Congrès

Prise en charge de l’asthme sévère : vers la réduction du traitement de fond inhalé sous biothérapie ?

Les résultats de l’étude SHAMAL montrent chez des patients asthmatiques bien contrôlés sous benralizumab, qu’il est possible de réduire l’intensité du traitement de fond inhalé en conservant un contrôle satisfaisant de la maladie.

L’arrivée des nouvelles biothérapies dans l’asthme sévère a considérablement amélioré la prise en charge de nos patients. Rapidement, nos objectifs thérapeutiques sont devenus de plus en plus ambitieux, de la réduction des exacerbations, en passant par celle du recours à la corticothérapie orale, jusqu’à l’obtention d’une rémission clinique sous traitement. Qu’en est-il de la réduction du traitement de fond inhalé ? L’étude SHAMAL, publiée en ce début d’année 2024, a démontré sur une cohorte de 168 patients asthmatiques bien contrôlés sous benralizumab qu’il était possible de réduire l’intensité du traitement de fond inhalé sous biothérapie chez près de 92% patients tout en conservant un contrôle satisfaisant de la maladie 1. Des données d’analyses post-hoc de SHAMAL rapportées lors du congrès complètent nos connaissances à ce sujet.

La réduction du traitement de fond inhalé apparaît possible chez la majorité des patients

Parmi les patients ayant réduit leur traitement de fond sous benralizumab, près de 61% des patients ont pu le faire jusqu’à ne conserver qu’un traitement par corticoïdes inhalés (CSI)/formotérol à la demande. Peut-on prédire, a priori, celles et ceux pour lesquels un tel objectif pourrait être atteint ? Pas si sûr ! Aucun des paramètres phénotypiques inflammatoires (éosinophiles sanguins, FENO), cliniques (âge au diagnostic de l’asthme, polypose nasosinusienne, taux d’exacerbation), ou fonctionnels respiratoires (paramètres spirométriques : VEMS, CVF), utilisés en pratique courante, ne différaient entre ces 2 groupes de patients à l’instauration du traitement.

Deux nuances de rémission de la maladie

Qu’en est-il de la rémission de la maladie : est-elle compatible avec une réduction de la pression thérapeutique inhalée ? Deux niveaux de rémission clinique ont été évalués : d’une part « CR3 » associant un score ACQ-5 <1,5, l’absence de recours à une corticothérapie orale et l’absence d’exacerbation d’asthme, et d’autre part « CR4 » ajoutant l’absence de baisse de VEMS de plus de 10% par rapport à l’état de base. Les analyses montrent que la majorité des patients dans le bras de réduction du traitement de fond inhalé ont atteint les critères CR3 (85,2%, n=98/115) à l’instar des patients du bras contrôle (91,4%, n=32/34) à la 32ème semaine. En revanche, l’obtention des critères CR4 semblait moins fréquente dans le groupe de réduction de traitement (55,8% vs 75%), y compris dans le sous-groupe atteignant le traitement par CSI-formotérol à la demande. Cette observation semble cohérente avec la baisse légère du VEMS (88,9 +/-27,2 mL) observée dans le bras « réduction » dans l’analyse principale.

Analyse en fonction de la baisse du VEMS

Dans ce contexte, les patients présentant une baisse importante du VEMS (>10%) au cours de la réduction du traitement de fond ont fait l’objet d’une analyse spécifique. Parmi les 92 patients ayant réduit leur traitement de fond, 26 (28,3%) ont présenté une telle baisse à la 48ème semaine sans différence observée concernant leurs caractéristiques cliniques et fonctionnelles respiratoires à la randomisation. On notait par ailleurs une fréquence de patients présentant ce degré de réduction du VEMS plus importante chez ceux ayant réduit jusqu’au CSI/formotérol à la demande (21/56 soit 37,5%) par rapport à ceux ayant eu une réduction moins importante de leur VEMS (5/36 soit 13,8%).

