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Fonction respiratoire des personnes vivant avec le VIH : attention aux éosinophiles !

Les données de l’étude SHIELD (Study of HIV in Etiology of Lung Disease) collectées entre 2009 et 2019 et regroupant 8378 spirométries provenant de 1598 participants ont été analysées en fonction du taux d’éosinophiles sanguins. Les résultats risquent d’en surprendre plus d’un…

L’étude SHIELD a regroupé les données de 494 personnes vivant avec le VIH et de 1104 personnes séronégatives ayant bénéficié d’une spirométrie tous les 6 mois et d’une mesure des éosinophiles sanguins tous les ans. Chez les personnes vivant avec le VIH, seuls 32 (6,5%) avaient des éosinophiles sanguins > 0,3 G/L, vs. 8,9% chez les séronégatifs. Toutefois, le fait d’avoir des éosinophiles sanguins > 0,3 G/L était associé à un VEMS plus bas, y compris après ajustement sur l’âge, le sexe, le statut tabagique, le nombre de paquets-années et l’abus de drogues injectables. De même, ces patients avaient un risque plus élevé d’être hospitalisés par rapport à ceux ayant des éosinophiles normaux. Cette étude américaine est l’une des toutes premières à avoir examiné le lien entre la fonction respiratoire, le taux d’hospitalisations et les éosinophiles sanguins chez les personnes vivant avec le VIH. Elle suggère fortement que l’inflammation de type 2 joue un rôle important chez ces patients et que le VIH lui-même pourrait modifier l’association entre cette inflammation de type 2 et l’altération de la fonction respiratoire. Il est fort probable que d’autres études soient conduites à l’avenir sur le même sujet car on peut évidemment imaginer quelques implications thérapeutiques si ces données se confirment.

D’après Enoh S. et al. Higher eosinophils are associated with lower lung function among people living with HIV. Session B70.

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Cryobiopsies vs. biopsies transbronchiques à la pince : un essai randomisé contrôlé

Une équipe américaine a présenté et publié dans le JAMA l’étude FROSBITE-2, un essai contrôlé randomisé comparant la cryobiopsie à la biopsie à la pince dans les biopsies trans-bronchiques pulmonaires.

En effet, la méthode standard actuelle pour obtenir des prélèvements tissulaires durant une bronchoscopie avec biopsies transbronchiques est l’utilisation de la pince à biopsie. Malgré les récentes innovations telles que la bronchoscopie robot permettant une navigation pulmonaire de haute précision, le rendement diagnostique des biopsies transbronchiques reste estimé à 50-70% selon les indications. Une technique plus récente est celle de la cryobiopsie utilisant une congélation localisée pour obtenir des échantillons par cryoadhésion. De précédentes études utilisant une cryosonde de 1,9 mm pour la réalisation de biopsies transbronchiques chez des patients suspects de pneumopathie interstitielle avaient déjà montré un meilleur rendement diagnostique qu’avec les pinces à biopsies. En revanche, certaines études portant sur l’utilisation de sondes de 1,9 mm à 2,4 mm rapportaient un risque accru de pneumothorax et de saignement. FROSBITE-1, une étude mono-groupe menée sur 50 patients avait permis d’évaluer un nouveau type de sonde à cryobiopsie de calibre 1,1 mm et concluait à un taux de complications similaire à celui des pinces à biopsie.

