain de délai d’antibiothérapie avait un impact clinique sur la mortalité…

Au total, l’apprentissage et l’utilisation d’un algorithme de détection du sepsis permet de diminuer le délai d’administration de l’antibiothérapie sans mise en évidence d’impact sur la mortalité probablement du fait de la courbe d’apprentissage.

Le modèle américain est différent du français par l’envoi d’une équipe non médicalisée en 1ère intention avant transport dans un service d’urgence à la différence de nos services médicaux d’urgence et réanimation. Toutefois, même dans notre modèle, où les 1ers intervenants sont le plus souvent des secouristes (pompiers, Croix-Rouge, ambulances privées…), cette étude pourrait s’appliquer et peut-être permettre un accès « coupe-file » prioritaire lors de l’arrivée aux urgences.

D’après la communication orale de : Carmen Polito. Impact prehospital sepsis recognition on timely ATB administration. Session B14.

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Infection à mycobactéries non tuberculeuses : et si on pouvait traiter en bithérapie ?

Le traitement des infections à mycobactéries non tuberculeuses repose actuellement sur l’association d’au moins trois antibiotiques pour une durée prolongée (12 mois après négativation des prélèvements). Ce traitement est souvent mal toléré. L’utilisation de la rifampicine est régulièrement remise en cause. Henkle et al. ont fait l’hypothèse qu’une bithérapie sans rifampicine (azithromycine-éthambutol) était non inférieure à une trithérapie classique pour le traitement des infections à M. avium complex (MAC).

Ces auteurs ont conduit une étude randomisée contrôlée de non infériorité (marge de 10%) incluant 239 patients dans le groupe bithérapie et 234 patients dans le groupe trithérapie, tous avec une infection à MAC non cavitaire. L’âge moyen était de 69 ans, avec 80% de femmes. Les patients étaient porteurs de dilatations des bronches non mucoviscidosiques dans plus de 85% des cas. Il s’agissait d’une étude pragmatique qui laissait au clinicien en charge du patient le choix du suivi (modalités de surveillance de la tolérance, rythme des prélèvements de contrôle), mais aussi la possibilité de modifier le traitement s’il le jugeait nécessaire en cours de traitement. Ainsi, une intensification a été proposée à 16% des patients en bithérapie et à 4% des patients en trithérapie. En parallèle, 17% des patients du groupe bithérapie et 27% du groupe trithérapie n’ont pas pu être inclus dans l’analyse, compte tenu soit d’un arrêt précoce du traitement, soit d’un décès soit d’une absence de suivi/données. Enfin, 10% des patients du groupe trithérapie ont fini leur traitement en bithérapie. Le critère de jugement principal était le taux de négativation des cultures à 1 an. En per protocole, en prenant en compte les intensifications, le taux de négativation des cultures était de 50,7% dans le groupe bithérapie versus 65,1% dans le groupe trithérapie. Dans les 2 groupes, la qualité de vie évaluée par le score QOLB-RS s’est nettement améliorée, sans différence significative entre les groupes. La tolérance était globalement meilleure dans le groupe bithérapie. Enfin, il n’y avait pas de différence en termes de sélection de souches résistantes aux macrolides.

Les auteurs n’ont donc pas réussi à démontrer la non-infériorité d’une bithérapie par rapport à la trithérapie de référence dans les infections à MAC non cavitaire. Il faut donc rester pour le moment sur un traitement classique avec trois antibiotiques, y compris dans les formes non cavitaires. Reste le problème de la tolérance de ces traitements, qui rend toujours aussi complexe la prise en charge de ces patients.

D’après la communication de Henkle E, et al. The MAC2v3 randomized pragmatic trial of macrolide-based 2- versus 3-drug treatment for Mycobacterium Avium Complex pulmonary disease: initial results. Session B107.

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