En conclusion

Au total, bien que l’étude SHAMAL a prouvé qu’il est possible de réduire de façon drastique le traitement de fond des patients bien contrôlés sous benralizumab, nous manquons à l’heure actuelle de biomarqueurs pertinents pour guider et accompagner cette attitude. Une surveillance respiratoire rigoureuse, tant clinique que fonctionnelle, des patients pour lesquels cette réduction est tentée semble importante, afin de ne pas perdre les bénéfices de l’obtention de la rémission clinique, ni prendre le risque d’une altération de la fonction respiratoire. Des données concernant le maintien effectif au long cours de cette réduction du traitement de fond inhalé sont attendues


D’après les posters :
– PA5354 “Baseline characteristics of patients with severe eosinophilic asthma treated with benralizumab who reduced to anti-inflammatory reliever only vs high-, medium- or low-dose inhaled corticosteroid/formoterol: SHAMAL post-hoc analysis” présenté par Brian Kent (Dublin, Irlande). Session de poster 489 “Unravelling the potential of interleukin-5 pathways in asthma ” du dimanche 8 septembre 2024.
– PA1194 “Clinical remission in patients with severe eosinophilic asthma treated with benralizumab who were randomised to reduce their inhaled corticosteroid/formoterol dose: SHAMAL post-hoc analysis” présenté par Gilles Devouassoux (Pierre-Bénite, France). Session de posters 133 “All the way to clinical remission of asthma” du dimanche 8 septembre 2024.
– PA5355 “Factors influencing lung function changes when inhaled corticosteroid/formoterol is reduced in patients with severe eosinophilic asthma treated with benralizumab” présenté par David J Jackson. Session de posters 489 “Unravelling the potential of interleukin-5 pathways in asthma” du dimanche 8 septembre 2024.

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Étude de la qualité du sommeil et de la qualité de vie des patients obèses avec et sans syndrome obésité-hypoventilation

Une étude grecque s’est intéressée aux différences symptomatiques entre patients obèses présentant un SAHOS et ceux présentant en plus une hypoventilation alvéolaire. Les résultats sont surprenants.

La très vaste majorité des patients obèses présentent un SAHOS. Certains vont de plus présenter une hypoventilation alvéolaire définissant le syndrome obésité hypoventilation (SOH). Ce SOH est une pathologie caractérisée par un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 30 kg/m², une hypercapnie diurne (PaCO₂ ≥ 45 mmHg) et des troubles respiratoires du sommeil (TRS), en excluant d’autres causes d’hypoventilation alvéolaire. Depuis les grands essais randomisés espagnols comparant la PPC à la VNI dans cette indication, il apparait que la majorité de ces patients peuvent être traités par PPC. La frontière entre le SAHOS isolé et le SOH semble de plus en plus poreuse. Cette étude grecque avait pour objectif de comparer la qualité de vie et du sommeil entre des patients obèses (et SAHOS) avec et sans SOH.

Mesure de la somnolence, de la qualité de vie et de sommeil chez les patients obèses avec ou sans SOH

L’étude reposait sur une cohorte clinique grecque qui a inclus des patients consécutifs venant consulter pour suspicion de SAHOS. Seuls les patients avec un IMC ≥30 kg/m² ont été inclus. Les patients ont été divisés en deux groupes : patients obèses sans SOH et patients obèses avec SOH. Tous les participants ont bénéficié d’une polysomnographie complète et d’explorations fonctionnelles respiratoires. Des échelles standardisées ont été utilisées pour évaluer la somnolence (Échelle de Somnolence d’Epworth – ESS), la fatigue (Fatigue Severity Scale – FSS), la qualité de vie (indice de bien-être de l’OMS à 5 items – WHO-5), ainsi que la qualité du sommeil (Pittsburgh Sleep Quality Index – PSQI).

Pas de différence significative entre les deux groupes sur les critères d’évaluation

L’étude comprenait 1 955 patients obèses : 1 752 sans SOH et 203 avec SOH. Les deux groupes ne différaient pas en termes d’âge, mais des différences significatives ont été observées concernant l’IMC (les patients sans SOH présentant, de façon surprenante, une obésité plus marquée) et les paramètres respiratoires. Les patients avec SOH présentaient des valeurs inférieures de capacité vitale forcée (CVF), de volume expiratoire forcé en une seconde (VEMS), de pression partielle d’oxygène (PaO₂) et de saturation en oxygène (SpO₂). Ils avaient également des niveaux plus élevés de pression partielle de dioxyde de carbone (PaCO₂) et de bicarbonates (HCO₃). Cependant, aucune différence significative n’a été trouvée entre les groupes en ce qui concerne les scores ESS, FSS, WHO-5 et PSQI, indiquant que le SOH n’affectait pas la qualité de vie ou du sommeil de manière plus importante que l’obésité avec SAHOS seul.