L’étude FROSBITE-2, présentée lors de la session commune NEJM/AJRCCM/JAMA, a comparé le rendement diagnostique de ces cryosondes de 1,1 mm aux pinces à biopsies classiques (diamètre de 1,7 à 2,0 mm).  Menée dans 9 centres aux États-Unis, l’étude a inclus 500 patients entre février 2023 et septembre 2024. Les patients ont été randomisés (ratio 1:1) avec une stratification selon trois indications : transplantation pulmonaire, masse/nodule pulmonaire, et PID. Seuls les anatomopathologistes travaillaient en aveugle. Le recours au bronchoscope rigide a été laissé à la discrétion du praticien, tout comme la réalisation complémentaire d’un lavage broncho-alvéolaire ou d’une cytoponction. L’utilisation de techniques de navigation (comme la bronchoscopie robot-assistée) était autorisée dans les deux bras, compte tenu de leur compatibilité avec les cryosondes de 1,1 mm et les pinces de 2,0 mm. Le nombre de biopsies était standardisé à 10 dans le sous-groupe « transplantation » et à 5 dans les sous-groupes « masse/nodule » et « PID ». Tous les patients ont bénéficié d’une radiographie thoracique post-geste pour dépister un pneumothorax. Les effets indésirables à 30 jours ont été recueillis via le dossier médical ainsi que par appel téléphonique. Les prélèvements ont d’abord été examinés par l’anatomopathologiste local, puis numérisés pour une double lecture centralisée. Dans chaque bras, ont été randomisé 250 patients dans les sous-groupes suivants : 125 transplantations pulmonaires, 100 masses/nodules, 25 PID. 10 patients ont été perdus de vues, laissant des effectifs totaux de 245 patients pour chaque bras. Dans le bras cryobiopsie, les perdus de vue sont uniquement du sous-groupe nodule/masse. La répartition dans le bras pince à biopsies est de 1 dans le sous-groupe transplantation, 3 dans le sous-groupe masse/nodule, 1 dans le sous-groupe PID. Les caractéristiques démographiques étaient similaires entre les deux bras (âge moyen : 62,6 ans ; 50,4 % d’hommes). Le rendement diagnostique était significativement meilleur dans le groupe cryobiopsie que dans le groupe pince à biopsies, avec des valeurs respectives de 88,6% et 78,8% (p=0,003).

L’analyse par sous-groupe retrouve une plus grande différence absolue dans le sous-groupe nodule/masse : 83,2% vs 70,1% en faveur du bras cryobiopsie. Dans le sous-groupe transplantation, les rendements étaient de 96% dans le bras cryobiopsie et de 88,7% dans le bras biopsie à la pince. On ne retrouve pas de différence significative dans le sous-groupe PID : 72% de rendement diagnostique dans le bras cryobiopsie, 62,5% dans le bras biopsie à la pince.  Concernant la qualité histologique des prélèvements, les biopsies étaient de tailles plus élevées dans le bras cryobiopsie. Le score d’évaluation histologique était meilleur et les artefacts d’écrasement moins importants. Concernant les effets secondaires, il n’a été rapporté aucun pneumothorax dans le bras cryobiopsies contre 6 dans le bras biopsies à la pince. Aucun saignement significatif n’a été observé dans les 2 bras.

Cet essai démontre un meilleur rendement diagnostique de la cryobiopsie face aux traditionnelles biopsies à la pince. il semblerait d’une plus grande taille d’échantillon et d’un écrasement moindre lors du prélèvement. Les résultats n’étaient cependant pas significatifs dans le sous-groupe des PID. L’essai suggère également une certaine sécurité de la technique avec les cryosondes de 1,1 mm, étant donné l’absence de pneumothorax et de saignement majeur. Ces conclusions prometteuses se heurteront sans doute aux difficultés d’accessibilité de la technique, qui reste actuellement limitée à des centres majeurs de pneumologie. Son adoption sera sans doute plus rapide dans le suivi des transplantations pulmonaires, une activité par nature centralisée dans des structures de référence disposant déjà d’un accès facilité aux dernières innovations endoscopiques.

D’après Thiboutot J et al. Cryobiopsy vs forceps for bronchoscopic lung biopsy: The FROSTBITE-2 randomized clinical trial. JAMA, publication en ligne anticipée, 18 mai 2026. https://doi.org/10.1001/jama.2026.7908, session B14.

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Quelle place pour l’oxygénothérapie à haut débit au domicile dans les bronchectasies ?

Au-delà de sa place indiscutable dans la prise en charge de l’insuffisance respiratoire aigüe hypoxémique, l’oxygénothérapie à haut débit (OHD) a démontré des bénéfices physiopathologiques, notamment le rinçage de l’espace mort, la diminution du travail respiratoire et l’amélioration de la clairance mucociliaire, laissant supposer que l’OHD pourrait bénéficier aux patients atteints de bronchopathie. Toutefois, son efficacité clinique dans la prise en charge de l’insuffisance respiratoire chronique stable au domicile reste à définir.

