La fin de la polysomnographie ? Les résultats de l’étude SUNSAS !

Des méthodes diagnostiques alternatives à la poly(somno)graphie (PSG) se développent de plus en plus en raison notamment du nombre de sujets concernés dans le monde ainsi que des avancées technologiques actuellement à notre disposition. Plusieurs présentations ont concerné cette thématique, avec entre autres la présentation de l’étude SUNSAS, étude multicentrique qui a inclus 849 patients adultes dans 18 centres français.
L’étude concerne la capacité d’un capteur à usage unique collé sur le menton pour la nuit à identifier un syndrome d’apnées obstructif du sommeil (SAHOS) par le mouvement de la mandibule. Les patients étaient randomisés dans un groupe PSG (faite à domicile ou en hospitalisation, selon les habitudes locales) ou dans le groupe MJM (mandibular jaw movement, fait à domicile). L’analyse du capteur était réalisée par l’entreprise Sunrise (Namur, Belgique). Parmi les 849 patients randomisés, 58,7% étaient des hommes âgés en moyenne de 50 ans, en surpoids (index de masse corporelle moyen 28,0 kg/m2). L’index d’apnée hypopnée (IAH) moyen était de 15,2/h, avec 133 (15,66%) patients sans SAHOS, 239 (28,15%) porteurs de SAHOS léger, 220 (25,9%) modéré et 182 (21,43%) sévère.
L’accès au diagnostic est plus rapide avec le MJM (15 versus 106 jours, p < 0,01) avec une mise en place de traitement plus rapide elle aussi (50 versus 124 jours, p < 0,01). La somnolence mesurée par l’échelle d’Epworth, identique à la randomisation, était supérieure dans le groupe PSG à 3 mois de la randomisation (D -1,51, p<0,01) et comparable à nouveau 3 mois après le diagnostic (- 2,2- vs – 2,29, p =0,79). La tolérance à la PPC était comparable dans les 2 groupes. Un des avantages de cette méthode était aussi la possibilité d’enregistrement sur plusieurs nuits (3 dans le protocole) permettant ainsi de s’affranchir des variabilités d’IAH et de qualité de sommeil en fonction des nuits. On peut aussi imaginer, vu le caractère non invasif et peu encombrant de la méthode, un meilleur respect de la position de sommeil habituel du patient.
Les résultats sont cependant présentés ici sous le prisme de l’IAH. Il n’y a malheureusement pas d’évaluation de la saturation et donc de la charge hypoxique. Des méthodes alternatives fiables à la PSG sont réellement souhaitables pour favoriser l’accès au diagnostic pour tous les sujets concernés. Vu le développement des technologies promettant des merveilles, il va être crucial dans les années qui viennent de rester vigilant sur les techniques réellement prouvées ainsi que sur les méthodes d’interprétation de ces systèmes qui incluent souvent de l’intelligence artificielle. Voici donc des résultats encourageants pour un capteur qui va probablement faire parler de lui !
Sandrine Pontier-Marchandise, service de Pneumologie et unité des soins intensifs– Clinique des Voies Respiratoires, CHU Larrey, 24 chemin de Pouvourville, TSA 30030, 31059 Toulouse Cedex 9
D’après Pépin JL et al. Obstructive sleep apnea diagnosis using mandibuar jaw movement monitoring: the SUNSAS randomized controlled trial (Session A30).
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