En conclusion

Bien que les patients SOH présentent des anomalies respiratoires plus sévères que les patients obèses sans SOH, cela ne semble pas avoir d’impact supplémentaire sur leur qualité de vie ou leur qualité de sommeil. Cette étude confirme une frontière toujours plus porteuse entre le SAHOS isolé et le SOH qui partagent finalement des symptômes proches et une approche thérapeutique similaire dans la majorité des cas.

Wojciech Trzepizur, département de Pneumologie et de Médecine du Sommeil, CHU d’Angers MITOVASC UMR Inserm 1083 / UMR CNRS 6015, Université d’Angers


D’après le poster ID 878: Investigation of sleep quality and quality of life of patients with and without obesity-hypoventilation syndrome présenté par Vasiliki Georgakopoulou (Alexandroupolis, Greece). Session 82 “Non-continuous positive airway pressure treatment for sleep-disordered breathing: diagnostic aspects of obesity hypoventilation syndrome” du dimanche 8 septembre 2024.

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Impact symptomatique des apnées survenant pendant le sommeil paradoxal

Au-delà de leur impact cardiovasculaire, les apnées survenant au cours du sommeil pourraient avoir des conséquences symptomatiques importantes en termes de somnolence ou de qualité de vie.

Le syndrome d’apnées hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) est un trouble fréquent qui se caractérise par des interruptions répétées de la respiration pendant le sommeil. Un sous-type particulier de cette affection, le SAHOS prédominant en sommeil paradoxal (SAHOS-SP), mérite une attention particulière. Il a déjà été suggéré un impact cardiovasculaire plus important du SAHOS-SP par rapport au SAHOS seul. Cependant, l’impact clinique symptomatique spécifique du SAHOS-SP reste peu étudié et mal compris. Cette étude visait à comparer les symptômes du SAHOS-SP à ceux du SAHOS non-SP (SAHOS-NSP). Une attention plus particulière a été porté aux patients avec SAHOS léger à modéré chez qui l’indication du traitement par PPC reste très discutée (et non remboursée dans de nombreux pays).

Mesure de l’impact du SAHOS-SP chez les patients avec SAHOS léger à modéré

Cette étude rétrospective a analysé les dossiers des patients diagnostiqués avec un SAHOS (IAH>5/h) à l’hôpital universitaire de Bruxelles entre novembre 2019 et septembre 2020. Les patients présentant un SAHOS sévère ont été exclus car la prévalence du SAHOS-SP est très faible dans les cas sévères (et le SAHOS sévère requiert quasi systématiquement un traitement). Les patients inclus dans l’étude ont été divisés en deux groupes : ceux atteints de SAHOS-SP et ceux atteints de SAHOS-NSP. Le critère pour définir une SAHOS-SP était un ratio d’indice d’apnée-hypopnée (IAH) SP/NSP d’au moins 2. Plusieurs questionnaires ont été utilisés pour évaluer les symptômes et les impacts sur la qualité de vie des patients, notamment : l’échelle d’anxiété et de dépression (HADS), le Big Five Inventory-2 pour les traits de personnalité, le SF-36 pour la qualité de vie liée à la santé, l’indice de gravité de l’insomnie (ISI), l’échelle de somnolence de Stanford (ESS), et d’autres outils mesurant la fatigue et la somnolence diurne.

La vigilance diurne plus affectée en cas de SAHOS-SP

L’étude a inclus 224 patients atteints de SAHOS-SP (119 légers et 105 modérés) et 151 patients atteints de SAHOS-NSP (59 légers et 92 modérés). Chez les patients avec SAHOS-SP légèr, un score plus élevé de somnolence diurne a été rapporté (score ESS de 3 contre 2 pour le groupe SAHOS-NSP), avec une différence statistiquement significative (p = 0,028). Cela suggère que les apnées survenant pendant le SP affectent plus intensément la vigilance diurne. Chez les patients avec un SAHOS modéré, ceux souffrant de SAHOS-SP ont rapporté une plus grande atteinte de la qualité de vie en raison de leur santé émotionnelle, mesurée par le SF-36 (p = 0,035).  Cependant, aucune différence significative n’a été observée entre les deux groupes concernant les niveaux d’anxiété, de dépression, de qualité du sommeil ou de fatigue générale.