Une étude multicentrique randomisée en cross-over réalisée dans 14 hôpitaux japonais a inclus 31 patients atteints de bronchectasies symptomatiques (CAT score > 20), au stade de l’insuffisance respiratoire chronique (PaO2 < 70 mmHg ou PaCO2 ≥ 45 mmHg ou hypoxémie nocturne) et à l’état stable. Vingt-sept patients ont finalement été analysés. Chaque participant recevait soit six semaines d’OHD associée aux soins habituels puis six semaines de traitement standard seul, soit la séquence inverse. Le critère principal était l’évolution du score total du questionnaire de Saint George.

Les résultats sont en faveur de l’OHD au domicile. L’OHD améliorait significativement le score de qualité de vie de Saint George respiratoire d’en moyenne de 4,4 points (IC 95% : 0,9-8) par rapport au traitement standard seul (p=0,02). Une amélioration de l’hypercapnie était également observée avec une diminution moyenne de la PaCO₂ de 4 mmHg (IC 95% : 1-6). En revanche, aucun bénéfice significatif n’était retrouvé sur les explorations fonctionnelles respiratoires, le test de marche de six minutes ou la dyspnée. La nature des expectorations et la présence de bouchons muqueux à l’imagerie thoracique n’était pas non plus modifiées par l’OHD. Aucun signal de sécurité particulier n’a été rapporté. Ces résultats suggèrent que l’OHD au domicile pourrait devenir une option thérapeutique intéressante chez les patients atteints de bronchectasies sévères symptomatiques.

D’après la présentation de Hirabayashi R et al. Home high-flow therapy for stable and severe bronchiectasis patients: a multicenter randomized crossover trial (FLOBE). Session B14 : Whole new world of discovery: late-breaking clinical trials.

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Une densitométrie osseuse pour tous nos patients avec bronchectasies ?

Alors que l’association entre risque d’ostéoporose et BPCO ou mucoviscidose est bien établie, peu de données sont disponibles sur le risque d’ostéoporose chez les patients porteurs de dilatations des bronches non mucoviscidosiques.

Doumat et al. ont réalisé une étude rétrospective de cohorte à partir de l’énorme base de données TRiNetX (réseau fédéré de données de santé), équivalent de notre SNDS mais à une échelle internationale. Ainsi, ils ont constitué deux cohortes, l’une avec des patients porteurs de dilatations des bronches non mucoviscidosiques (DDB), l’autre considéré comme cohorte de référence avec des patients sans dilatations des bronches. La cohorte de référence n’est donc pas un reflet de la population générale mais bien une population de patients avec certaines comorbidités pouvant elles-mêmes être facteurs de risque d’ostéoporose. Un appariement a donc été fait via un score de propension afin de prendre en compte les facteurs confondants. Les auteurs ont ainsi suivi et comparé 162488 patients porteurs de DDB et 172035 de patients sans DDB afin d’évaluer l’incidence et la prévalence de l’ostéoporose et des fractures. Dans le groupe DDB, l’incidence de l’ostéoporose était de 10,92% versus 7,5% dans le groupe de référence (RR 1,45 ; IC95% [1,42-1,49] ; p<0,001). Le risque de fracture était également plus important (RR 1,40 ; IC95% [1,37-1,47] ; p<0,001). En 2024, en fin de suivi, la prévalence de l’ostéoporose était de 22% dans le groupe DDB, ce qui correspondait à une augmentation de 26% du risque d’ostéoporose chez ces patients.

Bien entendu, cette étude sur données, dépendante du « codage diagnostique », a les mêmes limites que les études du SNDS, avec la possibilité en plus de facteurs de confondants non pris en compte dans l’analyse. Néanmoins, ces résultats doivent nous faire réfléchir à la place de la densitométrie osseuse dans le suivi de nos patients porteurs de DDB, d’autant plus qu’ils ont d’autres facteurs de risque d’ostéoporose.

D’après la présentation de G. Doumat et R. Jain. Osteoporosis and fragility fracture risk in patients with non cystic fibrosis bronchiectasis: a large propensity-matched population analysis. Poster P1543.

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BPCO et cancer du poumon : les neutrophiles changent de camp ?

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) augmente d’un facteur 3 à 4 le risque de cancer bronchique, indépendamment du tabagisme 1. Si plusieurs mécanismes physiopathologiques ont été proposés (inflammation, stress oxydant, sénescence cellulaire, altération épigénétique) 2, les interactions immunitaires reliant BPCO et carcinogenèse pulmonaire restent incomplètement élucidées.