Comment interpréter ces résultats ?

Les apnées survenant durant le SP semblent avoir un impact plus prononcé sur la somnolence diurne et la qualité de vie liée à la santé émotionnelle, en particulier dans les formes légères et modérées du SAHOS. Cette observation pourrait s’expliquer par le rôle crucial du SP dans la récupération mentale et émotionnelle. Ainsi, lorsque des interruptions respiratoires surviennent durant cette phase, elles perturbent davantage les processus cognitifs et émotionnels, ce qui se traduit par une somnolence accrue et une plus grande détérioration de la qualité de vie liée à la santé émotionnelle. La question d’une attention particulière portée au SAHOS-SP en pratique clinique se pose. La mise en évidence d’un impact symptomatique plus marqué de la PPC chez les patients avec SAHOS-SP viendrait renforcer cette hypothèse.

Wojciech Trzepizur, département de Pneumologie et de Médecine du Sommeil, CHU d’Angers MITOVASC UMR Inserm 1083 / UMR CNRS 6015, Université d’Angers


D’après le poster PA1757  “ The clinical significance of REM-predominant obstructive sleep apnea: a retrospective observational study” présenté par Shauni Wellekens (Aalst, Belgique). Session de poster 161 du dimanche 8 septembre 2024.

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Séralutinib dans l’HTAP : des données qui confortent

Le congrès de l’ERS a été l’occasion de revenir sur l’étude TORREY et ses données d’extension.

Pour rappel, l’étude TORREY dont les résultats ont été publiés dans le Lancet Respiratory Medicine en juillet 2024 est une étude de phase 2 ayant démontré une efficacité du séralutinib dans l’HTAP, en complément des traitements habituels, avec une réduction de résistances vasculaires pulmonaires (RVP) à 24 semaines (NCT 04816604). 1. Le séralutinib est un inhibiteur sélectif de tyrosines kinases PDGFR α/β, CSF1R et c-KIT, administré par voie inhalée en poudre sèche.

Un maintien de l’efficacité à 72 semaines

Les professeurs McLaughlin (USA) et Ghofrani (Allemagne) ont présenté des données à plus long terme (72 semaines de suivi) des patients inclus dans l’étude d’extension de TORREY. Une analyse plus détaillée des patients ayant présenté une amélioration des RVP > 15% à 72 semaines (n=17 sur les 28 patients qui avaient atteint cette durée de suivi et chez qui des données hémodynamiques étaient disponibles) a montré un maintien d’efficacité du séralutinib avec la poursuite de l’amélioration des RVP (-32% en médiane [-17% à -62%] chez les 17 patients), liée à la fois à une amélioration du débit cardiaque (+ 19,6%) et à une diminution de la pression artérielle pulmonaire moyenne (-11,8%). Une amélioration des capacités à l’exercice reflétées par le test de marche de 6 minutes a également été décrite à 72 semaines : gain de 38,6 mètres par rapport à l’inclusion chez les 17 patients.

Une tolérance similaire à celle décrite à 24 semaines

Les principaux effets secondaires rapportés étaient des céphalées, une toux ou des troubles digestifs. En complément, une analyse protéomique (réalisée chez 45 patients) a mis en évidence une diminution de marqueurs de l’inflammation (augmentation de l’interleukine 10 plasmatique), de la migration cellulaire, de la prolifération et du remodelage vasculaire pulmonaire (diminution du collagène 1A1) à 72 semaines. Actuellement, une étude de phase 3, l’étude PROSERA (NCT05934526), qui évalue l’intérêt du séralutinib versus placebo en complément des traitements habituels dans l’HTAP, est en cours de recrutement avec la participation de plusieurs centres du réseau français de l’hypertension pulmonaire.

Marianne Riou, service de pneumologie, hôpitaux universitaires de Strasbourg


D’après les communications orales OA1871 ” Sustained benefit with seralutinib treatment: Lessons from the open-label extension (OLE) of the TORREY study”, présentée par Ardeschir Ghofrani (Gießen, Allemagne). Session de présentations orales 180 « Novel aspects in pulmonary hypertension »du dimanche 8 septembre 2024.