Le travail présenté par G. Fridlender utilise un modèle murin de BPCO induite par instillation d’élastase et de lipopolysaccharide. Une déplétion expérimentale des neutrophiles pulmonaires augmentait significativement la croissance tumorale pulmonaire (6,2 ± 1,51 mm² versus 1,3 ± 0,031 mm²), suggérant une potentielle fonction antitumorale des neutrophiles. Chez les souris présentant une BPCO associée au cancer bronchique, les neutrophiles produisaient moins de dérivés réactifs de l’oxygène (ROS), mécanisme majeur de cytotoxicité tumorale, associé à une augmentation de la NETose correspondant à la libération de pièges extracellulaires des neutrophiles (NETs) impliqués dans le développement tumoral 3. Ces analyses sont corroborées par les données ex vivo chez l’humain : les neutrophiles circulants de patients atteints de cancer bronchique sans BPCO produisaient significativement plus de ROS que ceux des patients avec BPCO (AUC moyenne : 3,75 ± 0,39 x 108 versus 2,6 ± 0,35 x 108 ; p=0,049). Cette altération fonctionnelle s’accompagnait d’une diminution de la cytotoxicité directe des neutrophiles vis-à-vis des cellules tumorales chez les patients atteints de BPCO (38,2 % ± 7,5 de cytotoxicité versus 62,2 % ± 6,55 ; p=0,027). Ces données suggèrent ainsi des arguments mécanistiques en faveur d’une altération des propriétés antitumorales des neutrophiles lors de la BPCO, susceptible de favoriser la progression tumorale.

D’après la communication orale de G. Fridlender. Chronic obstructive pulmonary disease increases propagation of lung cancer by reducing the cytotoxicity of neutrophils to tumor cells (session B21).

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Phase 3 des biothérapies ciblant la voie IL33/ST2 : top ou flop ?

L’interleukine 33 fait partie des alarmines, cytokines inflammatoires sécrétées par l’épithélium respiratoire en réponse à une agression. En se liant à son récepteur ST2, elle active les voies de l’inflammation de type 1 et de type 2.

Itepekimab : un anticorps monoclonal ciblant l’IL-33
Un essai de phase 2 avait montré un signal d’efficacité sur la réduction des exacerbations modérées ou sévères chez des patients anciens fumeurs atteints de BPCO. Les études AERIFY-1 et AERIFY-2 sont deux essais multicentriques de phase 3, randomisés, en double aveugle contre placebo, incluant des patients âgés de 40 à 85 ans présentant une BPCO avec un volume expiratoire maximal par seconde (VEMS) compris entre 30 et 80% de la théorique et rapportant au moins 2 exacerbations modérées ou 1 exacerbation sévère au cours de l’année précédente malgré une bithérapie ou une trithérapie inhalée, indépendamment du taux d’éosinophiles sanguins. La principale différence entre les deux essais réside dans la population étudiée : seuls des anciens fumeurs étaient inclus dans AERIFY-1 (arrêt du tabac ≥ 6 mois), tandis qu’AERIFY 2 incluait à la fois des fumeurs actifs (n=953) et des anciens fumeurs (n=281). Les résultats présentés au cours de la session B14 par K. Rabe (Allemagne) concernaient uniquement les anciens fumeurs inclus dans les deux études.

Dans AERIFY-1, l’itepekimab était administré toutes les 2 semaines (n=375) ou toutes les 4 semaines (n=377) versus placebo (n=375). Comparativement au placebo, l’itepekimab a montré une réduction significative du taux d’exacerbations modérées ou sévères de 27,1 % (p=0,0019) avec l’administration toutes les 2 semaines et de 20,5 % (p=0,0213) avec l’administration toutes les 4 semaines. En revanche, les résultats d’AERIFY-2 se sont révélés décevants avec une réduction non significative du taux d’exacerbations, que l’itepekimab soit administré toutes les 2 (réduction de 1,6 % p=0,8781) ou toutes les 4 semaines (réduction de 12,4 %, p=0,2176). L’analyse combinée des deux études est également négative. Les résultats sont également mitigés concernant le VEMS puisqu’il n’y avait pas d’amélioration significative à 24 semaines dans AERIFY-1 (différence moyenne vs placebo de 6 mL ; p=0,7453 lors de l’administration toutes les 2 semaines et de 10 mL, p=0,5962 toutes les 4 semaines) et une amélioration minime dans AERIFY-2 (+38 mL ; p=0,0311 lors de l’administration toutes les 2 semaines et +75 mL ; p<0,0001 lors de l’administration toutes les 4 semaines).