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Cœur sous pression : attention aux évènements cardiovasculaires après une exacerbation de BPCO 

Une étude française, présentée par la Pr Maéva Zysman, a évalué l’impact de la sévérité des exacerbations sur la survenue d’événements cardiovasculaires.

La population de patients atteints de BPCO est particulièrement à risque d’évènement cardiovasculaire. En effet, la prévalence des pathologies cardiovasculaires varie de 20 à 70% selon les études mais le risque d’évènement cardiovasculaire majeur augmente de 25% chez les patients atteints de BPCO par rapport à ceux n’ayant pas de BPCO 1. Par ailleurs, l’étude EXACOS-CV 2 a montré que ce risque d’évènement cardiovasculaire augmente dans l’année suivant une exacerbation et ce, de manière plus marquée au cours des 30 premiers jours. Cependant, peu de données existent concernant l’impact de la sévérité de l’exacerbation sur la survenue d’évènements cardiovasculaires.

Évaluer le lien entre événement cardiovasculaire sévère et présence d’une exacerbation dans les 24 semaines précédentes

Une étude menée sur la base de données du système de soin français a été présentée par la Pr Maéva Zysman (Bordeaux, France). Cette étude incluait des patients atteints de BPCO ayant été hospitalisés pour un premier évènement cardiovasculaire sévère, entre le 1er janvier 2018 et le 31 décembre 2019. Parmi eux, les auteurs se sont intéressés à ceux qui avaient présenté une exacerbation de BPCO ayant nécessité une hospitalisation dans les 24 semaines précédant l’évènement cardiovasculaire. Ces hospitalisations pour exacerbation de BPCO ont été gradées en 4 groupes de sévérité : groupe 1 exacerbation sévère hospitalisée en service conventionnel ; groupe 2, exacerbation très sévère compliquée d’une insuffisance respiratoire aiguë hospitalisée en service conventionnel ; groupe 3, exacerbation critique hospitalisée en unité de soins intensifs, et groupe 4, exacerbation engageant le pronostic vital hospitalisée en unité de soins intensifs et ayant nécessité une ventilation mécanique.

Une cohorte de patients BPCO ayant été hospitalisés pour un premier événement cardiovasculaire sévère

Parmi les 122 172 patients atteints de BPCO hospitalisés pour un premier évènement cardiovasculaire sévère, 9 840 (8,1%) avaient présenté une exacerbation nécessitant une hospitalisation dans les 24 semaines précédentes, dont 39% d’entre eux dans les 4 dernières semaines. Les patients inclus étaient majoritairement des hommes (66%), âgés de 76,8 +/- 10,7 ans. Concernant le nombre d’exacerbations précédant l’évènement cardiovasculaire, 82,6% d’entre eux n’en avaient présenté qu’une seule, 13,2% en avaient présenté deux et 4,2% plus de trois.

Un risque d’événement cardiovasculaire augmenté en cas d’exacerbation ayant nécessité une hospitalisation

Concernant la sévérité de la dernière exacerbation de BPCO selon les 4 groupes définis précédemment, on note que 51,1% des patients faisaient partie du groupe 1, 21,1% du groupe 2, 19% du groupe 3, et 8,8% du groupe 4. L’évènement cardiovasculaire était d’autant plus précoce que l’exacerbation était sévère (18 vs 56 jours). Aussi, une exacerbation de BPCO hospitalisée augmentait le risque global d’évènement cardiovasculaire (OR=3,0 IC95% [2,9-3,2]), et ce risque était associé à la gravité initiale de l’exacerbation (groupe 1, OR=1,9 IC95% [1,8-2,0] ; groupe 2, OR=2,9 IC95% [2,6-3,2] ; groupe 3, OR=6,1 IC95% [5,5-6,7] ; groupe 4, OR=7,0 IC95% [6,1-8,0]). Enfin, 10% des évènements cardiovasculaires relevés ont conduit au décès durant l’hospitalisation.