Astégolimab : un anticorps monoclonal IgG2 ciblant le récepteur à l’IL33, ST2
Lors de l’ERS 2025, les résultats de l’essai de phase 2b ALIENTO avaient été présentés. L’essai incluait 1301 adultes atteints de BPCO âgés de 40 à 90 ans, tabagiques actifs ou sevrés à plus de 10 paquets-année, ayant un VEMS compris entre 20 et 80%, une dyspnée ≥ 2 selon l’échelle modifiée du Medical Research Council (mMRC) et présentant des exacerbations fréquentes (au moins 2 exacerbations modérées ou sévères sur 12 mois). Il n’y avait aucun critère basé sur l’éosinophilie. Le résultat était positif sur le critère de jugement principal avec une réduction significative du taux d’exacerbations modérées à sévères estimée à 15% dans le groupe astegolimab administré toutes les 2 semaines, versus placebo (p=0,049) et de 39% pour les exacerbations sévères. Ce résultat n’était pas significatif dans le groupe avec une administration toutes les 4 semaines.

A l’ATS, les résultats de l’essai de phase 3 ARNASA et de l’analyse combinée d’ALIENTO et ARNASA ont été présentés par A. Papi (Italie) et J.A. Wedzicha (Royaume-Uni). ARNASA, qui incluait 1375 patients atteints de BPCO avec des critères similaires à ceux cités ci-dessus, était négatif avec une réduction non significative du taux d’exacerbations de 15% lors de l’administration toutes les 2 semaines (p=0,0675). En revanche, l’analyse combinée des deux essais montrait une réduction significative de 14,7% des exacerbations lors de l’administration toutes les 2 semaines (p=0,0077) et de 12,3% toutes les 4 semaines (p=0,0265). La réduction des exacerbations sévères était de 32% (p=0,0028). Les analyses en sous-groupes suggéraient une efficacité plus marquée de l’astegolimab chez les patients ayant présenté plus de 2 exacerbations l’année passée (-21%), une obstruction modérée (GOLD 2, -27%) et en l’absence de bronchite chronique (-22%). L’efficacité ne semblait pas influencée par l’éosinophilie sanguine à l’inclusion ni par le statut tabagique. Les auteurs ont avancé plusieurs hypothèses pour expliquer les résultats de ces analyses en sous-groupes. Les alarmines interviendraient précocement dans la cascade inflammatoire et joueraient un rôle moindre sur la composition du mucus, ce qui pourrait expliquer une efficacité plus importante en l’absence de bronchite chronique et chez les patients présentant plus de 2 exacerbations par an. Ils évoquent également la possibilité d’une utilisation plus précoce des biothérapies dans la prise en charge de la BPCO, à un stade où l’obstruction bronchique reste modérée.

 Enfin, alors qu’un communiqué de presse publié fin mars 2026 rapportait des résultats positifs des essais TITANIA et OBERON évaluant un autre anti-IL-33, le tozorakimab, dans la BPCO, ces résultats globalement contrastés soulignent la difficulté persistante à identifier les patients les plus susceptibles de bénéficier des biothérapies.

D’après les communications orales : Jadwiga A. Wedzicha. Astegolimab decreases exacerbation risk in patients with COPD with frequent exacerbations, irrespective of blood eosinophil count: Pooled analysis of the pivotal randomized trials ALIENTO and ARNASA (session B15)
Klaus F. Rabe. Efficacy and safety of itepekimab in former smokers with chronic obstructive pulmonary disease: AERIFY 1 and AERIFY2 trials. (session B14)
Alberto Papi. Astegolimab for chronic obstructive pulmonary disease (COPD) in patients with a history of frequent exacerbations: The phase III, randomized, double-blind, placebo-controlled, multicenter ARNASA Trial (session B15)

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La VNI précoce est-elle bénéfique chez les patients SLA ?!

La ventilation non invasive (VNI) constitue aujourd’hui un élément majeur de la prise en charge respiratoire des patients atteints de sclérose latérale amyotrophique (SLA). Pourtant, la question du moment optimal pour débuter ce traitement reste débattue.