En conclusion

Ainsi, la prise en compte du risque cardiovasculaire post exacerbation est cruciale chez l’ensemble des patients atteints de BPCO, et ce d’autant plus que l’exacerbation est sévère. L’optimisation de la prise en charge de la BPCO intégrant à la fois les mesures médicamenteuses et non médicamenteuses (vaccination, réadaptation respiratoire, etc.) est nécessaire pour limiter la survenue d’exacerbations et permettre de diminuer ce risque.

Marina Gueçamburu, Service des Maladies Respiratoires et des épreuves fonctionnelles respiratoires CHU Bordeaux, Pessac


D’après le poster PA1762 « Severity of hospitalised COPD exacerbations and risk of cardiovascular events: a case-crossover study in France » présenté par Maéva Zysman. Session PS9-162 du Dimanche 8 septembre 2024.

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La tomographie par comptage de photons en pneumologie

Après en avoir expliqué les principes, l’orateur a souligné que cette technologie pourrait inaugurer une nouvelle ère pour l’analyse morphologique et fonctionnelle des poumons.

Le scanner à comptage photonique (PCCT) est une nouvelle modalité, disponible depuis 2021, qui se distingue de la tomodensitométrie standard par ses détecteurs. Contrairement aux détecteurs classiques qui convertissent l’énergie de nombreux photons en lumière avant de produire un signal électrique, les détecteurs à comptage photonique utilisent un matériau semi-conducteur pour convertir directement l’énergie de chaque photon X en signal électrique.

Cette technique améliore la clarté des images et réduit souvent les doses de radiation par rapport à la tomodensitométrie conventionnelle, tout en nécessitant moins de temps pour les examens. Cela pourrait augmenter le nombre d’examens réalisés quotidiennement si les ressources le permettent.

Une confiance diagnostique accrue

Le PCCT offre une qualité d’image égale ou supérieure, réduit le bruit, mais il n’est pas certain que cela améliore les résultats cliniques de façon majeure. Et cela peut aussi conduire à des découvertes fortuites souvent non pertinentes. Toutefois, les tendances montrent une confiance diagnostique accrue ou similaire, en particulier pour les maladies pulmonaires comme l’emphysème et les maladies des petites voies aériennes, avec un meilleur confort pour les patients. Il pourrait être particulièrement bénéfique pour les enfants, les personnes nécessitant des examens répétés et celles en surpoids.

Quid de l’utilisation en clinique ?

Cependant, les scanners PCCT sont 3 à 5 fois plus chers que les systèmes conventionnels. Des études cliniques supplémentaires sont nécessaires pour évaluer si leurs avantages justifient ce coût. Il est également important de considérer les besoins en formation, la perception des utilisateurs et l’intégration dans le système de soins pour déterminer leur utilisation clinique.

Louise  Bondeelle, département de microbiologie et de biologie moléculaire, Université de Médecine de Genève, Suisse


D’après la communication “Ultra-high-resolution photon-counting computed tomography imaging of the chest: a new era for morphology and function” présentée par Jonas Kroschke (Zürich, Switzerland). Session Studio-26 du Samedi 7 septembre 2024.

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Quoi de neuf en infectiologie ?

Voici une sélection de posters en infectiologie dont les données sont à suivre avec attention !

Approche combinée PCR multiplex bactérienne et procalcitonine dans le syndrome thoracique aigü

Le syndrome thoracique aigu (STA) est une complication grave de la drépanocytose, souvent associée à des infections respiratoires. Bien que la procalcitonine (PCT) puisse réduire la durée des antibiothérapies, une étude a évalué l’efficacité d’une stratégie combinant une PCR multiplex bactérienne (mPCR) et la PCT chez des adultes hospitalisés pour STA.

Entre 2020 et 2022, 72 patients ont été répartis entre une stratégie conventionnelle et une stratégie interventionnelle basée sur les résultats de mPCR et les niveaux de PCT pour choisir puis arrêter les antibiotiques. Bien que la documentation microbiologique a été plus élevée dans le groupe interventionnel (67,6% vs 37,1%), le nombre de jours d’exposition aux antibiotiques était similaire (6 jours), sans impact sur la stabilité clinique ou la durée d’hospitalisation.

Quantification de l’ARN bactérien dans le suivi des infections bactériennes associées aux bronchiectasies

Les méthodes basées sur la culture sont couramment utilisées pour diagnostiquer les infections bactériennes chez les patients atteints de bronchiectasies, mais elles présentent des risques de contamination et des délais de résultats. Les méthodes moléculaires, comme la PCR quantitative (qPCR), sont plus rapides et sensibles, mais la détection d’ADN ne distingue pas les bactéries vivantes des mortes. L’ARN, moins stable après la mort cellulaire, pourrait résoudre ce problème. Des tests qPCR ciblant l’ARN (qRT-PCR) ont été développés et testés sur des échantillons de sputum, montrant une concordance de 100% avec les cultures pour Pseudomonas aeruginosa. Une bonne corrélation a également été observée avec la culture quantitative. D’après cette équipe, ce test ARN pourrait remplacer les cultures pour surveiller les infections et les réponses aux traitements, notamment lors d’essais cliniques.

Le RIG-I, un inducteur de l’immunité innée dans les infections virales

Le RIG-I est une molécule intracellulaire qui détecte les acides nucléiques viraux et déclenche la production d’interférons de type I, essentiels à l’immunité innée. L’agoniste de RIG-I (RIG-101) a montré des effets antiviraux prometteurs contre le rhinovirus humain (HRV) et le virus respiratoire syncytial (RSV), particulièrement impliqués dans les exacerbations des patients souffrant de maladies respiratoires chroniques. Des tests in vitro sur l’épithélium nasal humain et in vivo chez des souris ont démontré que le traitement par RIG-101 réduit efficacement la charge virale et stimule la production d’interférons antiviraux. Les résultats suggèrent que RIG-101 pourrait induire une immunité stérilisante et représenter une option thérapeutique.

D’après la présentation orale OA1966 ” Pan-antiviral effects of RIG-I agonist (RIG-101) against respiratory syncytial virus and human rhinovirus in nasal epithelium in vitro and mice in vivo” présentée par Kazuhiro Ito (Londres, Royaume Uni). Session 198 “Clinical and translational studies of asthma and chronic obstructive pulmonary disease: novel treatment targets ” du dimanche 8 septembre 2024.


Louise  Bondeelle, département de microbiologie et de biologie moléculaire, Université de Médecine de Genève, Suisse

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Mission Post ATS 2024

Retour sur  le congrès de San Diego avec les experts de la Mission ATS 2024

Introduction : Jésus Gonzalez
Modérateurs : Anh-Tuan Dinh-Xuan – Jean-Claude Meurice 

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• Anh-Tuan Dinh-Xuan (Paris) : L’intelligence artificielle en 2024 : Docteur Jekyll ou Monsieur Hyde ?
• Xavier Blanc (Nantes) : Asthme : quelques nouveautés intéressantes
• Athénais Boucly (Le Kremlin Bicêtre) : Voie du PDGF: une nouvelle option thérapeutique dans l’HTAP?
• Frédéric Schlemmer (Créteil) : Actualités dans la dilatation des bronches et les infections à mycobactéries non tuberculeuses
• Thomas Villeneuve (Toulouse) : Nouveautés en endoscopie bronchique 
• Sandrine Pontier (Toulouse) : Arrêt de la PPC : facteurs de risque et conséquences

• Marina Gueçamburu : actualités concernant les biothérapies dans la BPCO
• Florence Jeny : Fibrose pulmonaire : actualités des essais thérapeutiques
• Pierre-Yves Brillet : Tomodensitométrie thoracique : biomarqueurs et intelligence artificielle 
• Kinan El Husseini : Actualités en transplantation pulmonaire
• Christophe Girault SDRA : Définition mondiale et dernières recommandations de prise en charge
• Marjolaine Georges : L’oxygénothérapie de déambulation en question
• Jean-Claude Meurice (Poitiers) : Traitements pharmacologiques du SAHOS

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Les vidéos par épisodes

PARTIE 1

>>> Introduction

 L’intelligence artificielle en 2024 : Docteur Jekyll ou Monsieur Hyde ? Anh-Tuan Dinh-Xuan (Paris)


•  Asthme : quelques nouveautés intéressantes François-Xavier Blanc (Nantes)


•Voie du PDGF: une nouvelle option thérapeutique dans l’HTAP ? Athénais Boucly (Le Kremlin Bicêtre)