Dans ce contexte, l’équipe de Pierre Tankéré a exploité les données exhaustives du Système National des Données de Santé (SNDS) afin d’analyser les trajectoires de soins avant et après l’instauration de la VNI chez 3443 patients français atteints de SLA.

Les patients inclus étaient majoritairement des hommes (58 %), avec un âge médian au diagnostic de 67 ans. Le délai médian entre le diagnostic de SLA et l’initiation de la VNI était de 10,8 mois. Dans cette période, le recours aux soins est important et les explorations fonctionnelles respiratoires et les gaz du sang ne sont réalisés en moyenne que 2 fois. À l’inverse, le recours aux explorations du sommeil restait relativement faible (25% des patients) malgré la fréquence attendue des troubles respiratoires nocturnes dans cette population.

La survie médiane sous VNI atteignait 12 mois. Pendant le suivi, 74% des patients souffraient d’une perte de mobilité, 33% nécessitaient le recours à une gastrostomie et 53% à une aide mécanique à la toux. Seulement 4% des patients bénéficiaient d’une trachéotomie. Cette étude confirmait la gravité de l’atteinte respiratoire puisque 56% des patients étaient hospitalisés en urgence pour une complication respiratoire et 42% nécessitaient une hospitalisation en soins intensifs. Seuls 52% des patients bénéficiaient d’une prise en charge en soins palliatifs.

Si l’étude retrouvait bien un moins bon pronostic chez les patients présentant une forme bulbaire (initiation plus précoce de la VNI, survie plus courte), l’opposition classique entre les patients bulbaires et les patients spinaux ne permettait pas d’expliquer l’importante hétérogénéité clinique de cette population.

L’originalité du travail repose sur une approche de clustering par apprentissage non supervisé permettant d’identifier quatre trajectoires distinctes de soins.

Les Clusters A (21 %) et B (26 %) étaient caractérisés par une initiation tardive de la VNI (patients plus jeunes, moins comorbides et bénéficiant de plus de séances de kinésithérapie) tandis que les Clusters C (25 %) et D (28 %) débutaient la ventilation plus précocement. La survie après mise sous VNI était plus prolongée dans les Clusters B et C, qui regroupaient davantage d’hommes, moins de comorbidités psychiatriques, plus de syndromes d’apnées obstructives du sommeil et moins d’hospitalisations non programmées. Le Cluster B apparaissait particulièrement original, associant une initiation tardive de la VNI à une survie prolongée ; il était principalement constitué de patients à début spinal, sans comorbidités.

Ces résultats remettent en question l’idée selon laquelle une initiation précoce de la VNI serait systématiquement associée à une meilleure survie. Le délai d’initiation de la VNI semble davantage influencé par le profil global des patients (âge, comorbidités, phénotype spinal ou bulbaire), l’évolution de la fonction respiratoire et la trajectoire de soins (recours à la kinésithérapie, fréquence des hospitalisations ou encore présence d’un syndrome d’apnées obstructives du sommeil sous-jacent).

Au-delà de la description épidémiologique, ce travail illustre l’intérêt des approches basées sur les données de santé et l’intelligence artificielle pour mieux comprendre les trajectoires complexes des maladies neuro-respiratoires. Ces résultats plaident en faveur d’une individualisation accrue du suivi respiratoire et de la décision d’initiation de la VNI plutôt qu’une stratégie uniforme appliquée à tous les patients atteints de SLA.

D’après Tankéré P et al. Health trajectories of patients with amyotrophic lateral sclerosis before and after initiation of non-invasive ventilation: a French nationwide database analysis. Thorax. 2026. PMID: 41617608.

Présenté à la session A77 : Neuro-respiratory interactions: a critical connection

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IQOS, cannabis et tabac : cherchez l’intrus

Plusieurs sessions de posters étaient consacrées aux toxiques inhalés, allant de leurs conséquences (aiguë ou à plus long terme) à certains points de vigilance pour accompagner les patients vers le sevrage.

Lors de la session consacrée aux inégalités et à l’accès au soin, Amin Sajjadian (San Francisco, Etats-Unis) a présenté les résultats d’un travail évaluant l’association entre la fréquence de la consommation de cannabis et l’adhésion aux recommandations de prévention. Sur 93 735 répondeurs au Behavioral Risk Factor Surveillance System, 11 525 étaient consommateurs au moins réguliers (une fois dans le mois) de cannabis. Cette consommation était significativement associée à une moins bonne adhésion aux mesures de prévention classiquement recommandées : on peut citer moins de vaccination antigrippale (34,2% vs 46,9% ; odds ratio ajusté : 0,58, IC 95% : 0,53-0,63), de vaccination antipneumococcique avec un effet dose-réponse (38,5% vs 55,2%; odds ratio ajusté : 0,68, IC 95% : 0,61-0,77), et moins d’adhésion au dépistage du cancer du sein (66.5% vs 75.6%; odds ratio ajusté : 0,62, IC 95% : 0,53-0,73). Néanmoins, il n’y avait pas de différence dans la participation au dépistage du cancer du poumon par scanner (16,1% vs 15,0%). Ces résultats constituent une piste pouvant expliquer la mortalité liée à la consommation de cannabis, mais également un argument de plus pour l’intégrer dans l’interrogatoire systématique des patients. Plusieurs hypothèses pour améliorer l’accompagnement vers le sevrage des patients peuvent être tirées de résultats présentés dans la session dédiée au cancer du poumon. Sur son poster, Mindy Conklin (Baltimore, Etats-Unis) analysait le taux de sevrage atteint grâce à la Varénicline (recommandée en première intention aux Etats-Unis) en fonction du type de cigarette consommée (mentholée ou non). Soixante pourcents des caucasiens fumeurs de cigarettes rapportaient un sevrage à 6 mois, contre 10% des afro-américains fumeurs de mentholées. Après conseils pour passer à des cigarettes non mentholées, et en utilisant des substituts nicotiniques mentholés, ce taux atteignait 45%, un argument de plus pour le rôle du menthol dans la dépendance (y compris à la cigarette électronique). Dans la même session, Janaki Deepak (Université du Maryland, Etats-Unis) listait les barrières vers le sevrage chez 499 patients suivis dans un service de tabacologie. Plus que les comorbidités psychiatriques (essentiellement anxiété/dépression chez 68% des patients, trouble de l’usage de substance chez 58% d’entre eux), les patients citaient le stress, les difficultés de transport, les problèmes de couverture sociale, la désinformation, la stigmatisation et l’arrêt de l’inhaleur de nicotine comme les principaux freins au succès. Ces facteurs sont souvent modifiables et à prendre en compte dans les stratégies ciblant les populations les plus fragiles.

D’après les posters Associations of Frequency of Cannabis Use With Receipt of Lung Cancer Screening and Immunizations, Amin Sajjadian (session A31) et Unequal Outcomes: Menthol Cigarettes and Reduced Varenicline Efficacy in African American Veterans, Mindy Conklin, Persistent Tobacco Use: Trends and Clinical Implications, Janaki Deepak (Session A38)

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Réhabilitation respiratoire : home sweet home !

Si la réhabilitation respiratoire (RR) réalisée en centre est considérée comme le modèle de référence, la validation de nouveaux modèles de RR est indispensable pour répondre aux différents défis actuels. Les programmes réalisés au domicile pourraient représenter une solution aux difficultés d’accès, au faible taux de complétion des programmes, au maintien à long terme ou encore à l’importante proportion des patients non-répondeurs.

Les auteurs ont inclus trois essais randomisés comparant chez 396 patients atteints de maladies respiratoires chroniques une RR réalisée au domicile (n= 193) à une RR conventionnelle en centre (n=203). L’objectif principal était d’évaluer l’évolution de la distance parcourue au test de marche de six minutes (TM6), en utilisant une méthodologie d’équivalence particulièrement intéressante : les auteurs considéraient que les deux stratégies étaient équivalentes si la différence restait comprise dans une marge de ±30 mètres, correspondant à la différence minimale cliniquement pertinente.

Les résultats confirment que l’amélioration de la distance parcourue au T6M est strictement équivalente entre les deux méthodes (p=0,003), avec une différence moyenne entre RR à domicile et RR en centre de seulement 0,4 m (IC 95% : -21,4 ; +20,9 m). Même en utilisant une autre analyse statistique plus conservatrice avec un intervalle d’incertitude plus large, aucun signal ne suggérait une infériorité de la RR à domicile.