• Actualités dans la dilatation des bronches et les infections à mycobactéries non tuberculeuses Frédéric Schlemmer (Créteil)


• Nouveautés en endoscopie bronchique Thomas Villeneuve (Toulouse)


 • Arrêt de la PPC : facteurs de risque et conséquences Sandrine Pontier (Toulouse)


Questions-réponses



PARTIE 2

 • Introduction


 • Actualités concernant les biothérapies dans la BPCO Marina Gueçamburu


  • Fibrose pulmonaire : actualités des essais thérapeutiques Florence Jeny 


• Tomodensitométrie thoracique : biomarqueurs et intelligence artificielle Pierre-Yves Brillet 


• Actualités en transplantation pulmonaire Kinan El Husseini 





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>>>Voir les résumés

Mission Post ATS 2024 Lire la suite »

ATS 2024


Retrouvez les brèves des communications rédigées par l’équipe de la Mission ATS

À partir du 20 mai 2024 retrouvez les résumés des communications sous forme de brèves par l’équipe des experts de la Mission ATS 2024

ATS 2024 Lire la suite »

Évolutions thérapeutiques et reconsidération des formes légères

Lors de cette session riche en enseignements, deux thématiques complémentaires ont été abordées : l’évolution des traitements de l’asthme, depuis les premières approches symptomatiques jusqu’à la médecine de précision, et les enjeux spécifiques liés à l’asthme léger, longtemps perçu à tort comme bénin.

Une histoire marquée par les progrès et les remises en question

Dr Wiam El Khattabi a retracé l’évolution des traitements de l’asthme au fil des décennies. Dans les années 50-60, les thérapeutiques étaient centrées sur la survie lors des crises : théophylline, adrénaline, bronchodilatateurs oraux, parfois associés à des cures de corticoïdes oraux, utilisés malgré leurs nombreux effets secondaires. Ce n’est qu’à partir des années 70 que les formes inhalées ont révolutionné la prise en charge (salbutamol en aérosol pressurisé, puis corticoïdes inhalés comme la béclométasone). Les années 90 ont vu émerger la personnalisation du traitement et les plans d’action individualisés, appuyés par les recommandations GINA. À partir des années 2000, l’éducation thérapeutique, la spirométrie de suivi ont progressivement modifié les pratiques. En parallèle, l’arrivée des biothérapies ciblées marque l’essor d’une médecine de précision. Aujourd’hui, les outils technologiques (objets connectés, applications, intelligence artificielle) sont appelés à jouer un rôle croissant, notamment pour améliorer le suivi et anticiper les exacerbations, même si les inégalités d’accès aux traitements modernes persistent, notamment dans les pays à ressources limitées.

L’asthme léger : un faux ami Le Pr Boulet a ensuite rappelé que l’asthme léger, bien que fréquent (environ 50 % des cas), reste sous-estimé. Il est pourtant associé à une inflammation bronchique significative, un remodelage des voies respiratoires et un risque d’exacerbations sévères, y compris mortelles (NRAD, 2014). L’épisode d’orage à Melbourne en 2016 illustre tragiquement ce danger.

De nouvelles stratégies thérapeutiques

Sur le plan thérapeutique, les recommandations ont évolué : l’utilisation à la demande de corticoïdes inhalés associés au formotérol (track 1 des recommandations GINA) devient la stratégie de référence. Cette approche correspond à la stratégie AIR (Anti-Inflammatory Reliever), qui vise à traiter précocement l’inflammation lors des symptômes. Pour les formes plus persistantes, la stratégie MART (Maintenance and Reliever Therapy) consiste à utiliser la même association CSI-formotérol à la fois en traitement de fond et en traitement de secours. Enfin, les interventions non médicamenteuses – éducation thérapeutique, activité physique, gestion environnementale – doivent systématiquement accompagner la prise en charge.

Marion Duféal,  Service de Pneumologie, CHU de la Guadeloupe


D’après la session asthme , Intervenants : Dr Wiam El Khattabi (Maroc), Pr Louis-Philippe Boulet (Canada)
Royal College of Physicians. Why asthma still kills: National Review of Asthma Deaths (NRAD). London: RCP, 2014.

Évolutions thérapeutiques et reconsidération des formes légères Lire la suite »

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