Par ailleurs, les patients bénéficiant d’un programme à domicile semblaient terminer plus fréquemment leur RR. Ainsi, le taux de complétion du programme de RR est 45% supérieur à domicile. Faire la RR à domicile augmenterait le taux de patients qui terminent le programme de 27 % par rapport aux programmes en centre (RR = 1,45, IC 95% : 0,72-2,94). Selon les estimations des auteurs, il suffirait d’orienter environ quatre patients vers une RR à domicile pour obtenir un participant supplémentaire complétant le programme.

Cette nouvelle métaanalyse présentée cette année suggère que les bénéfices fonctionnels des deux approches sont comparables, tandis que l’adhésion serait meilleure avec la RR à domicile. Il faut toutefois rappeler que l’efficacité des programmes de RR à domicile dépend de nombreux facteurs comme les modalités de titration et de réalisation de l’activité physique d’endurance (réalisation d’une épreuve fonctionnelle à l’exercice, installation d’un cycloergomètre au domicile etc) ou l’utilisation d’outils de surveillance, de coaching et d’éducation thérapeutique (contacts téléphoniques, outils numériques etc). La RR à domicile fonctionne certes et les patients y adhèrent mais sous réserve d’intégrer les composantes indispensables du programme !

D’après Patel R et al. Session home vs center pulmonary rehabilitation: do we see functional equivalence and higher completion rates? A meta-analysis.Session A99 : Different delivery and new populations: clinical trials of pulmonary rehabilitation

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Bip bip, la pneumonie interstitielle bronchiolocentrée (BIP) arrive sur orbite

Le registre national japonais PROMISE démontre qu’un pattern de pneumopathie d’hypersensibilité (PHS) au scanner ne signifie pas que le patient a une PHS. La précision terminologique proposée récemment de pneumonie interstitielle bronchiolocentrée (BIP) est un terme plus générique, qui semble approprié pour permettre une prise en charge thérapeutique mieux adaptée.

L’introduction de la pneumonie interstitielle bronchiolocentrée (BIP) comme pattern morphologique majeur dans la mise à jour ERS/ATS 2025 1 suscite un vif débat : ce terme doit-il remplacer le traditionnel pattern de PHS au scanner ? Les résultats du registre national japonais PROMISE, portant sur 2 798 patients, révèlent l’extrême hétérogénéité des pathologies que recouvre ce pattern.

Les chercheurs ont analysé 996 patients dont le scanner présentait un pattern de « PHS typique » ou « compatible avec une PHS » (désormais regroupés sous le terme de BIP au scanner). Les conclusions permettent de prendre position pour cette proposition de changement. Ainsi dans l’étude PROMISE, on note que le diagnostic de PHS n’est retenu que dans 50 % des cas de pattern de BIP, qu’un nombre important de fibroses pulmonaires idiopathiques (FPI) et de formes inclassables sont inclus dans la catégorie BIP au scanner et qu’il existe une discordance entre l’aspect au scanner et celui en histologie. Ainsi, la PHS ne représentait que 46,7 % des diagnostics clinico-radiologiques (et 52,8 % après intégration de la pathologie) des patients avec un pattern de BIP au scanner, près d’un tiers de la cohorte présentant un aspect de BIP au scanner a finalement été diagnostiquée comme une FPI (17,5 %) ou une forme inclassable (18,5 %), chez les patients biopsiés, le pattern de BIP n’a été confirmé que dans 45,3 % des cas en histologie, soulignant la difficulté de prédire l’atteinte bronchiolaire réelle à partir du seul scanner.

Ces données valident la proposition de la nouvelle classification ERS/ATS : le terme « pattern de PHS » au scanner est un abus de langage qui induit un biais diagnostique. L’étude PROMISE confirme, sur une cohorte beaucoup plus large, les observations de Ryerson et al. 2publiées l’automne dernier et qui montraient déjà que 22 % des « patterns de PHS » typiques étaient en réalité des connectivites. L’étude japonaise va plus loin en montrant que la FPI peut fréquemment “emprunter” ce pattern radiologique, rendant la discussion multidisciplinaire (MDD) indispensable pour ne pas passer à côté d’un traitement antifibrotique.

D’après la communication de Kondoh Y Spectrum of Radiological Bronchiolocentric Interstitial Pneumonia Patterns in a Large Japanese Interstitial Lung Disease Registry. Am J Respir Crit Care Med 2026; Poster Board # P1995

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